Dans les coulisses de la cérémonie laïque

Podcast
26 . 2021

De Syra Sylla 2/6/ 2021

Mariage à l’église, simple réception, célébration en famille, civil à la mairie… Le mariage se présente sous de nombreuses coutures aujourd’hui. Parmi elles, une moins connue mais qui plait tout autant : la cérémonie laïque.

Cette forme d’engagement est de plus en plus répandue mais ses contours restent méconnus.

“Un officiant de cérémonie laïque, il faut vraiment qu’il y ait un gros feeling pour arriver à un niveau de dévoilement où parfois, et même souvent, on est au courant de choses que les proches ne savent pas. C’est parfois plus facile de se dévoiler à quelqu’un d’extérieur. Et puis tout au long de la construction de la cérémonie laïque, il y a des rendez-vous, des questionnaires… Le couple est complètement libre de son choix du niveau de dévoilement. Parfois, il y a des choses qui sont secrètes, qui ont été dévoilées en rendez-vous, mais qui ne vont pas l’être au cours de la cérémonie laïque. Ca permet à l’officiant de comprendre quel est le couple en face de nous, quel message il veut faire passer, sur quel ton…”

Au micro de Carnet de Noces, Estelle Monnot nous présente le concept. Elle nous explique l’organisation logistique et technique qui en découle. Et elle décrit avec passion les valeurs de cette cérémonie pour les couples mais également pour le maître de cérémonie appelé « officiant ».  

Vous saurez également comment Estelle a quitté le droit pour rejoindre l’univers du mariage et comment elle a fait de son agence MC2 Mon Amour une licence de marque présente au Canada. 

L’agence MC2 Mon Amour d’Estelle Monnot

Site Internet : https://www.mc2monamour.com/
Instagram : https://www.instagram.com/mc2monamour/
Facebook : https://www.facebook.com/Mc2MonAmour/
Pinterest : https://www.pinterest.fr/mc2monamour/

Les “tips” d’Estelle :

Organisation : Google Agenda, Any.do
Inspirations : Jacquemus ; Noholita ; Carole Juge-Llewellyn
Références Wedding Planner : Alejandra Poupel

L’épisode 16 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 16 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Estelle, bienvenue sur le podcast Carnet de Noces. Je suis ravi de t’avoir aujourd’hui. On a un petit peu galéré avant de savoir, en plus on a eu quelques petits soucis techniques. Normalement, c’est réglé donc on a un peu de temps devant nous. Comme d’habitude, on va bien sûr parler de mariage aujourd’hui et un peu, et peut-être même beaucoup, de cérémonies laïques puisque, comme je t’ai dit tout à l’heure, c’est le focus qu’on a envie d’avoir aujourd’hui pour l’épisode. Mais avant de passer à tout ça, je vais te demander de te présenter pour tous ceux qui ne te connaissent pas encore.

Bonjour Benjamin et merci de m’accueillir sur ce podcast. J’ai déjà écouté les autres avec rigueur donc je suis honorée d’être à mon tour invitée à passer pour cet épisode. Je me présente, je m’appelle Estelle Monnot, j’ai 36 ans, trois enfants et je suis dans l’organisation de mariage depuis plus de huit ans maintenant. J’ai l’agence MC2 Mon Amour et Estelle Monnot Events qui est beaucoup plus inactive parce que ce n’est pas mon cœur de cible. Aujourd’hui, il y a MC2 Mon Amour à Paris et il y a aussi MC2 Mon Amour Haute-Savoie. Et dans quelques semaines et mois, il y aura encore d’autres agences qui vont ouvrir. On organise des mariages partout en France et à l’étranger. On organise des mariages, on les décore, on fait les cérémonies laïques donc on est vraiment là de A à Z pour le couple. Si on réunit tout le monde, on est une petite dizaine chez MC2 Mon Amour.

C’est justement la question que je voulais te poser par rapport à ta structure puisque j’ai cru comprendre, et je crois que c’est ce que tu mets sur ton site, qu’en huit ans tu organisais 180 mariages. Je n’ai pas fait le calcul mais je trouvais que ça faisait beaucoup. Mais maintenant je comprends un petit peu mieux puisque vous êtes 10 derrière l’agence. Est-ce que les personnes avec qui tu travailles sont des indépendants, des salariés ? 

C’est uniquement des indépendants. On était deux au départ et puis j’ai été seule pendant quelque temps. Et on va dire que je travaille avec des freelances depuis trois ans pour participer justement au développement et répondre aux demandes grandissantes, j’avoue pour en prendre moi aussi de mon côté, et développer un peu plus l’agence. Ce sont toutes des freelances. Il y a des freelances qui vont prendre trois mariages dans l’année, d’autres qui vont en prendre une dizaine. Il y en a qui ne voudront faire que des jours J. Il y en a qui ne font que des cérémonies laïques. Donc quand on dit « plus de 180 mariages », ce n’est pas forcément des mariages complets, ça peut être des cérémonies, ça peut être une coordination déco. Mais en tout cas, on a accompagné même plus de 200 couples aujourd’hui.

Est-ce que ce sont des gens que tu recrutes uniquement pour la partie opérationnelle, des gens qui vont être sur les mariages, qui vont faire les cérémonies ou est-ce que ce sont aussi des gens qui vont t’assister dans ton marketing, dans la gestion de ta boite, etc. ?

J’avoue que la gestion pure de la boite, c’est vraiment moi, tout ce qui est marketing, communication, même si je songe de plus en plus à prendre quelqu’un pour les réseaux sociaux, pour l’identité graphique parce que je fais un peu tout au feeling. En ce moment, je dis à mon alternante « tu peux me faire une story ? ». Donc un moment la story va être rose, un moment elle va être beige, un moment elle va avoir [06:10 à 06:13] de cohérence. Je fais un peu trop au feeling du moment et c’est quelque chose que j’aimerais changer à l’avenir. Par contre, j’ai délégué complètement ma stratégie SEO en externe. 

D’accord. Je pense qu’au niveau de tes réseaux sociaux, j’ai vu que tu es parmi les 10 comptes à suivre par Cosmo, et tu n’es pas la seule parmi celles qui sont passées sur le podcast. Donc même si c’est fait un peu à l’arrache, j’imagine qu’il y a quand même un petit peu de cohérence. C’est vrai que les story sont un peu spéciales parce que ça ne reste jamais dans le feed mais on sent que ça a quand même été un petit peu travaillé même si à t’entendre on croit comprendre un peu le contraire. 

Disons que je n’ai pas de spécialité, je n’ai jamais fait d’étude dans ce domaine-là. Je viens du droit à la base. Donc je l’ai fait en essayant de comprendre un petit peu les posts qui fonctionnaient et qui ne fonctionnaient pas. Je mets uniquement des photos professionnelles, il y a très, très peu de photos prises par mon portable en mode [07:14] et tout. Tu ne connaissais pas mon visage avant qu’on fasse ce podcast parce que je me montre très rarement. J’essaie un petit peu d’étudier ce qui fonctionne. Il y a des images, par exemple, que je vais mettre beaucoup plus sur le site et pas sur l’Insta parce que je sais que ce n’est pas le type d’images que mes followers Insta vont aimer. Ce n’est pas toujours forcément le reflet de mes goûts, c’est aussi par rapport à ce que je sais de ce qui fonctionne sur Insta et que, par contre, ce qui va plus attirer sur le site. Quelle est la personne qui regarde mon site internet, quelle personne qui regarde mon Insta et je choisis un peu en fonction de ça. Mais oui, c’est vrai que j’ai l’impression de faire du bricolage sur mon canapé. 

En tout cas, tu as la bonne mécanique et c’est les bonnes pratiques de se dire « je mets des posts, je regarde ce qui fonctionne, je fais plus de ce qui fonctionne et moins de ce qui ne fonctionne pas ». Dans tous les cas, je pense que tu fais les choses bien. Crois-tu vraiment que tu as une cible différente ? Ceux qui viennent sur ton site et qui viennent en grande partie par Google ou par d’autres moyens de communication versus ceux qui te trouvent ou ceux qui te suivent sur les réseaux sociaux, est-ce pour toi deux cibles différentes et elles ont besoin d’être adressées de façons différentes ?

J’ai effectivement remarqué que les demandes qui arrivaient via mon site, ce sont les mariages un peu plus classiques. Ce n’est pas péjoratif. C’est une déco plutôt dans le végétal, des choses un peu plus conventionnelles. Alors que les demandes qui arrivent sur Insta, vu que je montre justement des images un peu plus poussées aussi, les shootings, ce sont des gens qui recherchent des choses un peu plus alternatives où ils veulent vraiment faire un mariage à leur goût et qui est un peu différent de ce qu’on peut voir habituellement. Donc oui, j’ai vraiment l’impression d’avoir deux cibles en fonction du site ou Insta. 

