Jennifer et Sophie, un duo de wedding planner dynamique

Podcast
Jennifer et Sophie, un duo de wedding planner dynamique
1910 . 2021

De Syra Sylla 19/10/ 2021

Amies dans la vie, Jennifer et Sophie forment le duo qui se cache derrière l’agence Ma Vie de Bohème. Les deux jeunes femmes ont su trouver la formule pour que leur binôme profite à leur agence de wedding planner.

“On est différentes, on est complémentaires.”

L’une est plutôt portée sur le créatif et la communication. L’autre va gérer tout le côté logistique. Il y a 11 ans, Jennifer et Sophie se sont lancées dans l’aventure de l’entrepreneuriat en fondant l’agence Ma Vie de Bohème. Depuis, les deux anciennes colocatrices ne comptent plus le nombre de mariages (et pas que) qu’elles ont organisés.

Au micro de Carnet de Noces, les deux jeunes femmes auto-didactes et pleines d’humour nous racontent le pourquoi du comment de leur arrivée dans le monde des wedding planners et nous expliquent également comment elles fonctionnent.

Une conversation riche de conseils et de bonnes vibes.

L’agence Ma Vie de Bohème de Jennifer et Sophie

Site Internet : https://www.maviedeboheme.fr/
Instagram : https://www.instagram.com/maviedeboheme/
Facebook : https://www.facebook.com/MaVieDeBoheme/

Les “tips” de Jennifer et Sophie :

L’indispensable : Google et ses extensions (Google Sheet, Google Classroom, Gmail)
Le vintage : archives.org
L’outil SEO : Semrush

L’épisode 21 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 21 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Salut à vous deux. C’est un épisode un petit peu spécial qu’on enregistre aujourd’hui. C’est la première fois où je suis avec deux invitées, Jennifer et Sophie de l’agence Ma Vie de Bohème. Excusez-moi, j’étais sur votre site toute à l’heure et j’ai vu MVDB.

Sophie – Oui, c’est notre petit acronyme.

Et juste avant d’enregistrer, tu as eu une idée super originale, une très bonne idée, c’est que chacune de vous va se présenter avec un portrait croisé. Donc je vais laisser Sophie démarrer, tu vas présenter ton associée Jennifer, parce que j’imagine que vous êtes associées.

Jennifer – On se connait à peine. 

Sophie – Je ne sais pas qui est cette personne. Excusez-moi, je ne suis pas dans le bon podcast. Oui, c’est mon associée. C’est mon amie dans la vie aussi, je vais peut-être commencer par là pour la présenter. On se connait depuis le lycée. Le parcours de Jen, c’est un amour du métier de wedding planner, si on devait trouver des premiers mots. S’il y en a une dans le duo qui a eu cette envie de travailler dans le milieu du mariage, c’est Jen. Elle a fait de brillantes études en Marketing Opérationnel International, ce qui lui confère un niveau d’anglais digne des plus grandes stars américaines. C’est vrai, tu as fait de belles études, un beau bac + 5 en poche. Et puis, avec ce Master en Marketing Opérationnel International, qu’est-ce qu’on fait de notre vie ? C’est la question que beaucoup d’étudiants se posent à la fin de leurs études. Jen avait envie de travailler dans l’évènementiel et on en reparlait ensemble il n’y a pas très longtemps, on se souvenait de ces premiers instants passés dans ma chambre d’ado chez ma mère et où elle est venue me voir en disant “je voudrais trouver un stage dans le domaine du mariage”. À l’époque, on est allées sur Google et on a tapé “Wedding Planner Paris” sur le site des Pages Jaunes. On n’est pas si vieilles mais quand même un tout petit peu.

Jennifer – Tu avais dit “tu tapes Wedding Planner ou organisatrice de mariage sur les Pages Jaunes et tu les contactes.”

Sophie – Et c’est ce qu’elle a fait. Elle a contacté ces agences et elle a trouvé un stage, le stage de son master, dans une agence d’organisation de mariage à Paris. Et elle a mis le petit doigt d’orteil dans ce milieu-là, puis tout le corps a suivi dans les années suivantes puisqu’elle a fait son stage là-bas. 

Est-ce que tu veux parler du nom de l’agence chez qui tu étais ? Est-ce qu’elle existe encore ?

Sophie – Elle existe encore et c’est pour ça qu’on n’en parle pas trop.

Pourquoi ? Est-ce que tu as fait n’importe quoi chez eux ?

Sophie – Ouais, on a tout foutu le bordel, Jen est blacklistée depuis, ils ne veulent plus jamais entendre parler d’elle. Non, pas du tout. C’est juste qu’il y a des choses qui se sont très bien passées dans cette agence et qui ont été un vrai tremplin pour elle et pour nous. Peut-être que dans mon portrait croisé, elle parlera de mon intervention dans cette agence-là et comment on a déjà commencé à créer Ma Vie de Bohème en travaillant dans cette agence. Il y a aussi des trucs qui se passaient moins bien et qui ont été pour nous des voies d’amélioration. Et peut-être que quand on explique un peu, ça peut mettre en porte-à-faux cette agence-là à laquelle on ne veut aucun mal par ailleurs. Donc on ne préfère pas dire comment elle s’appelle. 

On en reparlera peut-être après, pas de l’agence mais des choses à améliorer.

Sophie – Exactement. C’est pour ça qu’en parlant des choses à améliorer, on risque de revenir sur cette agence-là et ce ne serait pas cool de notre part.

OK. Jennifer, qu’est-ce que tu as à dire sur Sophie ?

Jennifer – J’ai préparé un petit discours. Non, je rigole. On est amies dans la vie. J’avais déjà de l’expérience dans le domaine puisque j’avais fait un stage et puis j’ai poursuivi en alternance dans cette même agence. Donc j’avais déjà un an et demi d’expérience en agence, je terminais mes études. Sophie était encore en étude puisqu’elle avait fait une année de césure en Australie, ce qui lui confère un niveau d’anglais encore plus important que le mien. Et quand elle est revenue en mois de janvier, c’était compliqué de reprendre un cursus. Moi je terminais le mien. Et puis, à la fin de mon alternance, je voulais poursuivre dans l’évènementiel, Sophie avait très envie d’entreprendre, et c’est comme ça qu’elle m’a dit “viens, on se lance toutes les deux, on y va et on crée l’agence à notre image comme on a envie qu’elle soit” en prenant le savoir-faire que j’avais acquis pendant mes années dans l’agence parisienne et en améliorant certains axes qui étaient très importants pour nous, dont l’humain qui est vraiment au cœur de notre philosophie d’agence. C’est-à-dire que c’était une agence qui faisait beaucoup de mariages et on n’avait pas forcément de vrais échanges et de vraie relation avec les mariés. Et quand on a créé Ma Vie De Bohème, c’était vraiment ce qu’on voulait mettre au cœur du métier. 

Sophie – Pour conclure un peu sur notre présentation et qui on est personnellement, je trouve que c’est très important d’expliquer, vu qu’on est deux en plus, qu’on est très complémentaires et qu’on est deux personnalités très différentes. Et je pense que c’est ça aussi qui fait le charme de Ma Vie de Bohème parce qu’on est deux personnalités différentes, vous avez peut-être déjà pu le remarquer en nous écoutant parler et en voyant la présentation. On est différentes, on est complémentaires. Jennifer est vachement sur le côté des tendances, de la mode, de la déco, des robes de mariée, des idées, tout l’aspect un peu créatif. Elle aime beaucoup les fleurs, elle est beaucoup dans cet état d’esprit là. Et je suis plutôt celle qui va être chiante sur le calendrier, qui va créer des notes partagées, qui va faire les Google Drive, qui va classer les mails dans la boite mail, un peu plus le côté geek.

Jennifer – Qui vient mettre les outils en place aussi pour faciliter notre travail. On peut dire que tu es la geek du duo vu que ça me dépasse un peu tout ça.  

Sophie – Oui, c’est ça. Et quand les mariés nous font des blagues sur des trucs de Pop Cutlure, je pense à ça. Parce qu’hier, on a fait un rendez-vous et le marié nous dit “ah là là, c’est le Mordor”, et je savais que Jen ne savait pas du tout ce que c’était le Mordor parce qu’elle ne connait pas les Seigneurs des anneaux etc. Même sur les trucs de musique, elle confond les Rolling Stones et les Beatles.

Jennifer – Mais comment tu m’affiches !

Sophie – Non, c’est important pour connaitre ta personnalité, pour comprendre. Par contre, elle peut te dire les différentes variétés de gypsophile, elle connait toutes les différentes façons de travailler l’eucalyptus, elle te dit “tu as le populus, le rigalus, le figalus”, elle connait tous les noms d’eucalyptus de la terre, elle sait la forme qu’ils ont. Et par contre, c’est zéro sur d’autres trucs. Désolée, Jen.

Est-ce à ça que vous attribuez la longévité de votre agence et votre succès ? Parce que si vous en êtes encore là aujourd’hui, c’est que ça doit marcher et que ça va comme vous voulez.

