Se marier en hiver ou dans une station de ski !

Podcast
Mariella
261 . 2021

De Syra Sylla 26/1/ 2021

Vous êtes-vous déjà demandée quelle tenue vous porteriez pour un mariage en hiver au pied d’une station de ski ? Exit les talons aiguilles, place aux Moon Boots. C’est en tout cas ce que préconise Virginie Bonfiglio à ses mariées pour accompagner le manteau de fourrure nichées sur leurs épaules.

Coucher de soleil tôt dans la journée, température inférieure à 15 degrés, météo imprévisible… Le mariage d’hiver demande une organisation différente des célébrations classiques pour les wedding planner.

“Là où ça peut poser problème, c’est en cas de tempête, ce qui est arrivé une fois. Ou alors, on faisait un mariage sur les pistes, lui devait descendre en ski et elle devait arriver en motoneige sur la piste de ski. On était en pleine forêt, et on est montés tous en télésiège. Là, je me suis posé la question de monter ou non, à cause de la tempête. J’avais demandé à la mariée, elle avait insisté jusqu’au dernier moment pour y aller. C’était un risque, mais ça s’est finalement bien passé, malgré le fait que les gens avaient très froid.”

Vous l’avez deviné, c’est sur le créneau du mariage hivernal que notre invitée Virginie, fondatrice de l’agence Mariella a choisi de se spécialiser. Au micro de Carnet de Noces, elle nous raconte ses débuts en tant que wedding planner, nous en dit plus sur le mariage d’hiver, nous livre ses secrets d’organisation et nous distille quelques anecdotes savoureuses.

Les “tips” de Virginie :

La formation qu’elle a suivi : Ecole Jaelys, anciennement Look Institute
Son outil de gestion : le logiciel wedding plan et Excel
Une inspiration : Jean-Luc Blais

Virginie de l’agence Mariella :

Site Internet : http://www.agence-mariella.com/
Instagram : https://www.instagram.com/agencemariella/
Facebook : https://www.facebook.com/Agence-Mariella-263904963619863/
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Pinterest : https://www.pinterest.fr/mariellamariage/
YouTube : https://www.youtube.com/user/Mariellamariage/

L’épisode 7 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 7 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

[Benjamin] Salut Virginie, je suis ravi de t’accueillir dans un nouvel épisode du podcast Carnet de Noces. Aujourd’hui, on va surtout parler de l’une de tes spécialités, le mariage en hiver. Tout d’abord, je t’invite à te présenter et nous dire comment tu es devenue wedding planner, afin que nos auditeurs en sachent davantage sur toi.

Bonjour, merci de m’accueillir pour pouvoir échanger avec toi sur tout ce sujet. Je m’appelle Virginie, mon agence est Mariella. Je suis spécialisée dans les mariages du sud de la France et dans les stations de ski. C’est ma spécificité. Pour en arriver là, il faut d’abord savoir que j’ai commencé en sortant de l’école, très tôt. En sortant de l’école, je me suis demandé ce que j’allais faire de ma vie, et c’est alors que je suis tombée sur une série télévisée américaine avec Éva Mendes qui était wedding planner. 

[Benjamin] Tu te rappelles du nom ?

Non, je n’arrive pas à retrouver ce film. J’aurais adoré le regarder maintenant. 

C’est un film ?

Je ne sais pas si c’est une série ou un film. Je suis tombée dessus par hasard en allumant la télé, et j’avais vu cette femme. À l’époque, ce n’était pas du tout développé en France, donc cela avait attiré ma curiosité. En regardant ce film, je me suis dit que c’était sympa, et j’adorais la façon qu’elle avait de partager cette journée avec les clients. Je suis ensuite allée voir sur Internet si cela existait en France, et je me demandais s’il y avait des organisateurs de mariages en France, les formations et autre. J’ai fait des recherches là-dessus, et ça m’a intéressée. Plus je regardais des informations et plus ce domaine me correspondait, je voulais faire ça ! Mais j’avais une méconnaissance sur le sujet. Petit à petit, à force de me renseigner, j’ai avancé. 

J’avais un boulot, alors je me suis mise à temps partiel pour faire des formations en rapport avec l’organisation de mariage. Suite à cette formation, alors que j’avais environ 20 ans, je me suis demandé ce que j’allais faire de cette formation, en sachant que je revenais dans le sud. Je me demandais si je devais me lancer à compte ou bien travailler pour quelqu’un. Mais comme j’étais jeune, j’ai choisi la deuxième option. Cependant, le problème est qu’il y avait encore peu d’agences, seulement quelques-unes autour de chez moi. Au final, je me suis lancée, j’ai été accompagnée par des groupes tels que la boutique de gestion. 

J’ai beaucoup été accompagnée, et heureusement ! Je me suis d’abord lancée dans le sud de la France, et ça a tout de suite super bien pris, ce qui a conforté mes choix. Je me suis dit que je ne regretterais pas d’avoir choisie cette formation et ce métier, même si les gens trouvaient ça particulier, surtout à l’époque. La deuxième année, je me suis dit que c’était bien, mais c’était très saisonnier. Du coup, j’avais envie de trouver un compromis, soit faire de l’évènement privé, comme les baptêmes ou les anniversaires. Mais à l’époque en France, on était un peu réticent sur le fait de faire appel à quelqu’un pour organiser son anniversaire.

[Benjamin] C’est ce que je voulais dire. Déjà en 2010, j’imagine qu’en termes de mariage, ce n’était peut-être pas encore très démocratisé, alors si en plus tu devais faire des baptêmes ou des anniversaires… Je pense que ce sont des prestations à plus faible valeur ajoutée.

En plus ! 

