Rencontre avec le Syndicat des Wedding Planners de France

Podcast
55 . 2022

De Syra Sylla 5/5/ 2022

A chaque corps de métier son syndicat. Et depuis mai 2020, le secteur des wedding planners ne déroge plus à la règle. Justine Huette fait partie des 5 Fantastiques qui sont à la tête du Syndicat des Wedding Planners de France, plus communément appelé le SWPF.

“Le but ce n’est pas juste d’adhérer pour participer à des webinaires. Quand on adhère à un syndicat, c’est aussi pour défendre ses droits, ses intérêts. À la différence d’une association, on n’est pas dans la même optique, on est juste là pour fédérer, pour faire un réseau, pour échanger. Bien évidemment, il y a ce côté réseautage, ce côté soutien, ce côté entraide. Mais malgré tout, adhérer à un syndicat, c’est aussi se battre pour des valeurs, c’est se battre pour mener à bien des actions, et puis se faire reconnaitre aussi en tant que vrai métier à part entière.”

Au micro de Carnet de Noces, Justine nous raconte la création du syndicat qui a été motivé par la pandémie de COVID mais pas que. Elle nous en explique le fonctionnement et les conditions d’adhésion. Et elle nous en dit plus sur les ajustements qu’elle a dû faire professionnellement, étant également wedding planner, pour être totalement impliquée dans sa mission d’offrir la reconnaissance due à son métier.

Le Syndicat des Wedding Planners de France :

Site web : https://www.swpf.fr/
Instagram : https://www.instagram.com/syndicat_wp_france/
Facebook : https://www.facebook.com/syndicatwpfrance/

L’épisode 30 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 30 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Salut Justine.

Bonjour Benjamin.

Je suis content de t’avoir aujourd’hui. Après avoir reçu Virginie Mention, je ne sais plus si elle est présidente, aujourd’hui on va parler avec toi du syndicat des wedding planners français, ou wedding planners de France.

Le syndicat des wedding planners de France, exactement. 

OK, super. Avant que tu nous expliques un petit peu tout ça, j’aimerais que tu te présentes.

Bonjour à tous. Je suis Justine Huette, wedding planner en Île-de-France depuis 2016. Je suis ici aujourd’hui pour parler du syndicat étant donné que je suis secrétaire général du syndicat des wedding planners de France qu’on a fondé en mars 2020.

Au-delà d’être au secrétariat du syndicat, j’imagine que tu as ta propre activité depuis 2016. Comment est-ce que tu articules tout ça ? D’ailleurs, depuis quand es-tu au syndicat ?

Je fais partie des cofondatrices du syndicat, on était six à l’époque, on est cinq aujourd’hui. On est toutes bénévoles dans le cadre du syndicat. On travaille sur le syndicat sur le temps libre, sur du temps qu’on prend aussi sur nos activités. J’essaye de goupiller un petit peu mon activité et de me dégager du temps pour le syndicat. Ce n’est pas facile parce que ça demande beaucoup de temps, beaucoup d’investissement, beaucoup de travail. En tout cas, on est toutes bénévoles. Ce n’est pas notre vrai métier, mais ça nous prend beaucoup de temps.

Combien de temps est-ce que ça te prend en termes de proportion entre le temps que tu dégages pour ton activité et le temps que tu prends pour le syndicat ?

On s’était dit au bureau de prévoir à peu près une demi-journée par semaine dans notre emploi du temps pour le syndicat.

D’accord. En quelle année a été créé le syndicat ?

En mars 2020, juste en pleine pandémie, en pleine crise où on s’est senties vraiment délaissées, démunies puisqu’aucun syndicat pour les wedding planners de France n’existait à l’époque et on n’avait aucun moyen de lutter pour notre métier. On était vraiment en période très compliquée, on n’avait plus de mariage, tout était mis en stand-by avec la pandémie. Et le manque d’information, le manque de structure aussi du métier et d’instance pour nous défendre a fait qu’on était vraiment démunies face à cette situation. Et toujours au pied du mur, on s’est dit à plusieurs que c’était le bon moment, on met en place un syndicat, on fonde un syndicat exprès pour nous. Après tout, il n’y a pas de raison qu’on n’en ait pas, c’est un vrai métier, tous les autres corps de métier en ont. Donc en mars 2020, on s’est décidé de créer ce syndicat.