Sophie – Oui, merci. Ça va comme on veut malgré une année 2020 un peu compliquée, mais pour le monde finalement donc on ne va pas s’étaler là-dessus. On est très contentes et je pense effectivement qu’on doit le succès de l’activité et sa longévité à notre duo, à notre complémentarité et à nos personnalités. Ça joue beaucoup.

Jennifer – C’est quand même aux outils qu’on a mis en place, à notre expérience et notre bonne maitrise du métier. Au bout de 8 ans, on a connu des galères, on s’est perfectionnées, même si on apprend toujours. En tout cas, je me trouve beaucoup plus à l’aise qu’il y a 8 ans, évidement, quand on s’est mis à notre compte.

Sophie – Oui, bien sûr. Mais c’est vrai que juste en termes de personnalité, j’imagine qu’il y a beaucoup de bonnes wedding planners qui font très bien leur travail. On connait déjà des collègues qu’on estime et qu’on trouve très douées dans cette activité. Mais je pense que ce qui fait aussi la différence, c’est la personnalité, l’axe et le caractère des wedding planners qu’on engage.

Oui, c’est ce qui est revenu beaucoup d’ailleurs. C’est vrai que la plupart des wedding planners que j’ai eues disent assez souvent qu’on travaille avec une personnalité. Et je pense que c’est le critère numéro un, il faut que ça fit puisque vous allez être celles qui allez organiser le jour le plus important de leur vie. Donc si déjà ça ne matche pas d’un point de vue humain, au bout du compte ça ne va pas le faire généralement. D’ailleurs, je voulais parler de votre positionnement. Parce que je suis allé sur votre site, j’ai un peu lu tout ce que vous avez mis dessus et on voit qu’il y a des petites touches d’humour qui sont parsemées un peu par-ci par-là. Et puis, quand je vous vois là devant moi, et même avant l’enregistrement, on voit que vous avez la joie de vivre. Est-ce que c’est quelque chose que vous avez recherché ou est-ce que c’est quelque chose qui est venu naturellement et que vous avez couché sur le papier ? Est-ce que vous vous êtes fait accompagner là-dessus ?

Sophie – Quelle horreur ! 

Jennifer – En fait, là ce n’est que du faux, on se force pour le podcast.

Non mais je veux dire vous faire accompagner pour poser sur papier. Parce que c’est un challenge qui est assez difficile, surtout quand on veut amener de l’humour quand même. Il y en a qui y arrivent et il y en a qui y arrivent beaucoup moins bien, ça peut faire un peu fake ou ça peut faire trop. Vous, je trouve qu’il y a la bonne dose. Et puis, quand je vous vois après avoir lu votre site, puisque je suis allé dessus avant l’enregistrement, je trouve que ça matche très bien et ça peut vous paraitre naturel. Mais il y en a pour qui ce n’est pas naturel du tout. 

Sophie – Ça fait plaisir ! 

Jennifer – Ça nous arrive d’être hyper lourdes aussi mais quand on est ensemble, on se filtre l’une et l’autre.

Sophie – Oui, on essaye de ne pas tomber dans le duo comique non plus. Mais c’est vrai que c’est hyper important pour nous. Et ce que tu dis, ça nous fait très plaisir. Et des mariés nous le disent aussi en premier rendez-vous “j’ai bien aimé votre site et je le ressens aussi quand on parle”. Et je pense que le secret du site, c’est que justement on ne s’est pas fait accompagner, qu’on a fait tout nous-mêmes, on a écrit le texte ensemble. 

Jennifer – C’est Sophie qui l’a codé. Je n’ai pas vraiment fini la présentation tout à l’heure mais Sophie a commencé dans le métier en créant des petits sites internet pour les mariés parce qu’elle a plus une formation communication au final. 

Sophie – Oui, tout à fait. Comme tu ne sais pas comment s’appelle mon master, j’ai fait un master en communication…

Jennifer – En formation et communication. Si, je sais.

Sophie – Ça s’appelait communication rédactionnelle dédiée au multimédia. Donc je rédige des trucs sur du multimédia. 

Jennifer – Mais c’est Sophie qui a codé de ses petites mains l’ensemble du site internet. Elle n’a pas de formation, elle est autodidacte dans le domaine. Et donc, c’est elle qui s’est intéressée, qui s’est documentée et qui a créé le site internet. D’ailleurs, c’est une des dernières versions qui étaient en ligne, mais il y a eu des versions précédentes qui étaient moins chiadées, moins poussées, faites sur iWeb à l’époque.

Sophie – Oui, la première version du site internet de Ma Vie de Bohème. Je suis un peu nostalgique comme personne donc j’aime bien aller revoir les trucs qu’on faisait en 2013 quand on a commencé. Et justement, le dernier site que tu as vu, c’est celui qu’on a fait en 2020. Covid, il fallait s’occuper, on a fait un nouveau site internet, il était beau. Je ne sais pas si tu connais, et si les personnes qui nous écoutent ne connaissent pas, ce site est Internet Archive. 

Oui, archive.org. Exact. 

Sophie – Voilà, c’est ça.

Oui, c’est très, très bien.

Sophie – Oui, c’est juste génial.

Pour ceux qui nous écoutent, Archive.org est une espèce de base de données où tu rentres un URL, et c’est un site qui fait des genres de copie d’écran. Je pense que tu peux faire ça pour Amazon si tu veux la première version d’Amazon.

Sophie – Exactement.

Tu rentres le nom de domaine, tu remontes dans le temps et tu as des copies d’écran. Tu ne peux pas naviguer dessus, forcément, mais c’est vrai que c’est super intéressant. C’est un peu pour les geeks du web.

Sophie – Tu m’as cernée, je suis démasquée. Mais c’est vrai que si tu regardes le site de Ma Vie De Bohème en 2013, ça n’a rien à voir, il y a des petites fleurs.

Jennifer – Oui, on est dans une ambiance beaucoup plus pastel. Mais c’est normal, c’est aussi notre évolution. Et heureusement qu’on n’est pas restées à cette première version du site. 

Et donc là, pour le site pour les geeks, tu es sur WordPress, c’est ça ?  

Sophie – Non, pas du tout. Le blog est hébergé sur WordPress parce que c’est quand même plus facile. Plus personne ne lit les blogs, si ? Il y a des gens qui lisent encore des blogs ? Pardon. Je ne devrais pas dire ça mais je trouve que c’est hyper compliqué de séduire des gens. Maintenant avec Instagram et les stories, est-ce que les gens prennent le temps de lire des articles comme nous avant ? On en a fait un peu pendant le confinement, justement, on a essayé de poser un peu sur le papier. On aime bien écrire donc c’est sympa, mais c’est vrai qu’on ne le fait pas trop. Mais le blog est sur WordPress, même s’il n’est pas très alimenté, ce n’est pas très bien. Et le reste du site est codé via Bootstrap qui est un framework. On est en train de digresser du podcast.

Jennifer – Je vais vous laisser, je pense.

Sophie – Oui, ce sera Carnet du Web que ça va s’appeler.  

C’est super intéressant. Quand j’ai su que vous venez, j’étais très content puisqu’il y a une question que je veux vous poser depuis que je m’intéresse à la requête “Wedding planner Paris” sur Google et que je vous vois en deuxième position. En plus, c’est la page d’accueil de votre site ou je ne sais quelle page qui remonte sur Google et où il n’y a pas beaucoup de contenus texte dessus qui va à l’encontre de tout ce qu’on pourrait trouver sur cette requête-là. Vous êtes deuxièmes donc je me suis dit “c’est quoi leur recette magique ?” C’est une question que je voulais poser plutôt vers la fin du podcast mais vu qu’on digresse un peu sur le site, autant y aller tout de suite. J’imagine que c’est toi, Sophie, qui auras peut-être plus de réponses par rapport à ça. Est-ce que c’est quelque chose que tu as travaillé ? J’imagine que oui puisqu’on n’atterrit pas en deuxième position sous cette requête par hasard. Est-ce que tu peux nous en dire plus là-dessus ?

Sophie – Oui, totalement. Je suis super contente, j’adore ce que tu nous dis. Il faut savoir que pour savoir en quelle position de Google tu es, il y a des sites internet qui te donnent ta position, mais ils sont plus ou moins fiables et moi je ne fais pas confiance à tous ces petits programmes. Je demande souvent à mes amis, ceux qui ne tapent pas “wedding planner Paris” ou des trucs comme ça, qui ne recherchent pas des trucs de mariage, d’aller voir sur leur navigateur pour voir en quel positon on est. Et j’ai plein de choses à dire sur ce sujet–là. Il se trouve qu’on a eu une saison 2018 un peu difficile, c’est l’année où on a eu le moins de mariages depuis qu’on a commencé. Et il n’y avait pas de Covid à l’époque donc on ne pouvait pas mettre ça sur son dos, il fallait trouver quel était le problème. Et le problème venait de notre site internet parce que j’étais passée en mode sécurisé, donc de HTTP à HTTPS. On ne va pas rentrer dans le détail mais, en gros, Google favorise grandement les sites qui sont sécurisés parce que, évidemment, Google veut garantir aux utilisateurs d’aller sur des sites de confiance, donc j’ai voulu passer notre site en mode sécurisé. En fait, j’ai fait des boulettes de redirection d’URL parce que ce n’est pas mon métier à la base et que, comme le disait Jen, j’ai tout appris par moi-même. Donc quand je veux faire un truc, je tape sur internet “passer son site en HTTPS” et je suis les étapes. Et parfois, je fais de la merde. Là, j’ai fait de la merde donc notre site est passé en 92ème page des résultats Google et on n’avait plus de demandes, c’était terrible. Donc c’est hyper important d’être bien référencé sur Google et il n’y a pas vraiment de secret. Le secret, c’est de respecter les règles que Google met au point. En fait, Google, c’est dieu et nous sommes les sujets, nous respectons ce que dit dieu Google. Si Google te dit que tu dois renommer tes images de telle façon, s’il te dit de mettre tel texte de telle façon, de mettre des alternatives aux images, par exemple, il y a plein de petites solutions qui sont accessibles à tout le monde quand on s’intéresse un tout petit peu au référencement. Je parle de référencement naturel, parce qu’il y a aussi le référencement payant qui est encore un autre sujet. Et nous, on a choisi de ne pas avoir de référencement payant, donc de sortir dans les premiers résultats de Google gratuitement en faisant juste l’effort d’avoir un site internet qui respecte les normes en vigueur, tout simplement. 

