Un mariage 100% éco-responsable, vous en aviez rêvé ?

Podcast
121 . 2021

De Syra Sylla 12/1/ 2021

Un mariage 100% green, vous en aviez rêvé ? Elle le fait ! Avec son agence My Green Event, Coralie Despinoy se charge de vous organiser un mariage éco-responsable. De plus en plus de personnes veillent à la préservation de l’environnement et se tourne vers les solutions écolos dans différents domaines. Que ce soit dans la consommation de produits faits maison ou l’achat de vêtements et articles de seconde main, l’éthique et l’éco-responsable se font leur place dans la société de consommation. Et le monde du mariage n’y déroge pas.

“Une pincée d’éthique, d’écologie, de biologique, d’éco-responsable ou encore de végétal”, c’est ainsi que Coralie décrit ses évènements.

Après 7 ans d’expérience dans le domaine du tourisme, cette amoureuse du 100% local et 100% éco-responsable se lance dans le métier de wedding planner avec des mariages placé sous le signe de l’éco-responsabilité. Mais quelles sont les contraintes d’un tel positionnement ? Budget supérieur à la normale ? Spectre de prestataires restreint ?

Au micro de Carnet de Noces, elle nous raconte son histoire et nous explique ce qui l’a poussé à s’orienter sur ce segment si particulier. Elle nous en donne les ficelles et se confie également sur ses méthodes de travail. Comme c’est le cas pour beaucoup, son activité s’est trouvée marquée par la crise sanitaire du COVID-19. Comment s’est-elle adaptée pour pouvoir répondre aux différentes demandes de ses mariés ? Vous saurez tout en écoutant le 6ème épisode de Carnet de Noces !

Coralie de My Green Event

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La transcription de l’épisode 6 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

[Benjamin] Bonjour Coralie ! Merci d’avoir accepté notre invitation. Tout d’abord, j’aimerais que tu te présentes et que tu nous dises comment tu es venu à faire ce joli métier de wedding planner. 

[Coralie] Bonjour ! Merci pour l’invitation, je suis ravie d’être là afin de pouvoir parler de ce métier. Je m’appelle Coralie, je vis à Aix-en-Provence dans le sud de la France, et j’ai lancé mon activité de wedding planner en 2017. Depuis, j’exerce dans le métier d’event planner, avec principalement le mariage, et je suis spécialisée dans les mariages éco-responsables.

[Benjamin] Justement, en parlant de cette thématique du mariage éco-responsable, y avais-tu pensé dès le début, ou est-ce plutôt un déclic que tu as eu au cours de ta pratique ? Quel était le déroulement ?

[Coralie] C’était une évidence. J’avais le projet de me lancer dans l’organisation d’évènements depuis de nombreuses années, et il me manquait ce petit quelque chose en plus. Dans ma vie quotidienne, la thématique éco-responsable était déjà présente, c’est donc tout naturellement que j’ai pu l’intégrer dans mon travail. En effet, je suis végétarienne depuis de nombreuses années, et beaucoup de produits ménagers sont réalisés par moi-même. On fait aussi un potager, ce qui fait que l’on fait attention à ce qu’on mange.

Donc, quand je me suis lancée, j’ai regardé ce qui se faisait déjà, et j’ai vu que cela n’existait pas encore au niveau de ma région. Alors, j’ai tenté !

[Benjamin] C’est pour ça que tu mets sur ton site que tu es la première wedding planner spécialisée dans les mariages éco-responsables en PACA.

[Coralie] Tout à fait.

[Benjamin] Dans ce métier-là, je pense que c’est bien d’avoir un positionnement marqué comme le tien. Je pense que c’est dans la mouvance, et j’imagine que de plus en plus de couples viennent te voir en étant intéressés par ta spécificité. Je me trompe ?

[Coralie] Ça a été la grande surprise quand je me suis lancée. Étant donné que je n’avais aucun chiffre, je n’avais pas grand-chose à montrer. Donc, je ne savais pas comment allaient réagir les futurs mariés. Mais à la suite des premiers appels que j’ai reçus, j’ai senti un soulagement, surtout lorsque j’entendais la bonne surprise des clients, qui ne savaient pas que cela pouvait exister. Par conséquent, avec les clients que j’ai, nous sommes vraiment sur la même longueur d’onde, c’est super !