[Benjamin] Ça ne devait pas être simple. 

Non, exactement. J’en ai fait quelques-uns, mais ça ne m’a pas permis de vivre hors saison. Donc, j’ai eu l’idée du mariage en station de ski. Alors là, c’était une idée totalement folle ! J’ai lancé la prestation sur Internet où je faisais des articles sur le sujet, en mettant en avant des choses qui pouvaient être intéressantes à développer. Et puis, j’ai eu un couple très sympathique qui s’est lancé dans l’aventure. C’était à Megève en premier, et nous avons ensuite ouvert d’autres prestations. Aujourd’hui, je fais entre 6 et 7 mariages en station par an.

[Benjamin] Ça faisait partie des questions que je voulais te poser. J’aimerais juste revenir sur ta formation et tes débuts. C’est vrai qu’ils sont assez particuliers puisque je pense qu’on voit beaucoup de weddings planners qui se lancent parce qu’elles ont organisé des mariages de leurs proches, ou bien des personnes qui sont allées à des mariages organisés par une wedding planner. Toi, en 2010, tu es partie de rien avec une série, tu t’es formée toute seule. Justement, quelle était la formation à cette époque ? J’imagine qu’en 2010, il ne devait pas y avoir beaucoup d’organismes de formation.

À l’époque, cela s’appelait Look Institute, et aujourd’hui c’est Jaelys. Il y a quelques années, j’ai même travaillé pour eux en tant qu’intervenante dans la formation. En plus, je suis tombée sur une super organisatrice de mariage, c’était la première agence en France. Elle n’existe plus aujourd’hui, mais elle s’appelait pièce montée. Évidemment, j’ai dû adapter en fonction de ma façon de faire. Du coup, c’était super de faire une formation, car ça m’a permis d’avoir les bases, parce que c’est un vrai travail ! Moi, je me suis mariée il y a quelques années et c’est vrai qu’organiser son mariage, c’est une chose, mais organiser le mariage de personnes qu’on ne connait pas, ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas notre mariage, ce n’est pas nos besoins, nos envies, notre budget.

[Benjamin] Ce n’est pas la même pression.

Exactement. Disons que le stress est différent quand ce n’est pas son mariage. 

[Benjamin] À 20 ans, tu étais encore toute jeune, tu n’avais pas encore l’esprit entrepreneurial, et j’imagine qu’après t’être lancé, ça a été mieux. Après, j’imagine que c’est bien de se faire accompagner par des pépinières.

Tout à fait ! 

[Benjamin] À mon avis, trop peu de gens ont conscience de tous les dispositifs qu’on a quand on lance son entreprise, notamment sur le fait de demander de l’argent, avec des prêts nacre ou des organismes qui peuvent te prêter de l’argent.

Tout à fait.

[Benjamin] Il y a plein de choses en France qui peuvent nous aider lorsqu’on se lance, on a de la chance.

C’est certain.

[Benjamin] Ce que je trouve très intéressant, c’est que tu as eu la présence d’esprit de dire que nous sommes dans un domaine très saisonnier, et que cela joue au niveau personnel. Par exemple, l’été, on ne peut pas partir en vacances, donc ça peut être compliqué. 

Oui, on oublie.

[Benjamin] On ne va pas avoir de week-ends aussi.

Au début oui. 

[Benjamin] Après, étant donné que c’est un domaine saisonnier, tu t’es dit que tu pourrais aller en station pour se marier en hiver. J’imagine que c’est quelque chose qui se faisait encore moins auparavant.

À l’époque, j’imagine que des gens le faisaient, notamment ceux qui habitaient en station. Mais c’est vrai que lorsque je dis aux gens que j’ai un mariage en station de ski ou à Chamonix par exemple, ils me disent que les gens sont fous de faire ça. Il y a plusieurs raisons. Tout d’abord, on fait de plus en plus appel à un organisateur, car on a envie d’être différent des autres. Avec le mariage en hiver, c’est le cas. C’est ce que l’on recherche quand on fait appel à quelqu’un. Les professionnels ont l’habitude, ils peuvent apporter la différence. En ce moment, on a beaucoup de mariages qui se ressemblent. Donc, j’ai beaucoup de gens qui souhaitent quelque chose de différent, différent de ce que leurs proches mariés ont pu faire. Ils veulent éviter la tendance, en étant par exemple dans un endroit atypique, dans un chalet chaleureux, cosy. Forcément, l’idée de louer un chien de traineau, par exemple, les ravit. Pour en avoir fait plusieurs, c’est inoubliable pour les invités. C’est assez décalé, et ça ne plait pas à tout le monde ! Un tas de choses sont à prendre en compte, comme le déplacement, qui est compliqué.

[Benjamin] C’est vrai que ça fait partie des spécificités du mariage en hiver. Justement, ça faisait partie des questions que je voulais te poser. Tu me devances ! 

Désolé ! 

[Benjamin] Quelles sont les grandes différences entre un mariage en plein été et un mariage en plein hiver ? Je suppose qu’il y a plein de choses auxquelles on ne pense pas. 

La première différence se trouve au niveau des dates. Les dates les plus prisées en été sont juin juillet, aout et septembre. C’est celles qui sont le plus demandées. En Hiver, il y en a qui sont très demandées, certains veulent se marier avec de la neige et veulent que les stations soient ouvertes. C’est logique, car ils veulent probablement rester 1 semaine pour profiter de la station et de la neige pour le cadre magnifique. Sauf qu’il y a une problématique qu’on a moins en été, c’est les hébergements. En été, nous avons de grandes chances de trouver de la disponibilité et d’avoir des prix cohérents. Alors qu’en hiver, si on oublie les vacances de Noël et les vacances d’hiver, ça va vite. La neige est là mi-décembre, janvier, février et mars. En avril, c’est plus rare. 