Est-ce que tu as fait des liens, par exemple ? Parce que les liens vers le site, c’est quelque chose qui est super important et qui est pris en compte aussi par l’algorithme. 

Sophie – Oui, exactement. Est-ce que tu veux dire entre les différents sites, entre des gens qui te recommandent ? 

C’est ça, exactement.

Sophie – Les backlinks. 

Les backlinks, exact.

Sophie – Si, un petit peu, évidemment. On a des partenaires. Je pense notamment à un site qui fait des gobelets personnalisés, on a travaillé avec eux pour faire un cadeau convive pour un mariage. Et eux, justement, ils étaient en train de développer leur site internet et développer leur blog notamment. Ils ont fait un article et nous on a aussi fait un article. Dans la partie blog, on essaye de se renvoyer des liens entre partenaires, parler des gens avec qui on travaille et renforcer comme ça notre réseau. Et c’est vrai que ce n’est pas extrêmement présent sur notre site. Et je vais te dire notre secret, je pense que ce sont vraiment les images.

Tu penses que ce sont les images, d’accord. Si je te pose cette question, c’est que nous, avec Planners, on essaye de se positionner sous cette requête aussi. Forcément, c’est l’une des requêtes où il y a le plus de volumes. Et d’ailleurs, tu m’en parleras juste après, et ce sera la dernière. Ne t’inquiètes pas, Jennifer, on va sortir des sujets référencement. J’imagine que c’est une requête qui doit t’apporter beaucoup de demandes, donc elle est très concurrentielle. Si demain il y avait une wedding planner qui voulait te poser la question “quelles sont les trois actions que je dois mettre en place sur mon site pour être le mieux référencé possible ?”, qu’est-ce que tu lui donnerais comme conseil ? Parmi les trois actions, parce qu’on ne va pas faire tout l’épisode là-dessus, bien sûr, si tu avais trois conseils vraiment principaux pour maximiser ses chances de bien positionner, ce serait quoi ?  

Sophie – Le site internet, c’est hyper important pour les wedding planners qui débutent, mais aussi pour les wedding planners en place comme nous de rester visible. Donc je pense que c’est quand même assez intéressant. Et je vais essayer de répondre très vite. Je dirais qu’il faut parfois sortir de l’outil qu’on utilise. Par exemple, je vois beaucoup de gens qui se lancent en disant “je vais faire un site sur Wix”. Je ne critique pas Wix, c’est très bien, ça permet de faire des pages facilement très vite. Par contre, c’est catastrophique en termes de référencement. Donc si on utilisait un outil comme ça en se disant “j’ai besoin d’être vite visible donc je vais me faire un site internet sur Wix”, il faut arrêter. Si on veut être bien référencé, il ne faut pas faire ça. Donc changer ça. Renommer les images avec des mots clés, hyper important. Je fais ça parce qu’on a une activité de location de décoration aussi, qu’on n’a pas appelée Ma Vie De Bohème Décoration, ça s’appelle les Déconneuses. Et cette activité-là aussi a un site internet. Et pour te dire, on fait zéro communication dessus, on a Insta qui n’est pas alimenté depuis 2018, on n’a pas de Facebook, on n’a pas de blog, on n’a rien. Les gens nous trouvent, et il n’y a que ça comme canal, parce qu’ils tapent les mots clés “location table en bois”, “location…” et ils nous trouvent en regardant les images. Donc hyper important : renommer les images mais ne pas oublier les textes alternatifs, parce que ça compte aussi dans le référencement. Et aussi un dernier conseil, utiliser les petits outils en ligne. Je pense à Semrush, par exemple. Je crois que ça s’appelle comme ça, je ne suis même pas sûre. 

Oui, c’est ça, Semrush. D’ailleurs, on mettra les liens dans les notes de l’épisode.

Sophie – C’est extrêmement utile. C’est gratuit pour les fonctionnalités de base mais c’est payant si tu veux des trucs plus développés. En gros, ça te permet d’avoir une analyse de ton site et de savoir les points à améliorer. Et en vrai, ce qu’il te dit de faire, il faut le faire. C’est aussi simple que ça. Il te dit “là, la page est en doublon”, tu fais une redirection pour que la page ne soit plus en doublon. Il te dit “ça, c’est mal fait”, tu le refais pour que ce soit bien fait.

Jennifer – Il faut quand même avoir des compétences de base. Parce que moi, tu me dis de faire ça, je sais ne pas faire. Il faut avoir un intérêt pour le domaine.

Il faut s’intéresser au sujet. D’ailleurs, c’était ma dernière question, est–ce que tu as une estimation du nombre de demandes que tu reçois grâce au référencement naturel ? Je ne vais pas parler en termes de nombre mais en termes de proportion par rapport au nombre de demandes global que tu reçois tous les mois, par exemple. 

Sophie– Moi j’ai une idée mais que dirais-tu, Jen ? Je suis curieuse.

Jennifer – Non, je ne sais pas parce qu’il y a maintenant Instagram qui rentre dans le game. On a de plus en plus de demandes sur Instagram. On leur demande, évidemment, de nous écrire un mail pour que ce soit plus gérable pour nous. Donc je ne pourrais pas dire combien de demandes on reçoit.

Sophie – Moi je sais. 

Jennifer – Tu regardes certainement plus que moi les statistiques liées au site.

Sophie – Je dirais qu’on a environ 60% de demandes via Google, des gens qui tapent “wedding planner Paris” ou d’autres choses. On a 30% via Instagram. Les gens voient les stories, le profil etc. Et les 10% qui restent, c’est un peu de blog, parce qu’on est aussi sur des blogs mariage donc on est référencées dans les annuaires. Donc le reste, c’est les annuaires mariage, du bouche à oreille, un prestataire qui a parlé de nous.

Jennifer – Les invités qui étaient à un mariage sur lequel on a travaillé, c’est ce qui nous arrivait deux fois cette année. 

Sophie – Oui.

Je te pose la question parce que les gens ont tendance à oublier qu’un site, ça peut servir aussi. Maintenant avec les réseaux sociaux, et surtout sur Instagram, je sais que la plupart des wedding planners y sont, il y a beaucoup de gens qui commencent leur recherche par Insta. Mais il ne faut pas oublier qu’il y en a beaucoup qui commencent par Google et qui switchent ensuite sur Insta parce qu’ils ont trouvé votre site donc ils cliquent peut-être sur le lien pour aller sur votre Instagram et c’est sur votre Instagram qu’ils vous contactent. Je pense que c’est très important et il y a encore de la place pour bien se positionner sur Google. Vous n’avez pas fait appel à une agence de référencement ou à un consultant, vous êtes deuxièmes sur l’une des requêtes les plus compliquées, donc c’est qu’il y a de la place quelque part. 

Sophie – Doucement, je ne veux pas la concurrence, je reste deuxième. 

Tu sais qu’on a une agence pour notre plateforme et malgré ça, on galère. Et je ne sais pas quand est-ce qu’on va te déloger, même si c’est le but, j’ai Ma Vie de Bohème en target.

Sophie – On va être troisième, Planners devant. Non ! Le référencement est hyper important. J’ai dit 60% mais en vrai, tu as raison, ça peut être bien plus. Il y a beaucoup de monde qui nous parlent aussi de notre site internet dans le sens où il est le plus complet. 

À votre image ?

Sophie – À notre image, mais on a essayé de le faire le plus complet possible. C’est-à-dire que normalement, si tu lis tout notre site internet, et il faut un peu de courage parce qu’en vrai il y a beaucoup de pages, tu as compris à peu près nos prestations. Tu as nos tarifs aussi qui sont sur notre site internet, c’est hyper important.

Jennifer – Ça aussi, c’était un des points sur lesquels on a voulu être très claires dès le début, c’était d’afficher nos tarifs. Parce qu’on s’est mis à la place des couples qui cherchent un wedding planner et il n’y a rien de plus frustrant de ne pas avoir les tarifs ou “à partir de…”, et on s’imagine que “à partir de…” n’est jamais le prix qu’on va payer. Donc quand on a fait ce site internet, c’était vraiment un point sur lequel on a voulu être bien claires et qu’on trouve l’information rapidement.