[Benjamin] Donc, dans les demandes de contact que tu reçois, tu dirais qu’il y a combien de personnes liées à ce positionnement-là, en termes de pourcentage ?

[Coralie] Je dirais 99 %.

[Benjamin] Ah oui, quand même ! 

[Coralie] C’est la chance que j’ai.

[Benjamin] Ça ne doit pas être facile.

[Coralie] Après, il est évident qu’il y a toujours une question de budget. Mais quand on échange, on se comprend immédiatement, c’est fluide. Cet aspect est vraiment très plaisant.

[Benjamin] C’est peut-être lié à ce positionnement que tu partages sur tes réseaux et ton site. Ta communication est primordiale pour toi ? 

[Coralie] Oui, et je pense que c’est naturel, cela fait aussi beaucoup de choses. Donc, les couples qui te contactent sont comme toi, c’est-à-dire un environnement très « bio », et « écolo » ? Ou ce sont plutôt des clients qui viennent à la suite de reportage qu’ils auraient vu, et qui leur donnent envie ?

Ce sont les deux, c’est très variable. Certains sont à l’autre bout du monde, ce sont des expatriés. Par exemple, j’en avais qui étaient du côté d’Oman, près du Dubaï. Et là, au niveau du développement durable, je pense qu’ils ne sont pas les plus avancés. Cependant, ils avaient envie de se marier en Provence, car c’est leur lieu d’origine, et ils avaient envie de compenser cet aspect de leur vie pour leur mariage. Tandis que d’autres clients sont issus de Provence, ne bougent pas et veulent faire un mariage le plus respectueux possible de l’environnement.

[Benjamin] Ah oui, certains couples veulent se donner bonne conscience parce qu’ils vivent dans des endroits très pollués, etc. Ils veulent se rattraper, pourrait-on dire. 

[Coralie] C’est tout à fait ça !

[Benjamin] J’imagine également que pour ceux qui se marient et qui habitent en Provence, il y a la volonté de faire travailler les prestataires locaux. C’est aussi ce que tu mets en avant sur ton site. Toi, tu fais en sorte de ne travailler qu’avec des prestataires locaux, et de ne pas aller chercher des prestataires ou des produits qui seraient trop éloignés ?

[Coralie] En Provence, nous avons la chance d’avoir une terre riche de créateur, et aussi au niveau de l’alimentation. Nous avons des producteurs locaux merveilleux ! Même pour les fleurs, on peut faire des bouquets régionaux ! Énormément de choses sont possibles, donc cela ne me viendrait même pas à l’idée de chercher des prestataires qui soient en dehors de la région.

[Benjamin] Donc, tes mariages se passent exclusivement en Provence, et jamais plus loin ? 

[Coralie] Non.

[Benjamin] Ce sont soit des expatriés qui veulent se marier en Provence, soit des gens qui habitent en Provence et qui veulent se marier chez eux. 

[Coralie] Oui, je reste très locale. Je suis née à Aix, je suis toujours à Aix. Je suis seulement partie 2 ans pour aller à Marseille.

[Benjamin] Comment fais-tu pour te faire connaitre ? Tu m’as dit que tu avais des appels, y a-t-il encore un devoir d’éducation à faire sur les mariages éco-responsables, afin de faire prendre conscience à la population que cela existe ? Ou bien à l’inverse, tu n’as plus à réaliser ce travail, car la plupart des clients qui te trouvent sont déjà au courant de la thématique ? 

[Coralie] Les personnes qui nous contactent par mon site découvrent que l’on peut faire des mariages éco-responsables. Ensuite, ils me posent des questions détaillées, afin de voir ce qu’ils peuvent faire, etc. C’est à ce moment-là que je leur explique. Mais il est vrai que le mariage éco-responsable n’est pas encore assez connu, d’où la raison de mon acceptation de l’interview. On en parle encore trop peu, il a besoin d’être mis en lumière.