Mais ce sont ces 4 mois où il y a aussi des vacances scolaires toutes zones confondues, ce qui peut rendre la recherche compliquée, les possibilités sont moindres. Ensuite, il y a d’autres facteurs, comme le coucher du soleil. Tout va rentrer en compte, l’horaire de la cérémonie ne pourra pas se faire à 16h ou 17h, mais plutôt vers 14h, à cause de la nuit qui tombe tôt. Même si c’est une cérémonie en intérieur, on va ensuite enchainer sur des photos de groupe à l’extérieur. Et à 17h30, il fait nuit. Au mois de janvier, on ne peut pas faire une cérémonie à 16h, ce n’est pas possible. Si on l’a fait en mars, on a des journées plus longues, plus de soleil, donc plus de possibilités. 

Concernant les hébergements en station de ski, il faut savoir qu’ils triplent le prix si on est en pleine saison. Et les lieux de réception en stations de ski ne se trouvent pas aussi facilement que les lieux de réceptions dans les villes en été. Ce sont d’autres facteurs à prendre en compte. Donc quand on a de gros mariages de 250 personnes, il faut trouver des solutions. Ça complique l’organisation. 

[Benjamin] J’allais le dire. On est donc sur des mariages plus difficiles qu’en été, puisqu’on a une fenêtre de tir restreinte en termes de timing. En plus, j’imagine que tu as ta liste de station en fonction de l’altitude, car j’imagine que si tu veux de la neige, tu ne vas peut-être pas aller te marier à 1500 mètres d’altitude, encore plus maintenant avec la neige qui se fait rare. Il y a peut-être aussi un petit peu de pression qui vient s’ajouter quand tu vois qu’il n’y a pas de neige !

C’est un risque oui. 

[Benjamin] Je voulais aussi te demander par rapport aux lieux de réception sur les gros mariages. J’imagine que dans des stations de ski, ils ne sont peut-être pas tous équipés de gros lieux de réception pouvant accueillir autant de personnes. 

Non, c’est la complexité. La recherche est beaucoup plus complexe en hiver. En été, on trouve beaucoup de lieux disponibles. Mais en hiver, c’est différent. Déjà, ce sont des gens qui ne sont pas forcément sur place, parfois à l’étranger, ou alors des Parisiens qui veulent se marier en station. Ça veut donc dire qu’il faut un aéroport à proximité ou une grande gare. Même s’ils viennent en voiture, il faut que cela reste accessible. Il y a donc ce critère d’accessibilité, de transport, etc. Donc forcément, il faut partir sur de grosses stations qui ont beaucoup plus d’accessibilité aux transports, voire même un aéroport, ou à proximité de la Suisse ou l’Italie. 

[Benjamin] Donc, cela veut dire que tu vas aussi hors de France ?

Non, mais ça dépend d’où viennent les invités. J’ai déjà vu des Parisiens qui avaient pris l’avion et étaient arrivés à Genève, et ils se sont retrouvés à une heure de route de la station. Donc, c’est parfois plus logique de faire comme ça plutôt que de prendre ta voiture. Après, ça dépend s’ils restent 3 jours ou une semaine. En effet, plus ils vont rester et plus la voiture sera propice aux voyages. De façon générale, ils prennent la voiture pour venir. Mais les invités ne vont peut-être pas rester une semaine, à part ceux qui ont des enfants et qui veulent profiter. Mais dans tous les cas, c’est compliqué. 

[Benjamin] Surtout que si c’est en période hors vacances, les personnes ne resteront pas la semaine. Sinon, as-tu deux ou trois stations favorites dans lesquelles tu organises la majorité de tes mariages ?

Oui, j’ai deux stations sûres dans lesquelles je vais très souvent, il s’agit de Chamonix et Megève. L’accès est facile, Chamonix est plat, il n’y a pas de montée. Ainsi, c’est très confortable pour les invités. La ville est grande, il y a beaucoup de possibilités d’hébergement, et on trouve de grandes salles de réception. Donc, je vais souvent dans ces stations-là. De plus, c’est très mignon. 

[Benjamin] Quand tu as des demandes, comment fonctionnes-tu ? As-tu une sorte de questionnaire dans lequel tu demandes tous les détails qui vont te permettre de choisir la station adéquate ? Comment cela se passe pour cerner les besoins de tes clients ?

Ce qui m’intéresse principalement, c’est le nombre de personnes qu’ils projettent d’avoir. 60 personnes sera différent de 150 par exemple. C’est grâce à cette information que je vais pouvoir commencer à chercher des salles de réception. Et comme on fait des mariages en hiver, il faut penser qu’il faut la capacité de la salle pour la partie repas et soirée, donc la piste de danse et le repas assis. Mais il faut aussi de la capacité pour tout ce qui est cocktail et éventuellement la cérémonie laïque à l’extérieur, ce qui fait 2 ou 3 salles nécessaires sur le même lieu. J’ai besoin de savoir tous ces éléments-là. 

Après, s’ils ont un secteur préféré, ils me le disent. Par exemple, s’ils me disent qu’ils veulent absolument aller à Val-d’Isère, je vais me concentrer mes recherches là-dessus, et voir si je peux trouver tous leurs critères. Et sinon, s’ils me disent que le lieu leur est égal, je leur fais des propositions. La plupart des mariages se déroulent en Haute-Savoie. 

[Benjamin] C’est peut-être plus compliqué pour les Parisiens d’aller ailleurs qu’en Haute-Savoie.

J’ai beaucoup de Parisiens, donc ils choisissent la Haute-Savoie par rapport à la distance. Après, une fois que j’ai le nombre de personnes, je m’intéresse à la cérémonie laïque ou religieuse. Si c’est une cérémonie religieuse, la problématique est qu’on ne peut pas se marier où on veut, il faut être domicilié sur le lieu où l’on souhaite se marier religieusement. J’ai fait beaucoup de mariages étrangers à Chamonix ou Megève, mais ça peut être une problématique. Mais on se débrouille, on trouve des solutions. 

[Benjamin] Tu as des astuces ?

Je leur conseille de prendre contact avec la paroisse de chez eux. Ainsi, cela passe de paroisse en paroisse, et c’est mieux que si ça passait par moi, ce qui pourrait être mal vu. Donc j’évite de le faire, c’est eux qui prennent contact avec la paroisse de Paris par exemple pour ensuite contacter la paroisse de Chamonix. Ensuite, ils font la demande et disent qu’ils font la préparation du mariage religieux à Paris, et demandent s’ils peuvent faire le mariage religieux le jour J à Chamonix, par exemple. Si Chamonix accepte, le dossier est transféré là-bas, et le prêtre de Chamonix prend le relais. À l’époque, j’en ai fait beaucoup comme ça, mais depuis ça a changé.  

[Benjamin] Je ne savais pas que c’était possible de faire ça.

C’est faisable. Je fais aussi des mariages d’étrangers, des Canadiens, des Belges, c’est possible. Le principal est qu’ils aillent dans la paroisse à côté de chez eux et fassent la demande. 

[Benjamin] Pour les étrangers, la paroisse peut se mettre en relation avec la paroisse d’un pays étranger ?

Exactement. J’ai même eu le prêtre, il y a plusieurs possibilités de cérémonie religieuse. Par exemple, j’ai déjà un prêtre de famille, j’ai trouvé une église qui a accepté de nous prêter l’église. J’avais récupéré les clés et j’étais allée chercher le prêtre à la gare de Chamonix, puis je l’avais amené. Il y avait les deux prêtres le jour J, donc c’est possible. Il y a plein de possibilités, il peut y avoir des diacres, j’ai aussi loué une chapelle à Pralou, et le diacre proche de chez les mariés s’était déplacé et avait fait la cérémonie religieuse dans une chapelle. Donc, c’est possible, il faut juste être conscient de cette problématique. 

[Benjamin] Ça devrait être la devise des weddings planners : il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. 

C’est ça. 

[Benjamin] On a parlé de tout l’aspect organisationnel, du lieu, mais pas trop du temps. J’imagine qu’il y a aussi d’autres aspects différents, comme les vêtements notamment. Tu as évoqué le fait que les cérémonies pouvaient se passer dehors, donc avec le froid, comment cela se passe-t-il ?. On peut aussi parler du budget peut-être, est-ce plus conséquent ou non ? Tu avais aussi évoqué des personnes âgées, et puis tout ce dont on n’a pas parlé jusqu’à présent et qui font les spécificités du mariage en hiver.

On peut commencer par le temps, qui est un critère principal. Entre janvier et mars, la probabilité d’avoir de la neige est forte, mais la problématique est différente. C’est-à-dire que pour la mariée en été, elle projette de se marier à l’extérieur, donc en cas de pluie, c’est la catastrophe ! Alors qu’en hiver, même s’il neige, elle sera contente, en sachant aussi qu’il n’y a jamais de pluie, du fait des températures très froides. Là où ça peut poser problème, c’est en cas de tempête, ce qui est arrivé une fois. Ou alors, on faisait un mariage sur les pistes, lui devait descendre en ski et elle devait arriver en motoneige sur la piste de ski. On était en pleine forêt, et on est montés tous en télésiège. 

Là, je me suis posé la question de monter ou non, à cause de la tempête. J’avais demandé à la mariée, elle avait insisté jusqu’au dernier moment pour y aller. C’était un risque, mais ça s’est finalement bien passé, malgré le fait que les gens avaient très froid. Le vent était présent, la neige aussi. C’était magique, mais nous étions trempés. Heureusement qu’il y avait des chocolats chauds et du vin chaud pour réconforter les gens. Ça les a marqués, ils ne l’oublieront jamais. Donc je me suis dit que même si ce fut compliqué, ils avaient bien aimé. Ça aurait été de la pluie, ça aurait été une catastrophe. Là, je n’aurais pas pris le risque de le faire. Là, la neige, c’est toujours magique. Même si on a froid, ce n’est pas grave. 

[Benjamin] Et par rapport aux vêtements, comment sont-ils habillés ?

Sur les faire-part, on précise qu’en cas de cérémonie extérieure, et même pour une cérémonie religieuse, il y a un risque de neige, de froid, de glissade, etc. Quoiqu’il en soit, il faut mettre de bonnes boots et un gros manteau. Il faut s’équiper ! C’est pareil pour la mariée. Très souvent, elle a une robe en dentelle. Aussi, j’en ai déjà vu avec des épaules dénudées, mais avec de gros manteaux de fourrure, ou un châle. Ou alors, elles ont des robes à manches longues, ce qui leur fait un petit supplément de tissus sur les épaules. Mais elles ont forcément un manteau. 

Et le marié a son costume avec un gros manteau chaud par-dessus, en adéquation avec son costume. Et elle, elle a un gros manteau blanc et des boots. Elle ne peut pas arriver en talons aiguille. Donc pour la cérémonie, elle a deux tenues. Mais dans la neige, il vaut mieux de bonnes boots, et des chaussures à fourrure. Mais cela doit être confortable. Le marié a moins de contraintes, moins d’accessoires qui se diffèrent du marié, je trouve. Il est un peu plus habillé, il a le grand manteau, mais pas plus. Par contre, la mariée, oui, elle a forcément deux chaussures, a un manteau, et l’accessoire qui va bien. 

[Benjamin] Justement, y a-t-il des fabricants de robes de marié ou de costume qui se sont un peu mis sur le créneau des hautes températures, et qui proposent des vêtements plus techniques ? Ce n’est peut-être pas encore ancré dans les mœurs. Parce que c’est vrai que ça pourrait être une bonne idée de business. Au niveau des robes, il y a peut-être moyen de faire des sous-couches plus techniques, au même au niveau des chaussures, faire des semelles adaptées. Il y a surement quelque chose à faire de ce côté-là.

Complètement 

[Benjamin] Toi apparemment, tu as vu qu’il y avait quand même une tendance, avec environ 6 à 8 mariages par hiver, donc la demande doit être là. 

Oui, il y a de la demande, il y a une recherche de différence. Cependant, c’est vrai qu’il y en a aussi qui ont envie de cette idée, et quand on en discute lors du premier rendez-vous où on échange de leurs envies, que je leur dise les aspects négatifs du mariage en station, ils changent d’avis. Cela dépend du style. Ce sont très souvent des jeunes dont la famille est aussi jeune. Il faut que ce soit des gens fun qui n’aient pas peur. Ils doivent avoir des attentes décalées pour ne pas être déçues. Souvent, ce sont des gens fun qui ont envie d’apporter quelque chose de différent. 

[Benjamin] Tu dois avoir l’esprit ouvert et un peu contrariant pour aller tester ce genre d’expériences.

Oui, voilà. 

[Benjamin] Au niveau du budget, est-ce que tu dirais qu’on est dans les mêmes proportions qu’un mariage en été, ou est-ce un peu plus cher ?

Quand on me contacte, on me dit qu’on a peur du budget, alors que je ne vois pas vraiment la différence, puisque tout dépend de ce qu’ils vont faire. Mais les problématiques seront les mêmes. Par exemple, pour l’hébergement, on devra loger les personnes. De la même façon, si c’est du vendredi au dimanche, comme c’est le cas en hiver, ils arrivent le vendredi, font un repas raclette, et font la journée du mariage le samedi, avec la cérémonie laïque ou religieuse, le cocktail, le repas et la soirée dansante. 

Et le lendemain, il y a forcément un brunch. On ne fait pas faire 6 heures de route à des gens pour qu’ils ne restent qu’une journée. Il y a 3 jours minimum, avec tout ce qui va avec. On peut tout à fait laisser la possibilité aux gens d’aller dans un restaurant le vendredi et de laisser payer le repas. Ce n’est pas déconnant. Donc, le budget n’est pas un problème, je ne dis pas que se marier en hiver est plus cher. Ça dépend de ce qu’on prend en compte. 

[Benjamin] Ce que tu dis est que lors d’un mariage en hiver dans les stations de ski, il y a moins de probabilité que les invités habitent proche de l’endroit du mariage, donc il y a forcément du déplacement et de l’hôtel pour la majeure partie des gens. Et il y aura peut-être plus de prestations à prévoir puisqu’il y aura deux ou trois jours où l’on devra loger et nourrir les gens, à contrario d’un mariage proche où les gens ne viendraient que pour la journée. D’un point de vue du prix des prestations brutes, ce n’est pas différent ?

Non. Un photographe, c’est le même budget par exemple.

[Benjamin] Pour le traiteur, étant donné que je suppose qu’il y en a peu dans le coin des stations, y a-t-il un surcout au fait de les faire venir de loin ?  

Oui. C’est pour cela que j’ai fait très peu de traiteurs, ce sont principalement des chalets restaurants qui font le service imposé. Il y a un 5 étoiles à Chamonix qui fait ça, il loue le lieu pur, le prix est accessible pour ce que c’est. Et à côté de ça, la gestion du traiteur est libre. Donc dans ce cas, on fait appel à un traiteur qui connait bien les lieux. J’ai travaillé quelquefois avec lui, il marche de la même façon qu’un traiteur d’ici. Il va travailler avec des produits locaux, sur des plaquettes définies de mariage, et il va proposer à ses clients de la même façon que nous. Je préfère travailler avec des gens qui sont là-bas, parce qu’ils connaissent leurs produits, ils savent ce qu’ils proposent, c’est aussi ce que les gens recherchent.

[Benjamin] Pour les personnes âgées, tu l’as évoqué, que voulais-tu dire par là ?

Je voulais dire qu’un mariage en station pour des personnes âgées est compliqué. 

[Benjamin] C’est pour cela que tu parlais de famille jeune.

Et oui, ce sont souvent des mariés relativement jeunes, ou alors ils le font en deux temps. Comme il y a le mariage civil avant, une semaine ou quelques mois avant, ils le font avec les proches et les personnes les plus âgées qui ne pourront pas venir en station. En effet, en station, il est compliqué de se garer devant, ce qui veut dire qu’il faudra marcher, ce qui est compliqué pour des personnes âgées. Des fois, il faudra monter dans les téléphériques et marcher dans la neige, donc ça en deviendrait presque dangereux. Je leur dis qu’il vaut mieux privilégier le confort. Après, ce que j’ai déjà vu et qui est dommage, c’est que la personne la plus âgée va rester sur le lieu de la réception et n’ira pas à la cérémonie, et fera juste le repas et la soirée. La pauvre, elle s’est tapé 6 heures de route pour être assise, c’est dommage. 