Maintenant, on va revenir à vos débuts, puisque j’imagine que vous n’aviez pas forcément de site dans les débuts, ou en tout cas peut-être pas autant travaillé que celui que vous avez mis en ligne pendant le Covid. Comment se passent vos premiers mariages ? Comment trouvez-vous vos premiers clients ? Et puis, peut-être qu’on ira après  sur vos méthodes de travail, comment vous faites pour travailler à deux etc. Mais dans un premier temps, comment est-ce que vous vous organisez au début ? J’ai vu que vous étiez colocataires, vous n’en avez pas parlé dans votre présentation. Comment ça se passe pour passer de collocs, où j’imagine que quand on est jeunes, on est plus habitués à se voir pour faire la fête etc., à lancer une boite et commencer à travailler ensemble ?

Jennifer – Au début, ça a fait peur à beaucoup de monde, et notamment notre entourage, quand on a dit qu’on a dit qu’on allait se lancer toutes les deux dans une aventure entrepreneuriale. Les gens nous ont dit “ne faites pas ça, vous allez vous engueuler, ça va détruire votre amitié”. Oui, on s’engueule et on en parlait il n’y a pas longtemps aussi, mais je trouve que ça a renforcé ce lien d’amitié de travailler ensemble. Putain, je suis en train de faire une déclaration d’amour à Sophie.

Sophie – Oui, calme-toi quand même. Calme-toi. 

Jennifer – On se connait dans la vie, on se connait au travail et on sait comment on travaille ensemble. On a appris aussi à travailler ensemble parce que, évidemment, au début c’était beaucoup plus de prises de tête que maintenant. Et on est plus efficaces aussi dans notre travail e t on préfère rester en duo. Parce que parfois, ça nous arrive d’avoir des dates sur lesquelles on a des doublons où on doit se séparer, donc Sophie avec une assistante et moi avec une assistante, et ce n’est pas ce qu’on préfère faire. Quand les mariés nous contactent, ils nous contactent aussi parce qu’on est un duo fort et on évite ce genre de situation. La question, c’était comment on a trouvé nos premiers clients. Par internet, par Google, on a été contactées comme ça.

Sophie – On a tout de suite fait un site internet, il n’était pas beau. Je retire ce que j’ai dit. Il était moins à notre gout d’aujourd’hui mais il était très beau et il était très vite codé parce que je savais déjà à l’époque l’importance de ne pas utiliser des trucs comme Wix justement et tout. Mine de rien, c’est un peu mes études aussi. 

Oui. On a parlé de référencement mais quand je vois le nom de ton master qui était Rédaction dédiée au multimédia, c’est un master qui s’appelle référencement naturel quelque part, on était presque là-dessus. Quand on écrit pour le web maintenant, c’est qu’on écrit un peu pour les moteurs de recherche aussi.

Sophie – Exactement. Moi j’ai eu mon master en 2011. En 2011, ce n’était pas exactement la même chose que maintenant. D’abord, fun fact, ça dépend pour qui mais moi je trouve que c’est drôle, c’est que j’ai quand même fait mon stage de master chez Ma Vie De Bohème. C’est-à-dire que mon maitre de stage, c’était Jen. Et j’ai terminé mes études. Je n’ai pas eu le temps de chercher un travail, j’ai créé mon propre travail parce que j’ai fait mon stage de fin d’études dans l’agence que j’étais en train de créer. Et justement, un des sujets de mon master, c’était le site internet de Ma Vie de Bohème. Donc ce n’est pas venu tout seul non plus, ce sont mes études qui m’ont beaucoup aidée. Et le site internet, on en revient toujours à lui, c’est lui qui nous a dégotées nos premiers clients, c’est grâce à lui qu’on a eu fait nos premiers rendez-vous où on était mal à l’aise comme pas possible. C’était trop drôle. Je me souviens de nos débuts de Ma Vie de Bohème.

Jennifer – Oui, je me souviens des premiers rendez-vous client. Oh là là !

Comment ça s’est passé ce votre premier rendez-vous ? 

Jennifer – On jouait notre life mais c’était l’adrénaline du premier rendez-vous. Pour nous, on jouait gros. Ce qui est bien dans le métier de wedding planner, ce qu’il n’y a pas vraiment d’investissement financier, on n’avait pas à acheter du matériel. Comme on propose un service, on n’avait pas d’investissement lourd financier à charge. On n’avait rien à perdre au final, on se lançait dans l’aventure et on voyait si ça prenait. Et peut-être parce qu’il n’y avait pas cette pression de rater que ça a marché. Je ne sais pas. En tout cas, on était aussi encore chez nos parents donc on n’avait pas vraiment non plus de loyer à payer, de dépenses auxquelles il fallait répondre. Et donc, on a eu nos premiers clients par le site, on a fait nos premiers rendez-vous et ça a marché.

Sophie – Attends, il faut dire un truc, c’est que le premier, premier rendez-vous, donc la première fois qu’on a fait un premier rendez-vous avec des mariés, on a signé le contrat à la fin. On était super contentes. Depuis, évidemment qu’à chaque fois qu’on fait des premiers rendez-vous, on ne signe pas le contrat, mais pas tous, sinon ça serait énorme. 

Jennifer – Oui. On était en collocation donc on avait reçu le couple dans notre appart. On était stressées mais super contentes et l’aventure a commencé comme ça. 

Comment est-ce que vous vous êtes organisées sur les premiers mariages ou sur les premiers rendez-vous ? Est-ce que vous avez tout de suite séparé vos tâches, chacune faisant ce qui lui plaisait le plus ? D’après ce que j’ai compris, plus l’aspect créativité pour toi, Jennifer, et plus la partie organisation, planning pour toi, Sophie.

Sophie – Au début, il faut savoir qu’on ne faisait pas de décoration. Donc Ma Vie de Bohème 2013, on était 100% organisation donc c’était un tout petit peu différent. Et au début, on a un peu cherché notre façon de travailler ensemble, puisque ce n’est pas forcément naturel. Donc au début, on travaillait vraiment toutes les deux sur un seul mariage. Par exemple, Jen cherchait la robe de mariée. Elle m’a formée et c’est ça qui est très important. Au début, je ne savais pas trop faire puisque ce n’était pas mon rêve d’être wedding planner, loin de là, vraiment très loin de là. 

Jennifer – D’ailleurs, si les anciens du lycée nous écoutent, ils doivent bien rire.

Sophie – Oui parce que moi, wedding planner, les robes de mariée, les mariages et tout ça, pas du tout. Donc c’était drôle. Par contre, c’était entreprendre, créer quelque chose, ensemble avec Jen aussi, c’était ça qui était important peu importe le domaine d’activité. Tu m’aurais dit “on va fabriquer des crayons à papier”, j’aurais dit “oui, nickel, vas-y, comment on fait les mines, le bois”, j’aurais kiffé. Je me foutais du sujet, je voulais juste entreprendre. Et donc, elle m’a formée, elle m’a appris à faire des recherches de lieu. Au début, j’avais peur d’appeler les lieux de réception, je ne savais pas ce qu’il fallait que je leur demande, je ne savais pas comment faire. Donc elle me dit “tu les appelles, tu leur demandes ça, ça et ça”. Donc au début, tu es un peu stressée et au final, tu te prends au jeu. Donc au début, on était vraiment à deux parce que Jen m’accompagnait aussi. J’avais vraiment besoin de son soutien, qu’elle m’explique comment faire. Et puis, une fois que mes petites ailes de wedding planner ont poussé, j’ai pu voler de mes propres ailes et j’ai pu prendre à ma charge des mariages toute seule. 

Jennifer – Tu dis “toute seule” mais on n’est jamais vraiment seule.

Sophie – Oui, c’est parce que je n’ai pas fini ma phrase. C’est pour ça. J’allais exactement expliquer ça. Quand je dis “seule”, c’est-à-dire qu’il y a un interlocuteur principal qui se choisit complètement aléatoirement au hasard, c’est une question de feeling avec les mariés et c’est aussi une question de temps, à savoir s’il y en a une qui a moins de mariages que l’autre. On ne se dit pas avant le rendez-vous avec le client “ce sera toi qui prendras ce mariage”, par exemple. On n’en sait rien à l’avance, ça se fait au feeling, naturellement. Mais maintenant, dans notre organisation il y en a toujours une qui prend le lead et qui est un peu plus l’interlocuteur avec les mariés. Mais on n’a qu’une boite mail commune donc si on veut nous contacter, c’est la même adresse, que ce soit Jen ou moi, et on voit tous les mails passer de tous les mariages. Donc même si je ne suis pas l’interlocuteur d’un mariage, si je vois un mail passer, un truc urgent, je sais de quoi on parle et je peux y répondre aussi. Donc c’est ça qui est cool.

Jennifer – Et on fait quand même les rendez-vous ensemble aussi avec les mariés.

Sophie – Exactement. 

Jennifer – Il n’y a jamais une qui dit à l’autre “ce soir, j’ai rendez-vous avec tel couple”. On est tout le temps ensemble pour tous les rendez-vous avec les mariés. 

