Débuter dans le métier de wedding planner

Podcast
Laura Wedding Planner
212 . 2021

De Syra Sylla 2/12/ 2021

Après une formation accélérée et un stage qui lui a permis de se faire la main sur l’organisation de mariages, Laura a profité du ralentissement inattendu provoqué par le début de pandémie pour construire et profiter de sa vie de famille. 

Et alors que la France vit un long confinement imposé, elle se lance. En 2019, Laura créé son agence d’évènementiel Lau et la Vie en Rose. Au micro de Carnet de Noces, elle nous raconte comment elle jongle entre sa vie de famille et sa nouvelle carrière de wedding planner (et pas que). Elle nous détaille également son parcours et les rouages du lancement d’une entreprise en plein COVID.

L’agence Lau et la Vie en Rose

Site Internet : https://lauetlavieenrose.com/
Instagram : https://www.instagram.com/lauetlavieenrose/?hl=fr
Facebook : https://web.facebook.com/lauetlavieenrose/?_rdc=1&_rdr

L’épisode 24 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 24 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Bonjour Laura, je suis ravi de t’avoir sur le podcast aujourd’hui. On va encore une fois parler de mariage, bien entendu, de ton agence « Lau et la vie en rose ». Tu vas nous expliquer tout ça. D’abord, je vais te demander de te présenter, si tu veux bien, nous dire qui est Laura et comment tu t’es lancée dans le métier de wedding planner.  

Enchantée, Benjamin. Moi, c’est Laura. J’ai 26 ans, bientôt 27. Je me suis lancée à mon compte en tant que wedding planner en 2019 après avoir suivi un bachelor en évènementiel et fait des études en langue.

D’accord. On en parlait un petit peu avant d’enregistrer, tu t’es lancée directement à la fin de tes études, même si je crois que tu m’as dit que tu avais une petite expérience en tant que prof d’anglais. Est-ce que c’était dans la continuité ou est-ce que tu as d’abord eu ta licence, tu as bossé un petit peu et puis tu t’es relancé dans les études vers ton bachelor de wedding planner ?

C’était dans la continuité, c’est-à-dire que j’ai fait une licence en anglais pour devenir prof, puis j’ai bossé en tant que surveillante dans un collège, ensuite j’ai commencé à bosser un petit peu plus directement avec les élèves. Et là, je me suis dit que la conjoncture actuelle et les nouvelles modes d’éducation ne me paraissaient pas viables pour la vie, pour moi en tout cas, et je me suis dit qu’il fallait que je trouve quelque chose qui était plus en rapport avec les valeurs et les choses que je voulais avoir dans ma vie. Donc au lieu d’enchainer sur un master en enseignement, j’ai enchainé sur un bachelor en évènementiel, en wedding management. 

D’accord. Donc il y avait des formations en bac +5. C’est vrai que c’est le genre de formation qu’on ne connait pas forcément. On connait les organismes de formation qui forment à être wedding planner. Et donc là, c’est une formation sur deux ans, c’est ça ? Un niveau bac +3 ?

Oui, ça fait déjà une licence, ça m’a permis de gagner un an sur le bachelor. 

Et donc, tu as fait ça en un an.

Oui.

OK. Tu m’as dit que tu as pu faire plusieurs stages.

Oui, ça m’a permis d’organiser une bonne quinzaine de mariages toujours avec ma tutrice au-dessus de moi. C’était plutôt chouette dans ce sens-là puisque je n’étais pas lâchée un petit peu dans l’inconnu ou dans un premier mariage toute seule comme ça, j’étais toujours suivie et il y avait toujours une institution au-dessus de moi qui pouvait me dire « là tu peux y aller », « là-dessus on va peut-être faire différemment ». Et ce qui m’a permis, lors de mes premiers mariages à mon compte, de ne pas me sentir stressée ou me dire « oh là là, c’est le premier, il faut faire attention ». Là, j’avais l’impression que c’était la continuité de tout ce que j’avais appris en théorie, et surtout en pratique.

15 mariages sur une année d’étude, ça me parait beaucoup. Surtout que quand on entend les retours de personnes qui se sont formées dans des instituts privés ou autres qui forment vraiment uniquement au métier de wedding planner sur un an aussi, tu te rends compte que, généralement, ils organisent peut-être un ou deux mariages sur la fin de leurs études. Mais toi, 15, ça me parait beaucoup, ça fait plus d’un par mois. 

Oui, mais je n’étais pas sur place à chaque fois. Il y avait des fois où j’organisais au préalable, et il y en a d’autres qui étaient de la coordination du jour où j’étais vraiment avec ma tutrice. Et sur les 18 que j’ai pu organiser à l’issue de cette formation, j’ai essayé 5 en jour J et le reste était de l’organisation de A à G, ce n’était pas de A à Z puisque je n’étais pas là le jour J, c’était ma tutrice qui était vraiment la wedding planner. 

Et où as-tu fait cette formation ?

Je l’ai faite à distanciel mais c’était Event & Media Education, et les mariages étaient pour la côte basque.

OK. Et j’imagine que ta tutrice était wedding planner.

Elle a été wedding planner mais là elle était vraiment formatrice de l’école Event & Media Education à Biarritz, donc elle a arrêté le wedding planning et elle est vraiment passée en tant que formatrice dans plusieurs écoles. Là, je ne sais pas si elle est toujours sur Biarritz mais elle avait pour projet de partir sur [06:14].

Quel a été le déclic pour toi pour te lancer dans le domaine de l’évènementiel après la formation en anglais ?