Donc tu dirais qu’Insta serait peut-être un peu plus sophistiqué. Peut-être que les gens qui viennent d’Insta ont fait plus de recherches. C’est peut-être un mode de consommation qui est différent, des usages différents qui font que ceux qui viennent d’Insta sont peut-être un peu plus sophistiqués. Peut-être que ceux qui passent par Google sont très cartésiens, « je veux un wedding planner », ils tapent une requête, ils arrivent sur ton site. Est-ce que tu vois ce que je veux dire ?

Oui, c’est ça. En fait, les gens qui arrivent sur le site, c’est beaucoup plus par rapport au côté organisation du mariage. Alors que sur Insta, quand on nous choisit, c’est beaucoup plus par rapport à la déco, « on adore le style que vous proposez, ça correspond à ce qu’on veut faire au niveau mariage et on vous a contactée ». Il y a beaucoup plus un côté design qui transparait via Insta. Alors que quand ils arrivent sur le site, généralement ils ont vu les avis Google ou ils ont été peut-être en premier sur un blog qui nous a recommandés et c’est comme ça qu’ils arrivent sur le site. Mais c’est beaucoup plus sur le côté organisation ou cérémonie laïque. Alors qu’effectivement sur Insta, comme ce qu’on voit en premier est vraiment le visuel, les gens nous contactent plus pour la déco. 

Et donc, d’où viennent les meilleures demandes pour toi ? 

Bonne question ! Je t’avoue qu’on a de super bonnes demandes via les recommandations parce que ce sont des prestas avec qui on adore bosser, avec qui on sait que la configuration du mariage va être telle qu’on va s’éclater. Aujourd’hui, on est plusieurs à travailler sur MC2 donc je n’arriverais pas à me dire « les mariages les plus fous qu’on ait faits, c’était via Insta ou pas » parce qu’on a vraiment trois leviers pour avoir nos futurs mariés. C’est vraiment la recommandation, Insta et le site internet. Mais il y a aussi les blogs. Franchement, on a beaucoup, beaucoup de demandes via les blogs dès qu’on est publié sur un blog français. Les blogs internationaux, c’est plus pour l’égo de la wedding planner mais ça ne sert pas à grand-chose au niveau de la clientèle française. 

Un petit peu de référencement peut-être ? 

Ouais, je pense que Google nous reconnait un petit peu. 

Ce n’est pas que je suis surpris mais je ne m’attendais pas à ce que les blogs puissent avoir autant d’impacts. Et quand tu parles de blog, à quel type de publication penses-tu par exemple ? Quels sont les blogs qui t’ont donné beaucoup de clients ?

La mariée aux pieds nus et le blog de Madame C, ce sont des blogs via lesquels j’ai toujours des demandes chaque année. Je suis sur le carnet d’adresses et je suis publiée sur ces blogs-là. Et comme les lecteurs accordent beaucoup de crédibilité et de légitimité à Nessa et Clémentine, les auteures du blog, quand elles mettent en avant le travail d’un prestataire via le blog, on prend déjà une partie de la crédibilité accordée à Nessa et Clémentine. Ils se disent « si elles, qui s’y connaissent dans le mariage, conseillent tel ou tel presta ou qu’elles l’ont mis dans leur carnet d’adresses… » Parce que les carnets d’adresses de La mariée aux pieds nus et du blog de Madame C sont sélectifs, on ne s’inscrit pas parce qu’on a envie de s’inscrire. Donc pour les futurs mariés, on démarre bien, on ne démarre pas de zéro. 

Tu veux dire qu’il y a déjà un processus d’acceptation pour le carnet d’adresses. Et une fois que tu es dans le carnet d’adresses, y a-t-il des posts qui sont peut-être en plus ou qui sont facturés aussi et qui te mettent en avant sur le blog ? Comment est-ce que ça se passe pour être mis en avant sur le blog ? Comment fais-tu si tu demandes ?

Pour le blog, ce ne sont pas des posts sponsorisés, c’est, par exemple, envoyer un mariage ou un shooting éditorial qui respecte justement la ligne éditoriale du blog. Et la bloggeuse va nous dire « super ! Effectivement, j’adore ce mariage, je vais le publier dans deux mois à telle date. » Donc non, ce ne sont pas des choses qu’on paie de notre côté en tant que prestataires. Par contre, c’est effectivement très sélectif, il faut trouver le reportage photo qui va plaire à Clémentine parce que c’est exactement ce sur quoi elle a envie de communiquer à ce moment-là et qu’elle aura envie de montrer à ses lecteurs. Donc au contraire, c’est un échange où tout le monde est gagnant parce que les prestas sont mis en avant sur un blog très qualificatif et la bloggeuse met en avant un contenu exclusif. Donc c’est plutôt un échange de bons procédés. 

C’est un peu sur le principe de ce qu’on appelle les articles invités où, pour la bloggeuse, c’est bien, ça lui fait du « contenu » qui est gratuit puisque c’est quelqu’un d’autre qui l’a rédigé, et puis, pour toi, ça te fait de la visibilité. Donc c’est une bonne pratique. Tu es la première à nous dire ça donc je pense qu’il y en a peut-être beaucoup qui ne pensent pas forcément à ce genre de blog, à ces publications qui peuvent envoyer non seulement du trafic sur le site mais peut-être aussi des clients en direct. Donc c’est un bon conseil. Tu as dit que c’était sélectif donc il faut sûrement prouver qu’on a peut-être déjà de l’historique, qu’on a déjà organisé des mariages, etc. Mais si c’est le cas, je pense que ça vaut le coup au moins d’être présent sur ces plateformes. 

Ouais. Et si c’est un shooting éditorial, il n’y a pas besoin d’avoir de l’expérience, il suffit d’avoir du talent, d’avoir une bonne équipe, d’avoir fait des bons visuels. Attention, même si on propose les mariages ou les shootings, c’est toujours la bloggeuse qui rédige ensuite l’article. Ce n’est jamais moi qui rédige, ce sont ses mots, sa façon d’écrire. Évidemment, je réponds à des questions pour qu’elle ait de quoi rédiger son article mais c’est toujours la patte de la bloggeuse. Et c’est ce qui fait que ça a vraiment de la valeur. C’est comme quand on suit quelqu’un sur Insta, on aime bien aller acheter la tenue qu’elle a montrée parce qu’on s’attache à la personne. Et je pense que c’est le même mécanisme avec la bloggeuse. Quand la bloggeuse dit qu’elle aime bien, la future mariée qui a besoin d’être rassurée se dit « super, OK, je vais suivre ses conseils ». 

Donc pour toi, les futurs mariés sont des gens qui suivent déjà ces blogueuses depuis un certain temps et au moment de se marier, ils ont toute confiance en la bloggeuse et ils voient passer comme ça un article et se disent « tiens, c’est à cette personne que j’ai envie de donner l’organisation de mon mariage ». Parce que j’ai plutôt en tête des couples qui, à un moment donné, vont se marier et qui font donc des recherches sur Google et peuvent éventuellement tomber sur ces articles de blog. J’ai du mal à imaginer des couples qui sont déjà abonnés à des blogs avant d’envisager de se marier. Je ne sais pas si tu me comprends.

Oui, je vois ce que tu veux dire et j’avoue que je n’ai pas trop la réponse à cette question. Déjà ce n’est pas très souvent les couples. Le lectorat est à mon avis 90 % féminin, comme Pinterest. Je ne sais pas si on peut dire qu’elles sont abonnées avant ou alors si c’est « j’ai la demande et le lendemain je commence à regarder les blogs mariage, je commence à faire un tableau Pinterest et je muris mon projet mariage par rapport aux conseils donnés sur les blogs et qui j’aurai trouvé sur Pinterest. » Je pense que tu vas peut-être t’approcher à inviter une bloggeuse pour lui demander un petit peu de tout ça. 

Ouais. On ne se retrouvera pas trop dans la ligne édito mais pourquoi pas pour la saison prochaine. On verra peut-être à ouvrir un petit peu comme ça les invités. J’aimerais qu’on revienne sur l’historique puisque tu m’as dit rapidement que tu avais commencé dans le droit et je voulais savoir ce qui t’avait fait switcher à 360°. Puisque l’univers du mariage et l’univers de droit, ce ne sont pas des univers qui sont très liés forcément. Quel est ton parcours ?

J’ai fait des études de droit. Je viens de Guyane donc j’ai passé mon baccalauréat ES en Guyane mais mon projet était d’intégrer une école de mode. Et comme j’étais très bonne scolairement, mes profs, ma conseillère, ma mère, on était souvent en mode « mais non, ma fille, fais des vraies études ». Donc je me suis inscrite en droit parce que j’aimais bien l’idée d’être éventuellement un juge des enfants et de pouvoir les sauver avant qu’ils tombent dans le milieu carcéral pour de bon. Donc j’ai fait des études de droit que j’ai adorées, vraiment adorées. Mais plus on approchait de la fin et plus on entendait parler de la pratique du droit, plus je me disais « au secours, qu’est-ce que c’est que cette vie-là, ça ne m’intéresse pas ». J’ai quand même été au bout de mes études avec mon M2 et j’ai intégré une entreprise. C’était un poste entre le droit et marketing, j’organisais des conférences en droit fiscal pour les profs, les chefs d’entreprise, les experts-comptables, les avocats et tout. Et puis, le gros révélateur, c’est que je n’aimais pas du tout le monde du salariat, d’avoir toujours les mêmes horaires et tout. Et j’organisais le mariage d’une collègue et puis d’une amie. Et un jour, je me suis dit « allez, ça suffit, fais vraiment ce qui te plait ». Le métier de wedding planner a réuni un petit peu tout ce que j’aimais, c’est-à-dire la mode puisqu’on a les belles matières, des choses comme ça, et la décoration que j’avais toujours beaucoup aimée. Et puis, finalement je trouvais que le métier de juriste n’était pas si loin que ça du métier de wedding planner puisqu’il faut être très organisé, on relit toujours tous les contrats des prestataires et il y avait un côté rigoureux que je retrouvais dans le métier de wedding planner. 

D’accord. Ouais, c’est bien cette association entre le droit et les contrats. On n’y pense pas forcément mais j’imagine que tu as dû avoir quelques surprises avec ton œil aiguisé de professionnelle du droit par rapport aux prestataires.

Ouais. Le droit est tellement vaste qu’il y a toujours un domaine où tu n’y connais rien. Mais le droit, comme le métier de wedding planner, je trouve que c’est 80 % de bon sens. Il y a des choses, quand on les lit, on se dit « il faut quand même que tu sois un peu plus responsable de ta prestation ». Tu ne peux pas dire « si mon personnel détruit complètement la cuisine, ce ne sera pas de ma faute, ce sera de la tienne ». Non, ça va être quand même un peu de ta faute, c’est toi qui es responsable d’eux. Et même si aujourd’hui il y a des très, très bonnes formations à droite et à gauche, et moi-même j’en donne, je trouve que le métier de wedding planner est quand même 80 % de bon sens au départ. Et il faut avoir la personnalité qui va avec le métier, donc être un minimum organisé, anticiper les choses, avoir beaucoup d’empathie, beaucoup de bienveillance. Et le droit, les règles ont souvent été éditées par rapport à ce que ferait un bon père de famille à l’époque napoléonienne, et c’est tout ce qui est un peu juste et raisonnable. Et je trouve que dans notre métier aujourd’hui, et surtout avec la crise qu’on a eue et qu’on a dû passer, il fallait réfléchir à ce que les décisions soient justes et raisonnables pour tout le monde et pas seulement du côté des mariés ou du côté des prestataires quand ils perdaient toutes leurs dates. Tout le monde souffrait de la situation et il fallait trouver une solution raisonnable.  

J’aimerais revenir à ce que tu fais chez MC2. Et comme je l’ai dit en intro, tu as une spécialité puisque toutes les wedding planners ne font pas des cérémonies laïques. J’ai pas mal d’idées reçues par rapport aux cérémonies laïques. Je n’ai pas assisté non plus à des dizaines et des dizaines de mariages mais j’ai l’impression que c’est une grande tendance en tout cas. Dans tous les mariages que j’ai faits et en particulier ceux de mes amis, puisque je suis dans la trentaine et mes amis aussi, j’ai vraiment l’impression que le mariage à l’église se perd beaucoup et que la plupart des couples préfèrent maintenant faire une cérémonie laïque. Par contre, je n’ai jamais vu qu’ils déléguaient ça à une wedding planner ou à quelqu’un d’autre. Généralement, à tous les mariages que j’ai assistés, c’est fait soit par des amis, soit par des membres de la famille. Donc j’ai déjà des premières questions par rapport à ça. Comment est-ce que ça se valorise un service comme la cérémonie laïque ? Un mariage, c’est clair que je veux bien puisque le message principal la plupart du temps, c’est « ne perds pas ton temps à organiser ton propre mariage, je vais le faire pour toi, je vais te faire économiser du temps », etc. Pour la cérémonie laïque, certes, on peut gagner du temps en déléguant, mais je trouve que c’est très personnel, on rentre un petit peu dans la vie des gens. Donc je me dis que l’objection principale, quand on se présente face à des couples, ça doit être de se dire « mince, il y a un étranger que je ne connais pas forcément et qui va un peu “fouiller” dans ma vie perso et puis faire une cérémonie qui est super importante ». Je pense que c’est quand même l’évènement clé dans un mariage, c’est le moment où on échange les vœux. Ça doit être aussi le moment qui est le plus rempli d’émotions dans tout le mariage. Ça va faire peut-être beaucoup de questions mais comment est-ce que ça se valorise ? Est-ce que ce n’est pas trop compliqué à vendre, à pricer aussi ? Comment est-ce que tu t’y prends et surtout est-ce que mes a priori sont fondés ou est-ce que j’ai des œillets devant les yeux ?     

Pour la partie « étranger », c’est vrai jusqu’au premier rendez-vous parce que forcément il faut déjà qu’on ait un couple enclin à vouloir déléguer cette partie et ne pas faire appel à un proche. Il peut y avoir plusieurs raisons pour lesquelles on n’a pas envie de faire appel à un proche, c’est-à-dire on ne trouve personne dans notre entourage qui serait assez à l’aise pour tenir ce rôle. Il y a une différence entre venir faire un discours de quelques minutes et officier pendant 45 minutes et être vraiment la personne clé de ce moment-là. Ça peut être aussi parce que justement on estime qu’une personne, je ne dirais pas étrangère, c’est vrai que ça fait très détaché et qui ne connait pas le couple, mais une tierce personne en tout cas, puisse être la personne la plus objective et avec le plus de recul sur le mariage. On n’est pas étranger très longtemps. Le premier rendez-vous avec un couple, je dis toujours que c’est soit sur Insta, soit sur le site et on se rend déjà compte si l’univers du prestataire correspond. Donc le couple va se poser un petit peu et se dire « on voit ses photos, elle est souriante » ; ce n’est pas forcément le plus parlant pour moi parce qu’il n’y a jamais de photo de moi, mais un autre officiant ; « j’aime bien ses mots, j’aime bien comment elle parle, ce n’est pas trop romantique donc tant mieux puisqu’on n’est pas trop dans le romantique cucul » ou alors ça peut être l’inverse « dis donc, ça parle énormément d’émotions donc c’est absolument ce qu’on cherche ». Puis, il y a un premier rendez-vous. Et pareil pour un officiant de cérémonie laïque, il faut vraiment qu’il y ait un gros feeling pour, comme tu dis, arriver à un niveau de dévoilement où parfois, et même souvent, on est au courant des choses que les proches ne savent pas. C’est parfois plus facile de se dévoiler à quelqu’un d’extérieur plutôt que ses proches parfois où il peut y avoir des petits blocages ou des petites choses, ou on a envie de garder un petit peu son jardin secret. Et puis, tout au long de la construction de la cérémonie laïque, il y a des rendez-vous, des questionnaires. Le couple est aussi complètement libre de son choix du niveau de dévoilement qu’il veut avoir. Parfois il peut y avoir des choses qui sont secrètes et qui ont été dévoilées au cours des rendez-vous mais qui ne vont pas l’être au cours de la cérémonie, c’est juste que ça permet un petit peu à l’officiant de comprendre quel est le couple en face de nous, qu’est-ce qu’il a envie de faire passer comme message à ses invités ce jour-là, sur quel ton. Il y a des gens qui vont vouloir quelque chose de plutôt léger et court, d’autres qui vont vouloir quelque chose de plus long et de plus solennel. Et justement, faire appel à quelqu’un de l’extérieur permet parfois d’un peu plus cadrer tout ça. Et ce qu’on oublie souvent, je ne sais pas si tu l’as rencontré quand tu as toi-même assisté à des cérémonies laïques, c’est que la partie technique et logistique est hyper importante dans une cérémonie parce que justement si c’est mal géré, on peut casser un petit peu le moment émotion. Si le DJ se trompe de musique parce que ça n’a pas été bien vérifié, si les gens se regardent un peu « qu’est-ce qu’on fait ? Les mariés passent entre nous, est-ce qu’on les suit, est-ce qu’on ne les suit pas ? » Il y a plein de petites choses techniques auxquelles penser, du dérouler et des choses comme ça, pour que ce soit fluide et que ça laisse place à toute l’émotion, que ce soit les larmes, les rires, le recueillement, ça dépend un petit peu de l’orientation qu’on donne à la cérémonie. On a du recul en tant que professionnel pour envisager toutes les solutions. Pour le confort des invités aussi, c’est tout bête mais qu’ils soient bien placés et que tout le monde ne se dise pas « vite, que ça se termine et qu’on aille vite au cocktail parce que j’ai le soleil en plein dans les yeux, il fait trop chaud, il fait ceci, il fait cela ». Voilà, plein de petites choses comme ça.   