Sophie – Exactement. Pardon, tu allais dire un truc mais, je t’ai prévenu, je suis super bavarde. Une fois que je suis lancée sur une question, ça peut durer une heure. Sur la partie déco, on fonctionne encore un peu différemment puisqu’on a plusieurs prestations de décoration et sur celles où on doit se partager les tâches, Jen fait toute la création de mood board. Pareil, on discute ensemble, ce n’est jamais une seule personne qui fait tout, c’est beaucoup d’échanges. C’est quand même elle qui est en charge de cette partie-là.

Jennifer – D’échanges ou de débats, d’ailleurs. Souvent de débats.

Sophie – Oui, de débats où on n’est pas d’accord. Parce que si on est d’accord, ce n’est pas rigolo, donc souvent on n’est pas d’accord. Et moi, je fais toute la partie scénographie où on va plutôt travailler sur des logiciels type Illustrator ou des choses comme ça que je maitrise peut-être un petit peu mieux que Jen, sans vouloir t’offenser.

Oui, les logiciels un peu geeks.

Sophie – Exactement.

C’est vrai que dès qu’on passe sur Illustrator, ça devient un peu high level. 

Jennifer – J’ai appris l’outil Lasso la dernière fois. Là, je suis au top. 

Sophie – C’était la révolution.

Donc il y en a une qui prend le lead mais pour les différentes tâches au sein de l’organisation de ce mariage, vous répartissez quand même bien. Le lead, c’est peut-être plus pour les échanges et pour centraliser l’information.

Jennifer – Oui, c’est pour les échanges. Souvent pour la recherche de lieu, c’est un très bon exemple, je vais commencer la recherche et quand je vois que je stagne, je demande à Sophie de prendre le relais et de poursuivre la recherche. Et souvent, elle me dégote des nouveaux lieux sur lesquels je ne m’étais pas attardé. Et c’est pareil pour chaque poste de recherche, souvent il y a en a une qui commence la recherche et si elle voit qu’elle ne trouve pas ou que ça ne va pas, l’autre peut l’aider.

Oui, c’est l’avantage d’être à deux quand on est trop souvent la tête dans le guidon sur un mariage. Le fait d’amener un peu de “sang frais” et un deuxième cerveau, ça peut peut-être ouvrir un peu le champ. J’ai vu aussi que vous n’organisez pas tant de mariages que ça malgré le fait que vous soyez deux. Je n’ai pas l’impression que vous en profitiez pour organiser deux fois plus de mariages par rapport à une wedding planner qui pourrait être seule. Maintenant, la question que j’ai forcément, c’est au niveau de la rentabilité. D’abord, c’est un métier où on ne devient pas millionnaire. C’est sûr. 

Sophie – Putain, je suis dégoûtée !

Désolé, Sophie. 

Sophie – Toutes ces années que je travaille pour ça, tu viens d’anéantir mon rêve. Tant pis ! 

Tu m’as parlé que vous aviez d’autres activités de location de déco, j’ai vu même que vous faisiez de la formation. Mais quand on reste sur la partie purement mariage, est-ce que vous avez des méthodes ou est-ce que vous avez développé des outils pour aller plus vite peut-être et gagner du temps ? Est-ce que vous pouvez développer un peu aussi cet aspect-là de votre duo ?

Sophie – On fait une vingtaine de mariages par an.

Ah oui, d’accord. Parce qu’il me semble que j’avais lu moins. 

Sophie – C’est une moyenne. Par exemple cette année, on n’en a pas fait 20, je crois qu’on en a fait 14 ou 15. En 2018, l’année où j’ai dit que j’avais fait une boulette avec le site internet, où on a fait moins de mariages, je crois que c’est pareil, on en avait fait 12. Donc ce n’était pas forcément gégé. Par contre, en 2015-2016-2017, on a pu en faire même 22-23 mariages. Je me souviens qu’on en avait fait même 23 une année. C’est une moyenne, une vingtaine par an. Il n’y a pas que des organisations complètes. Si on devait répartir, on peut dire qu’on fait 4-5 organisations complètes, une dizaine de coordinations de déco. Sachant que les prestations déco, comme on fait de la location, de la confection, des fleurs, de la papèterie, si c’est nous qui gérons tout sur la déco, ça peut être un mariage qui est très rentable pour nous puisque quand on fait tout, c’est nous qui recevons la rémunération pour tout. Et puis, le reste, ça peut être de l’organisation partielle, des recherches de lieu ou des coordinations de journée seules. 

Jennifer – C’est un choix qu’on a fait de faire une vingtaine de mariages par an parce que, comme je le disais au début, on a à cœur d’avoir une vraie relation et des échanges avec les mariés. Et au-delà de 20, on considère qu’on ne peut passer autant de temps avec les mariés qu’on le voudrait et que ça nuit à la qualité du travail. Donc c’était hyper important pour nous de faire moins et de meilleure qualité que d’en avoir trop et que ça devienne finalement des numéros. C’était vraiment notre hantise de faire du brassage de mariage et devenir une vraie grosse usine à mariages. 

Sophie – J’aime bien quand tu dis ça. C’est drôle parce que notre hantise, c’était d’avoir trop de mariages. Non mais laisse tomber. Les meufs, elles étaient déjà dans une autre planète mais nous on a peur d’avoir beaucoup de mariages. 

Jennifer – On préfère avoir du temps pour nos mariés et que ce soit qualitatif plutôt que de faire ça à la chaine. 

Sophie – Oui, je plaisante, je vois exactement ce que tu veux dire puisque c’est tout à fait ça. J’ai une question, du coup, combien de mariages font les wedding planners toutes seules ? Je n’en sais rien. 

Je crois que j’avais lu 8 quelque part, je ne sais pas où j’ai vu ça. C’est pour ça que ça me paraissait très, très faible. 

Sophie – 8 mariages, on ne ferait plus cette activité. On le fait depuis 2013, on habitait chez nos parents à l’époque mais ce n’est plus le cas maintenant. On a une maison à nous, on a réussi. On habite chez nous-mêmes. On a une famille, Jen a même deux enfants. On a des conjoints mais on n’est pas non plus dépendantes financièrement d’eux. Donc on arrive à se payer de façon à pouvoir vivre correctement, certes en n’étant pas millionnaire, mais en ayant un train de vie normal, je veux dire comme un Français moyen qui travaille honorablement pour gagner sa vie.

Donc j’imagine que vous avez plus de 20 demandes par an avec votre expérience. Est-ce que c’est quelque chose que vous cherchez aussi à monétiser ? Est-ce que vous avez fait des partenariats avec des wedding planners ? Qu’est-ce que vous faites de toutes les demandes en plus que vous recevez tous les ans ?

Jennifer – Mm-hmm !

Sophie – Pourquoi tu fais “mm-hmm” alors qu’il ne se passe rien ? On ne fait rien avec.

Jennifer – Non, on ne fait rien. Pour nous, Ma Vie De Bohème, c’est vraiment Sophie et moi donc on a du mal à envisager de faire un système de franchise peut-être ou d’avoir des freelances. Ce n’est pas comme ça qu’on voit Ma Vie De Bohème actuellement. Peut-être que ça viendra, je ne sais pas.  

Sophie – On ne les monétise pas. En revanche, si ce sont des dates où on est déjà bookées, on essaye de les proposer à d’autres wedding planners qu’on connait, soit qui débutent, soit avec qui on s’entend bien. Parfois elles ne sont pas dispos non plus donc tant pis, ça s’envole, ils trouvent un autre wedding planner. Mais on n’en fait rien de particulier.

Jennifer – En tout cas, on ne les monétise pas. Ça, c’est sûr.

Vous me disiez qu’il vous arrive d’être deux sur un mariage. Dans ce cas-là, est-ce que vous bossez quand même avec des assistants ou avec des wedding planners qui débutent aussi ?

Jennifer – Oui. Soit ce sont des personnes qui débutent, soit ce sont des personnes avec qui on a déjà travaillé, ce sont des collègues qui ont leur agence ou ce sont des gens qu’on a formés. Je pense notamment à Gwen qui était notre première stagiaire en 2015, Sophie ?

Sophie – Je pense même 2014.

Jennifer – Elle est arrivée quand on était encore vraiment au début de l’activité. Elle nous a fait une super candidature, on lui avait dit qu’on ne peut pas prendre quelqu’un et elle a dit “si, si, je vais bosser avec vous”. Et donc, on l’a pris en stage. Elle nous a beaucoup aidées et elle continue de nous assister sur des mariages quand on a besoin de renfort. Mais souvent, ça suffit à deux. Par contre, on ne pourrait pas être toutes seules, par exemple, sur une coordination de journée. C’est impossible pour nous. Donc on est minimum 2, voire plus si vraiment la configuration du mariage fait qu’on a besoin d’être aidées.

Et sur la coordination du jour J, comment est-ce que vous vous organisez ? Est-ce que vous vous mettez d’accord à l’avance sur qui va faire quoi ? Est-ce que c’est un peu au feeling selon l’ambiance de la journée ? Comment est-ce que vous procédez pour vous organiser avant ?