C’est un mariage qui fait du bien à la planète, surtout en ce moment avec la période actuelle. Donc, la transmission d’informations est importante, il faut savoir expliquer que ce n’est pas forcément plus cher, qu’on ne va pas manger des graines, ce genre de choses. C’est un mariage comme un autre, et cela se voit sur les photos que je peux publier sur Instagram ou sur mon site. Je dirais même qu’on ne se rend pas compte que c’est un mariage « différent », lorsque l’on voit les photos.

[Benjamin] Ceux qui te posent des questions ont peur que ce soit un mariage au rabais ou limité par rapport à tout ce que l’on peut faire ?

[Coralie] Oui, surtout au niveau de la réception et du traiteur. Ils se disent que le repas végétarien va engendrer une faim chez les invités à la suite du repas, notamment. Donc, c’est à moi de les rassurer et de leur montrer que l’on peut faire une réception 100 % sans viande et sans poisson sans pour autant que les invités aient encore faim.

[Benjamin] Venons-en à la question de la définition du mariage éco-responsable. Je me pose la question au niveau des déchets, car j’imagine qu’il y en a moins. Peut-être aussi au niveau des fleurs, de l’énergie que tu utilises. Mais il y a peut-être d’autres choses à intégrer auxquelles nous ne pensons pas. 

[Coralie] La base est la même qu’un mariage classique, nous essayons juste de trouver des alternatives. Par exemple, au moment du choix du lieu de réception, on va essayer d’en trouver un qui n’est pas trop loin de la mairie dans le cas d’un mariage civil, afin d’éviter de générer énormément de gaz à effet de serre pour le déplacement de 150 personnes dans 90 voitures. Après, on peut aller plus loin en prenant un lieu qui fait attention à ses déchets, qui a par exemple un domaine viticole bio.

Après, le traiteur ne travaille qu’avec des producteurs locaux et peut faire un menu 100 % végétarien sans que l’on ait encore faim. Il fera aussi attention à la vaisselle qu’il utilise. Il évitera aussi tous les contenus en plastique pour l’apéritif, qui est une aberration ! Cela passera aussi par les fleurs, où l’on prendra des fleurs de saison, et plutôt des fleurs séchées que l’on pourrait réutiliser en décoration chez soi. Donc, tous les postes d’un mariage classique peuvent être aménagés et pensés différemment pour éviter de faire trop de mal à la planète.

[Benjamin] As-tu déjà eu des demandes un peu folles par rapport à cela ? Des choses que tu n’as pas pu faire, car l’ambition était trop grande, ou que les prestataires n’étaient pas encore prêts. Car je pense que tu peux te heurter à des prestataires qui peuvent te dire parfois qu’ils ne peuvent pas, ou qu’ils n’y avaient pas pensé, etc. Ce genre de situation arrive encore ? 

[Coralie] Non, très peu, car je commence à bien connaitre les prestataires avec lesquels j’ai l’habitude de travailler. J’arrive à anticiper auprès des mariés des demandes qui seraient trop extravagantes. Je m’adapte aussi à la demande des mariés, car c’est le plus beau jour de leur vie, et je ne peux pas leur imposer de changer leurs envies. Il faut garder ça en tête, c’est le plus beau jour de leur vie, ils doivent être à l’aise avec leur journée. Donc, le fait d’imposer quelque chose qui ne leur ressemble pas, non ! La plupart du temps, ça se passe très bien, et parfois, plutôt que de louer une voiture électrique, les mariés ont envie de prendre la vieille voiture de leurs grands-parents. Dans ce cas, on le fait.

[Benjamin] Je comprends. Au niveau de ces demandes extravagantes, certaines te viennent en tête ?

[Coralie] Le premier mariage que j’ai fait était dans un lieu privé appartenant à la famille du marié, et qui n’était pas du tout prévu pour recevoir 80 personnes ! C’était une vieille bâtisse, avec un système électrique défaillant. C’était difficile, il a fallu penser pour le traiteur, le DJ, à faire venir de l’électricité pour maintenir la réception, etc. Le groupe électrogène faisait du bruit, et ce n’était pas forcément ce qu’on attendait. Mais nous avons fini par trouver une solution, malgré un temps énorme passé sur ce problème.

[Benjamin] C’est l’avantage de ce métier, c’est que l’on apprend ! 