J’ai toujours été à fond dans les évènements dans ma vie personnelle, au sein de ma famille et tout ça. J’aime toujours les tâches un peu liées à l’organisation, à la gestion. Ça devenait naturel chez tout le monde de me dire « est-ce que tu peux gérer ça ? », « est-ce que ça te dit d’organiser ça ? » Et je me suis dit que si on me le demande, c’est peut-être que je dois quand même avoir quelques atouts ou quelques facilités. Et au final, je me suis dit que tout ce panel, toutes ces choses qui sont vraiment diverses et variées me plaisaient vraiment, donc je me suis dit que je souhaitais me former là-dedans. Et en parallèle de cette formation, j’organisais mon propre mariage qui a été vraiment un vrai examen parce que là j’étais toute seule, il n’y avait plus ma formatrice. Et je m’en suis sortie complètement à l’aise et c’était vraiment le mariage que je souhaitais réaliser, il n’y avait pas eu de hic. Donc je me suis dit que si je pouvais le faire pour moi, je pourrais le faire pour les autres. 

Comment ça se passe quand on lance son entreprise en 2019 ? J’ai vu que c’est l’année où tu t’es lancée. Je ne sais pas si c’était avant ou après le premier confinement qui a dû avoir lieu en mois de mars, je crois.

C’était juste avant.  

D’accord. Donc tu te lances juste avant le covid en 2019. Comment ça se passe quand on vient de lancer son entreprise et qu’il faut commencer à démarcher etc. dans un environnement qui commence à être compliqué ? 

J’avoue que je me suis dit que j’allais certainement retourner sur les bancs de l’école mais en tant que professeur ou autres parce que je me suis dit que la conjoncture actuelle faisait que c’était très compliqué au niveau communication. Pour se faire connaitre, d’être dans un lieu où on est bloqué chez soi, c’était particulièrement compliqué. Donc j’avais pour projet de me retourner un petit peu dans l’éducation nationale. Et puis, au final, j’ai pris le temps de réflexion et j’ai profité de ce temps-là pour m’occuper de ma famille, ma fille était toute petite, ensuite je suis tombée enceinte au moment du confinement. Donc ça m’a permis d’enchainer mes bébés, de créer ma vie de famille comme je la voulais. Puis, je me suis dit que c’était comme ça, que ça devait se faire comme ça, je vais profiter de mes bébés qui étaient tout petits et qui avaient besoin de moi. Maintenant, ils ont un petit peu grandi. Depuis que les choses se sont un peu levées en termes de mesure, en termes de contrainte sanitaire etc., j’ai pu vraiment repartir sur les chapeaux de roues, j’y suis allée à fond. Et ça a plutôt bien démarré puisque j’ai eu pas mal de mariages sur la saison à venir. Pour voir que je sors d’un confinement, je pense que j’ai eu la chance et que je n’ai pas été trop touchée, à l’inverse des traiteurs, des restaurateurs, des types de prestataires qui, eux, étaient vraiment bloqués. Parce que les mariages que j’avais prévus, on a pu les reporter, on a pu travailler en visio, on a pu travailler en appel téléphonique de chez moi. Tandis que les autres, photographes et tout ça, ils ne pouvaient pas tellement avancer.

Donc tu veux dire que c’est presque bien que tu aies lancé ta boite juste avant, ça t’a permis d’avoir une sorte de faux départ où tu n’avais pas non plus un pied trop grand dans ta boite, tu n’avais pas trop avancé, tu n’avais pas encore trop de clients, ce qui fait que tu as pu un peu décaler le moment où tu t’es vraiment lancée par rapport au lancement de ta société. Si je comprends bien, tu as vraiment démarré ton activité depuis la fin des mesures ces derniers mois. C’est ça ?

Oui, c’est ça. Je ne dirais pas que c’était bien parce que ça a été un petit peu dur. Mais je suis vraiment partie zen du fait que si ça se passe comme ça, c’est que ça devait se passer comme ça, je ne pouvais pas palier à ça, je ne pouvais pas palier à cette pandémie mondiale. Donc il fallait faire avec et j’ai fait avec en profitant un peu de mes enfants et en disant que maintenant je n’avais plus de pause à faire parce que j’ai eu mes bébés et que là je suis vraiment à fond dans ma société, je ne peux pas me dire que je vais me mettre en arrêt un petit moment parce que je vais faire un bébé puis m’en occuper.

Comment est-ce que ça se passe pour trouver tes premiers clients ? Comment tu t’y es pris ?

Les premiers, vraiment ça a été du bouche à oreille, ça a été des connaissances, des amis, des gens qui ont dit à des gens qui ont pu me connaitre « moi je connais quelqu’un qui fait ça, qui s’est lancé là-dedans ». Et donc, ça a vraiment commencé par le bouche à oreille, pour moi en tout cas.

Et combien de clients as-tu trouvé à peu près grâce au bouche à oreille ?

Grâce au bouche à oreille, je pense que je suis à 4 ou 5 mariages. Et j’ai eu beaucoup de demandes par mon site, mais énormément pour les séminaires et les enterrements de vie de jeune fille et de jeune garçon. 

D’accord. C’est justement une question que je voulais te poser, et c’est une transition qui est toute trouvée, c’est que j’ai effectivement vu sur ton site, et contrairement à d’autres wedding planners, que tu mets beaucoup en avant que le mariage fait partie d’une de tes prestations et que tu mets au même niveau tout ce qui est évènement, effectivement EVJF et EVG, anniversaire, séminaire, même baptême aussi pour les enfants. Est-ce que c’est un axe de différenciation voulu ou est-ce que c’est vraiment parce que dès le début tu as aussi eu des demandes pour ces autres prestations et que tu t’es dit que tu allais les ajouter sur ton site avec le reste ? 