Sophie – En général, celui qui était l’interlocuteur principal sur le mariage en question se charge de mettre au point le déroulé de journée. Pareil, on est toujours ensemble en rendez–vous, mais c’est l’interlocuteur principal qui fait le déroulé en détail. Et puis, le jour J, c’est aussi cette personne-là qui va diriger l’autre en lui donnant des missions et en lui disant “à ce moment-là, on aura tel truc à faire”, on fait un point ensemble, on lit le déroulé ensemble. Puis, Jen me dit, par exemple, si c’est elle qui est en charge de ce mariage-là, “là, il faudrait aller à l’église”, “toi tu devras faire ça”, “il faudra installer l’église à tel moment, ensuite moi je partirai là, puis toi tu resteras là, tu feras ça”. Voilà, ça s’organise comme ça en amont. Et puis, le jour J, on voit toujours que si notre collègue est en galère, on va évidemment l’aider. Si on a mal timé un truc dans nos têtes ou qu’on voit qu’on est à la bourre sur quelque chose, on s’aide, on met toujours à l’affût de regarder tout ce qui se passe pour ne pas être non plus coincées dans notre tâche.

Jennifer – Oui. Et d’ailleurs, il y a la répartition des tâches qui se fait aussi en fonction des compétences. Par exemple, Sophie est DJ d’église, donc c’est souvent elle qui est en charge de passer les musiques de l’église. 

“DJ d’église”, je n’ai jamais entendu ça. 

Jennifer – Et moi, je me sens plus à l’aise sur les préparatifs. Par exemple, remontrer la traîne de la mariée, lui repositionner son voile. Ce sont des choses que je vais plus facilement faire que Sophie. Ce sont des tâches sur lesquelles je vais plus intervenir que Sophie. Et tout ce qui est technique, son, c’est plus Sophie.

D’accord. Avant qu’on passe sur le dernier segment, j’ai vu que vous avez aussi lancé il n’y a pas longtemps une formation, une formation en ligne ou pas, je n’ai pas creusé l’aspect formation. Est-ce que vous pouvez en dire deux mots ? En plus, c’est vrai qu’on a pas mal de wedding planners qui débutent et qui écoutent ce podcast, donc c’est peut-être aussi l’instant promo où vous pouvez mettre un peu en avant votre formation. Comment est-ce que vous l’avez fait connaitre ? Est-ce que vous avez fait le même procédé que pour le site et pour votre site de location de décoration ? Est-ce que vous pouvez développer un peu votre prestation de formation que vous avez aussi au sein de votre agence ?

Sophie – À chaque fois, on se regarde pour savoir qui parle. 

Jennifer – Oui parce qu’on ne veut pas se couper la parole.

Sophie – J’y vais parce que c’est un sujet que j’aime bien. Déjà, nous on n’en a pas fait. On a expliqué un peu le parcours qu’on a eu, notre master etc. On a fait des études mais on n’a pas fait des études dans ce domaine-là en particulier, on s’est formées par expérience avec le temps. Et d’ailleurs, à l’époque où on a commencé, les formations qui étaient à disposition n’étaient pas celles qui sont là aujourd’hui, l’offre était beaucoup plus restreinte et Jen n’a pas trouvé son bonheur là-dedans. Moi j’étais encore hors-course sur ce sujet. Mais il n’y avait pas de formation, ou alors c’était des trucs vraiment pas adaptés. 

Jennifer – Et très cher aussi.

Sophie – Et très cher. Puis, les formations se sont développées. C’est clair qu’on n’est pas les premières à l’avoir proposée, il y a eu plein d’écoles qui se sont créées. Mais nous, depuis longtemps, presque depuis les débuts de Ma Vie de Bohème puisque Gwen a été notre première élève finalement. À l’époque, on disait que c’était notre stagiaire parce qu’elle avait fait une demande de stage, mais nous on ne recherchait pas de stagiaire, on n’avait pas besoin de stagiaire parce qu’on était déjà nous-mêmes en tout début de création d’agence. On pourrait parler de Gwen pendant des heures parce que ça a été hyper impressionnant pour nous, au bout d’un an d’existence, d’avoir une nana qui nous envoie une boite hyper chiadée et tout pour vouloir travailler avec nous en tant que stagiaire alors que nous-mêmes on ne se considérait même pas encore vraiment comme des vraies wedding planners, presque. C’était trop bizarre. Elle voulait être notre stagiaire. Mais stagiaire de quoi ? Je ne veux pas de stagiaire, moi, je suis moi-même stagiaire de ma propre boite, laisse-moi tranquille. Et donc, plutôt qu’une stagiaire, c’était une première élève parce qu’on lui a appris plein de trucs au final, on lui a montré notre façon de travailler. 

Jennifer – On l’a formée à nos outils.

Sophie – On l’a formée à nos outils. Elle était très enthousiaste à l’idée de découvrir tout ça aussi. C’était ça qui était très agréable. Et au fur et à mesure des années, on a toujours gardé ce truc–là de répondre aux demandes des gens. Quand des bébés wedding planners venaient nous voir en nous posant des questions, on a toujours répondu. Je sais que vous avez interviewé Sophie Lardy des Histoires Naturelles. Sophie, elle faisait une formation justement à l’école Jaelys, si je ne me trompe pas. À ce moment–là, on l’avait aussi reçue. On avait organisé un petit rendez-vous, elles étaient 2 ou 3 wedding planners en devenir, on les avait reçues à l’agence qu’on avait à Puteaux à l’époque. On avait fait un petit gouter pour échanger sur le métier, pour qu’elles aient notre ressenti et tout. Et Sophie avait participé à ça. C’était gratuit, sans engagement, sans formation, mais c’était déjà un premier pas pour nous dans le partage de notre métier. Puis, au fur et à mesure du temps, on s’est dit qu’il faut qu’on propose quelque chose de plus qualitatif, de plus travailler sur le métier de wedding planner que juste un café et quelques cookies. Et on a un peu tardé parce que c’est long à mettre en place, de proposer un contenu de qualité.

Jennifer – Surtout, on forme à notre vision du métier. Encore une fois, on ne considère pas qu’on est la science exacte du métier et que c’est nous les référents dans le métier, c’est juste qu’on leur propose notre vision du métier et les outils qu’on met en place pour travailler efficacement. Et ce qu’on avait mis aussi au cœur de cette formation, c’était vraiment l’échange, partager, qu’elles puissent nous poser leurs questions. Et c’est pour ça qu’on a fait ça en petit groupe aussi, on n’était 15 ou 20. C’était important, toujours dans la même philosophie que prendre peu de mariages par an. Là, on avait peu de participantes parce qu’on avait envie que ce soit vraiment comme si elles échangeaient avec des copines et qu’elles puissent se sentir libres de nous poser toutes leurs questions. 

Et donc, est-ce que ce sont des petites sessions que vous avez à chaque fois au niveau de votre formation en ligne ? Combien y a-t-il d’étudiantes à chaque fois sur chaque session ?

Sophie – Pour l’instant, on ne l’a fait qu’une fois. 

Jennifer – Oui, pour l’instant. C’est vrai que c’est du temps aussi parce qu’on se met à fond dans ces jours de formation, on ne consacre nos journées qu’à ça. Donc c’est compliqué dans une saison, surtout que cette saison a été assez dense et fait des reports. Les prochaines s’annoncent aussi assez charrettes. Donc pour l’instant, on n’a pas encore défini de nouvelles sessions.

Sophie – En fait, ce qu’on veut privilégier quand même, c’est notre activité de base, donc d’organiser et décorer des évènements. On n’a pas envie que le côté formation prenne trop le pas dessus, on n’a pas envie de devenir un gros centre de formation avec plein d’élèves, passer des mois entiers à ne faire que de la formation wedding planner parce que ce n’est pas notre métier de base. 

Jennifer – En plus, c’est bien la théorie, c’est bien de les former à nos outils et leur montrer comment nous on travaille, mais le plus important, c’est surtout le terrain, c’est là où elles apprendront le mieux et le plus vite.

Avez-vous donc une partie terrain dans votre formation également ?

Sophie – Une autre raison pour laquelle on n’a pas fait plus de formations, parce qu’on a fait une session en décembre dernier, on aurait pu faire peut-être en janvier-février, on hésitait un peu, Jen attendait quand même un petit bébé. Tu as un enfant. Un deuxième, en plus. Est-ce que tu le savais ? Et il faut aussi réussir à faire un peu la vie pro et la vie perso. Et parfois, dans ta vie perso, tu as des évènements qui t’empêchent aussi de développer le côté pro comme tu le voudrais parce que tu te consacres aussi à ta famille. Donc pour l’instant, on a bien aimé cette session de décembre. Les filles qui étaient là étaient trop sympathiques, elles étaient vraiment très cool. 

Jennifer – Elles devaient travailler sur un mariage avec nous cette année mais qui a été reporté à l’année prochaine.