[Coralie] Exactement ! Chaque mariage est différent. Il faut constamment se remettre sur les rails et aller plus loin. C’est ce qui rend ce métier passionnant.

[Benjamin] J’aimerais revenir sur ton parcours. J’ai vu que tu venais du domaine du web marketing, qui était également mon activité actuelle en dehors de Planners ! Toi, tu es plutôt du domaine du SIO, du référencement, des sites sur Google. Moi, je travaille également avec Google, mais au niveau de la publicité. 

[Coralie] C’est complémentaire.

[Benjamin] Voilà. J’ai vu que tu avais fait 6 ans en tant que chargé SEO dans une agence.

[Coralie] Oui, c’était une petite start up marseillaise.

[Benjamin] Je suppose que cela a pu te permettre de te rendre visible dans le lancement dans ton activité. J’aimerais savoir si tu avais utilisé toutes tes compétences en SEO pour te faire connaitre lors de tes débuts ?

[Coralie] Cela fait un moment que je n’ai pas mis le site à jour. J’ai fait des études en communication et en marketing, en réseau de communication. J’ai travaillé dans la presse, dans une star up marseillaise qui m’a énormément appris dans le domaine du e-commerce, du e-tourism plus précisément. Là-bas, j’ai appris toutes les bases du référencement naturel, c’est-à-dire le référencement d’un site internet, la plupart du temps Google. Ensuite, il est évident que cela m’a permis d’avoir une base pour bien référencer mon site ! Cependant, je fais le minimum, je ne passe pas énormément de temps dessus.

[Benjamin] J’ai vu aussi que tu es passé dans un reportage sur M6 et que tu as aussi eu un article sur Madame Figaro. Est-ce que cela te permet d’avoir des coups de projecteur ?

[Coralie] J’ai été surprise de voir l’engouement que mon domaine engendrait au niveau de la presse. J’ai eu la chance de passer sur M6 au JT du 12’45 ! Tout ça parce que j’avais participé à un salon du mariage dans ma région, qui était un salon dédié aux mariages éco-responsables. Ce fut un coup de projecteur immense pour tous les acteurs de ce milieu. Après, auprès de Madame Figaro, lorsque l’on t’appelle pour te dire que l’on va faire un article sur ton travail, c’est très gratifiant.

[Benjamin] C’est sûrement lié au fait que tu sois bien référencée, non ? 

[Coralie] C’est le bouche-à-oreille, il n’y a pas que le référencement.

[Benjamin] As-tu reçu des demandes après être passé sur ces reportages ?

[Coralie] En regardant mes statistiques, j’ai vu effectivement qu’il y avait eu un pic de visites, mais qui n’étaient pas spécialement transformées en demande de contact ou d’information. C’est dû au fait que ces reportages étaient nationaux, alors que je ne fais que du local. Mais c’est toujours très bon à prendre.

[Benjamin] Ça doit tout de même participer au fait que cela rentre dans les mœurs. Des gens ayant vu ce reportage seront peut-être amenés à te contacter plus tard lorsqu’ils souhaiteront se marier. Mais tu ne décides pas de te marier après avoir vu un reportage, c’est sûr.

[Coralie] Oui, ce n’est pas l’achat compulsif que tu ferais à la suite d’une pub de chaussures par exemple.

[Benjamin] Exactement. Maintenant, parlons de l’actualité. Nous sommes début décembre au moment de l’enregistrement, en plein COVID.

[Coralie] Et en plein confinement !

[Benjamin] C’est vrai. As-tu fait évoluer tes services ou autre ? Dis-moi comment tu vis la période actuelle.

[Coralie] C’est une période très compliquée pour le domaine de l’évènementiel. Lors de la première partie du confinement, on ne savait pas où on allait, donc on attendait de savoir davantage. Donc, il ne s’est pas passé grand-chose, mais lorsque nous avons vu que cela commençait à persister, que le confinement était encore renouvelé, les mariés ont commencé à se poser des questions, notamment sur l’annulation ou le décalage de leur mariage.

Pour moi, 2020 devait être la meilleure année depuis mon lancement, donc ça m’a attristée. Après, j’ai eu énormément de travail. En effet, il a fallu décaler toutes les dates et trouver les meilleures solutions pour qu’un mariage d’été ne se fasse pas en hiver. Les clients se projettent un an et demi voire 2 ans avant, donc c’est compliqué. On a travaillé très dur avec tous les prestataires qui m’ont accompagnée, et ils ont été géniaux.

Là, nous sommes dans un deuxième confinement, donc les questions se reposent. Il faut savoir que sur la saison 2020, je n’ai fait qu’un seul mariage.

[Benjamin] Nous finirons par en voir le bout. Pour 2021, les mariages prévus en 2020 seront décalés à 2021 ? Comment est ton planning ?

[Coralie] 2021 sera une année particulière, on devra faire des mariages en semaines et le week-end. J’ai déjà des mariages prévus le jeudi, le vendredi, le samedi, et même le dimanche.

[Benjamin] Sur la même semaine ?

[Coralie] J’ai essayé de les dissocier, mais cela montre à quel point l’année 2021 sera une année intense et épuisante pour certains prestataires, ils ne s’arrêteront pas ! Il faut tout de même des jours de repos, on est humain, mais ce sera intense. Malgré tout, nous avons la chance en Provence d’avoir une saison assez étendue qui va d’avril/mai à octobre. Mais par exemple, nous sommes en décembre et j’ai des mariés du mois de mai qui commencent à se poser des questions sur leur mariage. Donc, on n’en est pas encore sorti, il va se passer encore beaucoup de choses, aussi avec le vaccin qui arrive. On attend les annonces du gouvernement.

[Benjamin] Oui, ceux qui ont eu une année blanche vont être obligés de bosser davantage l’année prochaine. 

[Coralie] On va faire deux saisons en une, en espérant que les prestataires puissent passer l’hiver. Généralement, on prend des acomptes assez tôt, et quand on n’a pas le solde des prestations de la saison 2020 pour passer l’hiver, c’est compliqué pour une bonne partie des prestataires.

[Benjamin] Concernant les lieux, étant donné que tu ne fais que du local, tu ne risques pas de te retrouver en restriction en termes de choix ? 

[Coralie] En Provence, il y a des lieux partout. Certains sont petits, intimistes, comme les mas provençaux où tu vas pouvoir recevoir une quarantaine de personnes. Mais tu as des châteaux qui peuvent recevoir 200/300 personnes. Il y a une richesse de lieux qui fait que je ne me suis encore jamais retrouvée dans l’impossibilité de trouver un lieu. Après, là où cela bloque, c’est au niveau du budget. Quand tu trouves des lieux où tu as quasiment le budget d’un mariage juste pour la location d’un week-end, tu tries assez rapidement.

[Benjamin] Selon toi, c’est une région où les lieux sont plus chers qu’ailleurs ?

[Coralie] Je pense que c’est comme la région parisienne. En plus, chaque année, c’est un peu pareil pour tous les prestataires, mais les prix augmentent. Et là avec la situation actuelle, c’est compliqué de trouver un lieu disponible, encore moins si tu veux absolument te marier un samedi. En effet, avec tous les reports, ils sont tous pris. Même certains mariages prévus en 2021 sont reportés à 2022, car il n’y avait plus de disponibilité.

[Benjamin] Est-ce plus cher d’organiser un mariage éco-responsable ?

[Coralie] Non, car tu fais des économies sur d’autres choses. L’avantage aussi de passer par un ou une wedding planner, c’est qu’on a des prix au rabais en passant avec nos partenaires, ce qui aide à réduire l’enveloppe budgétaire.

[Benjamin] Je pense que les gens ont encore du mal à comprendre qu’ils vont faire des économies en passant par un professionnel du mariage.

[Coralie] Oui. Les honoraires des wedding planners peuvent faire peur, mais quand on fait le ratio du temps gagné et de l’argent économisé, de la sérénité du jour J, c’est quand même très intéressant. Tu n’as pas à gérer l’installation de la serviette et du porte-nom de tes 150 invités par exemple. C’est vraiment cette valeur-là.

[Benjamin] Si tu devais te lancer demain avec tes connaissances, mais sans ton réseau, tes prestataires et ton site, avec 5000 euros en poche, à quoi ressembleraient tes premiers mois d’activité ? Quelle serait ta première action ?

[Coralie] Je pense que je referais la même chose. Quand tu te lances dans le monde du mariage et que tu n’as pas de produit à montrer, il te faut des photos et des images. C’est ce que j’ai fait quand je me suis lancée en 2017, j’ai fait un shooting d’inspiration. C’est-à-dire que tu prends des modèles, un homme et une femme, et tu fais le condensé d’un mariage sur une journée, avec des photos de tout, du buffet, du gâteau, de la cérémonie laïque si elle a lieu, de la mariée en robe, etc. Le but est ensuite de publier sur les réseaux sociaux ou sur ton site.

Je trouve cette action intéressante, car on se rend compte de tout le travail à effectuer, avec la recherche de partenaire, de lieux, etc. Ensuite, le jour J est très intense, car tu as une équipe de 10 prestataires qui ont aussi besoin de ces photos pour se faire connaitre. Tu as envie que ces prestataires soient contents des photos et qu’ils les publient en te mentionnant. C’est aussi ce que je recommande à mes apprentis wedding planner qui me posent des questions sur le métier. Je leur conseille de se lancer d’abord dans l’organisation d’un véritable projet, de le publier et de voir les retours des prestataires sur ce projet.

[Benjamin] Cela permet aussi de voir si tu es fait pour ça, car le travail effectué sera similaire à ce que tu feras par la suite. 

[Coralie] Aussi, le Jour J, tu as les petits couacs que tu retrouves sur un vrai mariage, comme la maquilleuse qui est en retard. Là, c’est exactement comme dans la vraie vie, tu dois trouver des solutions, tu dois t’adapter sans cesse. Moi, je le recommande à 1000 %.

[Benjamin] En termes d’investissement, combien faut-il compter pour un shooting d’inspiration ?

[Coralie] L’avantage du shooting d’inspiration, c’est que si tu te débrouilles bien, tu dois amener à ce que chaque prestataire travaille bénévolement, parce que c’est dans leur intérêt. On doit former une sorte d’équipe solidaire, où on va tous donner du temps, que ce soit le photographe pour traiter et faire les photos, le traiteur qui va te fournir une pièce à photographier, etc. Pareil pour les fleuristes et les décorateurs qui viennent avec tout leur matériel. Sur un shooting, on va jeter les fleurs, car elles n’ont été utiles que pour les photos. Cela me met hors de moi, car je trouve que les fleurs sont tellement belles que l’on ne peut pas les mettre à la poubelle, seulement car elles ont eu 2/3 heures de vie. Dans le mariage éco-responsable, c’est aussi trouver des solutions pour tout ce gâchis.

C’est-à-dire que les fleurs, on peut soit les donner aux invités par exemple, soit les donner à des associations, à des hôpitaux, des EHPAD. Ou bien, faire des cadeaux aux prestataires ! Il y a énormément de choses à faire.

[Benjamin] Tu fais bien de préciser, on n’y pense pas. Moi le premier, pour en avoir fait un mariage récemment en tant qu’invité, tu sors de ta soirée avec l’envie d’aller te coucher. Et le lendemain, tu as la tête ailleurs et tu ne penses plus à ce qu’ont pu faire les différents prestataires de tout ce qui a été utilisé pendant le mariage. C’est le genre de choses qu’il faut penser en amont. Ce sont de très bonnes idées ! Je suis fan de ce principe-là, parce que chacun a à y gagner. 

Les prestataires qui ont déjà beaucoup de clientèle sont-ils plus difficiles à convaincre ?

[Coralie] Pas forcément. Avec la période actuelle, on a quasiment tous besoin de communiquer sur des mariages, que tu en aies fait 0 ou 100. Tu as besoin de montrer constamment de nouvelles choses. Ce shooting d’inspiration permet d’aider tout le monde.

[Benjamin] Oui, et cela peut se faire chaque saison, ou chaque année, ça te permet te de renouveler au niveau de tes propositions, ta décoration et ton environnement.

[Coralie] Le shooting d’inspiration est le mariage idéal, car on ne parle pas de budget. Tu fais vraiment le thème que tu veux, avec les prestataires que tu veux.

[Benjamin] C’est donc ton conseil numéro 1, faire un shooting d’inspiration avant de lancer ta boite. 

[Coralie] Oui, de tester et de voir tout ce que cela implique, de voir que cela ne se fait pas en une semaine. Ce sont des aller-retour sans cesse pour voir les disponibilités de chacun. Donc pour moi, c’est le truc à faire avant tout.

[Benjamin] J’espère que tous les apprentis wedding planners ont bien noté. Maintenant, je voulais te demander quel était ton outil indispensable quotidien. Cela peut être une application sur ton téléphone, un outil qui te fait gagner du temps ou te rend davantage productif.  

[Coralie] Je suis sans cesse en quête d’outil comme ça. Pour l’instant, je n’ai pas encore trouvé ma perle rare qui comble tous mes désirs.

[Benjamin] Qu’est-ce que tu as déjà testé ? 

[Coralie] Pendant un long moment, j’étais sur Trello, je sais que tu en avais parlé lors d’un autre podcast.

[Benjamin] Exactement, tu n’es pas la seule. 

[Coralie] Mais l’aspect « carte » que tu déplaces ne m’allait pas. Là, j’utilise Freedcamp. C’est un endroit où tu te crées des projets, où tu as une to-do-list que tu peux cocher et dans laquelle tu peux mettre des dates. La différence avec Trello, c’est que ce n’est pas sous forme de carte, mais sous forme de to do. Personnellement, j’aime cocher que j’ai fait telle ou telle chose, et je peux ainsi filtrer mes taches selon les priorités, etc. J’utilise aussi Canva pour tout ce qui est visuel.

[Benjamin] Oui, c’est intéressant pour tes visuels. 

[Coralie] La formule gratuite suffit. C’est une mine de possibilités, tu as beaucoup de choses préconçues, c’est le Photoshop du débutant ! Après, j’ai toujours mes fichiers partagés, sur Excel notamment, je n’arrive pas à m’en séparer, tout comme Google drive.

[Benjamin] Comment communiques-tu avec tes mariés ?

[Coralie] Par WhatsApp.

[Benjamin] Mais au niveau des fichiers de suivi, tu les partages en drive ou avec Freedcamp, c’est ça ?

[Coralie] Non, Freedcamp n’est que pour moi. Pour les mariés, le mail reste encore classique, sinon WhatsApp, surtout quand ils sont à l’étranger. On se fait un groupe de 3 personnes, et nous parlons en cas de nécessité. C’est comme la discussion que tu peux avoir avec des copains, on n’a pas d’heure pour s’échanger des idées, des suggestions, des réponses, etc. Cela nous fait gagner du temps !

[Benjamin] Tu m’avais parlé d’un autre outil aussi…

[Coralie] Pour la facturation et les devis, j’ai trouvé un outil fait par des freelances qui s’adresse aux freelances, ça s’appelle Freebe. Cela te permet de savoir combien tu dois en cotisation, si c’est trimestriellement ou non, etc. Tu peux directement déclarer tes cotisations Urssaf depuis l’outil. C’est très simple, tu n’as pas beaucoup de boutons, et cela permet de faire tes relances très facilement, de voir quand il manque une facture.

[Benjamin] C’est vrai que la facturation sur Excel ou autre finit par ne plus être pratique quand tu te développes. 

[Coralie] Avec la facturation et les devis, tu n’as pas envie de faire des erreurs, donc je suis rapidement passée sur ce genre d’outils, car je n’avais pas envie que cela me retombe dessus.

[Benjamin] C’est top. On mettra un lien vers tous les outils que tu as mentionnés. 

[Coralie] Après, je pense qu’on est tous différents, et il faut trouver chaussure à son pied.

[Benjamin] Oui, il faut tester.

[Coralie] Oui, il ne faut pas hésiter à tester, et mettre son mail, pour voir de quoi il s’agit.

[Benjamin] Dans la gestion de projets, c’est vrai que les outils varient et peuvent convenir à certaines personnes, et pas à d’autres. Pour Trello, je suis d’accord avec toi, je préfère les to do. D’ailleurs, il a été prouvé que l’effet psychologique de supprimer une case crée de la dopamine.

[Coralie] Oui, cela te motive à faire la suite !