C’était quelque chose qui était voulu de ma part, pas spécialement pour me différencier des autres wedding planners en France. Ça fait une dizaine d’années que je réalise les anniversaires de tous mes proches tout le temps, que je coordonne un petit peu tous les prestataires, que ce soit les traiteurs, la déco ou moi qui fais la déco. Donc je me suis dit que si je le fais dans la vie de tous les jours, je peux aussi le proposer en prestation. Et je me suis aussi dit que les mariages étaient très bien pour la saisonnalité un petit peu printanière et estivale mais qu’il fallait aussi que je puisse bosser tout le reste de l’année et sortir des projets. Donc les baptêmes ne se faisant pas toujours l’été, les anniversaires, les séminaires, les enterrements de vie de jeune fille et de jeune garçon etc., ça me permet aussi d’avoir un vrai revenu sur le restant de l’année et d’avoir du travail, que je puisse un petit peu le condenser sur une année complète.

Même si tu n’as pas de recul à l’heure actuelle, quel pourcentage de ton activité dirais-tu que ça représente, le mariage versus les autres prestations ?

Je dirais 30 à 40% du reste et 60 à 70% pour les mariages.

D’accord. Donc le mariage reste quand même très dominant. J’imagine aussi que ce sont des prestations à assez forte valeur ajoutée.

Voilà, c’est ce que j’allais dire.

Tu en fais peut-être moins d’un point de vue nombre, mais j’imagine que ça doit être beaucoup plus que s’il y avait un EVG ou un baptême d’un point de vue chiffre d’affaires.

On est sur un tarif qui est dix fois plus élevé sur un mariage que sur un anniversaire ou sur baby shower ou quelque chose comme ça. Donc c’est sûr qu’on n’est pas dans les mêmes tarifs. 

C’est vrai puisque ça permet de ne pas mettre aussi tous tes œufs dans le même panier, ça permet aussi de diversifier ton offre, puis, comme tu l’as dit, d’avoir des revenus qui viennent hors saison. Et là, comment les gens te trouvent-ils quand c’est pour du séminaire, par exemple ? Est-ce qu’ils t’ont trouvée via ton site internet ?

Par le site internet, oui.

C’est vrai qu’on en revient souvent aussi. D’ailleurs, dans les deux derniers épisodes on a beaucoup parlé de référencement naturel. C’est vrai que tu es parmi celle qui le met bien en avant donc peut-être que ça doit jouer aussi du fait que tu reçois des demandes. Et puis, tu as un site qui est plutôt bien foutu, donc c’est bien. Séminaires, là c’est pour les entreprises. J’imagine que les séminaires peuvent être aussi sympas en termes de chiffre d’affaires.

C’est sympa mais c’est surtout hyper intéressant parce qu’on part vraiment sur des villages vacances, il y en a même qui soient des châteaux où ils font venir aussi leur famille. On est sur un panel qui est vraiment diversifié et je trouve ça vraiment très, très chouette. Et bien sûr, avec le covid, les séminaires ont repris pendant quelque temps, mais ça a été vraiment en standby pendant un moment, et bien plus que les mariages. C’est vrai que les entreprises avaient beaucoup moins l’envie de soit déroger à la règle, ou soit de faire un mariage en petit comité, ou de mettre des employés sur le côté. Ils étaient obligés d’avoir les employés de la boite et ne pas de choisir comme sur des mariages où il y avait encore les jauges. Donc ça, je dirais que le séminaire a été bien plus impacté que les mariages. 

J’ai l’impression, et c’est mon ressenti mais ce n’est pas que le mien, que depuis la fin du confinement, sachant que les entreprises sont maintenant beaucoup en télétravail, il y en a de plus en plus qui veulent organiser justement des séminaires histoire de faire en sorte que tous les employés puissent se retrouver, puissent se voir. Alors que maintenant, il y a beaucoup de relations d’entreprise qui se font à distance, qui se font en visio. Et donc, j’ai l’impression que le séminaire revient en force avec peut-être même des séminaires un petit peu plus longs dans des endroits un peu plus reculés sur quelques jours, une semaine, histoire que toute la boite se retrouve vraiment lorsqu’on passe la majeure partie de son temps en télétravail et que tout le monde ne peut pas se voir. Est-ce que c’est quelque chose que tu ressens aussi de ton côté ?

Oui. En tout cas, la plupart, ce sont des boites qui sont un peu dispatchées dans plusieurs départements, voire plusieurs régions. Et effectivement, avec le covid, les nouveaux contrats, il y en a qui ont eu des nouveaux employés entre temps etc., ils font des séminaires pour créer un lien social et un lien qui dépasse un peu le professionnel. Mais ce qui est chouette, c’est qu’ils font des séminaires mais ils demandent des organisations d’activités, des temps un petit peu plus cools pour les employés. Donc c’est vrai que mes prestations sont vraiment plus élargies parce qu’on n’est pas juste sur une recherche de domaine avec une restauration, on est vraiment sur une recherche d’activités, une recherche des fois de bien-être etc. Donc je te rejoins carrément là-dessus.

Comment est-ce que tu fais pour t’organiser ? Puisque j’imagine que l’inconvénient quand on fait ça, c’est qu’on doit switcher de l’organisation d’un baptême, d’un EVG, d’un séminaire à un mariage. Ce sont des prestations qui sont quand même un petit peu différentes, tu vas t’adresser à soit des entreprises, ou soit des couples parfois. Est-ce que ce n’est pas trop compliqué de switcher d’un coup entre un couple, entre une entreprise, entre différents types de prestation ?

Il y a un moment où je me suis posé la question. Par exemple, j’ai trois Aurélie que j’accompagne cette année sur des mariages et je me suis dit que je vais finir par me perdre et me tromper. Et au final, je trouve que le lien avec mes clients se fait facilement et on traverse vite le chemin du professionnel pour aller sur le côté un peu personnel. Et au final, je trouve que ce n’est pas compliqué parce que le nombre de temps que je passe au téléphone avec mes clients ou le nombre de conversations qu’on a à la semaine, les liens sont différents avec chacun et chacune, donc je sais qui est qui, je sais qui veut quoi, je sais à quelle heure ils demandent quoi. Pour le moment, je n’ai pas trop été impactée par cette difficulté. Mais à un moment donné, quand j’ai vu que plusieurs mariages avec le même prénom s’enchainent, je me suis dit que je vais louper, c’est sûr. Et au final, pas du tout, les liens se sont fait naturellement et humainement et je sais vraiment à qui j’ai affaire à chaque fois.