Comment vous êtes-vous rencontrées toutes les six ? Qu’est-ce qui a un peu lancé le mouvement ? Certes, il y a le covid et je pense que le besoin était à son paroxysme à ce moment-là, mais comment est-ce que vous vous connaissiez toutes les six avant ?

On ne se connaissait pas.

D’accord.

On ne se connaissait pas. Nathalène et Muriel ont décidé de relancer le Label Mariage à l’époque, Label Mariage qui avait pour but, justement, de fédérer différents professionnels du mariage et de fédérer tout le monde autour de cette crise et d’avoir des informations de se battre pour pouvoir aider et faire sortir le monde du mariage à côté des traiteurs qui, eux, avaient leur syndicat, qui pouvaient se battre. Et nous, on était vraiment laissées un petit peu à l’abandon. Donc on s’est dit qu’on va remettre en place le Label Mariage, Muriel avait fait un appel pour les prestataires qui voulaient rejoindre ce mouvement. Je me suis portée volontaire tout de suite, il y a eu d’autres personnes aussi. Donc on a commencé à faire des démarches pour se battre pour l’information dans le monde du mariage, faire entendre nos droits, expliquer un petit peu les problèmes qu’on ressentait à l’époque, on a mis en place des pétitions, des choses comme ça. Ensuite, en fin de compte, on s’est dit que le problème ne venait pas forcément d’un mouvement de solidarité pour le covid, c’était surtout un manque de reconnaissance du métier de wedding planner. Et c’est là que Muriel et Nathalène ont décidé de créer un syndicat. Je les ai rejointes, bien évidemment, parce que c’était important pour moi de me battre pour ce métier qui n’était pas assez reconnu, assez structuré et il fallait absolument qu’on se fasse connaitre auprès des grandes instances. Et pour ça, rien de tel qu’un syndicat puisque c’est le propre des syndicats de défendre les intérêts communs des professionnels dans le même milieu.

D’accord. Tu as plus ou moins répondu à ma prochaine question qui était justement de savoir ce qu’est syndicat et quelle est la différence entre un syndicat et une association, par exemple.

On n’a pas du tout les mêmes objectifs. Nous, on va vraiment se battre pour structurer, faire reconnaitre le métier, défendre nos droits, nos intérêts. Et tout ça, c’est vraiment notre combat à nous, c’est vraiment se faire entendre, c’est aussi sensibiliser les différents publics, les différentes instances, les différents organismes de ce qu’est le métier de wedding planner. Aujourd’hui, on entend un peu tout et n’importe quoi. On a travaillé sur une fiche métier, par exemple. Le rôle d’une wedding planner n’est pas clair dans la tête de tout le monde, même au niveau des prestataires partenaires avec qui je travaille, par exemple, une wedding planner n’est pas là pour faire de la décoration, pour installer les chaises, pour mettre la table. Donc ça, ce sont des choses importantes pour nous de sensibiliser les différents publics, les wedding planners aussi, bien évidemment, sur quel est le rôle, quelles sont les missions d’une wedding planner et informer les wedding planners de l’évolution du métier, leur donner des informations, des ressources pour qu’elles puissent être au courant de ce qui se passe au sein du métier, et puis, même par rapport à leur casquette de chef d’entreprise, ce sont des choses qui sont importantes aussi pour nous au syndicat. 

Quand tu parles d’instances, d’interlocuteurs, quels sont vos interlocuteurs ? À qui vous adressez-vous principalement ? 

Là, on est en train de réfléchir pour, par exemple, se battre pour le code APE, ce fameux code APE. Ça, c’est vraiment un combat qui est très, très difficile à mener puisqu’on est tout le temps renvoyées vers des personnes qui ne connaissent pas le métier, qui n’ont pas le pouvoir de modifier tout ça. Donc c’est vraiment se faire reconnaitre auprès des assureurs, auprès du Pôle Emploi, auprès des organismes de formation. C’est vraiment toute cette partie-là où on doit se faire entendre et expliquer un petit peu nos objectifs pour le métier.

Qu’est-ce que tous ces interlocuteurs-là vous disent ou qu’est-ce qu’ils vous ont dit dans les débuts quand vous vous êtes présentées pour la première fois ? Est-ce que ça va mettre en avant tous les préjugés qu’avaient peut-être le gouvernement, les instances, les assureurs ?