[Benjamin] Quels sont tes prochains objectifs, tes projets à court ou moyen termes pour ton entreprise ?

[Coralie] Alors, j’espère déjà pouvoir faire une saison 2021 à peu près normale, que l’on pourra reprendre les mariages, même si je pense que l’on devra évoluer. C’est une passion, donc le fait de ne pas avoir fait de coordination du jour J m’a frustrée. Il me manquait cette excitation du jour J qui fait que j’adore ce que je fais. Je travaille pendant 12 heures d’affiler, sans manger, c’est l’état d’esprit qui me manque.

Après, j’ai envie de développer mon entreprise et faire connaitre le mariage éco-responsable. En début d’année 2021, je vais avoir une stagiaire, je trouve ça intéressant de partager le monde de l’entrepreneuriat, et le domaine du mariage. Souvent, on a l’image qu’être wedding planner est un métier facile, car tu as organisé le mariage de ta copine, mais c’est un métier qui demande beaucoup d’investissement de soi. Parfois le soir, mes mariés ne sont disponibles qu’à 22 h, voire plus ! Il faut donc se rendre disponible à cette heure-là, car ils terminent le travail, ils ont couché les enfants, et c’est à partir de ce moment-là que l’on peut parler de leur mariage. C’est aussi faire une croix sur tous les week-ends de ta saison d’été, donc pas de barbecue avec les copains. Il y a le côté paillettes, glamour, tout ce qui est très sympathique, mais c’est des heures de travail intenses.

[Benjamin] Tu fais bien de préciser, car l’objectif de ce podcast est de faire prendre conscience aux gens que c’est aussi un métier de gestion d’entreprise. Il faut déjà bien faire son métier, mais il faut aussi la faire perdurer en allant chercher les clients, en trouvant les moyens de les faire travailler avec toi, etc. 

[Coralie] Oui, et trouver le bon prix des devis.

[Benjamin] Exactement, et ne pas passer trop d’heures sur un mariage. Comme tu l’as dit, il ne faut pas non plus se tuer à la tâche, car il y a une entreprise à faire tourner. C’est important de partager tous ces aspects-là. À force d’avoir des conversations avec toi et d’autres, on va arriver à démocratiser le métier, pour que tous ceux et celles qui se lancent aient les bonnes cartes en main.  

[Coralie] Ce sont des moments que j’adore. J’ai souvent des personnes qui m’appellent et me posent des questions sur le métier, et c’est avec grand plaisir que je leur réponds. Mais je ne veux pas non plus leur dire des choses fausses. Ce n’est pas un métier pas facile, et elles me remercient souvent de ce que je peux leur dire, car elles ne se rendaient pas compte de certaines choses. Quand tu te lances, tu ne peux pas être rentable la première année.

[Benjamin] Peu importe l’entreprise, c’est toujours compliqué. 

[Coralie] Et encore plus quand tu es wedding planner, car tu as besoin du bouche-à-oreille et d’avoir des retours, afin que d’autres personnes te fassent confiance. Quand tu as un produit, tu le vends, cela se passe bien et tu peux multiplier ça. Mais pour un service, c’est personnel, donc c’est plus compliqué.

[Benjamin] Et puis, c’est un service durable. Ce sont des gens qui viennent te voir, et tu reçois le solde de la prestation le jour du mariage ou quelques jours après. Il faut l’anticiper.

[Coralie] Généralement, c’est un an et demi à deux ans avant. Donc, on a le temps de construire une relation de confiance avec les mariés. Et à la fin, quand il n’y a pas le COVID, on s’embrasse et on se dit merci. C’est tout cet amour partagé le jour J qui fait que c’est le meilleur des paiements. Tu les vois heureux, ils sont sur la piste de danse entourés de leurs proches, ils adorent leur moment. Cela n’a pas de prix !

[Benjamin] On va finir sur ces très belles notes d’optimiste. On te souhaite le meilleur pour ton activité, et un tas de mariages éco-responsable à suivre ! 

[Coralie] Merci à toi.

[Benjamin] J’ai été ravi de te recevoir, on te souhaite encore une fois tout le meilleur, et je te dis à une prochaine.

[Coralie] Merci à bientôt.

[Benjamin] À bientôt ! 

 

 

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