Quand on t’écoute, on se rend compte que c’est un vrai métier. Il y a beaucoup de choses à penser, non seulement il y a un gros travail de préparation à faire auprès des mariés, plus la partie technique et logistique. Ça, c’est sûr, j’entends bien. Combien de temps est-ce que ça prend pour organiser une cérémonie laïque qui va durer, comme tu l’as dit, à peu près 45 minutes ?  

Ça peut durer moins longtemps et plus longtemps. Mais effectivement, 45 minutes, je trouve que c’est le timing idéal pour qu’il y ait assez d’émotions mais qu’on ne tombe pas non plus dans l’ennui. Au bout d’un moment, les gens ont envie de passer à autre chose et de faire la fête, boire un petit coup, féliciter les mariés et tout. Je suppose qu’il y a différentes pratiques et ça me permettra de répondre ensuite à ton autre question au niveau du prix. De notre côté, chez MC2 Mon Amour, on n’accepte pas de cérémonie laïque à moins de trois mois du mariage pour la simple et bonne raison qu’on n’a pas un texte tout écrit où on change les prénoms. On essaie de comprendre le couple. Les questionnaires, il y en a qui sont un petit peu longs donc on ne veut pas non plus que ça soit oppressant pour les mariés où il faut répondre en moins de deux semaines à quatre questionnaires sinon je n’aurai pas assez de matière. Donc il faut que ce soit un moment sympa pour les mariés. Je leur dis toujours « les préparatifs de la cérémonie, c’est votre petite bulle, ce n’est pas le moment où vous pensez au budget, ce n’est pas le moment où vous pensez à « je place qui à côté de qui » et « finalement, est-ce que tu penses que… ? » C’est un moment que pour eux, vraiment centré sur eux, leur engagement et pas tout le côté « matériel » du mariage, « où est-ce qu’on place ci ? », « mais t’es sûr qu’on veut encore mettre 1 000 euros pour ce poste-là ? ». Donc c’est une petite bulle. Et au niveau pricing, c’est comme pour tous les métiers du monde du mariage. Tu as des gens qui vont faire des cérémonies à 500 euros et d’autres qui vont être plutôt autour de 2 000, 2 500 euros. Pour être transparente, chez MC2 Mon Amour, comme on fait un petit peu tous les services, si jamais on s’occupe vraiment du mariage dans la globalité, la cérémonie laïque sera un petit peu moins chère, elle sera aux alentours de 2 500 parce que le côté organisation avec les prestataires, on le gère un peu déjà du fait qu’on soit aussi les wedding planners en place. Et si, par contre, c’est uniquement la cérémonie laïque, on est plutôt aux alentours de 2 000, 1 800 euros. Mais il y a des gens qui font des cérémonies laïques à 500 euros, à 800 euros, à 900 euros. Et j’ai envie de dire qu’il y a de la place pour tout le monde et pour tous les marchés.  

Je m’attendais à un petit peu plus que ça au final parce que j’imagine que c’est beaucoup, beaucoup de temps. Si tu es dans la fourchette haute, j’imagine que c’est que tu dois y passer aussi pas mal de temps. Est-ce que les gens viennent vers toi d’abord pour le mariage et après tu leur vends la cérémonie laïque ou est-ce que c’est plutôt l’inverse, ils viennent pour la cérémonie laïque et tu leur vends un mariage ? 

Ça dépend des années, bizarrement. Il y a des années où on a énormément donc je pense que ça doit dépendre de mon référencement, des articles que j’ai faits à droite et à gauche et ceux sur quoi j’ai le plus communiqué. Par exemple, cette année, bizarrement j’ai des couples qui m’ont dit dans les préparatifs et dans l’organisation « en fait, Estelle, tu fais de la cérémonie laïque ? », « oui », « ah bon, on ne savait pas. On aurait pu passer avec toi plutôt que de passer par un tel », je dis « non, ce n’est pas grave ». Mais je me rends compte que parfois ça va dépendre aussi de la communication. Parfois, d’un coup, j’aurai beaucoup plus de mariages à l’église qu’une autre année. Donc ça aussi, je ne l’explique pas. Parfois, pareil, je vais avoir beaucoup plus de cérémonies juives avec des houppas à l’extérieur. Donc je pense qu’il y a plusieurs facteurs qui rentrent en compte. Et là, depuis quelques semaines, j’ai des demandes, et encore plus pour les mariages de cet été, vraiment de last minute uniquement cérémonie laïque. J’ai des demandes maintenant en France en last minute et aussi pour « est-ce qu’on ne peut partir qu’avec vous à l’étranger en cérémonie laïque ? »

Donc c’est très varié mais tu fais toujours aussi des mariages à l’église, tu n’es pas uniquement focus sur les cérémonies laïques. Tu peux organiser toute sorte de mariages.

Ouais, je pense que chez MC2, autant aujourd’hui les filles, quand elles se lancent, elles ont une communication qui est hyper ciblée du genre « je fais du mariage un peu rock alternatif », « moi, je fais du mariage écoresponsable », « moi, je ne fais que des petits comités un peu bohème ». Et je trouve que c’est très bien pour se démarquer. Sauf que MC2 Mon Amour, ça fait huit ans maintenant et à l’époque, il fallait déjà faire connaitre le métier de wedding planner et encore plus d’officiant de cérémonie laïque donc il n’y avait pas ce côté où on ne parlait qu’à une clientèle très, très ciblée. Chez MC2 Mon Amour, on existe depuis huit ans donc on est moins spécialisé que certaines agences qui vont proposer du rock alternatif sur un design très rock ou bien que des mariages écoresponsables ou que des elopments en petit comité et décoration plutôt bohême. Il y a huit ans, quand on a démarré et qu’il fallait faire connaitre le métier de wedding planner et encore plus le métier d’officiant de cérémonie laïque, on est moins spécialisé. Et donc on fait de tout et on a une clientèle assez éclectique. On peut nous appeler autant pour un mariage à 300 personnes avec l’église assez classique que pour un elopment en Suède face aux fjords avec une cérémonie laïque et, pareil, pour vraiment trois personnes ou 15 personnes. Il y a de tout. Je pense qu’on n’est pas hyper spécialisé comme les agences qui se lancent aujourd’hui.  

Oui. C’est peut-être aussi lié au fait que tu as une structure assez flexible puisque tu as dit que tu étais très entourée par des indépendants. C’est aussi dans l’ordre des choses puisque, généralement, plus une boite est mature, et même plus les clients viennent te voir pour un service que tu proposes, c’est sûr que voyons que ta boite prend de l’ampleur et que tu deviens aussi plus expérimentée, tu te mets peut-être plus à avoir de demandes pour d’autres services. Par exemple, les gens, sachant que tu fais des mariages, vont peut-être te demander d’autres choses liées au mariage parce qu’ils savent que tu es plutôt douée sur la partie mariage donc ils ont tendance à croire que tu vas être douée aussi pour d’autres services annexes. C’est souvent aussi comme ça que ça se passe et c’est aussi souvent comme ça que ça t’ouvre le champ des possibles et que tu te mets à faire d’autres prestations qui sont un peu en dehors du champ de compétences que tu t’étais fixé au départ. Tu as démarré il y a huit ans, c’était peut-être encore assez naissant. Maintenant, il y a quelques wedding planners qu’on a eues, c’est vrai que c’était spécialisé sur telle ou telle thématique, tu l’as dit, mariages écoresponsables ou autres. Je pense qu’à l’heure actuelle, c’est indispensable si tu veux te démarquer ou au moins avoir assez tranché sur ton site. Tout faire, à un moment donné c’est ne rien faire aussi donc je pense qu’il y a un juste milieu à trouver. 

Oui. Par exemple, je refuse de faire tout ce qui EVG et EVJF. C’est quelque chose qui ne paie pas plus que ça. Pareil, on ne fait pas de demande en mariage. Nous, c’est vraiment le mariage, on ne fait pas tout ce qu’il y a après le mariage. Ce n’est pas du tout notre cœur de métier. Par contre, on fait vraiment organisation, décoration et cérémonie laïque. Mais tout ce qu’il y a vraiment un peu plus autour, on ne le fait pas. 

Et donc, j’avais la question par rapport au mariage à l’église. Est-ce que pour toi c’est un peu ce que j’ai en tête, c’est-à-dire que c’est aussi un peu une histoire de générations, que les millennials sont plus cérémonie laïque alors que les « anciens », ceux qui sont plus âgés, sont encore beaucoup plus à aller se marier à l’église ? Quel est ton avis et ton expérience là-dessus ?