Et tu m’as parlé de ton site qui te permettait aussi de générer des clients, comment est-ce que tu trouves aussi tes clients ? Est-ce que c’est 100% en ligne avec ton site, avec tes réseaux ou est-ce que tu as d’autres moyens pour aller chercher des clients ?

C’est vrai que c’est un petit peu scindé en plusieurs parties. Comme je vous disais, sur le site je trouve que ça touche vraiment plus les enterrements de vie de jeune fille et de jeune garçon, de séminaires et de baptêmes. Et sur Instagram, je suis vraiment contactée pour des baby showers, gender reveal party, des anniversaires d’enfant et des mariages aussi. Mais je n’ai pas tellement de communication à proprement parler pour trouver des clients. Pour le moment, je m’étais laissé un laps de temps pour me dire « on va attendre qu’ils viennent à moi s’ils en ont besoin ». Par contre, j’ai exposé au salon du mariage à Clermont-Ferrand il y a un mois et ça m’a permis de faire pas mal de rencontres qui ont débouché sur des contrats. Donc ça, ça a été cool, et c’est peut-être le seul moment où j’ai « provoqué » ma chance pour pouvoir avoir de nouveaux clients. Mais au-delà de ça, j’avais vraiment fait avec les demandes que j’avais. 

D’accord. Donc les salons du mariage, ça marche toujours. Clermont-Ferrand, on peut se dire que c’est un petit salon, non ? Je ne sais pas, je ne connais pas le salon de Clermont-Ferrand.  

Ils ont quand même fait environ 900 entrées. Donc c’est un petit salon, c’était un beau lieu, mais ça a permis quand même à 900 personnes de rentrer et de payer leur place pour venir voir les prestataires de mariage. Forcément, je n’avais pas décroché 900 contrats, on est bien d’accord, mais j’ai pu rentrer dans les clous, c’est-à-dire que je me suis remboursée les frais que j’avais investis dans le salon, que ce soit en stand, en déco, et plus trois contrats. Donc c’était valorisant et je recommande pour les autres wedding planners, ça apporte toujours une visibilité quoi qu’il arrive.

Oui. Surtout que moi j’avais fait le salon du mariage à Paris, je crois que ça fait deux ans maintenant, et c’est bien parce qu’il y a beaucoup de monde sur ces gros salons. Mais l’inconvénient, c’est qu’il y a forcément beaucoup de prestataires et on se retrouve avec trois, quatre, voire plus de prestataires qui font exactement la même chose que soi. Tu étais peut-être l’une des seules ou la seule à Clermont-Ferrand, ce qui fait qu’on a peut-être un peu plus de chance de sortir du lot. 

Non. On était trois wedding planners.

Tu vois, tu me fais mentir.

C’est ce que je disais un peu à mes consœurs quand on a discuté à l’issue de ce salon, je pars du principe qu’il y a du travail pour tout le monde et que les liens ne sont pas les mêmes avec tous les clients, et les clients doivent vraiment choisir la personne avec qui ils sont plus à l’aise. Et pour ma part, ça ne fait pas 10 ans que je suis installée, on est bien d’accord, mais n’empêche que je trouve que les clients partent avec les personnes, que ce soit les prestataires en règle générale ou les wedding planners, avec qui ils ont eu le plus de feeling. Là, ils ont pu avoir trois ou quatre et ils se sont dit « je peux avoir celle-là, ça marche plus ». Et je trouve que ça leur laisse un choix qui est plutôt cool.

Oui, c’est souvent ce qu’on dit. C’est vrai qu’il y a l’expérience, il y a le type de mariage que l’on organise, mais il y a aussi et surtout la personnalité de la wedding planner qui fait beaucoup dans le fait que tu as ou pas signé le contrat. Tu m’as dit que tu avais eu deux jeunes enfants ces deux dernières années, comment est-ce que tu fais pour t’organiser et jongler entre ta vie personnelle et ton entreprise ? Est-ce que tu as mis en place des routines ou des modes de fonctionnement qui permettent d’être plus productive ?

C’est de l’organisation. Deux enfants, ou même un, en règle générale c’est de l’organisation. Deux enfants plus une société et une maison, c’est de l’organisation, mais c’est mon métier. Donc c’est vrai que c’est quelque chose que j’arrive un petit peu à gérer sans trop de difficulté. Effectivement, j’ai engagé une assistante maternelle où mes enfants vont quatre jours pleins par semaine, je les ai avec moi le mercredi, le jour des enfants, et sur les weekends et les soirs. La plupart de mes rendez-vous avec mes clients sont le soir quand ils sortent du travail, j’ai la chance d’avoir un mari qui s’occupe bien de mes enfants et qui arrive à être disponible quand j’en ai besoin, qui arrive à jongler sur son emploi du temps aussi, professionnel et personnel, pour pouvoir un petit peu me seconder. Donc c’est comme ça que je m’organise. Il y a des moments où c’est un peu compliqué quand ils sont malades etc., mais, j’imagine comme toutes les mamans, on fait avec, on compose avec.

Et pour les weekends, est-ce que tu arrives aussi à bien t’organiser ? Est-ce que tu travailles avec d’autres wedding planners ou avec des assistantes pour t’aider à organiser les jours J ?

La plupart du temps, je suis toute seule les jours J. J’ai des demandes de temps en temps de stages un peu formels, d’autres un peu moins formels, c’est-à-dire que ce sont des élèves que j’avais pu avoir au collège ou qui m’ont demandé de les prendre sur des journées de mariage pour voir un petit peu ce que c’est que le métier. Ce sont des choses que je fais également pour pouvoir leur montrer ce que c’est. Mais de base, je travaille toute seule pour le moment. Et sur les weekends, pareil, c’est mon mari ou ma sœur qui je gère mes enfants de manière à ce que je sois à 100% sur le mariage ou l’évènement que j’organise à ce moment-là. 

Est-ce que tu as déjà eu des doutes depuis que tu t’es lancée ? Est-ce que tu suis un peu le chemin que tu t’étais fixé ? D’ailleurs, est-ce que tu avais des objectifs, est-ce que tu avais fait un business model au moment où tu t’es lancée ? C’est vrai que c’est assez récent, je n’ai pas eu beaucoup de wedding planners qui avaient si peu d’ancienneté. Comment est-ce que tu te situes ? Est-ce que tu es dans les objectifs, est-ce que tu t’en es fixé ?

Je m’étais fixé un objectif, c’est-à-dire me tirer un salaire au minimum smical tous les mois sur la première année où j’étais à 100% dedans, pas l’année où j’étais en train d’accoucher ou des choses comme ça, je m’étais vraiment fixé ça sur l’année où j’étais à 100% dedans. Et ça a été un objectif qui a été validé parce que c’est ce que j’ai pu faire au minima cette année. Cependant, si je n’avais pas eu les séminaires, les enterrements de vie de garçon ou de jeune fille, les baptêmes etc., je ne serais pas tombée dans les clous.  

D’accord. Au final, c’est un objectif qui est à 100% rempli pour l’instant.

Pour cette année, c’est le cas. 

Et qu’est-ce que tu t’es fixé comme objectif pour l’année prochaine ? Est-ce que, pareil, c’est un objectif de salaire que tu te fixes ou est-ce autre chose ?  

Je ne me fixe pas vraiment un objectif de mariage parce que vu que, comme tous les wedding, j’imagine, on a plusieurs formules, des formules qui avoisinent 1 000 euros pour simplement une coordination du jour J et une formule qui est vraiment plus grande pour une prestation de A à Z sur un an ou un an et demi, je ne peux pas me fixer quatre mariages, parce que si ce sont quatre mariages avec seulement de la coordination du jour J, ce n’est pas la même chose que des mariages avec une formule vraiment plus grande où là on est dans la gestion complète et intégrale d’un mariage. Donc je ne me fixe pas des mariages, je me fixe plutôt des salaires. Et pour l’année prochaine, je m’étais dit que j’aimerais bien faire plus. Là, j’ai atteint l’objectif que je m’étais fixé sur la valeur d’un smic au moins tous les mois parce que je l’ai dépassé déjà depuis quelques mois. Mais il n’empêche qu’on va toucher du bois quand même un petit moment, puis on va espérer faire toujours mieux les autres années. En tout cas, c’est très aléatoire d’une année à l’autre, je le sais bien. Et puis, tout est toujours un petit peu différent en fonction des clients et on n’est toujours pas à l’abri de cette pandémie liée à la covid. Donc je reste prudente et ça roule pour moi pour le moment, pourvu que ça dure. 

Et quel est le conseil que tu recommanderais si jamais demain tu avais une future wedding planner qui te contactait et qui te demandait quelques conseils vraiment principaux ? Puisque quelque part, se sortir un salaire dès la première année, surtout dans une période comme ça, c’est déjà très beau et ce n’est pas donné à tout le monde. Donc quelles sont selon toi les deux ou trois choses qui ont vraiment participé au fait que tu as pu te verser des salaires aussi vite suite au lancement de ton activité ?

En premier lieu, je pense que je dirais à ma future consœur qu’il ne faut pas qu’elle se bloque à un type de mariage ou à un type de prestation. Parce que je sais qu’on a plein d’à priori au début : « je veux faire des gros mariages », « je veux faire ci », « je veux faire ça ». Je pense que tout est bon à prendre, que ce soit pour une expérience de vie, pour une expérience professionnelle ou pour une expérience humaine. J’ai déjà entendu des consœurs dire « ça ne m’intéresse pas la coordination du jour J parce que c’est un petit revenu et je préfère me laisser la date de libre pour avoir une prestation de A à Z, ça rapporte quasiment trois ou quatre fois plus ». Moi, le fait que je n’ai pas attendu d’avoir des grosses formules de choisies, ça m’a permis de bloquer pas mal de dates au final et d’avoir une certitude. Parce que peut-être qu’à la fin, je me dis que si on les refuse en attendant d’avoir mieux, on ne sait pas si le mieux débouchera forcément sur quelque chose. Donc je pense que je dirais d’abord de ne rien refuser, même si ça ne correspond pas à l’image qu’on avait du métier ou l’image qu’on veut donner à notre société, et peut-être de diversifier aussi en cérémonie laïque, en baptême etc. pour pouvoir proposer à plusieurs types de clients plusieurs types de prestation. Je pense que ce serait vraiment les conseils que je donnerais pour démarrer et pour pouvoir un petit peu s’ouvrir à tout. 

C’est ça. C’est varier l’échantillon de prestation que tu peux proposer puisque c’est vrai quelque part. Et je pense que tu en es l’exemple parfait, c’est-à-dire que tu n’as pas fait que des mariages. On a souvent tendance à trop se concentrer sur les mariages alors que les mariages sont, en plus, assez limités, il y a un nombre limité de mariages chaque année en France, on ne peut pas aller au-delà. Et puis, c’est vrai que les séminaires et ce genre de prestation, ça a le vent en poupe, c’est ce qu’on s’est dit tout à l’heure, puis ça peut permettre de diversifier, d’avoir plus de clients aussi qui sont différents. Au final, faire plein de petites prestations, c’est ce que tu as dit, ça permet de limiter les risques au lieu de vouloir deux ou trois grosses prestations. En plus, ça peut mal se passer, ça peut s’annuler au dernier moment. Donc c’est vraiment une bonne stratégie. Et puis, au final, ce sont des petites graines que tu plantes et, surtout, toutes les « petites prestations » que tu fais vont demain pouvoir peut-être t’en amener d’autres un petit peu plus grosses avec du bouche à oreille etc. C’est vrai que c’est bon à savoir. Et surtout que dans les prestations, par exemple, comme un baptême ou comme un séminaire, tu peux avoir des recommandations ou des gens qui viennent à ces séminaires, à ces baptêmes qui vont t’embaucher pour leur mariage ou pour d’autres évènements. Donc c’est vrai que c’est une bonne stratégie. D’ailleurs, ça marche, on le voit. C’est top ! Est-ce que tu avais d’autres choses à ajouter dans les conseils ?

Non. Marcher au feeling, forcément, mais vraiment s’ouvrir un peu l’esprit et ne pas se dire « ça, ce n’est pas ma came, ce n’est pas un mariage que je souhaite organiser et je ne le fais pas. » Moi je trouve que c’est trop dommage parce qu’il y a une expérience humaine, puis il y a toujours des gens qu’on va rencontrer qui vont peut-être nous apporter soit du bien-être en discutant, soit peut-être en parler à sa fille qui, elle, va peut-être se marier l’année prochaine. Moi je ne suis vraiment pas dans le refus d’une quelconque prestation pour me freiner à des mariages types que je veux organiser.

Et avec le temps et l’expérience que tu t’es créée maintenant, est-ce que tu dirais qu’il y a des types de mariages ou des types d’évènements que tu n’as plus envie de faire ? Est-ce que c’est bien de vouloir s’ouvrir quand on démarre mais à un moment donné on veut peut-être aussi se spécialiser, il y a peut-être aussi des prestations sur lesquelles on est moins doué ou qu’on aime moins ? Est-ce que tu es encore dans cet état d’esprit à vraiment aller sur n’importe quelle prestation ou est-ce que tu as déjà mis des stops sur quelques types de mariages ou certains types de prestations ?

Non, je n’ai pas mis de stop après. J’ai vraiment mis des doutes depuis quelques temps sur les enterrements de vie de jeune fille et de jeune garçon parce que ce sont des prestations sur lesquelles je ne suis pas présente, je les laisse forcément entre elles ou entre eux et c’est beaucoup de travail en amont. C’est difficile de leur trouver une formule qui leur convient parce qu’ils peuvent me dire non autant de fois qu’ils veulent et je vais par la suite avoir du travail à chaque fois. Je ne peux pas leur dire « au bout de trois refus de votre part sur le domaine ou sur les activités, j’arrête ». Là, c’est compliqué parce qu’il y a des enterrements de vie de jeune fille qui vont prendre un certain temps de travail qui va être optimal concernant la prestation que je propose et le tarif que je vais avoir. Puis, il y en a d’autres qui vont me demander un travail qui va aller du double au triple parce que les gens n’ont pas tous les mêmes exigences. Et c’est vrai que là-dessus je réfléchis un petit peu à procéder différemment parce qu’il y a des moments où je perds énormément de temps pour pouvoir satisfaire mes clients. 

Oui, ce sont des prestations qui sont sûrement assez dures à chiffrer.

Exactement.

Ce ne sont pas des prestations que tu chiffres cher. Quand on a un enterrement de vie de garçon ou de jeune fille, il y a, en plus, les autres participants à prendre en compte quand il n’y a pas de gros budget, et ça peut te demander beaucoup de temps. Quelles sont les options auxquelles tu as réfléchis pour palier à ce problème ? 

Tout d’abord, à ce qu’elles ou ils me disent si elles ou ils aiment une activité culturelle, une activité ou une visite historique, vraiment ne pas me lâcher dans la nature en me disant « dites-nous ce que vous proposez et on vous dirait », parce que je ne connais pas toujours tous les prestataires selon le lieu, il y a forcément des zones géographiques ciblées avec qui je ne travaille plus souvent. Je connais les prestataires mais il y en a d’autres que je ne connais pas, donc le temps d’apprendre à les connaitre, d’être sûre de la qualité du prestataire que je vais proposer, c’est parfois un petit peu compliqué. Mais là, je me dis que s’ils me donnent d’abord une ligne directrice avec trois activités, un bien-être, une détente, une activité aquatique, une sensation forte, une activité historique, je saurai sur quoi palier. Mais c’est vrai que de base, quand ils m’engagent, c’est qu’ils n’ont aucune idée et qu’ils sont vraiment en manque d’idée pour réserver. Donc pour le moment, je suis en réflexion parce que si je leur dis « dites-moi ce que vous aimez », certains vont me dire « non, c’est à vous de nous dire parce qu’on est perdus ». Et s’il y en a d’autres à qui je demande, ils vont m’aiguiller et là ça va aller direct. Il faut que je réfléchisse pour le moment. 

Tu as peut-être aussi l’option de faire des packs qui sont déjà préétablis avec X nombres d’activités, sport, détente etc., puis faire des packs en fonction. Je me mets à ta place et c’est assez complexe, surtout quand on s’adresse à des gens qui te donnent « la clé du camion » et qui ne t’aident pas du tout. C’est vrai que plus le client bosse généralement, moins ça te crée de travail et plus c’est simple à organiser. Mais il y en a forcément qui ne veulent rien faire. 

Quand c’est un groupe qui organise et que ce n’est pas une seule personne, il y a des moments où ils vont me dire « on peut partir sur ce type d’activités », puis dire ensuite « j’ai vu avec l’autre témoin, elle n’est pas du tout chaude, elle veut faire autres choses ». Et donc, effectivement, des gestions d’enterrement de vie de jeune fille ou de garçon où il y a toujours un groupe d’une dizaine de personnes qui ne sont pas d’accord sur le budget, qui ne sont pas d’accord sur les activités. Là, ça fait plusieurs fois que je dis par mail « mettez-vous d’accord sur un budget et sur un type d’activité et un lieu » parce que des fois ils vont me dire « le lieu, comme vous voulez » donc je peux proposer des lieux, puis ils vont me dire « finalement, pas trop ». Donc je pense que maintenant je vais vraiment leur dire « ayez quand même une idée générale et mettez-vous d’accord » parce que le temps où ils se mettent d’accord etc., il y a du travail. 

Oui, ça ne doit pas être très simple. Avec l’habitude et le temps, et je pense que tu en as organisé plein, tu sauras peut-être beaucoup plus rapidement où est-ce que tu peux emmener les gens etc., un peu comme un professeur qui fait son programme la première année, j’imagine que c’est un peu plus « simple » puisque tu as déjà l’expérience de l’avoir fait plusieurs fois et au final ce sont les mêmes schémas qui se répètent. 

Mais les profs sont aiguillés, ils ont quand même des choses à voir dans certaines disciplines, des choses à voir pour ces années-là. Là, ils ont vraiment des idées différentes de l’enterrement de vie de jeune fille ou de jeune garçon, puis il n’y a pas toujours les mêmes âges et les mêmes particularités. Donc je mets des doutes et il faudrait que je retravaille un peu là-dessus, mais j’attends la fin de saison des mariages qui se termine ce weekend pour un peu retravailler tout ça en termes d’enterrement de vie de garçon et de jeune fille. Parce que j’avoue que pour le moment, je me dis qu’il faut que je trouve quelque chose qui est un peu plus adapté, plus efficace. 

On va passer sur le dernier segment du podcast, si tu veux bien, où je pose toujours les mêmes questions à tous les invités. La première que j’aurais à te poser, est-ce que tu entends des mauvais conseils dans le domaine de l’organisation de mariage ou dans l’organisation de baptême ou dans les autres évènements que tu organises, des sortes d’idées reçues avec lesquelles tu n’es pas du tout d’accord ?

Oui, je pense qu’on a vraiment un métier, je ne dirais pas qui n’est pas assez développé en France, mais qui est vraiment sujet à beaucoup d’idées reçues. Le wedding planning est encore trop perçu comme un luxe qu’on ne peut se payer, c’est vraiment hors budget. Je suis consciente que c’est un prestataire de plus, donc forcément un budget de plus, mais je pense que les gens ne sont pas encore tout à fait conscients du fait qu’on leur fait gagner énormément de temps, énormément d’énergie et que tout ce travail administratif et secrétarial dont on s’occupe : de gestion, de négociation de devis, d’envoi de mails, de renvoi de mood board, de faire des mises à jour de planning et organisationnel du jour J ou annuel, je pense qu’ils n’en sont pas encore tout à fait conscients et que la société française s’américanise un petit peu. Mais là-dessus, il en manque un petit peu encore, pour moi en tout cas. Mais à la fin, quand le mariage est organisé, les mariés me disent toujours que ça n’aurait pas été pareil sans un wedding planner et que ça aurait été complètement différent s’ils avaient dû tout gérer, ils y auraient laissé beaucoup d’énergie et beaucoup de temps. Donc je pense que le premier pas, selon moi, c’est vraiment de se dire « oui, c’est un budget, mais quel est le « rapport qualité/prix ? », la qualité qu’ils vont avoir en vie de famille ou en temps chez eux et la qualité qu’ils vont avoir en tant qu’énergie à ne pas débourser en regardant tous les mails, en négociant etc. 

Et les échos que tu as eues sur le salon quand tu étais à Clermont-Ferrand, est-ce que tu as eu des retours de potentiels clients qui t’ont dit tout ça, que c’était trop cher, qu’ils n’en voyaient pas d’intérêt etc. ? Ou est-ce que ce n’était pas du tout l’atmosphère et la mentalité des gens ?

Je pense que les gens qui sont venus avaient déjà dans l’idée de se faire aider, sinon j’imagine qu’ils ne sont pas allés voir les wedding planners. Mais il y en a d’autres avec qui j’ai pu parler sur un autre stand où ils sont venus de consœurs, traiteurs, juste en allant me dire bonjour et en discutant ils m’ont dit « ce n’est pas pour nous, c’est trop cher mais on ne sait pas par où commencer ». Donc c’est à ce moment-là que je propose des accompagnements un peu plus personnalisés pour sortir des formules que je propose qui sont plus figées. Et là, au final ils se sont rendu compte que ça pouvait être un gain de temps. Et aujourd’hui, je pense qu’on est tous dans le même chemin avec tous les wedding planners en se disant qu’on est un prestataire à part entière, qu’on se place un petit peu en chef d’orchestre de tous les prestataires le jour J, mais je dirais que c’est plutôt une prise de conscience humaine des futurs mariés pour se dire « on peut déléguer ». Et ça, c’est ce qui nous amène à un deuxième point des idées reçues, qu’ils veulent garder le contrôle et qu’ils se disent « on ne veut pas que quelqu’un d’autre organise le mariage à notre place », et c’est là où on intervient en disant « en fait, c’est vous qui gérez, nous on s’occupe juste de vous proposer et de trier les prestataires qui vous correspondraient mieux, vous gagnez simplement du temps à ne pas aller voir une dizaine de prestataires avant de trouver un prestataire qui vous correspondra en termes de tarif et en termes de feeling. »

Est-ce que, dans le quotidien, il y a des outils, il y a des objets dont tu ne pourrais te passer dans ton travail de wedding planner ?

Comme tu as pu le voir, je ne suis pas très, très douée en informatique, en community management et tout ça. Je travaille avec des pochettes, j’en ai pour chaque client. J’ai tout qui est regroupé dedans, j’ai les contrats, j’ai les mots que je me note à chaque fois des conversations téléphoniques, leurs mails que j’imprime. Parce que je n’ai pas confiance en tout ce qui est informatique, je me dis que si un jour ça plante, ça peut très vite me mettre un petit peu dans l’embarras. Donc même si j’ai des boites mails pro avec des libellés pour chaque client de mes mariages ou chacune de mes prestations, j’imprime toujours tout à côté comme ça j’ai toujours une sécurité parce qu’on ne sait jamais. 

Ce n’est pas très écolo mais au moins ça a le mérite d’avoir deux endroits où tu stockes l’info.

Ça ne l’est pas du tout. Mais si un jour mon PC plante, tout ne passe pas toujours par mail aussi, il y a des fichiers qui ne sont pas du tout sur mes mails, je me dis qu’il vaut mieux que je garde une trace papier. Je prépare les plans B, C et D si le plan A n’est pas opérationnel. 

OK. Donc tu es plus sur un carnet et un crayon plutôt qu’un Google Doc. 

Carrément. Je travaille sur Word, Excel etc., c’est vrai que je les garde bien précieusement sur mon PC, tablette etc., mais je les imprime quand même au cas où. 

Quelle est selon toi la grande tendance mariage des années à venir ?

Je crois que ce sont les mariages en petit comité. Je crois que le covid a fait beaucoup de choses et a fait aussi du tri dans la vie des gens. J’ai vraiment beaucoup, beaucoup de demandes ou même de projets, que ce soit dans les shootings d’inspiration ou des choses comme ça, il y en a beaucoup qui me disent « on ne ferait pas un shooting en petit comité ? » Puis, au final je pense que l’avenir est là, que les gens savent un peu sur qui compter, savent qui est proche d’eux et qui ne l’est pas. Et je pense que les gens savent dire non maintenant à la tante de l’oncle du tonton Isidore, parce qu’il faut l’inviter parce que ça tient à cœur à maman. Je pense que les gens savent de plus en plus dire non, on préfère faire un truc en plus petit comité et vraiment se faire plaisir sur d’autres choses. Parce que qui dit mariage en petit comité dit forcément un panel un peu plus ouvert en termes de plaisir ou de budget. Un traiteur pour 150 ou 200 personnes, le budget traiteur qui est selon moi le premier budget sur un mariage, ce n’est pas la même chose quand on doit nourrir et restaurer une trentaine d’invités. 

C’est peut-être aussi parce que la génération actuelle qui se marie est moins dans la tradition où ce sont les parents qui payent une partie du mariage et qu’on se sent donc un peu obligés d’aller inviter l’ami ou l’oncle de ses parents alors qu’on n’a aucun lien avec eux. Peut-être que d’où vient vraiment le budget du mariage change aussi, peut-être que maintenant ce sont les mariés qui payent tout le mariage et les parents sont moins impliqués d’un point de vue budget. C’est l’impression que j’ai, en tout cas.

Oui, je te rejoins. Je pense que la conjoncture actuelle fait que les gens ont vraiment plus envie de se marier avec des potes pour bien s’amuser, faire une bonne soirée et vraiment ne pas devoir mettre un peu les musiques pour les personnes les plus âgées ou devoir un peu faire attention à ci et à ça parce qu’il y a la sœur ou l’ami qui va tiquer là-dessus. Je pense que les gens sont vraiment dans l’optique de se faire plaisir, eux, et si ça fait plaisir aux gens de les voir bien, c’est ce qui compte. Tandis qu’il y a quelques années, je pense qu’on était vraiment plus dans « c’est maman et papa qui payent le traiteur donc on est obligés d’attabler 10, 15, 20 personnes de plus ». 

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite, pour ces prochaines années de ta jeune entreprise ?

En premier lieu, que le covid reste loin de nous. Et puis, me souhaiter de pouvoir continuer d’accompagner des mariés à organiser un des plus beaux jours de leur vie.

Où est-ce qu’on peut te retrouver si on veut faire appel à tes services ou voir toutes les prestations que tu as déjà réalisées ?

Mon site internet est à jour. On peut aller voir un petit peu sur le site, je fais mettre à celle qui s’occupe de mon site internet des photos à jour régulièrement.  

Donc ton site, c’est lauetlavieenrose.com.

Voilà, c’est ça.  

J’ai le site sous les yeux, on mettra ça dans les notes de l’épisode avec peut-être ton compte Insta où tu postes les dernières photos de tes mariages.

Oui. On travaille bien plus sur Insta. Mais c’est vrai que j’ai une personne qui s’en occupe. D’ailleurs, un petit coucou à Bérangère qui est une agence de communication et qui m’aide vachement là-dedans. Instagram, c’est un outil que je maitrise à peu près bien toute seule pour le moment. 

D’accord. Donc pour toute ta communication sur le site, c’est un prestataire qui s’en occupe pour toi. C’est ça ?

Le site internet, tout à fait, oui. 

OK. Ça se voit, en tout cas. Je ne dis pas que tu n’aurais pas pu faire ça toute seule, mais ça se voit. 

Non, je n’aurais pas pu faire ça toute seule.

En tout cas, c’était un plaisir, Laura. On te souhaite vraiment tout le meilleur pour cette fin d’année, puisqu’on enregistre au mois de novembre 2021, déjà la fin de l’année. On te souhaite plein de bonnes choses pour la suite. Merci d’avoir pris un peu de temps pour nous parler de ton activité. Je te dis à une prochaine sur le podcast.

Avec grand plaisir ! Bonne continuation à vous dans cette idée que je trouve très novatrice.

Merci à toi. À bientôt !

Au revoir.

Salut !

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