Ce n’est pas simple. Ils se renvoyaient la balle « appelez un tel, envoyez un mail, renvoyez un mail à telle personne, essayez de rappeler madame untel ». C’est très, très compliqué et c’est quelque chose qu’il va falloir qu’on développe dans le cadre du syndicat et de mettre en place peut-être un groupement de wedding planners qui pourrait justement s’occuper de cette partie-là, puisqu’il faut avoir des contacts, il faut avoir des relations. Ce n’est vraiment pas simple.

Oui. Ce que tu dis, c’est que même le fait d’être organisé en tant que syndicat, ça n’ouvre pas toutes les portes et c’est toujours mieux d’avoir des contacts.

Il faut qu’on soit nombreux aussi dans le cadre du syndicat. C’est un syndicat qu’on a créé il y a très peu de temps, on a aussi besoin d’avoir plus de monde, on a besoin d’être forts par la quantité de wedding planners qui nous font confiance à rejoindre le syndicat et qui ont les mêmes valeurs, les mêmes objectifs que nous et qui veulent se battre aussi pour faire reconnaitre notre métier à sa juste valeur.

Est-ce que tu veux dire que le nombre d’adhérents va jouer sur les gens à qui vous allez vous adresser ?

Plus on est nombreuses, plus on a de poids, plus on a possibilité d’ouvrir des portes par la suite. Donc si on arrive et qu’on dit qu’on est une vingtaine ou une trentaine, ce n’est pas la même chose que si on arrive et qu’on dit qu’on est 150, 300, 400. Ce n’est pas la même chose.

Combien êtes-vous à l’heure actuelle dans le syndicat ?

Je n’ai pas les chiffres exactement en tête, mais je crois qu’on n’est pas loin d’une quarantaine, quelque chose comme ça.

D’accord. Et vous, l’objectif à terme, c’est d’être à 200, 300. D’ailleurs, je ne sais pas combien il y a de wedding planners actifs en France.

Nous, l’objectif c’est d’avoir toutes les wedding planners de France, bien évidemment, dans le syndicat. On n’est pas sectaire, on est vraiment ouvert à accueillir tout le monde. À partir du moment où ce sont des wedding planners professionnels déclarés, il n’y a pas de souci. Plus on est de fous, plus on rit, comme on dit. Mais en même temps, plus on sera nombreux, plus on aura de poids face à ces grandes instances et ces administrations françaises.

D’ailleurs, à combien estimez-vous le nombre de wedding planners ? C’est une question que j’ai assez souvent en tête. Combien de wedding planners actifs en France ?

Maintenant, on n’en a aucune idée puisqu’il y a des agences qui ouvrent et qui ferment tous les jours. Donc ça, ce n’est pas quelque chose auquel on s’est penché dessus, ce n’est pas notre priorité. Là, on a ouvert des délégations régionales qui vont nous permettre de travailler sur ça, de répertorier aussi les wedding planners dans différentes régions qu’on ouvre. Mais qu’on sache qu’il y ait 500 ou 2 000 wedding planners en France, ce n’est pas ce qui va nous faire avancer. Il faut qu’on arrive à sensibiliser ces wedding planners et qu’elles fassent partie du syndicat pour pouvoir avancer avec elles.

C’est vrai qu’il faut avoir cette double casquette aussi de se dire qu’il faut communiquer, bien sûr, auprès des instances, c’est votre mission première, mais il faut aussi vous faire connaitre auprès des wedding planners. Moi, c’est Charlotte Lacourbe qui m’a parlé de vous il n’y a pas très longtemps. Avant, je n’avais jamais entendu parler de vous, même si je ne suis pas hyper impliqué comme d’autres wedding planners dans l’univers du mariage. Je pense qu’il y a aussi un travail à faire là-dessus et c’est en ça peut-être que c’est compliqué parce que, comme tu l’as dit, plus vous serez nombreuses et nombreux, plus vous aurez de poids, mais il y a aussi un gros travail à faire peut-être de communication pour vous faire connaitre auprès de tous les wedding planners.

Exactement. Et ça, on a le compte Instagram qu’on essaye d’animer assez régulièrement. Puis, comme je disais tout à l’heure, on n’est que cinq au bureau. Là, on a mis en place des webinaires pour les adhérents, ça prend du temps. C’est vrai qu’aujourd’hui, on prend énormément de temps pour proposer des webinaires, des contenus, des informations pertinentes à nos adhérents. Ça prend du temps, on n’est que cinq, on a toutes nos jobs à côté, on a tous des vies de famille aussi, on est toutes mamans, on a pas mal de choses à faire, on a des rythmes de vie assez intenses. On est bénévoles, on fait vraiment notre maximum pour essayer de communiquer. Mais là, le fait d’ouvrir les délégations régionales, c’est vraiment pour cet objectif-là, vraiment faire reconnaitre le syndicat et que les délégués régionaux puissent recruter de nouvelles wedding planners dans leur région. 

Ce podcast fait aussi partie des moyens de communication que vous avez, j’espère que ça va mobiliser un maximum de wedding planners.

On l’espère, en tout cas.

Tu me parlais des délégations régionales, est-ce que ce sont des membres qui essayent de développer sur leur territoire ?

C’est ça. Ce sont des adhérents qui ont envie de participer, de s’impliquer dans le cadre du syndicat et de me faire connaitre, de nous faire des propositions aussi en termes d’actions, en termes d’évènement. Ils nous apportaient aussi leur aide pour peut-être la mise en place par la suite d’évènements sur leur région pour développer le syndicat, mettre en place des partenariats, des choses comme ça, aller démarcher les assureurs, aller démarcher tous ces organismes qui peuvent permettre par la suite de faire avancer les choses au syndicat. 

Donc en fait, quand on adhère, on a aussi le pouvoir de participer à la « vie » du syndicat.

Oui, on leur a laissé la possibilité. Bien évidemment, le but ce n’est pas juste d’adhérer pour participer à des webinaires. Quand on adhère à un syndicat, c’est aussi pour défendre ses droits, ses intérêts. À la différence d’une association, on n’est pas dans la même optique, on est juste là pour fédérer, pour faire un réseau, pour échanger. Bien évidemment, il y a ce côté réseautage, ce côté soutien, ce côté entraide. Mais malgré tout, adhérer à un syndicat, c’est aussi se battre pour des valeurs, c’est se battre pour mener à bien des actions, et puis se faire reconnaitre aussi en tant que vrai métier à part entière. 

Comment est-ce qu’on adhère au syndicat des wedding planners en France ?

C’est très simple. Sur le site swpf.fr, vous avez un espace tout en haut dans le menu  « devenir adhérent », il suffit de cliquer dessus, vous allez avoir un formulaire à remplir, on va demander vos coordonnées, on va demander des documents à nous fournir, par exemple l’assurance responsabilité civile qui, pour nous, est quand même importante. Même si elle n’est pas obligatoire, c’est toujours bien d’avoir cette assurance quand on est wedding planner. Donc nous, on la demande. On demande aussi, en l’occurrence, si les wedding planners ont déjà suivi une formation et de nous transmettre un certificat de formation, une attestation qui prouve qu’elles ont subi une formation de wedding planner. Et puis, un justificatif comme quoi elles sont bien enregistrées, donc un K-Bis ou une attestation SIREN, des documents assez simples à avoir en soi. Donc une fois qu’il a rempli le formulaire, qu’il nous a envoyé les documents, nous on regarde tout ça. Et si tout est bon de notre côté, le bureau valide l’adhésion, on envoie un lien pour régler sa cotisation annuelle. On peut la régler en une, deux, trois ou quatre fois, le montant va être 120 euros par année. On n’est pas sur des années civiles, donc si quelqu’un veut s’inscrire, là on est avril, il sera inscrit jusqu’en avril 2023. Voilà, très simple. 

D’accord. Il faut être un minimum « sérieux » et avoir un minimum de papiers à fournir quand on est wedding planner. Ce qui est complètement logique. Donc tu parlais du code APE qui était votre prochain combat ou le combat que vous menez actuellement. Ce que vous avez fait, dans un premier temps, c’est la fiche métier, ce dont tu me parlais tout à l’heure. Est-ce qu’il y a d’autres choses qui te viennent en tête sur les différents dossiers que vous avez traités et ceux qui sont en cours ?

Oui. Par exemple, on a entamé les démarches pour ajuster et modifier la fiche ROME du métier, on a réussi l’année dernière, si je ne dis pas de bêtise, à ajouter des spécificités, des compétences particulières au métier de wedding planner, notamment toute la partie mariage à l’étranger. On a réussi à ajouter des compétences et ça, c’est quelque chose qui n’existait pas auparavant. Je n’ai plus toutes les informations en tête là mais, en tout cas, sur la fiche ROME, elle est beaucoup plus complète, beaucoup plus précise et on est assez fières d’avoir réussi à faire ces modifications-là. 

Pour préciser, à quel endroit est accessible la fiche ROME ?

Il faudra que je revérifie, je te dis ça. 

Est-ce une fiche plutôt destinée à Pôle Emploi ?

Oui.

D’accord. Tu me disais aussi que, par contre, vous vous adressez uniquement aux wedding planners puisqu’on voit de plus en plus le métier qui se structure où on a maintenant des wedding designers, on a des officiants de cérémonie laïque. Avant, à un moment donné, tout était plus ou moins groupé au sein d’un même métier qui était le métier d’organisateur de mariage. Donc on est d’accord, toutes vos actions sont uniquement pour le métier de wedding planner.

Oui. On est le syndicat des wedding planners de France, on n’est pas le syndicat des officiants de cérémonie laïque ou des décoratrices, donc vraiment axé sur le métier de wedding planner, bien évidemment. 

Et est-ce que vous avez fait des distinctions qui visent à distinguer ce métier des autres dans lesquels on a souvent tendance à les mélanger ?

À partir du moment où tu es wedding planner, tu peux intégrer le syndicat. On ne te mettra pas de côté si tu es aussi officiant de cérémonie ou si tu es aussi wedding designer en même temps. Par contre, on n’abordera que la spécificité du métier de wedding planner. 

D’accord, OK. J’ai vu que vous recherchiez une stagiaire là.

Oui, il y a longtemps. Étant donné qu’on était un petit peu tous sous l’eau en tant que bénévoles au syndicat, on recherchait une stagiaire community manager. Au final, on n’a pas trouvé notre perle, mais ça a été compliqué pour nous de communiquer aussi souvent tout en étant disponible pour nos propres clients. Et on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de choses à faire dans le syndicat et qu’à cinq, si on ne voulait pas délaisser nos entreprises, on était obligées de faire appel à des professionnels ou des stagiaires pour pouvoir se développer et continuer à être réactives et présentes sur les réseaux sociaux aussi.

Est-ce que c’est ce que vous faites là ? Avez-vous fait appel à des prestataires externes ? C’est vrai que quand on se lance en plein covid où tout est en arrêt, c’est plus « facile » de se trouver du temps. Maintenant que tout est plus ou moins bien reparti, surtout tous les mariages qui devaient se faire pendant le covid et qui ont dû être décalés, si vous êtes toutes les cinq wedding planners, j’imagine que ce n’est pas facile en ce moment de trouver du temps comme vous pouviez en trouver pendant le confinement.

Effectivement, ce n’est pas simple. On essaye quand même d’être vraiment toutes les cinq présentes pour les adhérents. Quand il y a des wedding planners qui nous contactent sur Instagram, par exemple, pour avoir des informations, je sais que Nathalène est super réactive et répond tout de suite aux wedding planners intéressées ou qui se questionnent. On prend le temps. On a aussi mis en place des partenariats, effectivement, avec d’autres professionnels. Notamment pour les webinaires, par exemple, on a mis en place un partenariat avec un avocat où on a mis en place six webinaires. Ça prend du temps, mais une fois qu’on est rodées, on va de plus en plus vite, on gagne du temps, on a les process qui sont faits et qui sont établis, n’importe qui peut organiser le webinaire au sein du bureau. Donc ça, ce n’est pas gênant. Mais effectivement, ça prend du temps. Quand on veut faire les choses bien, on doit prendre du temps de toute manière.

Est-ce que ce sont des webinaires qui sont accessibles uniquement aux membres ?

Exactement, ce sont des webinaires vraiment pour les adhérents. Il suffit juste d’être inscrit, et puis ils peuvent participer à tous les webinaires. On en a fait un avec un assureur, on en a fait un avec un médiateur, on en a fait un qui concernait la formation, d’autres pour prendre des spécificités juridiques avec notre avocat. Et il y en aura certainement d’autres aussi.

Et avec les délégations, est-ce qu’il y a d’autres moyens pour les wedding planners qui sont membres de se retrouver ou d’échanger entre elles ?

Oui. Nous, on leur met à disposition un groupe WhatsApp qui est fait, un groupe Facebook où elles peuvent échanger, ils peuvent échanger. J’ai du mal, on a deux hommes au syndicat, donc j’essaye de me reprendre, c’est « ils ». Ils peuvent échanger tous sur leur problématique, échanger sur des recherches de prestataires s’ils ont besoin. En cas d’indisponibilité, s’ils ont besoin de faire appel en marque blanche à un autre wedding planner du syndicat, on est un réseau d’entraide, de solidarité aussi, donc on leur laisse, bien évidemment, la possibilité de réseauter entre eux, de discuter. Et ça, c’est chouette. Et avec le covid, on n’a pas pu faire d’évènement en présentiel, c’était compliqué, mais peut-être qu’à l’avenir on pourra le mettre en place. 

Toi, d’un point de vue plus macro, global, est-ce que tu as vu le métier changer et le regard même des autres prestataires changer sur le métier entre le moment où tu t’es lancée, tu m’as dit en 2016, et là en 2022 ? Est-ce que tu sens que les lignes bougent ? Tu m’as dit que c’était compliqué, mais est-ce qu’au global tu sens qu’il y a une espèce de dynamique qui se met en place avec des changements de mentalité peut-être ou autres ?

Par rapport au métier de wedding planner, on essaye de faire comprendre que le métier de wedding planner, comme je disais tout à l’heure, n’est pas faire la décoration, faire tout ça, c’est un métier qui est assez spécifique. On en parle, on a fait des lives pour présenter justement nos délégués régionaux et on a eu des photographes, des traiteurs qui ont participé aux lives et qui nous ont posé des questions. Et c’est vrai que c’est grâce à cette visibilité et grâce aux informations qu’on communique aussi qu’on arrive petit à petit à faire entendre que le métier de wedding planner, ce n’est pas le métier de décoratrice, ce n’est pas le métier d’officiante, on a des rôles et des missions bien spécifiques. Et c’est de l’information, c’est beaucoup de communication, beaucoup de travail de fond à faire par rapport à ça. Mais petit à petit, je pense que ça sera plus clair dans la tête de tous les professionnels du mariage et du grand public. 

Et le fait de faire partie comme ça du bureau de ce syndicat, est-ce que ça t’a aidée dans ta propre activité ?

Non, pas forcément. Ça ne m’a pas forcément aidée, ça m’a permis surtout de défendre ma vision des choses. Moi je faisais aussi de la décoration avant et dans le cadre du syndicat, en transmettant certains objectifs, certaines valeurs du métier, j’ai pris la décision d’arrêter de faire la décoration et de me consacrer juste sur le métier parce que je m’étais rendu compte tout simplement que je faisais deux boulots à part entière et que ça prenait du temps. Et si on veut faire les choses bien, je parle à mon nom, je ne parle pas au nom de tout le monde, il faut se concentrer sur une mission qui est l’organisation, on ne peut pas être au four et au moulin. Et les journées sont assez courtes, les semaines ne font que sept jours. Si on a la chance de s’autoriser deux jours de repos, on ne peut pas être sur tous les fronts et faire tout correctement. Donc j’ai fait le choix, avec le syndicat malgré tout, d’arrêter la partie décoration et de me concentrer sur cette partie organisation.

Y a-t-il des choses que tu ne faisais pas en organisation et que tu t’es mise à faire ? Est-ce que tu as poussé ton activité un peu plus loin, être un peu plus focus, à faire des choses que tu ne faisais pas avant du fait que tu faisais aussi la déco et que tu avais moins le temps de les faire ?

Non. Pas via le syndicat, en tout cas. On peut dire que comme beaucoup, je pense, ces deux dernières années, avec le temps qu’on a pu avoir avec la pandémie, j’ai pris plus de temps pour me former, chose que je faisais un peu moins avant. Mais je pense que c’est plus dû à la pandémie plus qu’au syndicat, donc rien à voir. 

Chez qui t’es-tu formée ? Comment est-ce que tu te formes ?

Je me suis formée avec Muriel Saldalamacchia, elle a mis en place des formations en ligne qui sont très bien, qui sont très pertinentes. Je recommande, en tout cas, à toutes les wedding planners, qui sont déjà en activité ou qui veulent se lancer, de regarder les formations proposées par Muriel.

D’accord. On mettra les liens dans l’article qui accompagnera l’épisode ainsi que le lien vers ta propre activité de wedding planner. As-tu un nom pour ton agence ?

Justine Huette wedding planner, tout simplement. 

Justine Huette. En région parisienne, tu nous as dit tout à l’heure.

Exact, c’est ça.

Et peut-être une fiche sur Planners ou pas encore, je ne sais plus.

Non, j’ai été mauvaise élève, j’ai commencé mais je ne l’ai pas finalisé. 

On te relancera pour que tu la termines. On va attaquer le dernier segment du podcast, là où je pose les mêmes questions à tous mes invités. En plus, toi, c’est bien parce que tu as une vision sûrement qui sera un petit peu différente peut-être du fait que tu fais partie du syndicat. Et la première question, ça concerne les mauvais conseils que tu vois souvent donner dans le domaine de l’organisation de mariage.

Les mauvais conseils ?

Ou les idées reçues peut-être, puisque tu as parlé d’idées reçues sur le métier, qu’est-ce qui, pour toi, est la plus grosse idée reçue dans le domaine de l’organisation de mariage et que vous combattez au sein du syndicat ?

Ça va être tout simplement ça, ce que je disais tout à l’heure, la décoration. Il n’y a pas si longtemps que ça, j’ai des clients qui m’ont dit « non, on ne passera pas par vous parce que vous ne faites pas la décoration ». En fait, ce n’est pas mon job de faire la décoration, mais je peux vous mettre en relation avec des wedding designers qui feront ça très bien, qui sauront encore plus sublimer vos envies et qui auront le temps de faire ça. Donc c’est vraiment ça qui est un petit peu embêtant. Mais en soi, monter une entreprise, ça nécessite du temps, on ne se lance pas comme ça sans bagage, et il faut prendre le temps pour faire les choses correctement et ne pas hésiter à se former parce qu’aujourd’hui on a plein de formations qui sont sympas, ce qui n’était pas le cas il y a 10 ou 15 ans. Tout le monde peut se lancer, mais tout le monde ne saura pas rester sur le long terme.

Est-ce que c’est ce que vous voyez, qu’il y a beaucoup de demandes, beaucoup de personnes qui se lancent mais qui arrêtent trop vite à cause d’idées reçues qui diraient que c’est simple, qu’à partir du moment où on a l’idée et on a l’envie… ?

Je pense que c’est une mauvaise connaissance du métier de wedding planner. Quand on a 18-19 ans ou quand on est en train de faire des études et qu’on se dit « organiser des mariages, c’est chouette, on boit du champagne, on va faire les essayages de robe », non, ce n’est pas ça du tout. On passe 90% de notre temps en train de relancer, d’envoyer des mails sur notre ordinateur. Ce n’est pas un métier super glamour comme on peut l’imaginer. On n’est pas dans les films américains avec Jennifer je ne sais pas qui, je ne sais plus comment elle s’appelle, on n’est pas du tout dans ce genre de réalité là. Et je pense que le fait que beaucoup ne connaissent pas vraiment le métier, le rôle, elles ont envie de se lancer, elles se rendent compte que c’est un vrai travail. On n’est pas que wedding planner, on est aussi chef d’entreprise, on est comptable, on fait du marketing, il y a plein de choses par la suite.

Oui. C’est qu’on est avant tout un ou une chef d’entreprise et c’est vrai que beaucoup de gens ont tendance à l’oublier. Au niveau des outils, est-ce qu’il y a des outils, des logiciels, des applications spécifiques dont tu ne pourrais te passer dans ton quotidien de wedding planner ?

Mon meilleur ami, c’est Google Drive. C’est gratuit, les clients peuvent avoir accès, on centralise tout au même endroit. Et pour moi, c’est l’outil indispensable pour organiser un mariage correctement avec les clients. 

Qu’est-ce que tu fais dessus ? Est-ce que tu utilises Excel pour ton rétroplanning, pour ton budget ?

Oui, Excel c’est la vie. Je pense qu’on a des documents Excel pour tout, pour le rétroplanning, pour le budget, l’échéancier, pour préparer tous les rendez-vous. C’est pour moi indispensable.

D’accord. Et au niveau des tendances, quelles sont pour toi les grandes tendances dans le domaine du mariage à venir ?

Je parle pour moi par rapport à ce que je vois au sein de mon entreprise, on va être sur des mariages un peu plus intimistes, je pense que la pandémie y est pour quelque chose aussi. Je fais de plus en plus de mariages avec vraiment moins de 60 personnes, par exemple, alors qu’avant on avait toujours des mariages à 120, 150 personnes, même plus. Donc ça, c’est quelque chose que j’ai constaté. Et puis, des mariages vraiment plus classiques, plus traditionnels, plus élégants sans forcément mettre en place des thématiques particulières. Moi, c’est ce que je constate en tout cas. Et puis, des mariages sur 2-3 jours pour vraiment profiter en plus petit comité mais plus longtemps.

Oui, c’est ça. C’est moins de monde, mais sur une durée plus longue.

Exactement.

Ce qu’on gagne en budget sur le fait qu’il y ait moins d’invités, on le compense en dépensant sur plusieurs jours.

Dans des animations, dans d’autres repas. Exactement.

Où est-ce qu’on peut te retrouver, même au niveau du syndicat ? Tu as parlé de l’adresse du site mais tu vas la rappeler tout de suite histoire qu’on soit sûr. Swpf.fr, c’est ça ?

Swpf.fr, exactement. On a le compte Instagram aussi du syndicat, on a la page Facebook du syndicat, on est aussi sur LinkedIn.

Oui, je vois ça. Tous les liens sont sur votre site.

Oui, normalement.

D’ailleurs, où se passent les webinaires ? Sur Facebook ?

Non, pas du tout. On envoie un lien Zoom aux adhérents qui veulent participer. Tout ça se fait en ligne directement, on envoie un mail avec le lien pour que chacun puisse se connecter.

Est-ce que vous ne cherchez personne en ce moment ? Ça peut être aussi le moment pour faire un appel à candidature.

Pas pour le moment. Mais on fait l’assemblée générale bientôt, donc on va pouvoir discuter de nos différents objectifs à venir.

Pareil, est-ce une assemblée qui est ouverte à tous les adhérents ou que pour vous, les cinq membres du bureau ?

Juste le bureau, oui.

OK. C’était top. Je pense que là on est complètement armé pour venir adhérer au syndicat. Est-ce qu’il y a des choses peut-être dont on a oublié de parler ?

Non, je ne pense pas. Je pense qu’on a bien ratissé. 

Dans tous les cas, on fera comme d’habitude un article sur le blog Planners qui viendra illustrer l’épisode, donc s’il y a des mentions ou des liens à mettre en plus, on les mettra, il n’y a pas de problème. 

OK.

Et puis, si on veut te contacter ou si on veut découvrir ce que tu fais en tant que wedding planner, où est-ce qu’on peut te retrouver ? Quel est ton site ?

J’ai mon site internet, justinehuette.fr, tout simplement. J’ai Instagram aussi, Justinehuette_weddingplanner. Facebook, LinkedIn. Partout.

On te retrouvera. Dans tous les cas, je vous souhaite, à toutes les cinq, et à tout le syndicat le meilleur. Et on verra ce qu’on peut faire ensemble avec Planners puisque je pense qu’on a des missions qui peuvent se rejoindre, donc on aura l’occasion de se reparler.

Merci d’avoir souhaité parler du syndicat. Et puis, je pense que ça peut être sympa pour toutes les wedding planners de savoir que ce syndicat existe et savoir qu’il y a des bénéfices pour elles d’en faire partie. Pour elles, pour l’avenir, pour le métier, pour tout ça, c’est important. Donc merci à toi.

C’est du long terme. C’est comme son entreprise, il faut l’avoir sur du long terme, donc il n’y a pas de raison de ne pas venir adhérer. En plus, c’est vrai que c’est une cotisation qui semble tout assez minime.

Exactement, ce n’est pas énorme, on a la possibilité de payer en quatre fois.

Oui, c’est moins cher que Netflix sur l’année.

Oui, moins cher que Netflix. Et puis, on apporte quand même pas mal de choses, les adhérents ont accès sur le site internet où ils bénéficient justement de toutes les infos, de toutes les ressources, ils ont les slides de tous les webinaires qu’ils peuvent regarder, rechecker, retravailler. Donc c’est vraiment important. Quand on participe à un webinaire, on le paie à peu près 40-50 euros en moyenne le webinaire. L’année dernière, on a mis en place un webinaire tous les mois. Donc c’est quand même intéressant. Je pense qu’il ne faut pas trop se poser de question, il y a un syndicat qui existe pour ce métier, il faut foncer, il faut y aller. 

Tout à fait. Ça doit être obligatoire, d’ailleurs.

Exactement, pour de vrai.

Merci à toi encore. Plein de bonnes choses pour la suite. Et puis, sûrement à une prochaine !

Merci Benjamin. À bientôt !

Salut Justine, ciao !

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