[Benjamin] Comment trouves-tu tes clients ? J’ai vu que tu étais bien référencée sur les recherches.

Je sais que je suis bien référencée dans les mariages en station, car j’en ai fait beaucoup. Donc, tous les mariés en images ressortent beaucoup, je le vois même lorsque je fais des recherches de lieux, je vois mes photos. 

[Benjamin] Ah oui, quand tu cherches des photos de réception dans les stations, tu tombes sur tes photos.

Oui, cela arrive ! Je sais que je suis bien référencée aujourd’hui.

[Benjamin] Pourtant, j’ai vu que dans ton flux Instagram que tu ne postais plus. Est-ce lié au fait que tu postais davantage à tes débuts et que désormais, tu n’en ressens plus l’utilité ? 

Non. Je suis très mauvaise en communication. Je suis justement en train de voir pour confier cette mission, car c’est beaucoup de travail, et ce n’est pas mon métier. Il m’a fallu quelques années pour m’en rendre compte, et j’ai toujours essayé de donner des missions à droite à gauche, des gens le faisaient pour moi. Mais c’est vrai que moi-même, je crois que je n’ai jamais partagé quelque chose sur Agence Mariella. Je n’y arrive pas, ce n’est pas pour moi. Il y a beaucoup de mariages que j’ai faits et que je n’ai même pas partagés. En effet, j’essaye de me concentrer sur mon travail, mon développement, la communication n’est pas ma priorité. Des fois, je fais de la motoneige, j’adorerais le partager. Mais je ne suis pas dans cet esprit.

[Benjamin] Tu gères ton agence seule ?

J’ai quelqu’un qui m’accompagne sur les prestations, mais je sous-traite certaines parties de gestion de mes projets. Mais sinon, je suis seule. Donc, il faut être comptable, communicant, organisateur, développeur. On ne s’en sort pas, alors je fais des choix. 

[Benjamin] Mais comment fais-tu pour te faire connaître ?

Au début, j’ai fait tout le contraire. Vu que je n’avais que ça à faire, je faisais beaucoup de photos, je partageais, ce qui m’a aidée à bien me référencer, les gens ont aimer mon travail, etc. Je le faisais au début. Et puis aujourd’hui, je ne le fais pas, car je me repose sur mes acquis.

[Benjamin] C’est comme des graines que l’on sème, ça porte ses fruits. 

C’est ça. On donne beaucoup au départ, car cela permet de te lancer. C’est comme ça que j’ai lancé l’organisation dans le sud. Et c’est comme ça que j’ai lancé l’organisation dans les stations. Mais maintenant, ça se fait presque tout seul

[Benjamin] Donc, la plupart des gens qui te contactent ont trouvé tes contenus sur Internet. 

C’est ça, c’est exclusivement Internet. Maintenant, c’est différent, car j’ai un réseau autour de chez moi. J’ai des gens qui me recommandent, surtout pour les lieux de réception. Mais en station, c’est différent, ce sont des gens chez qui je travaille et qui n’ont pas besoin de moi, car ils font beaucoup de mariages en hiver aussi. Donc ils ne vont pas m’envoyer des gens, ça ne fonctionne pas de la même façon. 

[Benjamin] D’accord. J’aimerais qu’on prenne un peu de hauteur par rapport à ton business. Tu m’as dit que tu étais toute seule, mais j’ai vu que tu faisais aussi de la formation. J’aimerais bien qu’on aborde ce sujet, surtout en cette période un peu compliquée. J’ai même vu que tu faisais de la location de matériel. 

J’ai toujours eu du matériel. Ce sont des choses que je fais pour mes clients ou autres. Mais c’est mon mari qui gère les stocks, cela ne me concerne pas. Concernant les formations, j’ai travaillé pour l’école Jaelys en tant qu’intervenante pendant 2 années. Je me suis régalée ! Au début, j’avais peur de dire oui, car je me suis demandé comment j’allais faire pour transmettre des choses correctement, si ça allait être bien et si ça allait me plaire de transmettre des choses à des concurrents. 

J’ai fini par dire oui. J’ai adoré partager, adoré ces échanges que j’ai eus avec ces personnes de tout âge. Je me suis éclatée et ils m’ont donné cette chance-là. Ça m’a beaucoup plus, et tout le monde me l’a toujours dit, car j’ai arrêté de travailler. Mais c’était à Aix-en-Provence, cela me demandait beaucoup de temps que je n’avais pas, je n’avais plus de vie. En effet, quand je rentrais, je travaillais sur les mariages. Et tout le monde m’a dit de le faire, ils me disaient que je ne mettais pas mon travail en avant. À force de l’entendre, je me suis dit que j’allais le faire. En fait, quand j’ai lancé le truc, c’était au début du confinement, donc j’avais plus le temps. Du coup, j’ai lancé le truc et j’ai reçu plein d’appels. Ça a super bien pris et je suis très contente. Aujourd’hui, ça fonctionne, c’est complémentaire avec mon activité. 

[Benjamin] Tu as trouvé des moyens de lier les deux et ne pas perdre trop de temps là-dessus. Comment t’organises-tu ?

J’ai beaucoup de projets en cours, et j’ai envie d’aller au bout de tous. C’est vrai que je m’implique beaucoup en ce moment, et je sais qu’un jour, cela va porter ces fruits. Donc je travaille, je suis très fatiguée. En général, le mois de décembre est plus léger, là ce n’était pas le cas ! Je sens que c’est parce que je suis en phase de développement de projet. C’est à la fois excitant et stressant. Il y avait eu aussi tout ce décalage de mariage, donc il fallait que je trouve des solutions. Du coup, je suis contente de ne pas attendre que la situation s’améliore. J’essaye d’aller de l’avant, et la formation en fait partie. 