Non, ça dépend vraiment des choix des couples. C’est marrant, j’ai eu des couples qui n’étaient pas du tout conventionnels sur le lieu. C’était une usine désaffectée avec un cocktail dinatoire et tout. Et quand ils m’ont dit « pour la cérémonie, c’est l’église Saint-Sulpice », j’ai dit « ah bon ? » J’étais très surprise. Non, il y a des gens hyper jeunes. J’ai une créatrice de start-up qui est hyper, hyper croyante et donc on a fait ça à l’église alors qu’on aurait pu se dire « non, elle va être beaucoup plus cérémonie laïque ». Donc il n’y a vraiment pas le côté dichotomie entre les jeunes ou la plus ancienne génération, c’est plutôt des choix culturels. Pareil, une évolution aussi au niveau de la cérémonie laïque que j’ai vue, c’est qu’au début on la faisait beaucoup aussi pour les couples mixtes parce qu’ils ne pouvaient ni aller à l’église ni aller tous les deux à la syna, par exemple. Et aujourd’hui, on a toujours pour les couples mixtes, ce n’est pas le problème, mais c’est beaucoup plus un choix engagé que de se dire « je veux que ma cérémonie ressemble à ça et je ne m’y retrouve pas dans l’église, je n’ai pas été élevé de manière très stricte par rapport à la religion et ça n’a pas de valeur pour moi ». Donc aujourd’hui, ceux qui vont à l’église en tout cas, c’est que ça a une vraie valeur pour eux, ce n’est pas juste comme avant où on ne se posait pas la question, on y allait parce qu’on se marie à l’église, point. Aujourd’hui, les gens se posent la question. Et quand on a un mariage à l’église, c’est que ça a vraiment une valeur importante pour le couple. 

D’accord. C’est bon à savoir. Et est-ce qu’il y a des différences au niveau des pays ? Est-ce que tu fais des cérémonies laïques également pour des couples étrangers soit à l’étranger, soit qui veulent venir se marier en France ? Est-ce le cas ou est-ce que tu fais des cérémonies uniquement pour des couples français ?

En toute franchise, on a eu des demandes à la scène écdotique sur des couples étrangers qui voulaient nous prendre pour aller à l’étranger. Mais à l’heure actuelle, je n’ai pas des officiantes bilingues dans mes freelances. Et donc, organiser avec des couples anglais ou autres, ça ne me gêne pas, mais de là à faire une cérémonie laïque. En anglais, je me fais toujours comprendre. Oui, je fais parfois des petites fautes mais ce n’est pas très grave. Par contre, une cérémonie laïque, je trouve qu’on ne peut pas se permettre de faire des fautes de syntaxe. L’accent, ce n’est pas grave. Je trouve que c’est très français de se dire qu’on a un accent de merde. Quand un Italien parle avec un Français avec son accent italien, on trouve toujours ça mignon, ou quelle que soit la langue. Pourquoi nous, les Français, ça serait moche ? Par contre, tout ce qui est faute de syntaxe, tu ne peux pas changer le fait que ce n’est pas ta langue natale et que tu le dis comme ça parce que tu l’as appris comme ça mais qu’un Anglais natif ou un Américain natif n’exprimerait pas ça comme ça. Et donc, je préfère ne pas le faire parce que justement je trouve que par respect pour le couple, je n’ai pas un niveau pour transmettre autant qu’on pourrait le faire en français, et personne actuellement dans mes freelances ne l’a.  

Est-ce que ce n’est plus toi qui fais les cérémonies ou est-ce que tu en fais toujours ? 

J’en fais toujours et actuellement, on est quatre à en faire chez MC2 Mon Amour. Donc parfois, quand je vois dans la demande de devis qu’il y a une cérémonie laïque, je sais que ça ne sera pas pour Coline, par exemple, qui n’en fait pas. Et parfois, quand je sens que l’organisation va être lourde, je préfère qu’il y ait un officiant soit de chez MC2, soit extérieur. Parfois, on met la recherche d’officiant comme étant une mission parce qu’il faut être vraiment conscient du fait que lorsqu’on est officiante, au moment de passer à sa veste d’officiante, on ne peut plus être wedding planner. On ne peut pas et coordonner larrivée du traiteur et négliger le fait de réunir les intervenants, de revoir un petit peu avec eux, d’aller chercher la petite fille qui va amener la boite à alliances pour lui faire voir un petit peu le chemin et que ce soit fluide et au moment où elle devra le faire. Au moment où on passe en mode officiante, la coordination n’existe plus pour nous. Donc il faut avoir une équipe le jour J pour assurer cette partie coordination pendant qu’il y en a une qui est officiante. 

D’accord. Donc ça veut dire que quand on te missionne pour un mariage avec une cérémonie laïque plus une organisation de mariage, tu prévois toujours pour le jour J un wedding planner plus l’officiant.

Ouais. On est déjà très souvent trois sur les mariages et je trouve que c’est fluide. Je préfère que les filles travaillent dans une bonne ambiance plutôt que de courir à deux. Je sais qu’il y a certaines collègues qui font toutes seules. Je leur tire mon chapeau. Je serais incapable et je trouve ça risqué. Et par exemple, si c’est un gros mariage, qu’il y a vraiment beaucoup de choses à gérer et que je suis en mode officiante, il y a vraiment une fille qui va maitriser parfaitement toute la partie organisation comme si c’était elle. Souvent, il y a quand même encore une grosse partie d’invités qui n’ont jamais insisté à une cérémonie laïque et on ne peut pas dire « ça y est, je redeviens wedding planner » dès que la cérémonie est finie parce que les gens viennent nous parler. Ils viennent nous demander « ça fait combien de temps que vous connaissez les mariés ? », « c’est fou ! », « vous êtes une amie mais on ne vous a jamais rencontrée ? », « non, non, je ne suis pas une amie, je les ai rencontrés pour organiser le mariage », « ah bon ? Mais dis donc, c’était super, je ne connaissais pas ». C’est toujours assez intrigant comment les gens qui découvrent la cérémonie laïque ont besoin de venir parler à l’officiante pour savoir un petit peu comment ça se fait qu’on les connait autant et qu’on a réussi à toucher tout le monde. Et puis, parfois on a ceux qui étaient au départ très surpris par cette nouvelle pratique au lieu d’aller à l’église, qui viennent nous voir en disant « une petite prière, ça aurait été bien, mais c’était quand même sympa ». 

J’imagine. Je pense qu’il y a pas mal d’éducation et pas mal de promotion à faire sur cette activité-là. Et en plus, je pense que par rapport à un organisateur de mariage où ça peut être très militaire, très organisé, là on est très dans l’émotion. Comme tu l’as dit, on rentre dans l’intimité des couples. Et c’est pour ça que je te posais la question au début, ça doit être dur à imaginer, et moi le premier, le fait qu’avant le mariage tu ne les connaissais pas du tout. C’est compliqué à intégrer. 

Il faut apprendre à les connaitre pour la simple et bonne raison qu’il faut comprendre ce qui va les toucher, ce qu’ils ne vont pas aimer. Évidemment c’est eux qui choisissent leur musique, c’est eux qui choisissent les intervenants, donc de me dire « Estelle, ça va être ma sœur, mon frère. Et puis lui, il a choisi ses deux témoins pour intervenir ». Par contre, les mariés ne sont pas au courant de tout ce qui est écrit ensuite. Donc il faut avoir cette subtilité d’esprit, de comprendre un petit peu ce que les gens vont aimer et ce qui va les mettre plus ou moins mal à l’aise. Un couple peut être très amoureux mais très pudique et donc on ne peut pas s’épandre sur leur sentiment et sur la façon qu’ils ont de le montrer, de la même façon que pour un autre couple où eux, ils ont limite envie de le crier sur tous les toits. Il y a tout ce petit côté de travail sur le couple à faire avant la cérémonie pour qu’on atteigne vraiment le but et que ça leur ressemble. Ce n’est pas du blabla que de dire qu’on veut écrire une cérémonie qui leur ressemble. Oui, il y a une trame. On ne va pas mentir, on n’invente pas une cérémonie à 100 % à chaque fois. Il y a une trame qui marche bien dans la majorité des cas. Par contre, le contenu écrit, il faut forcément le personnaliser par rapport aux couples sinon ça ne fonctionne pas. Et si tant, on peut arriver dans ce qu’on peut connaitre des clichés de la cérémonie où ça a l’air un peu scénographié et où on se demande si on n’a pas fait appel à un acteur parce que c’est sans âme. 

Ouais, c’est super important. C’est vrai qu’il y a cette petite subtilité, cette espèce d’ambiance qu’on ne maitrise pas et qu’on ne peut obtenir sûrement que lorsque personnalise à fond la cérémonie. 

Oui. C’est marrant parce que quand tu me disais par où arrivent les futurs mariés, j’ai de plus en plus de futurs mariés qui étaient des anciens invités à un autre mariage. Et ils vont me dire, par exemple, « j’ai adoré la cérémonie pour un tel et un tel, par contre nous, on est un peu plus dans l’humour, on n’a pas envie d’un truc aussi sentimental », « évidemment, vous ne l’aurez pas comme ça, on va justement le construire ensemble ». Et c’est ce qui est aussi intéressant dans la cérémonie. Et il faut vraiment aimer découvrir les histoires des autres pour pouvoir écrire une bonne cérémonie. 

Tu m’as parlé aussi du fait que tu avais ouvert d’autres agences en Haute-Savoie. J’ai également lu sur ton site que tu étais présente au Canada. J’imagine que ça doit toujours être d’actualité.

Oui.

Comment est-ce que ça se passe dans ton organisation ? J’ai reçu il y a deux épisodes Élodie de D Day qui a monté ses agences sous forme de franchise. Est-ce que c’est pareil de ton côté ? 

Élodie est une copine et on n’avait pas mal parlé. Je l’ai appelée en lui disant « ça fait un petit moment que j’ai le projet. Le Canada, ça existe depuis bientôt trois ans. » En fait, c’était une ancienne stagiaire qui est partie s’installer au Canada et qui me dit au bout d’un moment « écoute, les mariages, ça me manque. Est-ce que ça ne te dirait pas que je lance l’agence là-bas ? », « pourquoi pas, si tu veux ». Et puis, j’y pensais à ouvrir d’autres agences sans pour autant passer le pas parce que quand tu as beaucoup de travail, tu continues ton rythme. Et puis, un an, deux ans, trois ans se passent et tu te dis « ah tiens, ça fait déjà trois ans que ça existe le Canada, il serait peut-être temps d’activer pour les autres. » Et donc, je m’étais pas mal entretenue avec Élodie qui était ravie d’échanger avec moi sur la question. On appelle ça franchise mais c’est un contrat un peu hybride. Parce que la franchise, pour schématiser, c’est un McDo où tout le monde a exactement la même recette que tu appliques, point final. En mariage, c’est quand même compliqué d’appliquer la même recette à chaque couple pour produire le même résultat. Ce n’est pas possible. Donc franchise, c’est un petit peu un abus de langage mais c’est la façon la plus simple de faire comprendre ce qu’on fait en développant des agences. Mais c’est plus une licence de marque, un partenariat commercial. Coline qui a ouvert en Haute-Savoie, ça faisait déjà quatre ans qu’on bossait ensemble sur Paris. Elle faisait beaucoup d’aller-retour parce qu’elle a un pied-à-terre à Annecy et s’est décidée un jour à lancer. Et pour les autres agences qui vont ouvrir, ce sont des filles que j’ai rencontrées via les formations que je donne. On travaille aussi déjà sur MC2. Et puis, quand elles seront prêtes, il y en a trois qui vont lancer dans pas longtemps, on va ouvrir les régions. La première qui va ouvrir, c’est Luberon. C’est aussi pour ça que je vais faire un peu moins de mariages, pour être vraiment présente pour elle, pour les accompagner dans le lancement de leur entreprise, parce que c’est leur entreprise. Elles utilisent le nom MC2 Mon Amour, certes, mais elles lancent leur bébé. Et on est assez différentes avec Élodie sur ce point-là. On en discutait, d’ailleurs, puisqu’elle est venue à une remise de diplôme que j’ai faite et les filles étaient ravies de la rencontrer, où je disais « moi, par exemple, c’est vraiment chacune sa personnalité, il n’y aura pas une tenue pour toute l’équipe ». Et je ne sais pas si tu as eu la curiosité d’aller voir MC2 Mon Amour Canada et MC2 Mon Amour Haute-Savoie, on voit complètement les différentes personnalités. Et je sais que Luberon, elle n’utilisera pas du tout les mêmes images que va utiliser Coline à Haute-Savoie. Je sais que Pauline qui va ouvrir à Lyon est un peu hipster donc, pareil, elle ne va pas du tout mettre en avant les mêmes visuels. Et c’était important pour moi que chaque fille crée l’agence qui lui ressemble. 

Donc c’est peut-être un peu plus dur à identifier. Pour D Day, elles ont leur robe qui fait qu’elles ont au moins un point commun qui permet de les réunir et qui permet de les identifier. Est-ce que tu as prévu quelque chose quand même pour qu’au moins ta marque reste forte identifiable sur toutes les autres agences que tu vas créer à droite et à gauche ?

Non. Il y a le logo, évidemment. C’est un logo que je n’arrive pas à changer, que j’aime beaucoup, que je trouve assez intemporel et que je n’ai pas envie de changer. Pour la petite histoire, MC2 Mon Amour, au départ c’est un nom que je n’ai pas créé et que je n’aimais pas. Et quand je me suis associée à la personne qui avait créé ce nom-là, j’ai voulu créé une image différente de ce à quoi me faisait penser le nom, c’est-à-dire quelque chose de cucul. Et donc, j’ai voulu faire une écriture assez grasse, graphique et qui parle aussi aux hommes parce que je trouve que les hommes s’intéressent quand même beaucoup aussi à l’organisation du mariage. Et donc, il y aura ce côté-là, le logo, qui va rester. Peut-être que tu m’interrogeras dans un an et que je te dirais « oui, avec notre tenue, c’est comme ça qu’on nous reconnait ». Mais aujourd’hui, non, ce n’est pas quelque chose que je vais imposer. Finalement, c’est un peu l’ADN de MC2 Mon Amour que de faire des mariages différents. Aujourd’hui, quand les gens viennent nous voir, ils nous disent « avec MC2 Mon Amour, on a l’impression qu’on peut tout faire ». Et comme je te disais tout à l’heure, parfois on fait des mariages à 300 personnes hyper romantiques. Et puis, on va faire avec seulement que tous les deux, on met un feu de camp et on fait une cérémonie laïque autour de ça. On a des couples très, très, très différents. Et pour moi, ça fait partie de l’ADN de MC2 que de s’adresser à des couples différents et donc d’avoir des wedding planners différentes. 

Mais pour le reste, est-ce que ça va être toi qui vas centraliser un peu la communication, les demandes ?

Non, c’est pareil, elles auront chacune leur site, chacune leur Insta. 

D’accord. Mais on continue de te connaitre, toi, d’abord et te contacter et puis c’est toi qui vas dispatcher les demandes. 

Oui, on a déjà un petit côté comme ça. 

D’accord. Et donc, puisqu’il commence à y avoir pas mal de wedding planners qui nous écoutent, j’en conclus que si on a certaines qui sont intéressées pour te rejoindre, est-ce que ça passe forcément par faire une formation avec toi ou est-ce qu’on peut te contacter directement ? Comment est-ce que ça se passe ?

Pour l’instant, j’avoue que je l’ai toujours fait comme ça parce que je suis quelqu’un qui fonctionne énormément au feeling et j’ai besoin de me sentir bien avec la personne avec qui je vais travailler. Je n’ai pas une vision uniquement chiffres, business et compagnie. J’ai besoin de sentir qu’on a un petit peu le même délire, qu’on partage les mêmes valeurs. Et c’est vrai qu’en faisant une formation avec moi d’une semaine, je commence un petit peu à découvrir la personnalité et à voir un petit peu comment elle communique avec les autres personnes. Et c’est hyper important pour moi aussi de voir comment se passe l’échange avec les autres, pas seulement avec moi. Donc pour l’instant, je l’ai toujours fait comme ça. Ce n’est pas forcément la règle qui va rester statu quo comme ça. Si jamais j’ai un gros coup de cœur pour quelqu’un et que ça matchait bien niveau professionnel, pourquoi pas. Mais à l’heure actuelle, c’est vrai que de faire la formation, ça me permet de valider que les connaissances de base sont acquises, ça permet ensuite de leur faire faire des jours J avec moi. Forcément, on n’ouvre pas une agence avant d’avoir pas mal d’expérience terrain. On n’est pas wedding planner papier. C’est comme quand je suis sortie de droit, je ne savais pas faire des contrats. Tu n’es pas wedding planner tant que tu n’as pas été sur des mariages. C’est pareil. Et peut-être que ça pourra changer et que peut-être qu’il y a une fille qui fera l’exception et que je me dirai que tout le monde n’est pas obligé de passer par la formation. Mais pour l’instant, c’est le chemin qui est privilégié. Et je préfère même dire que je préfère bichonner les premières, avoir un noyau dur hyper solidaire. Parce que c’est hyper important pour moi qu’on soit solidaires entre nous, qu’il y ait beaucoup de bienveillance et que si le noyau est vraiment soudé, toutes celles qui viendront se raccommoder auront déjà un petit peu l’ambiance ou ces bonnes ententes, bienveillance, entraide et garder cette ligne-là de développement. C’est vraiment créer une communauté entre nous et ce n’est pas juste ouvrir les agences pour ouvrir les agences.

Petit instant promo : est-ce que tu pourrais nous en dire un petit peu plus sur tes formations, le format, où est-ce que ça se passe, présentiel ou à distance, combien de temps est-ce que ça dure ? Et puis, où est-ce qu’on peut trouver toutes les infos par rapport à tout ça ? 

Quand je parlais de communauté d’entraide, je pense ne pas me tromper en disant que c’est la première formation qu’on a montée à deux wedding planners, donc avec Fiona de Superplanner, où on est vraiment tout le temps ensemble. Elle n’est pas intervenante et je ne suis pas intervenante, on est tout le temps ensemble de A à Z. Et on a des marchés très différents, elle et moi, et des façons de travailler très différentes. Par exemple, elle a des bureaux, elle a des salariés alors que moi, je te disais, j’ai des freelances et je ne veux pas de bureau parce que je veux pouvoir travailler à l’autre bout du monde si jamais je veux voyager et tout. Pareil, dans sa clientèle, elle a beaucoup plus souvent des très, très gros budgets, elle a beaucoup de mariages juifs. Donc on a monté cette formation avec deux façons différentes de travailler pour que ça soit hyper instructif au niveau des futures élèves. Et on fait toujours intervenir plusieurs autres wedding planners pour montrer qu’il n’y a pas qu’une seule façon de faire, il n’y a pas qu’un seul statut à choisir, il faut réfléchir à ses objectifs et tout. Et on leur apprend beaucoup à être chef d’entreprise en plus d’être wedding planner. Et par exemple, tu l’as déjà interrogée, Sylvie de Sparkly.

Oui, tout à fait.

Elle intervient pratiquement tout le temps parce qu’elle a encore un modèle différent de moi et de Fiona de Superplanner. On a déjà fait intervenir les Demoiselles de Madame. On a déjà fait intervenir Aime deux fois qui s’est lancé l’année dernière et qui a une identité hyper forte. On a déjà fait aussi intervenir Moon Event qui est sur un marché très ciblé. On a aussi fait intervenir des filles qui ont arrêté. Donc ça, pour nous, c’est hyper important. Et on a monté cette formation, on l’a fait une fois en présentiel et une fois en ligne. Parce que quand elle est en présentiel, elle est à Paris et on sait très bien que c’est un budget, pour celles qui viennent en région, de se loger et de se nourrir pendant une semaine. Donc on a choisi de pouvoir vraiment avoir des publics différents et de convenir à tout le monde. C’est pareil avec la vie qu’on a aujourd’hui, c’est compliqué s’il y a les enfants et en ligne, c’est quand même plus facile. Et toutes les informations sont sur « formationwedding », j’ai un doute si c’est « . fr » ou « .com », mais je crois que c’est « .com ». Les prochaines sessions sont en octobre et novembre pour la partie design parce que là on va rentrer toutes les deux dans le dur de la saison avec tous les mariages qui reprennent. Mais on a monté ça avec Fiona et la particularité, c’est qu’on a aussi un groupe après la formation où on essaie vraiment de s’entraider, on se partage les infos, on les fait venir avec nous sur des évènements pour qu’elles gagnent en compétence, on se motive. S’il y en a une qui lance son agence ou qui recherche un prestataire, on essaie de s’aider. On veut vraiment créer une communauté bienveillante de wedding planners parce que, comme il peut exister pour les photographes ou autres, on était un petit peu trop chacune dans notre coin alors qu’il n’y a pas tant de concurrences que ça entre nous. Je veux dire, tu peux être la meilleure wedding planner du monde, si ton couple n’a pas le feeling avec toi, ils disent « oui, très bien, Estelle, mais on n’a pas du tout le feeling avec MC2 Mon Amour et on a préféré Amélie Event qui a démarré depuis six mois ». Et c’est elle qui va prendre le contrat. Donc finalement, la concurrence n’existe pas, c’est le couple qui choisit par rapport au feeling. Et puis, franchement il y a tellement de couples qui se marient par rapport au peu de pourcentage de couples finalement qui font appel à une wedding planner, la marge de progression est énorme. Donc autant que les filles soient formées et qu’elles aient un bon esprit d’entraide. Et j’avoue que c’est un peu notre objectif avec Fiona. 

En tout cas, tu l’as bien vendu. Pour le « .com » ou le « . fr », ce n’est pas grave, on mettra le site dans les notes de l’épisode. On va enchainer avec le dernier segment du podcast où généralement je pose les mêmes questions à tous nos invités. J’aimerais qu’on rebondisse sur ce que tu as dit tout à l’heure sur le fait que tu formais des chefs d’entreprise. Et ça, c’est super important pour moi. C’est aussi pour ça qu’on a lancé le podcast et aussi pour donner des conseils actionnables sur, certes, comment on va organiser un mariage mais aussi comment on va gérer son entreprise, comment on va trouver des clients, etc. C’est tout aussi important, je pense que tu ne me contrediras pas là-dessus. Et je vais enchainer avec ma première question qui serait : pour toi, quel est l’outil indispensable pour gérer ton activité ? Alors ça peut être tout sauf ton téléphone parce que j’imagine que tu l’utilises mais est-ce qu’il y a une application que tu utilises dans ton téléphone ? Est-ce qu’il y a un site web, un outil en ligne, peu importe ce que c’est, que tu utilises et dont tu ne pourrais pas te passer pour optimiser ton temps, par exemple, mieux gérer ta boite, etc. ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui te vient en tête tout de suite ? 

Ouais, je fais quand même pas mal appel à Wedding-Bear qui s’appelait anciennement Le Témoin. Puis, j’avoue que Google Agenda m’aide beaucoup pour tout noter. Et j’ai aussi une application, ça s’appelle Any.do, où je note absolument tout ce que j’ai à faire parce que je ne fais pas confiance à mon cerveau. Au bout d’un moment, on a trop de choses et on se dit « tiens, je vais le faire » et non. J’ai vraiment pris l’habitude d’absolument tout noter. La preuve, c’est qu’hier j’avais oublié de noter un rendez-vous, évidemment lors du rendez-vous je vois le numéro de la maman de la mariée s’afficher et là je me dis « oh my God, je ne suis pas du tout au rendez-vous ». Gros loupé ! Ça arrive très rarement mais ça peut arriver de temps en temps. Je ne fais pas confiance à mon cerveau, je note tout. Et Wedding-Bear m’a effectivement beaucoup aidée pour gagner du temps et j’espère que les nouvelles fonctionnalités vont bientôt arriver.

Oui, c’est un CRM pour wedding planners.

Je dirais plutôt gestion des mails. Pour tout ce qui est recherche de prestataires, ça va plus vite. J’avais participé à l’élaboration de la version beta et là c’est la nouvelle version qui est en train d’être lancée et toutes les fonctionnalités ne sont pas encore en route mais c’est quand même un gain de temps. Je sais qu’il y a aussi WeddingPlan. Il y en a certainement d’autres qui se mettent en place. 

De toute façon, c’est un secteur qui commence à se consolider. On est sur un marché en croissance donc ça se structure. 

Oui. Et puis, je pense que tu en as parlé avec les autres wedding planners que tu as interrogées mais c’est un métier qui est hyper chronophage et qui mérite énormément d’être professé. 

C’est ça.

D’être professé, d’être un minimum automatisé, d’alléger notre charge mentale parce que la wedding planner pense à tout pour tout le monde, les mariés, les prestataires, ses freelances, et elle est obligée de connaitre un petit peu le métier de tout le monde. Donc c’est une grosse charge mentale.

Surtout pour des tâches sur lesquelles vous n’avez aucune valeur ajoutée.

Complètement.

Parce que faire des mails, programmer des rendez-vous, ce n’est pas là-dessus que tu as plus de valeur. C’est sûr. 

Oui, c’est ça. Mais je pense que c’est propre à chacune aussi, chacune fait comme elle veut. Par exemple, je ne suis pas forcément la wedding planner qui accompagne les mariés à tous leurs rendez-vous. Pour moi, il y a une part de relation qu’il doit y avoir entre les prestataires et les mariés donc je m’occupe vraiment de la partie organisationnelle. Mais aller faire un rendez-vous avec un DJ pour parler de la musique que le couple préfère, je n’ai aucune plus-value là-dessus et je ne souhaite surtout pas contrer la relation du DJ ou du photographe et vidéaste avec les mariés. Il faut qu’eux aussi aient leur part de petite magie de relation avec le couple. C’est ce qui fait que ça se passe bien aussi. 

Si jamais tu devais revenir au moment où tu t’es associée ou tu te lançais en tant que wedding planner et que tu pouvais te donner un conseil à l’oreille, qu’est-ce que tu te dirais ?

Choisis bien ton expert-comptable. 

On ne m’avait jamais faite, celle-là, mais je suis complètement d’accord. 

Je suis très mauvaise en administratif, très mauvaise en chiffres et c’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai vraiment une intention particulière à apprendre aux filles à être des chefs d’entreprise avant d’être des wedding planners sinon il n’y a plus personne trois ans après.

Oui, c’est super important ne serait-ce que pour avoir des tableaux de bord. Faire sa compta, c’est clairement aussi une tâche où on n’a aucune valeur ajoutée. En plus, généralement quand on le fait soi-même et qu’on n’a pas de compétence, c’est souvent mal fait et il faut tout refaire après mais ce n’est pas du tout qu’on le kiffe.

Ouais. Et donc, même pour celles qui sont en micro-entreprise, qui n’ont donc pas besoin d’expert-comptable à priori, soyez vraiment proches de vos chiffres justement pour savoir à quel moment ce n’est plus rentable d’être en micro-entreprise, pour ne pas choisir un statut au hasard. Et être bien accompagné, c’est hyper important. Il ne faut pas croire qu’on peut tout faire toute seule, il faut être conscient de ses faiblesses. Et là où vous avez des faiblesses, payez quelqu’un, ça ira plus vite. Je pense que dans pas longtemps, je vais passer à quelqu’un qui va gérer vraiment tous mes papiers parce que je repousse, je repousse jusqu’au moment où ça me prend plus de temps de tout rechercher, de savoir le fil conducteur, de payer les pénalités. C’est une catastrophe.

C’est sûr que quand on en vient à payer les pénalités, c’est qu’on est un peu à la bourre.

Oui.

Mais tu l’as dit, c’est vrai que faire appel à quelqu’un est souvent vu comme une charge à court terme.

Mais non, il ne faut pas le voir comme ça, c’est une erreur.

Mais c’est un produit à long terme puisque ça nous fait gagner du temps.

Bien sûr, c’est concentrer sa valeur ailleurs. Est-ce que répondre à un truc administratif va finalement t’apporter plus de valeur ? Tu es doué pour la communication, passe une heure à faire un live, à faire des interviews, à écrire un article de blog qui va te faire être bien référencé plutôt que de passer ton temps à faire de l’administratif qui n’a aucune plus-value mais qui est nécessaire.

Tout à fait d’accord. Écoute, ce sera martelé dans le podcast. On va peut-être même le passer en double, ce passage. Non, je rigole. Est-ce qu’il y a une personnalité qui t’inspire, que ce soit dans l’univers du mariage ou autres, quelqu’un que tu suis, quelqu’un dont tu aimes le travail ?

Très bonne question ! En fait, j’ai pas mal de gens que j’aime bien suivre. Mais de là à avoir quelqu’un du genre un peu hyper fan, non.

Les gens que tu suis alors, quelques personnes que tu suis et dont tu aimes le travail.

Oui. J’aime beaucoup Jacquemus, ça n’a rien à voir avec le mariage. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un créateur de mode. J’ai aimé le côté disruptif qu’il avait de vraiment un peu casser les codes de la mode, des choses comme ça, et de toujours se renouveler et d’apporter ce côté souffle frais. C’est quelque chose que j’aime beaucoup. J’ai une de mes mariées que j’admire un petit peu. Elle a créé Joone qui est une start-up de l’année dernière.

Ah d’accord, c’est une de tes mariées.

C’est d’elle dont je t’ai parlée, que c’est une créatrice de start-up qui fonctionne à fond. Tous ses potes sont des créateurs de start-up aussi. Elle est hyper croyante et on a fait le mariage à l’église. Et j’ai quand même essayé de la placer ma cérémonie laïque, no way ! Je crois qu’elle a échoué une ou deux boites avant de créer Joone. J’aime beaucoup le côté business de pas mal de choses. Je ne suis pas très influenceuse, je n’en connais pas beaucoup mais, par exemple, Noholita, j’aime bien le côté business girl qu’elle a et je la trouve finalement assez naturelle et elle continue son petit bonhomme de chemin. D’ailleurs, j’ai l’impression que la fille qui s’habille, qui montre ça, ça et ça, je vois tout le travail qu’il y a derrière. J’ai du mal à faire une story, elle en fait 15 par jour. Et donc, c’est du travail que de faire tout ça, que de rendre ça joli, que d’écrire et en même temps de monter son business, de mener sa vie. Et j’aime beaucoup le côté un petit peu business qu’il peut y avoir derrière tout ça avec le côté équilibre vie pro/vie perso. 

Très bien. Ça va être plein de notes qu’on va pouvoir ajouter dans l’épisode. Joone, je crois qu’ils font des produits pour bébé. 

Non, la stratégie était justement de commencer par la livraison de couches qui n’existait pas en France à l’époque. Mais ce n’était pas du tout l’objectif premier de Joone. L’objectif premier était de devenir la marque préférée des familles. Et donc, passer par le bébé était le meilleur moyen de pouvoir ensuite devenir une marque de cosmétique alors que le marché était hyper concurrentiel. Et je suis sûre qu’elle a encore plein de petits lapins dans son chapeau à nous sortir pour des mois à venir. Elle est partout dans le monde aujourd’hui. Et de la côtoyer un petit peu au quotidien, parce que maintenant elle est enceinte, je vois ce petit bout de femme qui avance. C’est quelque chose que j’aime beaucoup, le côté avancer malgré les obstacles et de ne pas faire tout ce qu’on attend forcément de nous. C’est quelque chose qui m’interpelle quand les gens ne font pas forcément tout ce qu’on attend d’eux et qu’ils sortent un petit peu des cases. J’aime bien !

On a parlé tout à l’heure des agences qui se créent sur un segment et qui ensuite s’ouvrent un petit peu à tout l’univers du mariage. C’est un peu pareil avec Joone. Dernière question avant de te laisser, c’est la première fois que je la pose mais comme je sais que tu as écouté pas mal des anciens épisodes, quel invité aimerais-tu voir venir sur le podcast, qu’on interviewe sur Carnet de Noces s’il y en a un qui te vient en tête ? En plus, ça nous donnera des idées de futurs invités. 

J’imagine que c’est évidemment un wedding planner.

Ouais. 

Quand tu me disais quel wedding planner tu aimes suivre, j’aime bien les wedding planners qui sont un petit peu secrètes comme moi et qu’on ne voit jamais leur tête, j’ai envie d’apprendre à les connaitre. Par exemple, Evelyne Alyani, je crois qu’on dit ; j’ai toujours un problème avec les noms, tu l’as remarqué ; ou Alejandra Poupel parce qu’elles sont dans du très, très, très haut de gamme mais elles sont là depuis longtemps. Et je trouve que ce serait hyper intéressant d’avoir leur vision à elles du monde de wedding planner alors qu’elles font ça depuis peut-être 15 ans, 10 ans et qu’elles ont presque des mondes qu’on n’a pas. C’est quoi pour elles être organisatrice, c’est quoi être wedding planner aujourd’hui quand nous, on ne marche qu’avec du Insta, quand on veut des trucs tendance. J’avoue que ce sont des wedding planners que j’aimerais bien entendre sur des supports comme les podcasts que j’écoute beaucoup.

J’ai bien noté. Je ne connaissais pas du tout leur nom donc c’est qu’elles doivent agir un peu sous les radars. 

Oui, je crois qu’elles sont à partir de 500 000 euros.

Ah oui, d’accord. Elles vont peut-être être un petit peu difficiles, il va falloir leur envoyer plusieurs mails mais on y croit, on va tenter.

On ne sait jamais. 

C’est clair. Quand on aura des dizaines de milliers d’écoutes par mois, ce sera un peu moins compliqué mais on va y arriver. Dans tous les cas, Estelle, ça m’a vraiment fait plaisir de t’avoir. On y est arrivés et ça valait le coup. C’est ce que je te disais avant d’enregistrer.

C’est grâce à toi qu’on y est arrivés.

Généralement, quand on galère comme ça à enregistrer, c’est que ça va faire des beaux épisodes et je sais que celui-là en est un en tout cas. Pour préciser, on était sur Zoom là. Je ne t’ai précisé que d’habitude on utilise une application spéciale pour enregistrer le podcast. Et il y avait des petits soucis de son au début mais ça va beaucoup mieux depuis qu’on a coupé la caméra. Donc je pense que même au niveau du son, on devrait être plutôt pas mal. 

OK. 

Encore merci d’avoir pu nous partager tout ça. On va te souhaiter le meilleur pour ce début de saison puisqu’on vient de sortir du Covid à l’heure où on enregistre l’épisode donc j’imagine que tous les mariages ne devraient pas tarder à commencer à s’enclencher.

Ouais, premier le 5 juin.

On y est presque, on est le 18 mai à l’heure où on enregistre. Merci encore. Bonne continuation à toi et puis à une prochaine !

Merci à vous de nous fournir du contenu de qualité avec des gens avec qui on n’a pas le temps d’échanger. C’était hyper intéressant d’écouter les anciens épisodes et hâte d’écouter les prochains après le mien, parce que je ne vais pas me réécouter. Mais merci encore pour l’invitation et de produire ce genre de contenu. C’est cool.

Merci à toi. Bye.

Au revoir.   

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