Sophie – Exactement. Et c’est pour ça qu’on est un peu frustrées parce qu’on aimerait bien apporter plus de terrain à nos formations et on ne sait pas encore exactement comment c’est possible parce qu’il ne faut pas non plus que ça devienne une charge le jour J de devoir trop montrer de choses. Il faut qu’on arrive à trouver un équilibre entre garder notre métier et les faire venir quand même pour qu’elles puissent apprendre, partager et apprendre avec elles. Je trouve que c’est hyper dur. On a eu quelques stagiaires chez Ma Vie de Bohème. Il y a des gens qui disent que ça fait gagner du temps, je ne comprends pas. Pour moi, les stagiaires me font plus perdre du temps parce que je leur explique plein de trucs, parce que j’essaye de leur montrer plein de trucs, parce que si on leur donne des choses à faire en les laissant un peu autonomes et que finalement ce n’est pas fait comme il faudrait, il faut repasser derrière et leur remontrer là où ce n’est pas bien. Je trouve que c’est plus chronophage qu’un gain de temps, mais c’est très personnel parce que, Jen, tu trouves aussi que c’est bien d’avoir des stagiaires. 

Jennifer – Oui, c’est du temps que tu “perds” au début mais une fois qu’elles sont formées, c’est du temps que tu gagnes après. Mais on va débattre plus tard sur ça.

Il ne faut pas avoir un stagiaire sur un seul mariage, c’est sûr. Puisqu’au final, sur ce mariage-là, tu vas perdre du temps et peut-être que sur les prochains, elle aura emmagasiné plus de connaissances et plus de pratiques et ça sera beaucoup plus simple et là, elle te fera gagner du temps.

Sophie – C’est compliqué sur les formations parce que tu formes quelques personnes. On fait 20 mariages, tu ne peux pas les faire venir sur les 20 mariages. Puis, il faut rémunérer aussi ces gens–là. Parce qu’au bout d’un moment, tu ne peux pas leur demander tout le temps de payer, payer, payer la formation et puis les faire travailler, travailler, travailler et qu’elles n’aient pas de rémunération. C’est aussi hyper important pour nous que tout travail mérite salaire, évidement.

Si on trouve la recette miracle, je te la donne. 

Sophie – Tu m’appelles ?

Je t’appellerai.

Sophie – Merci. Je suis sur Zencastr tous les mercredis de 14h30 à 15h30.

On va faire un épisode hebdomadaire, on va changer la formule parce que c’est vrai qu’on a encore plein de choses à dire. C’est clair. Je pose quelques questions que je pose à chaque invitée. La première va peut-être vous faire réfléchir un petit peu mais la première qui a une réponse à donner, bien entendu, n’hésite pas. Ce serait de savoir s’il y a des mauvais conseils que vous entendez souvent donnés dans l’univers de l’organisation de mariage. Est-ce qu’il y a des idées reçues, des mauvais conseils ?

Sophie – Des mauvais conseils que les gens donnent aux wedding planners qui se lancent ou des mauvais conseils dans l’organisation de ton mariage ?

L’organisation de ton mariage d’une manière générale ou des choses que la majeure partie des wedding planners font et pour lesquelles vous avez une opinion ou des pratiques peut-être qui sont complètement différentes ? 

Sophie – Je crois qu’il y a tellement de wedding planners et il y a tellement de façons de travailler différentes. J’ai regardé un reportage de Zone Interdite, ou je ne sais plus ce que c’était, sur les wedding planners. Je me suis dit “quoi ?”, “ah bon ?” Chacun a sa place et chacun travaille comme il l’entend.

Jennifer – Oui. D’ailleurs, je rebondis sur ce que tu dis, Sophie, l’idée reçue souvent, c’est que wedding planner ne soit pas un vrai travail. Parfois, on a des remarques de prestataire ou de couple qui nous contacte et qui nous demande ce qu’on fait pendant l’hiver, par exemple. C’est de moins en moins parce que c’est quand même de plus en plus démocratisé comme métier. Mais quand on a commencé, certains prestataires nous disaient “vous vous êtes lancées parce que vous ne saviez pas quoi faire”, ou en gros “vous avez organisé votre mariage donc vous voulez vous lancer là-dedans”, ou “vous venez d’avoir un bébé et donc vous voulez occuper vos journées”.  On a entendu plein de trucs comme ça. 

Sophie – Ça ne répond pas à la question mais c’est très intéressant. Ce n’était pas du tout la question qui a été posée. Et donc, tu as rebondi sur ce que j’ai dit mais tu as rebondi ailleurs, tu as rebondi mais la balle est en dehors du terrain. Mais ce n’est pas grave, c’était bien. Merci pour votre intervention. 

Jennifer – Non mais des mauvais conseils.

Sophie – Ce n’est pas de mauvais conseils mais je pensais à un truc genre les mariages  sur catalogue, par exemple. J’ai déjà vu dans des émissions où ils présentent le métier de wedding planner, ce ne sont pas des gens que je connais personnellement, des nanas qui disent “je peux vous préparer ce mariage-là, c’est le mariage avec un château etc., c’est tant de milliers d’euros. Là, vous avez le mariage bohème, vintage et c’est tant d’euros.” Et je trouve ça affreux. C’est pareil, quand les mariés nous disent “on est désolés, on n’a pas de thème”, ne soyez pas désolés, ce n’est pas grave de ne pas avoir de thème à son mariage. C’est un truc qui était peut-être plus à la mode il y a quelques années maintenant d’avoir un thème très prédéfini. On a même vu des thèmes plage, voyage, même en dehors des trucs bohème, vintage. Je trouve qu’un des conseils à donner et des choses qu’il ne faut pas faire, c’est de ne pas se creuser la tête pour trouver un thème à son mariage. Et les wedding planners qui proposent des mariages à thème comme ça, je trouve que c’est trop réducteur. Il faut vraiment chercher dans la personnalité des gens et faire des trucs personnalisés plutôt que sur catalogue. Est–ce que ça a à peu près répondu à ta question ? 

Exactement. En gros, c’est se mettre un cadre qui n’a pas lieu d’être.

Sophie – Exactement. 

Jennifer – Les rémunérations des wedding planners aussi, est-ce que ça peut répondre à la question ?

Ça a l’air intéressant, je t’autorise à continuer.

Jennifer – C’est le manque de transparence parfois sur la rémunération des wedding planners. Pareil, on disait au début du podcast que nous on a vraiment pris la partie d’indiquer sur notre site internet nos tarifs. On ne prend pas de pourcentage du budget et on n’a pas de système de facturation opaque avec un système de marge ou de commission. Chacun fait comme il veut. À partir du moment où c’est transparent et c’est bien explicite pour les mariés, il n’y a pas de problème. C’est juste que je trouve que dans certaines pratiques, ça manque de transparence. 

Sophie – J’ai eu une future mariée au téléphone ce matin et elle me disait “je suis contente que vous fonctionniez comme ça, avec des honoraires affichés sur le site internet, pas à la tête du client, pas margé et pas commissionné, parce que j’avais l’impression que les event planners que j’ai eus au téléphone depuis le début de mes recherches prenaient 10% à chaque prestataire à qui elles serraient la main.” Donc c’est vrai que ça peut être un peu compliqué sur la rémunération. Il faut être transparent. Il faut faire comme on a envie. On peut dire “nos honoraires sont de tant et on va prendre 10% sur chaque prestataire”, mais il faut le dire sinon ce n’est pas cool.

Jennifer  – Parce que c’est une relation de confiance avec les mariés donc s’il y a du mensonge dès le début, je me demande comment ça peut marcher.

Vous avez parlé aussi d’outils, c’est quelque chose qui est revenu à plusieurs reprises. J’avais justement une question là-dessus. Mais là, c’est plus si jamais il y a un site, un outil, un logiciel dont tu ne peux te passer dans ton quotidien de wedding planer, lequel aimerais-tu nous citer ?

Sophie – Dieu.

Dieu Google ?

Sophie – Exactement, dieu Google. Sans déconner, c’est magnifique, c’est génial. On utilise Google pour absolument tout. J’exagère un peu parce que ce n’est pas vrai. On est toutes les deux sur Apple donc on a toutes les deux un Mac. Donc on utilise aussi la fonction de calendrier partagé vu qu’en plus on travaille à deux, c’est hyper utile d’avoir un calendrier commun.

Le calendrier commun, est-ce que tu parles de celui d’Apple ou celui de Google ?

Sophie – Tout ce qu’on n’utilise pas de Google, c’est le calendrier, on utilise Apple. Et les notes partagées qu’on a aussi, c’est l’application Notes d’Apple. Tout le reste, on utilise Google dans le sens où on a un Google drive qui nous permet de créer un dossier sur Google pour chaque couple et qu’on partage avec eux. Donc il faut que chaque couple ait une adresse Gmail pour que ça fonctionne. S’ils n’en ont pas, on leur propose de créer aussi une adresse Gmail dédiée au mariage. Donc ça peut être “leur prénom avec l’année de leur mariage”@gmail.com, ou autre chose s’ils ont un surnom. Ça leur permet d’avoir une adresse dédiée à partir de laquelle nous on pourra envoyer des mails en leur nom aux invités assez facilement, et ça leur permet d’accéder à leur dossier sur notre Google drive. Et dans ce dossier, ils vont trouver un budget prévisionnel qu’on a fait sur Google Sheet, un rétro planning qu’on a fait en utilisant les autres outils de Google.

Qu’est-ce que tu utilises sur le rétro planning comme outils Google ?