[Benjamin] Désormais, quelle est ta journée type, maintenant que tu as introduit ces formations ?

Elles ne sont pas tristes. J’ai plusieurs projets en même temps, et je tiens à tous les travailler chaque jour et ne pas choisir des priorités, parce que sinon je m’aperçois que je vais prioriser quelque chose, par exemple mes clients. Et si je fais ça, je mets mes projets de côté. Donc, je ne laisse pas mes clients de côté, mais je ne laisse pas mes projets non plus. Donc chaque jour, je répartis ma journée. Par exemple, pendant 4 heures, je vais traiter les mails, les différents dossiers de mes clients, ce genre de choses. Et pendant 4 heures, je vais me consacrer à la formation et au développement, le point avec les formateurs, ce genre de choses. Et après, je vais me laisser un temps pour tous les autres projets en cours que je peux avoir en cours. J’essaye de faire comme ça.

[Benjamin] Est-ce qu’il y a des outils qui t’aident à t’organiser, que tu utilises au quotidien ? 

Alors, le premier que j’utilise, c’est le site de wedding plan. C’est une interface pour wedding planner où on peut interagir avec nos clients.

[Benjamin] Le logiciel ?

Oui, j’utilise ce logiciel. Il est bien pensé, j’aime beaucoup. Dès que j’ai une idée à apporter, il répond tout de suite et fait la modification. Moi, j’ai du mal à l’utiliser à 100 %, car j’ai des techniques que j’utilise moi de mon côté, et c’est compliqué d’utiliser les deux.

[Benjamin] C’est-à-dire que tu as des process que tu as créés ?

Oui c’est ça.

[Benjamin] Comment cela se matérialise ? 

Sur plusieurs supports. 

[Benjamin] C’est intéressant, j’aime que l’on partage ce genre de choses, car c’est très opérationnel et cela peut donner des idées.

Donc j’ai plusieurs supports, je ne sais pas par lequel commencer. 

[Benjamin] Celui dont tu te sers le plus souvent. 

Je vais d’abord parler de wedding plan. Sur ce site, il y a beaucoup de choses que j’aime, comme la gestion d’un budget, c’est très bien pensé. Il y a le budget estimatif qu’on va attribuer dès le départ à des clients. Ce budget estimatif, on le répartit poste par poste, ils font une estimation qu’on va ensuite modifier lorsque les dépenses réelles seront connues. Par exemple, si nous avons estimé le lieu de réception à 6000 euros, et qu’il ne coute que 5000, il y aura une différence entre le budget estimatif et le budget réel. Après, on va pouvoir écrire l’acompte numéro 1, sa date, son encaissement, puis l’acompte numéro deux, mettre un rappel, etc. C’est pareil pour tous les postes, et ça c’est génial sur le site. Personnellement, avant, je faisais tout sur Excel, c’est moi qui mettais les rappels sur mon agenda, c’était un cauchemar, car quand nous avons plusieurs mariages en même temps à gérer, c’est infaisable. Donc, c’est un outil magique. 

Ensuite, il y a des choses que je fais en plus. Par exemple, les fiches lieux proposées sur wedding plan sont très bien, mais j’aime bien faire des comparatifs de budget, en faire quelque chose de visuel, pour que cela parle aux clients. C’est un calcul automatique qui se fait sur Excel que je donne ensuite aux clients afin d’avoir de la visibilité sur tout ça. Comme ça, s’ils choisissent un tel, ils savent combien ça va leur couter. 

[Benjamin] Donc toi, tu envoies le fichier Excel que tu as créé à tes mariés et dans lequel tu mets des estimations. 

C’est ça. En plus, il y aura le lieu.

[Benjamin] Donc tu as les prix, etc.

Oui, je trouve que visuellement, c’est plus confortable. 

[Benjamin] C’est prouvé que l’aspect visuel compte beaucoup. C’est une très bonne idée.

C’est quelque chose d’assez utile. J’ai plusieurs choses que je faisais déjà avant, mais sous une autre forme. Par exemple, je faisais les fiches lieux sur Open Office, dans une sorte de PowerPoint où je mettais de jolis textes, de jolies photos, ce genre de choses. Désormais, je le fais sur weddingplan. 

[Benjamin] Donc, tous ces fichiers que tu as créés sont des fichiers que tu mets à disposition dans ta formation. 

Tout à fait. 

[Benjamin] Voici une question que l’on pose à la fin de chaque épisode, c’est quel serait pour toi l’outil indispensable pour gérer ton activité au quotidien ? Mais j’imagine qu’on a déjà répondu à cette question, donc on va passer à une autre. Si tu devais revenir en 2010 lorsque tu t’es lancée, et que tu devais te souffler un conseil à l’oreille, quel serait-il ?

À la sortie de la formation, j’ai gardé mon job. Je me suis mise à temps partiel pour justement faire ma formation et développer mon activité. J’ai été accompagnée pendant un an, un an et demi. Je me suis donné du temps, je ne voulais pas me presser, car j’étais jeune. Mais c’est vrai que ce que je ferais aujourd’hui, c’est que je travaillerais pour des agences. Même en tant que stagiaire, ça me permettrait d’apprendre sur le terrain et voir comment ça se passe. Aussi, je me formerais sur d’autres spécialisations, comme la décoration ou l’entrepreneuriat. Je pense que j’aurais dû faire ça au début. 

Aujourd’hui, je pourrais continuer à le faire, mais j’aimerais bien démarcher des personnes comme Jean-Luc Blais. Malheureusement, c’est impossible. J’aurais adoré voir comment il fait. Maintenant, je suis maman, alors je n’ai plus le temps. Et puis, j’ai beaucoup de travail, et même si je venais à demander, il n’acceptera jamais. Mais j’aurais aimé démarchés des agences près de chez moi afin de voir comment ils fonctionnent. J’aurais également voulu voir ce que font les weddings planners étrangers. Ce n’est pas un regret, mais il faut parfois se donner les moyens de vivre des expériences. 

[Benjamin] Il faut y aller au culot, parce qu’il n’y a pas de raison qu’on nous dise non. Après, il est vrai que tu as un peu le même discours que les précédentes invitées. Au-delà de la formation, on reste très théorique, et cette théorie, il faut savoir l’appliquer, il faut se forger une expérience sur le terrain. Dans tous les cas, même si tu avais voulu te donner ce conseil-là, je pense que tu n’aurais pas pu le faire, car nous n’étions pas encore sur un marché aussi avancé que maintenant, il n’y avait pas autant d’agences. 

Et c’est vrai que la spécialisation était peut-être moins utile à l’époque. Désormais, si tu veux te différencier, il faut aussi être spécialisé, le mariage, même si on peut se dire que chaque mariage est à peu près similaire. C’est comme dans tous les métiers, tout secteur qui devient plus mature engendre de nouveaux aspects qui se créent. Ici, c’est la décoration par exemple. À terme, tu pourrais peut-être ne faire que des mariages en station, quitte à en faire plusieurs dans le même week-end si tu te structures pour en faire. C’est sûr que ce sont de très bons conseils. Aussi, je pense que lorsque tu te proposes de venir bosser gratuitement pour un wedding planner, tu ne refuses pas. 

Effectivement.

[Benjamin] Il y a toujours du boulot. Il faut savoir ce qu’on veut. 

Si tu veux apprendre, la meilleure expérience reste le terrain. La théorie est bien, mais ce n’est pas parce qu’on a organisé son mariage que l’on peut vraiment organiser sans techniques le mariage de quelqu’un d’autre, un minimum de bases est nécessaire ! Il faut pouvoir récolter les informations et avoir la bonne méthode, etc. Donc, c’est bien de connaitre les techniques, mais si on ne voit pas ce qu’il se passe sur une journée, c’est impossible. J’ai des personnes qui étaient avec moi à une formation, qui sont venues, et qui se sont dit que c’était facile. Tant mieux ! Et j’en ai d’autres qui deviennent réticents à la vue du terrain, et leurs choix sont compromis. 

[Benjamin] Il n’y a rien de tel que la pratique, c’est certain. Trouves-tu le temps de te former ? Comment progresses-tu au quotidien ? As-tu des personnalités qui t’inspirent ? Ou puises-tu ton inspiration ?

C’est vrai que j’aimerais beaucoup me former. J’ai fait beaucoup de formations du développement d’entreprise, parce que très souvent, je ne savais pas comment faire. Chaque année, on a des droits à la formation, même en étant à son compte, donc c’est bénéfique. C’est important, et si on n’utilise pas ses possibilités, elles seront perdues, car ce n’est pas cumulable. 

[Benjamin] Ce n’est pas le parcours du combattant pour trouver de quel organisme tu dépends ? Je parle en connaissance de cause, parce que je suis moi-même dans des démarches pour me faire financer une formation, et c’est vrai que le chemin est difficile. Il y a un site, je crois que c’est mon compte de formation.

Ça, c’est le CPF, mais je ne suis pas sûre que tout le monde soit éligible au CPF. Moi, je ne le suis pas, je suis à la FIF PL, ça n’a rien à voir.

[Benjamin] Je suis là-bas aussi. Mais j’ai pu voir mes droits à la formation sur ce site, mais je ne sais pas exactement comment ça fonctionne. En tout cas, moi je suis un URL, et j’ai pu voir mes droits, c’est assez pratique. Et derrière, il faut arriver à trouver le bon organisme, ce qui est compliqué. 

Ce n’est pas évident. Après, quand on est au début, il faut profiter des organismes qui nous accompagnent. Moi, c’est la BGE qui m’a dit que j’étais reliée au FIF PL, et que j’avais le droit à la formation. J’avais mes codes et je pouvais aller voir. Après, je sais sur quel site c’est, mais je suis d’accord que s’ils ne m’avaient pas parlé de ça, je n’aurais pas su que j’avais les droits à la formation. Et puis, je ne savais pas à qui je pouvais me renseigner, parce que même si la formation est éligible, c’est compliqué. Donc c’est vrai que nous ne sommes pas très bien renseignés.

[Benjamin] En ce qui me concerne, je crois que j’avais 900 euros, ce qui n’est pas négligeable. Et puis, c’est surtout que quand tu cotises pour cela, autant en profiter. Super, je pense qu’on va finir là-dessus. Je ne sais pas si tu as une dernière chose à ajouter pour nos auditeurs ?

Je suis très contente d’avoir partagé tout ça, cela fait toujours plaisir. C’est particulier comme métier, donc le fait de pouvoir échanger avec toi sur des sujets comme ça que l’on vit au quotidien, c’est agréable.

[Benjamin] J’ai appris beaucoup de choses.

Tant mieux.

[Benjamin] C’est vrai que les mariages en hiver et en station, j’en avais entendu parler, mais je n’étais pas au clair sur les détails. J’imagine que ça va surement susciter la vocation de pas mal de personnes. Merci pour tout ce que tu as partagé.

Avec plaisir.

[Benjamin] J’ai passé un très bon moment.

Pareil ! 

[Benjamin] On te souhaite tout le meilleur pour la suite, à une prochaine !

Merci beaucoup. Ce fut un plaisir.

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