Sophie – Je crois que c’est juste un doc ou un share, je ne sais plus. C’est un peu comme une présentation. On change un peu souvent nos outils, on est constamment dans l’amélioration, dès que je vois un truc où je me dis “ça, en fait, c’était tout pourri, ce n’est pas pratique, ça ne marche pas”. D’ailleurs, on fait aussi dans la recherche de lieu un tableur sur Google Sheet avec un planning qu’on met en PDF après mais qu’on fait aussi via Google Docs, tout le monde peut modifier et peut faire ses commentaires. Ce sont quand même des outils qui sont vachement bien faits. Et puis, c’est Google, ils sont trop forts. 

Jennifer  – C’est bien, tu mérites la deuxième place sur le moteur de recherches.

Oui, c’est ce que je voulais dire. Tu as des actions Google, en fait. Tu ne veux pas le dire mais pour te récompenser, ils t’ont mis en deuxième position. 

Sophie – De toute façon, c’est grâce à moi. Le succès de Google ? C’est moi, tout simplement. Non mais je trouve que c’est tellement polyvalent, il y a tellement de facettes. Quand on a fait nos formations, j’avais cherché justement quel outil on allait pouvoir utiliser. Et il y a Google Classroom qui est fantastique, tu peux créer des petits quiz, tu peux partager tellement de documents super facilement, tu peux trier tellement de choses. Je trouve que la façon d’organiser me correspond bien et correspond aussi à nos mariés. C’est-à-dire que quand on leur montre nos outils en premier rendez-vous, on voit quand même qu’il y a des petites étincelles qu’ils ont dans l’œil, ils disent dans leur regard “ah oui, c’est bien !” 

Jennifer  – Mais en même temps, tu en parles tellement avec passion qu’ils ne peuvent qu’accrocher. 

Sophie – Oui. Tu regardes nos premiers outils justement, les premières saisons on faisait du bon travail, on y mettait tout notre cœur. Mais c’est vrai que quand tu commences, tu n’as pas les mêmes outils qu’au bout de 8 ans d’expérience. C’est clair et net.

Jennifer  – C’est surtout sur les dernières versions quand on s’envoyait “déroulé de journée, veillée à 14”, “déroulé de journée du” et la date à laquelle on avait fait la dernière modification. Là au moins, tu as les documents en ligne, tout le monde peut les modifier et ils sont sûrs d’avoir la dernière version. 

C’est super intéressant, c’est vrai. 

Jennifer  – C’est très pratique, même pour les prestataires avec qui on travaille. 

Sophie – Ce qu’on essaye de faire justement avec les prestataires, c’est de leur envoyer le déroulé de journée en version Google doc, donc ils peuvent consulter. Et il y en a qui n’adhèrent pas du tout, qui n’y arrivent pas.

Jennifer  – Oui mais peut-être que ce sont des réfractaires comme moi. J’ai toujours une adresse hotmail.fr donc c’est chaud.

Sophie – Ce que je trouve dingue, c’est que quand tu n’as pas Google, effectivement quand tu cliques sur le lien, il te demande de créer un compte. Ça prend approximativement 35 secondes de créer un compte. 

Jennifer  – Oui mais c’est dissuasif. Moi je comprends.

C’est vrai. C’est ce qu’on appelle la friction. 

Jennifer  – Il faut que tu recherches un mot de passe avec un caractère spécial. 

Sophie – Quoi ? Non, non, non. Arrête de plaisanter. Par contre, pour aller vendre des petites culottes sur Vinted, tout le monde arrive à créer un compte, aucun problème. Mais créer une adresse Gmail, tu as l’impression que c’est le truc le plus compliqué de la planète. Non, non, il faut remettre les choses dans leur contexte. Les gens commandent tout et n’importe quoi sur internet. Ça ne pose aucun problème aux gens de créer des comptes sur toutes les plateformes de la terre. Tous ces gens-là ont des Netflix et tout ce que tu veux. Par contre, créer une adresse Gmail, “mon Dieu, je ne peux pas, trop compliqué !” Mais c’est notre prochain cheval de bataille, c’est que les prestataires aient un document qui est modifiable jusqu’au dernier moment, donc ça sera à eux d’imprimer la veille du mariage le document qui n’aura plus à être changé. Parce qu’on sait très bien qu’il y a toujours des petites modifications de dernières minutes. 

Jennifer  – Oui, surtout sur les plans de table etc. 

Et on va terminer par parler des dernières tendances. Quelles sont selon vous les tendances des années à venir en ce qui concerne les mariages ?

Sophie  – Je trouve que c’est hyper compliqué de parler de tendance. En fait, on réfléchit à ça, c’est une question qu’on nous pose souvent “pour vous, quelles sont les prochaines tendances ?” C’est hyper compliqué. Je pense que la tendance, c’est de faire un mariage sans tendance. C’est un concept. Vous allez voir. Listen carefully.

Jennifer  – Accouche !

Sophie – Le but, c’est de faire un mariage intemporel, ça veut dire que tu utilises les trucs qui sont en tendance, on va dire les couleurs terracotta qui sont un peu à la mode en ce moment, les pompas. Est-ce que la pompa est en train de perdre de sa plume ? Peut-être. Tous les trucs un peu tendance, tu peux les mettre avec parcimonie sur ton mariage. Mais si tu fais un mariage où tu veux vraiment être dans la tendance du moment, quand tu vas regarder tes photos dans dix ans, tu vas te dire “oh là, mais c’est quoi ça ? Pourquoi je suis parti là-dedans ? Ce n’est plus du tout à la mode aujourd’hui.” Donc ton mariage te semble démodé. Pour moi, la meilleure tendance à suivre, c’est de suivre les trucs que tu aimes profondément, des couleurs simples, des choses élégantes et raffinées et qui ne sont pas forcément, encore une fois, dans un thème, dans un cadre, dans une mode, dans une tendance qui va évoluer et qui ne sera plus tendance l’année prochaine.

Il faut que tu sois fière des photos de mariage que tu regarderas dans 10-20 ans, voire plus.

Sophie – C’est exactement ça.

Jennifer – Écoute, Sophie, ce que je vais te dire parce que c’est très important, ça n’arrive pas souvent, je suis entièrement d’accord avec toi. 

Sophie – Oh putain, c’est lourd ! 

Je pense que c’est la phrase qui va clôturer cet épisode. 

Sophie – Est-ce que tu l’as enregistré ? Est-ce qu’on peut le réécouter à l’infini ?

Bien sûr. On est encore en train d’enregistrer là. On aura mis 1h10 pour y arriver, mais on y sera arrivés, c’est le challenge de l’épisode. Bravo à vous deux. Avant de vous laisser, est-ce que vous pouvez nous dire où est-ce qu’on peut vous retrouver sur internet, sur Insta ? Je mettrai les liens mais pour ceux qui ont envie d’y aller directement sans avoir à aller sur une note de l’épisode.

Jennifer – Vous pouvez consulter notre skyblog.

Sophie – Ce serait génial ! C’est ça la nouvelle tendance : ressortir un skyblog.

Jennifer – On a une page Facebook.

Sophie – Non mais dis les vrais trucs, Jen. 

Jennifer – Les vrais trucs, Insta Ma Vie De Bohème.

Sophie – C’est Ma Vie de Bohème. En fait, c’est très facile, c’est maviedebohème.fr, Insta Ma Vie De Bohème. Je crois que tu ne peux pas faire plus simple. 

Ou on tape “Ma Vie de Bohème” sur Google. Si vous arrivez à être bien référencées sur des requêtes comme “wedding planner Paris”, j’imagine qu’on devrait vous trouver facilement sur votre nom.

Jennifer – On n’est pas très actives sur la publication de photos, on va être très honnêtes. Par contre, en saison on fait beaucoup de stories sur nos jours J et ça permet aux gens qui regardent de voir à quoi on sert le jour J. Et on a eu beaucoup de retombées sur cette saison et aussi l’année dernière parce que ça nous permet de faire une espèce de vlog de la journée, même s’il n’y a pas de montage comme un vrai vlog qui serait publié sur Youtube. Et comme ça, on voit toutes nos actions au cours de la journée. 

Sophie – Oui. Et d’ailleurs, si vous voulez voir des dossiers de nous, vous pouvez aller sur Youtube.

Oui, je suis allé voir tout à l’heure sur la chaîne. J’ai vu. 

Sophie – Ah merde !

On mettra le lien, ne t’inquiète pas.

Sophie – Oui. Tu mets en petit le lien, par contre. 

Un peu comme sur archive.org, on pourra un peu voir vos débuts. 

Sophie – C’est vrai. Puis, le best of Instagram 2017, c’est juste génial. 

Jennifer – C’est un peu vieux maintenant.

Sophie – Oui mais c’est bien justement, tu peux voir un peu qu’on est constantes dans notre connerie depuis nos débuts jusqu’à maintenant. 

Super ! En tout cas, c’était super agréable d’enregistrer ce podcast avec vous. Merci pour votre temps. Et puis, on se dit sûrement à une prochaine pour une v2.

Sophie – Merci à toi, c’était très cool. Très bonnes questions !

Jennifer – Merci beaucoup. 

Merci à vous. À bientôt ! Ciao. 

Partage: