Savoir-faire et mariage haut de gamme avec Laurence Zablocki

Podcast
laurence laura Z
243 . 2021

De Syra Sylla 24/3/ 2021

Avec 16 années de métier à son actif, 150 wedding planners formés et plus de 400 mariages célébrés, Laurence Zablocki est un puit de science en la matière. 

A ses débuts à l’époque, Instagram n’existait pas et la wedding planner a du trouver le moyen d’attirer ses premiers clients. Le Salon du Mariage a été son premier vivier de mariages contractés :

“J’ai mis quelques pubs dans les magazines qui m’ont coûté très cher pour finalement pas grand-chose. Et puis, je suis tombée sur les salons du mariage. Là, par contre, ça m’a fait décoller pour être tout à fait franche. Il y avait un salon du mariage aussi au Louvre. Je ne sais pas si tu te rappelles, peut-être pas […] Le salon du mariage est quasi tout le temps maintenant et a fraichement progressé. C’est maintenant à Versailles. Ça a énormément progressé, vraiment. Il y a beaucoup, beaucoup de gens. Je crois qu’ils sont à 30 ou 35 000 visiteurs, il faudrait regarder, mais c’est vraiment très qualitatif. Je ne vais plus au salon du mariage maintenant, je n’ai plus besoin. On va en parler après. Puis, on monte de gamme aussi. Les gens qui vont dans des salons du mariage, c’est bien pour démarrer. C’est des mariages qui peuvent aller de 20 à 40 000 euros.”

Ses débuts dans le métier, comment son activité s’est développé au fil des années, sa gestion des prestataires et des budgets, les raisons de son positionnement « Mariage haut de gamme », Laurence nous dit TOUT.

Des anecdotes, des conseils avisés, le partage de son savoir-faire… Fondatrice de l’agence Laura Z, Laurence nous a livré une véritable masterclass au micro de Carnet de Noces. Sortez vos bloc-notes et vos stylos !

Les “tips” de Laurence :

Ses inspirations : Lebanese Weddings ; Mindy Weiss ; Jeff Leatham

L’agence Laura Z de Laurence Zablocki :

Site Internet : https://laura-z.fr/
Instagram : https://www.instagram.com/laura.z.organisation/?hl=fr
Facebook : https://fr-fr.facebook.com/weddingplannerluxe/
YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCYz4vM16Y8QoBGnd95wUc0w

L’épisode 11 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 11 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Laurence, je suis super content de t’avoir sur le podcast Carnet de Noces aujourd’hui. D’ailleurs, je ne sais pas quel épisode ce sera, je crois qu’on aura déjà passé les 10 épisodes. Ça me fait plaisir de t’avoir puisque, comme Sandy qu’on a eue il y a quelques épisodes aussi, tu fais partie des « dinosaures » de l’univers du mariage, si on peut dire ça.

Dinosaure ? Mince. 

Sans connotation négative, bien sûr.

Voilà. Pas trop dinosaure. Les dinosaures un peu minces, un peu féminines.

Tout ça pour dire que tu as beaucoup d’expériences dans l’univers du mariage. Je ne vais pas en dire plus. Déjà, j’aimerais bien que tu te présentes à nos auditeurs qui ne te connaissent pas encore et que tu nous dises comment tu en es venue à faire ce métier, ton parcours. Et puis, on va partir comme ça.

Alors, j’ai commencé par une école de commerce assez réputée qui s’appelle INSEEC. Je n’étais pas du tout destinée à ça. Ensuite, j’ai fait une année d’étude aux États-Unis, j’ai fait un MBA en Marketing et en Gestion. Et puis, je suis rentrée. J’ai fait de la Communication. J’ai travaillé pendant 5 ans chez le Public Système qui est une des plus grosses agences en média parisienne, je ne sais pas si tu connais.

Public Système, non, ça ne me dit rien du tout.

Voilà. 

Ce n’est pas Publicis ? 

Non, c’est le hors-média, uniquement des soirées, des évènements. Ensuite, j’ai travaillé chez Bouygues Telecom où je dirige le service partenariat pendant 6 ans. Et ensuite, je suis allée chez LVMH où j’ai été directrice des relations publiques pendant 2 ans pour Moët Hennessy Diageo, j’organisais toutes les soirées de cette filiale. Et cette filiale, c’était le champagne et l’alcool.

Tu es donc toujours restée dans l’univers de l’évènementiel, si je comprends bien ?

Je suis toujours restée dans l’évènementiel. Je ne sais faire que ça, mais je ne le fais pas trop mal. 

Et comment est-ce que tu as découvert l’évènementiel ?

En fait, quand je suis sortie de l’école de commerce, j’ai fait un stage par hasard dans une agence d’organisation d’évènements et j’ai adoré. Je n’étais pas du tout destinée à ça. Normalement, je devais faire de la finance. Et puis, j’ai adoré. 

Et c’était en France à ce moment-là ?

Oui, j’étais en France à ce moment-là. J’étais rentrée des États-Unis de mes cours. J’ai fait un stage, ça m’a plu. Et puis, ils m’ont proposé un poste chez le Public Système. Le Public Système, c’est le Festival d’Avoriaz, le Festival de Cannes, toutes ces choses-là. C’est très gros. Et donc, ça m’a plu. Effectivement, on gagne beaucoup moins de sous que si j’avais fait de la finance, mais ça m’a plu.

Il n’y avait pas encore de mariage à cette époque-là, je veux dire tu n’étais pas encore dans cette thématique-là, ce n’était vraiment que des évènements d’entreprise ?

Ouais, je ne faisais que du B2B. Uniquement du B2B, les grosses soirées. Et après, j’ai travaillé chez Bouygues Telecom, c’était la même chose. Et chez LVMH, c’était la même chose. C’est un peu les mêmes outils, les mêmes compétences à la base. Après, c’est très différent. Donc, je n’ai fait que des très grosses sociétés, mais vraiment gros. Et puis, j’en ai eu marre. Franchement, j’ai trouvé ça très gros, impersonnel. J’ai fait des soirées jusqu’à 5 000 personnes donc il faut quand même les gérer. C’était quand même une grosse responsabilité. Et puis, j’ai cherché ce que je pouvais faire après. Je voulais monter ma boîte. J’en avais marre des grosses structures. En fait, mon idée « était de monter ma boîte dans ce que je savais faire, c’est-à-dire dans l’évènementiel et le B2B. Et puis, je me suis aperçu que ça ne marchait plus trop, c’était très compliqué. Et puis, j’ai découvert le wedding planning aux États-Unis. 

Et comment est-ce que tu es tombée là-dessus ?

Je suis tombée là-dessus avec une copine. On est parties aux États-Unis pour des vacances. Et en fait, les gens en parlaient beaucoup. On avait des mariages dans notre hôtel où on était. C’était un sublime hôtel à Miami. Donc j’ai découvert des wedding planners. Il y avait le film aussi qui était sorti avec Jennifer Lopez, c’est ça ?

Jennifer Lopez.

Oui. Elle avait fait un film.

C’est marrant que tu en parles puisqu’on en a parlé il n’y a pas très longtemps, d’ailleurs, dans un autre épisode du podcast.

Voilà. Mais c’est vrai, c’est sympa. Ce n’était pas du tout développé en France et quand je suis rentrée, j’ai décidé de me lancer là-dedans. Donc, je me suis débrouillé à me faire licencier chez LVMH pour partir avec quelque chose. Et avec ça, pendant un an, j’ai monté ma boîte et puis j’ai commencé. Effectivement, on était très, très, très peu nombreuses. On était peut-être quatre ou cinq, je ne sais même pas.

Raconte-nous alors tes débuts. Comment est-ce que tu t’es formée à cette spécificité-là du mariage ? Même si, comme tu l’as dit, j’imagine qu’il y a beaucoup de points communs avec l’évènementiel d’entreprise. 

Il y a des points communs, mais c’est quand même extrêmement différent. Et justement, je me suis formée sur le tas. J’aurais bien aimé avoir une formation, mais il n’y en avait pas. Alors, j’avais la technique d’organisation des soirées. Ça, je n’y ai pas de souci, j’avais le carnet. Ça, ce n’était pas du tout un souci, je m’y connaissais bien. Ce que je ne savais pas du tout appréhender, c’était la relation avec les mariés qui n’a rien à voir avec la relation avec un directeur de communication dans une grosse boîte. C’est très, très différent. L’enjeu aussi, le stress. On fait une grosse soirée pour des grosses boîtes, effectivement il y a du stress, c’est normal, mais on ne joue pas sa vie, ce n’est pas très grave. Alors que quand on rate un mariage, ça ne m’est pas arrivé et je n’aimerais pas que ça m’arrive, ça doit être très triste quand même. 

Tu veux dire que l’enjeu est plus important, même si je pense que dans l’univers des évènements d’entreprise, il doit y avoir aussi une certaine pression au vu du nombre de personnes et des enjeux souvent financiers, non ? 

Oui, il y a énormément de stress et de pression. Mais malgré tout, s’il y a des petites choses qui ne vont pas, notre PDG va peut-être nous convoquer le lendemain. Mais ce n’est pas une mariée qui pleure, comme j’ai entendu à certains mariages, et qui vous dit qu’on a gâché le plus beau jour de sa vie quand même.

Ouais, je comprends.  

Pas tout à fait la même chose.

Du coup, comment fais-tu ? Là, on est au début de ton entreprise, peux-tu nous raconter tes débuts, comment est-ce que tu as cherché tes premiers clients, tes premiers mariages, est-ce que tu avais une stratégie à ce moment-là, est-ce que tu avais bien étudié ton marché ? Dis-nous-en plus par rapport à ça.

Pour être tout à fait honnête, le marché, il n’y en avait pas beaucoup. Donc je suis partie un peu comme ça à l’aveugle. Et puis, j’ai commencé à regarder ce qu’il y avait. Donc effectivement, je me suis mis dans tous les annuaires mariage, il y en avait quelques-uns qui recensaient un peu les choses. Il y avait des salons qui commençaient. C’est vrai que j’ai fait le salon du mariage qui existait, qui existe maintenant dans le 15ème, c’est ça ?

Celui de Paris ? Oui, Porte de Versailles.

Oui. Ce n’était pas du tout là, c’était à La Défense. Tout était beaucoup plus petit que maintenant, mais ça m’a bien aidée. Le problème que j’avais en sortant d’entreprise, c’est que je ne savais pas comment toucher les gens. Quand vous faites de la pub en entreprise, vous faites de la télé, vous faites de la radio. D’abord, je n’avais pas les mêmes budgets. Et puis, il y a 300 000 mariages par an en France, il faut arriver à les avoir, les 300 000, c’est compliqué. Donc j’ai regardé, il y avait soit les revues mariage, soit les salons. Il n’y avait pas grand-chose. 

C’est sûr que le budget pub chez Bouygues versus celui que tu as quand tu te lances en indépendant et que tu n’as pas de client, ce n’est pas les mêmes échelles.

Non, ce n’est pas les mêmes échelles. Mais il faut comprendre aussi que Bouygues, ils s’adressent à tout le monde. Moi, je ne m’adresse qu’à 300 000 personnes. Donc c’est compliqué.

Est-ce que tu sais si ce chiffre, d’ailleurs, a évolué ? Est-ce qu’on est toujours sur 300 000 mariages ?

Oui, à peu près, on est en moyenne. On parle de l’école après, mais je donne toujours les dernières stats aux filles que je forme pour le business plan etc. Oui, 300. Peut-être que ça va beaucoup chuter cette année, en 2020. Là, je ne sais pas.

Ouais, c’est sûr. J’avais lu qu’il y avait moins de mariages hétérosexuels, mais que c’était compensé par les mariages homosexuels qui prenaient un peu « le relai » par rapport aux autres couples qui se marient un petit peu moins.

En général ou cette année ?

D’une manière générale, ouais. Est-ce que ce n’est pas une tendance ?

Non, non, non. Les couples homos, on est à peu près à 6 000 en moyenne maintenant. On était à 8 000 parce qu’il y avait beaucoup de gens qui attendaient. Et maintenant, on est en moyenne à 6 000 à peu près par an.  

Ah oui, d’accord. Je pensais que c’était un peu plus que ça. 

Non, non, non. J’ai vu les dernières stats, c’est 6 000. Par contre, ce qu’il faut savoir, c’est que c’est intéressant pour notre métier parce qu’il y a beaucoup de budget, d’une part. Et puis, c’est des gens qui aiment les belles choses. Je ne dirais pas que les hétéros ne sont pas raffinés. Non. Et puis, ils ont attendu longtemps aussi. Non, non, on en est à 6 000 par an, en fait, des mariages homos. On a beaucoup de Pacs. Beaucoup, beaucoup. J’étais très surprise du nombre. Mais ça, on ne les voit pas, ils ne font rien du tout. 

Oui. C’est vrai que pour un Pacs, tu ne vas pas faire une fête grandiose. Finalement, ce n’est que pour le papier. 

Oui. C’est dommage, mais c’est comme ça. Mais on n’a pas tellement de mariages. Quand on dit 300 000, ce n’est pas énorme. 

C’est ce que je me disais, en fait. C’est un peu le « problème », c’est qu’on est sur un marché, sur un gâteau qui ne grossit pas forcément en France avec le nombre de mariages qui a l’air assez stable depuis pas mal d’années. Mais à côté de ça, on a de plus en plus de gens qui veulent se lancer en tant qu’organisateurs de mariage. C’est la tendance. Peut-être qu’il y a aussi une tendance qui fait que la part de couples qui veulent déléguer l’organisation de mariage est de plus en plus importante aussi. 

Oui, oui. Il faut savoir qu’aux États-Unis, par exemple, on est à 90 % de mariages qui sont faits par des wedding planners, voire 95 %, c’est-à-dire pratiquement tout le monde.

Ouais, quasiment tout le monde. En France, à combien est-ce qu’on est d’après les dernières stats ?

On est à peu près à 10.

On est à 10, d’accord. Tu vois, je pensais que c’était encore moins que ça. 

Non. 10 – 15. On a le temps. 

Voilà, oui. Il y a encore du chemin à faire.

Oui, il y a une grosse marge de progression. Mais maintenant, le problème qu’on a en France, c’est qu’il faut montrer qu’on est pro. 

On y reviendra à ça, si tu veux bien, un peu plus tard.

Bien sûr.

J’aimerais bien qu’on revienne sur tes débuts puisqu’à tes débuts, à mon avis, on était loin d’être à 10 – 15 %.

Non, non, non. 

Et donc, tu m’as parlé du salon du mariage et des magazines. Est-ce que tu pourrais un peu développer par rapport à ça ? 

J’ai mis quelques pubs dans les magazines qui m’ont coûté très cher pour finalement pas grand-chose. Et puis, je suis tombée sur les salons du mariage. Là, par contre, ça m’a fait décoller pour être tout à fait franche. Il y avait un salon du mariage aussi au Louvre. Je ne sais pas si tu te rappelles, peut-être pas. 

Moi, tu sais, je suis dans l’univers du mariage depuis moins de temps que toi. 

Donc il y avait un salon du mariage assez chic au Louvre. Le salon du mariage est quasi tout le temps maintenant et a fraichement progressé. C’est maintenant à Versailles. Ça a énormément progressé, vraiment. Il y a beaucoup, beaucoup de gens. Je crois qu’ils sont à 30 ou 35 000 visiteurs, il faudrait regarder, mais c’est vraiment très qualitatif. Je ne vais plus au salon du mariage maintenant, je n’ai plus besoin. On va en parler après. Puis, on monte de gamme aussi. Les gens qui vont dans des salons du mariage, c’est bien pour démarrer. C’est des mariages qui peuvent aller de 20 à 40 000 euros.

D’accord. Donc, tu as trouvé tes tout premiers clients sur les salons du mariage ? 

Absolument. Avec la bande de Stéphane Seban, le site Marions-nous, le salon du mariage. On a un peu tous progressé ensemble. Eux, ils se lançaient dans les salons du mariage et moi, je me lançais un peu dans le wedding planner. Et c’est bien parce que ce n’est vraiment que des futurs mariés qui sont là, normalement.

Ouais. Après, j’imagine qu’il y a beaucoup de gens qui font les salons pour aller chercher des prestataires et tout organiser eux-mêmes. Il y avait peut-être aussi l’effet curiosité où les gens ne savaient peut-être pas, d’ailleurs, qu’il y avait des wedding planners en France ou qu’ils ne connaissaient pas le métier. Tu devais être parmi les premières à avoir ton stand en tant que wedding planner, est-ce que tu étais la seule à ce moment-là ?

Non, il devait y avoir trois, quatre stands. On n’était pas très nombreux. Mais, justement, ils venaient et c’était un bon moyen d’expliquer. On parlait, on expliquait, on montrait des photos. Il n’y avait pas grande-photo, j’avais dû un peu piquer dans les photos de mariage des copains. On fait ce qu’on peut au départ, ce n’est pas facile. Mais on a pu tout expliquer. Franchement, à chaque salon, je signais quatre ou cinq mariages quand même. Donc c’était énorme. 

Ah oui, c’est bien.

Oui. Ce n’était pas des mariages comme je peux faire maintenant, avec une grosse moyenne de budget. C’était des mariages à 15 000, 20 000 euros. Mais pour des mariages, je trouve ça génial. En plus, on se fait la main. 

Et donc là, on est en 2005-2006, c’est ça ? Ça fait plus de 15 ans que tu t’es lancée.

Oui, oui, c’est ça. Ça fait 15 saisons. Oui, c’est ça. 

Et donc, pendant combien de temps est-ce que tu as arpenté les salons en quête de clients avant que tu n’en aies plus besoin justement ?

7, 8 ans quand même.

7, 8 ans ?

Oui, oui. Il faut se lancer. Puis, je me suis mise sur Google. J’avoue que Google, c’est un outil.

On en parlera aussi de ça puisque j’avais pris quelques notes par rapport à ta visibilité. Donc, tu m’as dit salons. Et donc, après les salons, est-ce que c’est tes clients qui te recommandent et la visibilité sur internet ?

Oui, oui. Il y a du bouche-à-oreille, il y a eu quelques télés aussi. Je suis passée sur TF1, sur M6. La mode du wedding planner est partie à ce moment-là aussi. On nous a aidés, les médias étaient là aussi. 

Après 7, 8 ans de salons, on est en début 2010. Même en 2010, est-ce qu’il y avait des parutions comme ça à la télé, parutions presse ?

Oui, oui. Il y avait des parutions presse, il y avait des reportages télé. Je me rappelle, j’étais dans Capital avec Villeneuve. C’est vieux, ça n’existe même plus. 

J’ai vu que tu en fais pas mal des télés, d’ailleurs. J’ai vu BFM, il n’y a pas longtemps, sur ton site.

J’en ai fait énormément. J’ai dû en faire 7 ou 8 et je continue encore. 

J’aimerais bien parler de ça puisqu’il y a des stratégies autour des parutions presse. Comment est-ce que tu t’y prends ? Est-ce que c’est toujours les médias qui viennent vers toi ou est-ce que tu as des actions que tu fais un peu au long court qui vont te permettre justement à les chercher, ces parutions presse ? 

Strictement aucune action.

Aucune action ?

Non. Mais le problème c’est qu’ils se donnent les numéros aussi après, les journalistes aussi. À partir du moment où ça se passe bien, vous parlez à peu près bien, ils veulent que les gens parlent vite très bien sinon ils répètent 40 fois les trucs. D’abord, ils sont obligés d’interroger quand même des gens qui sont là depuis un moment. Là, ils m’ont beaucoup interrogée sur le Covid, toujours la même chose. Effectivement, je crois que je suis passée sur RTL, M6, France 2, BFM, CNEWS. Je crois que j’en ai fait pas mal. Et en fait, ils veulent des gens qui ont un passé sinon on ne peut pas leur expliquer ce qui change déjà, puis ceux qui ont pas mal de clients quand même pour expliquer ce qui se passe sur les clients. Là, je tourne au TF1 parce que l’un deal à l’autre. Mais c’est carrément un long format, ils vont nous suivre pendant une journée pour voir comment réagissent les clients au report. Ça donne notoriété et puis ça donne aussi une légitimité parce que si des gros médias comme ça viennent vous chercher pour donner votre avis, c’est que, quelque part, ce n’est pas inintéressant. 

Je pense que ce que tu as dit est vrai, oui, le fait qu’il y ait des bons profils, qu’il y ait de bonnes personnes qui passent bien à la télé, qui s’expriment bien. Ça pourrait être un conseil peut-être à donner à celles qui commencent à avoir quelques touches avec les journalistes. Ce serait peut-être déjà d’une de ne pas refuser, non ? Et puis, de deux, à chaque fois que tu as l’opportunité, de bien t’exprimer, de bien synthétiser ? Tu es d’accord avec ça ?

Il ne faut jamais refuser. Alors, ça dépend du métier aussi. Si c’est pour se retrouver dans une émission glauque, attention. Ça peut faire très mal aussi. J’ai refusé beaucoup de choses. Et puis, il y en a un qui m’avait piégée aussi. C’était un mec qui était sur France Inter, qui est toujours humoriste, d’ailleurs. Il m’avait, en fait, interrogée sur un salon. Et puis, il avait tout déformé et je passais pour une folle. 

Ouais. J’ai déjà eu l’écho, d’ailleurs, récemment. Tu as parlé tout à l’heure de Capital. Par rapport aux entrepreneurs, il y a souvent des histoires d’entrepreneurs qui racontent un peu leur histoire et qui parlent de cette émission-là comme une émission qui a tendance à beaucoup couper, à beaucoup déformer, surtout quand c’est des sujets qui peuvent être polarisants. Mais j’imagine que le mariage, ça s’y prête un peu moins, ou faut-il faire attention à ça aussi ?

Mais si. J’ai dû refuser Capital une deuxième fois, c’était il n’y a pas très longtemps, parce qu’elle voulait que je donne tous les prix à la télé et que les mariés donnent tous les prix à la télé. Et ça, je pense que c’est totalement secret, c’est confidentiel. Et si on commence à faire ça, c’est nous qui allons passer pour des gens pas sérieux, qui ne respectent pas leur engagement déontologique. Donc j’ai refusé. Et ça, je conseille vraiment aux jeunes qui commencent de faire très attention à ce qu’elles choisissent pour ne pas se faire griller dès le départ. Puis, il y a aussi des émissions comme 4 mariages et un voyage de noce. Celle-là, j’ai dû la refuser 50 fois. 

N’est-ce pas une émission qui passe aussi sur TF1 ?

TF1.

D’accord. On a eu Élodie Villemus il n’y a pas longtemps.

Oui, Élodie, elle est animatrice. Ça, c’est parfait.

Exactement.

Mais ils cherchaient des filles, des wedding planners, pour les mettre en compétition. 

D’accord.

Ça, il n’en est pas question. Le rôle d’Élodie, c’est formidable, il n’y a pas de souci. Elle est animatrice. Moi aussi, j’ai fait le casting pour ce truc, d’ailleurs. Par contre, quand vous allez les retrouver avec les quatre filles en train de se harponner, de se déchirer comme des harpies et de s’insulter, ce n’est pas possible. Ce n’est pas notre profession, ça. Et d’ailleurs, ils l’ont fait avec les wedding planners et elles se sont rendues ridicules, les filles. C’est dangereux. 

Oui, c’est ça, c’est très risqué. 

Quand on vous propose d’être animatrice, évidemment, il faut dire oui. Elle a bien raison. Mais quand on vous propose de participer à la boucherie là, non, il ne faut pas.

Qu’est-ce qui a changé, justement, sur le marché du mariage ? On va y venir. Toi qui es là depuis 15 ans, quand on t’interroge là-dessus, est-ce qu’il y a des grandes tendances, est-ce qu’il y a des choses qui te sautent aux yeux par rapport à tes débuts ? J’imagine que oui, mais dans les grandes lignes, si tu devais synthétiser, qu’est-ce qui s’est passé dans le monde du mariage depuis que tu as débuté ?

Je pense que les gens ont compris maintenant que si on voulait avoir un beau mariage, il ne fallait pas inviter un million de personnes. Ça, c’est vraiment une tendance. On invite moins de gens, mais on fait des belles choses.

D’accord. Quand tu dis moins, c’est combien avant versus combien à peu près en moyenne ?

Avant, quand j’ai commencé, il y avait pas mal de 200, 300. Maintenant, on est plutôt sur du 150, du 100, et des beaux budgets, mais ils invitent tout le monde à l’hôtel, par exemple. On fait un vrai transfert, on fait un diner la veille. Mais il y a moins de gens.

D’accord. Donc c’est des cérémonies qui durent plus longtemps et plus souvent à l’extérieur du secteur familial, en fait, pas toujours à proximité de chez soi.

Non, non, non. On peut partir à l’étranger déjà. Mais ça, on partait déjà à l’étranger. Mais même quand on le fait en France, on peut le faire dans le sud de la France ou à côté. Et puis, on va inviter 150, mais on va faire une soirée la veille, une soirée de mariage et un brunch. Et quelles que soient les religions. Parce que, avant, par exemple dans la communauté juive, on fait plutôt quelque chose sur quatre jours. Maintenant, des catholiques le font aussi. Tout le monde le fait. 

D’accord. Et en plus, c’est bien pour vous, les wedding planners, puisque ça fait plus de choses à organiser au final.

Beaucoup plus de choses à organiser. Ça, en général, ils ne peuvent pas le faire tout seuls, c’est très compliqué. Si vous voulez profiter aussi, vous ne pouvez pas être au four et au moulin, accueillir les gens, les amener dans les chambres. C’est impossible à faire. De toute façon, quand il y a ces budgets-là aussi, ils ne cherchent pas trop non plus. Et puis, ça peut être très sympa à faire. Très sympa, vraiment. 

En fait, si je comprends bien, il n’y a pas eu énormément de changement dans les budgets, mais du budget par invité qui a tendance à augmenter.

Il a tendance à augmenter, vraiment. On fait plaisir, très plaisir. 

On avait parlé aussi, sur le podcast, de l’elopement. Donc là, le nombre d’invités, pour le coup, est clairement très réduit. C’est souvent au sein du cercle familial. Est-ce que c’est des choses que tu vois venir aussi ? Est-ce que c’est quelque chose que tu feras, d’ailleurs ? On n’a pas parlé de tes prestations.

Non, ça, je ne le fais pas. La marge, elle n’est pas bonne là-dessus. À un moment donné, il faut choisir aussi. C’est du temps, il faut s’en occuper. Je prends à peu près entre 10 et 14 mariages par an. C’est déjà beaucoup parce que je suis toujours là le jour J. Il faut s’en occuper, des gens, ils vous téléphonent beaucoup. Alors, pour un elopement, je ne saurais pas accorder beaucoup moins d’attention et ils ne sont que 5 ou 10.

Oui, je comprends. C’est bien que tu amènes le sujet de la marge parce que, justement, je voulais en parler. Je pense que le fait de tenir 15 ans, il faut avoir non seulement de l’endurance, mais il faut aussi être un bon gestionnaire de l’entreprise. Et puis, tu me parlais aussi des budgets moyens au niveau des mariages. En prenant 10 à 14 mariages par an, j’imagine que tu dois être sélective aussi. 

Oui, j’en élimine aussi beaucoup.

Comment est-ce que tu choisis, justement, tes mariages par rapport à la notion financière ? Parce qu’on n’en parle pas beaucoup, c’est vrai. On est sur un métier où on ne compte pas forcément ses heures, et je pense que tu ne me contrediras pas. Est-ce que toi, justement, tu es arrivée à un point où tu calcules beaucoup plus peut-être qu’avant au niveau de ta marge, de ta productivité etc. ? Est-ce que tu peux nous en parler de tout ça, de cet aspect plus gestion d’entreprise en fait, au-delà même de l’organisation de mariage ? Et ça, c’est valable au final pour toutes les activités. Mais est-ce que tu peux nous dire un peu comment tu procèdes, ce que tu as mis en place comme outils de suivi au fil du temps ?

J’ai un minimum d’argent par personne pour faire les choses bien. Maintenant, je peux me permettre de faire des choses bien, je ne peux faire des choses moyennes. Au-dessous de 300, 350 euros par personne, je n’y vais pas. 

Est-ce que tu parles du budget total du mariage ou de ta prestation ?

Oui, oui. 350 euros, moyen, à peu près, en gros. Sachant que plus on est, moins ça coûte cher aussi. Si on n’est que 20, ça sera plus que 350. Il faut faire le distinguo. Mais en gros, c’est ça. Parce qu’on s’aperçoit que faire dans le moins cher ; je l’ai fait au début pendant des années, il faut se lancer ; demande beaucoup, beaucoup plus de travail que quand vous avez de l’argent. Il faut être honnête. Quand vous avez un budget hyper serré, vous devez tout regarder, vous occuper de tout négocier. Quand c’est des gens qui sont un peu plus à l’aise, ils ne vont pas non plus jeter l’argent par les fenêtres, on est d’accord. Mais on a plus de sous pour faire de belles choses donc ça prend moins de temps. 

D’accord. En fait, ce que tu dis, c’est que plus tu as d’argent à ta disposition au niveau du budget du mariage, plus tu vas vite pour l’organisation ?

Oui. En plus, je veux te dire quelque chose, on va se dire les choses. Plus tu as d’argent, plus tu as quand même des prestataires performants, tu es aidé. C’est-à-dire que quand tu peux prendre un traiteur, par exemple, à 200 euros par personne au lieu de prendre un traiteur à 160 euros par personne, ça ne va pas être le même service.  

Oui. Tu veux dire qu’après, quand c’est le jour J, quelque part, tu as moins à manager puisque tu es avec des prestataires qui ont plus d’expériences ?

Oui. À mon avis, tu n’auras déjà pas de galère normalement. J’ai eu plus de galères au début avec des traiteurs, par exemple, beaucoup moins chers parce que je ne pouvais pas mettre plus. Ça fait beaucoup galère, il y a beaucoup moins de serveurs. Quand il y a beaucoup plus de serveurs, tout va mieux. L’argent, ça aide. 

Et par rapport à toi, ta prestation, comment est-ce que tu chiffres, tu arrives à mieux gérer tout ce qui est temps passé, marge ? Comment est-ce que tu packages un peu tes offres ?

Mes clients paient les prestataires en direct, je ne veux pas rentrer là-dedans. Parce que j’ai beaucoup de clients étrangers, j’ai beaucoup travaillé aussi pour la communauté africaine et d’autres communautés. Et c’est trop compliqué parce que si jamais il y a des défauts de paiement, on ne sait jamais, ils sont loin après. Donc je ne peux pas prendre ce risque-là. Et je trouve ça beaucoup plus honnête aussi vis-à-vis des clients comme ça c’est clair. Vous payez en direct les prestataires et moi, je prends mes honoraires comme un avocat, comme un conseil.

D’accord. Est-ce que tu factures en pourcentage du budget du mariage ou en fonction du temps passé ?

En pourcentage sur le global. Il représente en gros le nombre de temps que je vais y passer. Parce que si j’ai un budget de 60 000 euros, ça ne sera déjà qu’une soirée peut-être et un brunch. Si je commence à être sur un budget de 150 ou 200 000 euros, c’est que déjà il y aura quatre jours donc ça sera beaucoup plus long à organiser, c’est normal, il y aura plus de choses. Donc c’est à peu près ça, ça rentre bien. C’est facile à expliquer et, en général, je ne suis pas trop mauvaise. Je ne suis pas trop loin de ce que ça prend comme temps. 

Après, généralement, plus c’est simple à expliquer et plus ça passe auprès des clients.

Oui, ils ne préfèrent pas qu’on rentre dans un truc. Moi je leur dis « c’est 15 % du budget », c’est clair, c’est net, tout le monde a compris. 

D’accord. Donc 15 % du budget.

Voilà, c’est 15 % du budget. Évidemment, quand les budgets montent, on diminue un petit peu. 

Oui, c’est ça. 

Évidemment. D’abord, ils demandent et puis c’est oui. Parce que c’est pareil, de toute façon. Faire un mariage à 100 000 euros pour une soirée ou un mariage à 60 000 euros pour une soirée, ce n’est pas très différent au niveau temps de travail. Il faut tout trouver, tout organiser, faire des plannings, faire des comptes rendus de réunion. Mais le compte-rendu de réunion est le même pour 60 que pour 100 000.

C’est sûr. Je comprends, oui. 

Je ne descends pas non plus en dessous de 10. Jamais. On est plutôt sur du 12, en fonction du budget. Et puis, il y a des clients qui sont plus durs en négo que d’autres. C’est la vie aussi.

J’ai vu que tu ne bosses pas toute seule, si je me suis bien renseigné. Combien êtes-vous au sein de ton équipe ?

On n’est que deux parce que moi, je traite tous mes clients en direct et ensuite, j’ai mon assistante, Nolwenn, qui est là depuis deux ans et qui les traite aussi, qui les connait tous. Et on fait tout toutes les deux. Après, moi je fais des trucs qu’elle ne fait pas et elle fait des trucs que je ne fais pas. Je ne voulais pas être plus parce qu’avant, à une époque, j’avais pris des gens et puis, je me suis aperçu que les clients, ils ne voulaient pas que les juniors s’en occupent. Ils voulaient moi. Et en fait, ils voulaient moi parce qu’ils avaient entendu parler de moi sur un mariage ou par un ami et il n’était pas question pour eux de ne pas avoir Laurence. 

C’est peut-être un peu inconvénient avec vos métiers, c’est très relié avec votre personne. 

Je suis d’accord. En plus, il y a un peu de télé après, un peu de machin, un peu de truc. C’est comme Élodie, je suppose, encore qu’elle est beaucoup plus connue. Mais au bout d’un moment, ils veulent quelqu’un donc ça ne sert à rien qu’on ait des juniors, ils ne les voudront pas.   

Après, tu peux peut-être facturer différemment ?

Non, ils n’ont pas envie. J’ai essayé, ils n’ont pas envie. Mais ce n’est pas grave. 

Oui. Ça, c’est des choix.

Oui. C’est un peu comme un avocat, comme un médecin. 

Parce que j’ai vu sur pas mal de photos de tes mariages, vous êtes au moins 4, 5 parfois. Mais ça, on va y revenir parce que j’ai cru comprendre que les élèves de ta formation, ils venaient sur tes mariages, c’est ça ?

Exactement. Ça, c’est pour leur faire plaisir. Et moi, ça m’aide aussi. Puis, tout le monde est content. Mais c’est uniquement pour le jour J. Après, quand on a beaucoup de boulot, quand on est vraiment dépassé, par exemple l’année d’avant, j’ai eu deux énormes mariages la même semaine, c’est-à-dire deux samedis et dimanches, on ne s’en sortait pas donc on a fait venir deux filles de la formation qu’on aime beaucoup, qu’on fait venir régulièrement, elles nous ont aidées. Après, il y a des coups de main quand même. 

C’est super intelligent de faire ça. C’est vrai que non seulement tu formes des gens, mais, en plus, ça te permet d’avoir un espèce de vivier de compétence à proximité que tu peux appeler quand le moment est chaud, je veux dire.

C’est génial. En plus, je les ai formées donc ce que je leur ai raconté, c’est à peu près cohérent. Donc je sais qu’elles savent, c’est important. Ce n’est pas des filles qui débarquent sans rien sur les mariages donc c’est génial. Elles ont un début d’expérience et c’est super. Et pour elles, c’est hyper précieux parce qu’une formation théorique, oui, mais rien ne remplace le terrain. 

C’est ce qu’on disait, d’ailleurs, toujours avec Sandy dans un précédent épisode. C’est vrai que les formations, même en ligne, c’est bien, mais je pense que c’est vrai que rien ne remplacera l’expérience du terrain. 

Par contre, la formation en ligne, nous on n’en fait pas, on n’est pas tellement pour. Évidemment, pour moi, ce serait plus rentable de le faire en ligne, mais je trouve que ce n’est pas pareil. Pour les filles, ce n’est pas pareil. Moi je suis là, je leur explique tout, elles me posent des questions, il y a un vrai contact. En ligne, je ne sais pas.

Et est-ce que tu continues en présentiel malgré les conditions sanitaires ?

Oui, on en a une dans 15 jours. Les formations professionnelles sont autorisées. 

D’accord.

C’est professionnel. On est dans une très grande salle, on a nos masques. On a le droit de continuer à travailler. Tout ce qui touche le travail est autorisé, c’est juste le loisir qui est fermé. 

J’ai vu que tu avais ton école de formation depuis 2012, que tu avais formé plus de 150 wedding planners.

Oui.

Quels sont, pour toi, les trois ou quatre points les plus importants ou les plus nécessaires quand on démarre en tant que wedding planner ? Je ne veux même pas parler de points, je veux plutôt parler de conseils. Quand on se lance en tant que wedding planner, qu’est-ce qu’il faut savoir vraiment, les trois ou quatre points déterminants ? 

D’abord, il faut avoir fait une formation. Je ne l’ai pas faite parce qu’il n’y en avait pas. Et pourtant, j’étais bonne en techniques d’organisation. Mais il me manquait toute la partie. Je crois qu’il faut faire très attention aux filles. Ce n’est pas parce qu’on a fait son mariage qu’on va aller faire le mariage des autres. Non. Franchement, je n’y crois pas. Il faut être vraiment prête, il faut bosser. Il faut bosser un peu la gestion aussi. Il faut savoir faire des budgets, des plannings. Il ne faut pas croire qu’on se balade avec la coupe de champagne à la main, c’est un vrai boulot, c’est un boulot difficile. 

Je pense que c’est le discours de toutes les wedding planners qu’on a interviewées jusqu’à maintenant. Ce que je voulais dire, je pense que je me suis mal exprimé, c’est pour toi, quels sont les points sur lesquels tu insistes vraiment dans ta formation pour former les wedding planners, qu’est-ce qu’il faut absolument comprendre, intégrer pour bien faire ce métier ?

D’abord, il faut avoir un excellent relationnel avec les gens. Il y en a qui sont peut-être un peu timides au début. Il faut tout abandonner, il faut y aller. Je leur explique tout le temps qu’on n’en parle pas assez, mais le commercial est stratégique. Si on n’a pas de client, on ne fera pas de mariage. Et ça, il y en a beaucoup qui arrivent en me disant « moi je veux apprendre à faire des mariages », mais je leur dis « avant d’apprendre à faire des mariages, apprenez à convaincre, apprendre à avoir des clients, apprenez à faire un contrat ». Tu vois ce que je veux dire, Benjamin ? C’est important.

Je suis complètement d’accord. Apprendre à vendre avant de délivrer. 

Voilà. Dans ma formation, il y a beaucoup de commercial. Il y a des simulations, comment on fait un contrat, comment on fait un devis. Parce que souvent, elles n’ont pas pensé à ça, les filles, quand elles arrivent. Mais je leur dis « non » parce qu’elles me disent « ça ne nous intéresse pas », et je dis « ça ne vous intéresse pas, mais si vous n’avez pas de client, vous ne ferez rien donc on va s’y mettre, au commercial, un petit peu. On va faire un petit effort et on va s’y mettre. » Ça, c’est la première chose. Donc il y a aussi, pourquoi pas, lire deux ou trois bouquins techniques commerciales. Pourquoi pas ? J’ai fait une école de commerce, il y a des techniques commerciales que je leur apprends. Il y a des choses à savoir pour convaincre quelqu’un, pour vendre. Il y a des petites choses. Ça pourrait être pas mal de lire un petit peu deux ou trois bouquins. 

D’accord. Donc toi, tu dirais vraiment que souvent c’est la grosse surprise peut-être pour certaines et certains, ils arrivent et ils se disent « moi, en fait, je veux juste savoir-faire du mariage et après on verra bien ».

Oui, parce que c’est ça qui les intéresse et je peux comprendre. C’est ça qui les passionne. C’est organiser un mariage, parler avec des mariés et tout. Mais tant qu’il n’y a pas mariés et il n’y a pas de mariage, on ne parle avec personne.

Surtout que le commercial, en France en tout cas, je ne sais pas si c’est la même chose partout, est souvent une fonction qui est assez mal vue. C’est assez mal connoté, on a toujours l’image du vendeur en porte à porte qui va te forcer à acheter un truc. 

C’est vrai.

Donc c’est assez difficile parfois de se mettre à vendre et encore plus ses propres prestations où il y a, en plus, un risque de se dire « il faut absolument que je vende sinon je ne vais pas faire de chiffre à la fin du mois. » Et généralement, c’est le genre de choses qui peuvent se ressentir aussi.

Le pire, c’est que c’est nous qu’on vend. 

Voilà, c’est ça. 

Parce que moi, vendre un téléphone, même faire des soirées pour un téléphone, on ouvre par exemple une bouteille de champagne. Mais là, c’est nous qu’on doit vendre. « Nous, on est les meilleurs », je plaisante, ce n’est pas tout à fait ce qu’on dit, mais il faut les convaincre qu’on est les meilleurs sinon ils vont aller à côté. Voilà les qualités, on a compris, on va les comprendre et on va bosser. Ce n’est pas évident. Au début, ce n’est pas évident.

Le commercial, j’imagine que c’est la base fondatrice de toute activité de wedding planner. Puis, sur quoi est-ce qu’on se dirige ?

Puis, c’est la gestion. J’essaie vraiment de leur dire que c’est très, très important de gérer, d’être tout prêt des chiffres, de ne pas faire n’importe quoi, que ça soit sur les mariages ou sur leur boîte aussi. On ne se rend pas compte, mais le métier de wedding planner, il n’est pas tellement en salarié. Parce que, justement, comme on a dit, quand les gens viennent voir quelqu’un, effectivement il y a le quelqu’un avec peut-être deux assistantes, mais c’est compliqué. Donc ça va souvent être les clients de ta boîte que tu vas gérer. Moi, elles s’installent toutes pratiquement après la formation. 

Il n’y en a pas qui font un peu une doublette avec leur poste de salariée le temps de se développer ?

Si. Ça, c’est vraiment mon conseil, c’est ce que je dis à tout le monde, surtout en ce moment. Si vous avez la chance d’avoir un poste, vous ne démissionnez pas. De toute façon, je donne le même conseil pour une agence de wedding planners ou autre chose, on ne vire pas un salaire quand on commence une entreprise. Quand on a la chance d’en avoir un, on le garde en doublette pendant deux ans, trois ans. On se met après à mi-temps et puis on lâche. 

Et on a des dispositifs en France qui sont quand même bien et que les gens connaissent peu, comme l’ACRE avec Pôle emploi.

Oui, ACRE. Attention, ça a diminué comme peau de chagrin, l’ACRE. C’était trois ans, ce n’est plus qu’un an maintenant. 

Ah d’accord. 

Oui, c’est Macron qui a décidé. Mais, effectivement, il y a l’ACRE. Mais on peut être très bien salarié aussi. Moi, je dis que quand on a la chance d’avoir un boulot, il faut le garder, ou alors partir avec des indemnités énormes, mais ce n’est pas tous les jours. Il faut le garder, il faut avancer petit à petit. Prudence, prudence. 

Le contre-argument à ça qu’on pourrait te donner, c’est que quand on n’est pas à 100 % investi dans sa boîte, on va mettre encore plus de temps, surtout dans un domaine où, on le sait, c’est concurrentiel, il faut y passer du temps, il faut s’investir. Qu’est-ce que tu aurais à dire par rapport à ça ?

Non. La boîte, peut-être qu’on peut la garder à mi-temps. Peut-être pas la garder à temps plein non plus. Mais à mi-temps, ça laisse du temps. En plus, on travaille souvent le weekend quand même. Ça, on peut avoir deux jobs. Après, si on estime qu’on n’est pas capable. Mais je trouve que c’est dangereux. C’est bien de garder les deux, ça serait mon conseil. C’est le conseil que je donne aux filles. Par contre, on diminue. On ne va pas faire un plein temps et une boîte. Mais on peut faire un mi-temps et une boîte au début.  

D’accord. C’est du salariat, mais pas en temps plein non plus. 

Non, on ne peut pas faire ça. Mais il faut faire attention au début. 

Donc là, il y a la partie commerciale, la partie gestion avec suivi des chiffres, bien sûr. Puis, quels sont tes autres conseils ?

Puis, c’est beaucoup travailler, c’est-à-dire que quand on commence, il faut avoir un maximum d’informations donc il ne faut pas hésiter : tous les salons, on lit toutes les revues, on se balade, on va voir des gens, on va voir des lieux. On essaie d’avoir le maximum de choses, il faut un carnet, c’est très important. Et le carnet, malheureusement, c’est en prenant ses pieds et en allant marcher qu’on va voir les gens. Il faut s’y connaitre et pouvoir montrer aux clients que ce marché, on le connait parfaitement. 

Donc tu parles bien du carnet d’adresses, de prestataires, de lieux etc. ?

Tous les prestataires, tous les lieux. Je me suis aperçu d’un truc, c’est que souvent, les clients vous testent. Ce qui est normal. Et puis, ils vous disent « j’avais vu le château machin, vous le connaissez ? » Et puis, « il y a un machin que j’ai vu en orchestre, vous le connaissez ? » Si on commence à ne rien connaitre au départ, c’est le problème, on passe vraiment pour des débutants. Et il faut essayer de bosser le moins de temps possible.

Ouais, c’est un bon conseil de bien connaitre même son réseau de prestataires. J’imagine que c’est plus au niveau local que tu dis ça, tu ne peux pas tout connaitre sur la France entière.

Je vais te dire un truc, j’ai eu des gens à Paris qui m’ont emmenée en Italie, par exemple, mais qui parlaient de Paris pour me tester aussi un peu, c’est pour voir un peu ce qu’on valait. Et puis, ils peuvent vous tester aussi sur la région. On ne nous en voudra pas de ne pas connaitre toute l’Italie, mais on nous en voudra de ne pas connaitre Paris alors qu’on habite Paris. 

Oui, c’est normal. J’imagine que tu as peut-être tout un pont de ta formation sur les manières dont on va pouvoir se faire connaitre en tant que wedding planner. Tu as commencé avec les salons, c’était il y a 15 ans. Maintenant, qu’est-ce que tu recommanderais à une wedding planner qui se lance ?

Sur internet. Qu’est-ce qu’on peut faire à part internet maintenant ? Le référencement payant, le référencement naturel, tous les sites comme le tien, des sites annuaires, des sites de mise en avant, c’est fondamental. Et puis, les salons, ça reste les salons. Mais c’est un peu les trois trucs, comme j’avais fait : les sites annuaires référence, comme le tien, je l’avais déjà fait avant ; les salons, peut-être qu’il n’y a plus tellement, un ou deux ; et puis internet, il faut être partout, les blogs, Instagram, Pinterest. 

Comment est-ce que tu fais en ce moment ? Je voulais qu’on parle de Google puisque j’ai vu que tu es bien référencée, c’est vrai. Est-ce que tu achètes aussi de la pub sur la régie Google ?

C’est le Google payant, Google Ads. 

Google Ads, ouais. C’est mon domaine fétiche donc je connais plutôt bien. Comment se répartit, tu dirais, tes sources de clients entre tout ce qu’on a dit : les annuaires, Google, les réseaux sociaux ?

Je ne sais pas trop comment se répartissent les clients parce que je n’ai pas toutes les stats. Google Ads, c’est un truc important pour eux. Nous, maintenant, on sort quand même en référencement naturel aussi. Et puis, c’est compliqué parce qu’il y a des tas de gens qui cliquent, on sait qu’ils viennent de Google Ads ou qu’ils viennent du référencement naturel ou qu’ils viennent de chez toi, mais on ne sait pas si c’est eux qui signent ou pas. Mais ça peut être aussi des concurrents, des prestataires et tout. C’est un peu compliqué. 

Tu ne suis pas tout ça de près, tu n’as pas une analytique par exemple ?

Si, j’ai Google Analytics. Mais comment savoir si le client est venu de Ads ou référencement naturel, celui qui a signé, pas celui qui est venu ? 

Il y a des stratégies, mais qui sont un peu plus techniques avec la mise en place d’un CRM, par exemple. C’est sûr que tout le monde ne peut pas forcément se l’offrir, surtout pour des demandes qui sont quand même assez faibles, on va dire. Tu n’as pas non plus 10 demandes par jour, j’imagine ?

Non, non, non. Google Ads, c’est bien. Je gère parfaitement mon budget dessus. C’est moi qui le fais toute seule depuis 15 ans, ça va.

Et est-ce que tu peux dire, d’ailleurs, combien tu dépenses par mois sur la régie Google ?

600.

600 euros ?

Oui. Parce que maintenant, j’ai monté pas mal en référencement naturel. 

Et qu’est-ce que tu as fait, d’ailleurs, par rapport à ton référencement naturel, est-ce que tu as fait des actions précises sur ton site, des articles ?

On a beaucoup amélioré la vitesse, c’est très important. Puis, on a un site assez sympa. Mais il y a des mots qui sont difficiles, « wedding planner » par exemple, et les autres attaquent aussi beaucoup dessus.

C’est l’ère de la guerre.

Oui, c’est l’ère de la guerre. On monte, on descend, mais on est pas mal. Je crois qu’on est bien calibré, on a nos points d’ancrage où il faut. Maintenant, ça monte, ça descend. Comme j’ai Google Ads, si je suis en 2 avec wedding planner, ce n’est pas très grave. 

D’accord.

On est dans des sites comme le tien. J’espère qu’on nous trouve aussi via ton site. 

Nous aussi, on fait le travail pour être présent sur wedding planner. Je crois qu’on est en bas de première page, mais ça monte gentiment.

Voilà, ça vient, ça va. À part internet, il n’y a pas grand-chose. 

Je pense que le conseil sera toujours le même, c’est de ne pas mettre tous tes œufs dans le même panier. Il ne faut pas que compter sur Google parce que Google, on ne sait pas ce que ça va devenir non plus, même si c’est le genre qu’on connait maintenant. 

Oui, je suis d’accord.

C’est bon d’avoir une bonne présence un petit peu partout et j’imagine que c’est ce que tu enseignes aussi. 

On a les annuaires, on a Google, mais on n’a pas tellement plus parce qu’à part ça, il n’y a pas grand-chose. Google, référencement naturel et les annuaires, il n’y a pas grand-chose qui marche bien. Tu as Pinterest, Instagram.

Instagram, ça revient souvent. 

Oui, c’est pas mal, Instagram, on a quand même un bon truc. Facebook, on doit être à 4 500 abonnés, nous, c’est pas mal. On est un peu partout. 

Et c’est ce que tu conseillerais aussi à une wedding planner qui se lance ? Parce que c’est pareil, il ne faut peut-être pas avoir non plus la tête un peu partout quand on démarre. Est-ce qu’il y a un réseau de prédilection que tu recommandes maintenant quand on vient de créer son entreprise et qu’on veut être visible assez rapidement ?

Facebook et Instagram. Le reste, peut-être pas. Mais Facebook et Insta, ça marche bien quand même. Puis, avec ce qu’on fait, parce que c’est visuel quand même, il faut qu’on montre ce qu’on fait. Je trouve que c’est bien comme ça. Pinterest aussi, on montre, mais il y a moins quand même. Sur Pinterest, on arrive à faire 800 vues, des trucs comme ça. Des fois, sur Google, on arrive à 1 000 sur un truc qu’on a posté, sur une story. Je pense que c’est un ensemble de choses, mais, malgré tout, le plus important c’est quand même la personne qui cherche « wedding planner » sur Google, qui te trouve et qui clique. 

Là, on sait que la personne a un besoin immédiat donc si tu arrives à être devant elle à ce moment-là, c’est sûr que tu as plus de chances que sur Instagram où le process de décision est peut-être un petit peu plus long.

Voilà. Quand ils viennent ici en rendez-vous, on leur demande, il y en a beaucoup qui ont cliqué. Par contre, je ne sais pas s’ils ont cliqué sur la mappe, sur machin, sur truc. Mais en tout cas, ils nous ont trouvés sur internet. C’est ce qui marche le mieux quand même. De la part de quelqu’un, au bout d’un moment, ça marche très, très bien aussi. 

Ouais. Ça demande plus de temps, ça, forcément. Donc on a vu qu’il y avait la partie commerciale, la partie gestion et la partie visibilité. Qu’est-ce que tu pourras rajouter dans tout ça dans les grands conseils que tu donnes aux weddings planners qui viennent se former chez toi ?

C’est déjà pas mal. Être rigoureuse aussi, très rigoureuse. Il ne faut pas confondre le métier de wedding planner avec « je vais à un cocktail et je vais m’amuser ». J’exagère, mais pas tellement, en fait. Il y en a certaines qui pensent vraiment que ça va être sympa. Non, ça ne va pas être sympa. Mais des fois, il y a des filles, elles viennent en formation puis elles viennent sur un évènement. Là, je vois très vite comment ça va se passer plus tard suivant leur réaction. J’en ai quand même eu une, il n’y a pas longtemps, elle est allée faire la sieste à 14h dans la voiture parce qu’elle était fatiguée depuis 9h ce matin. Là, je lui dis « ça ne marchera pas ». 

Et est-ce que tu en as d’autres, des anecdotes comme ça ?

Là-dessus, on en a. Je ne sais plus ce qui est arrivé à part la sieste. Une qui s’était fait aussi draguer par le mari, qui n’avait pas compris que c’est le mari. Mais ça, c’est important aussi, qu’on comprenne. D’ailleurs, que ça soit le mari ou les frères ou les cousins, on ne drague pas sur un mariage. Même si on est très belle, on fait attention. On ne va pas faire la sieste non plus. On ne va pas boire du champagne devant les mariés. Tout ça, c’est qu’on voit le jour J. 

Ce sera tout plein de bons conseils qu’on aura à partager auprès de nos auditeurs. 

Et il y en a plein qui viennent en formation puis, des fois, après avoir fait la journée, elles se ressortent de là éreintées, très fatiguées et elles se disent « je ne sais pas si finalement, tous les weekends, je serai capable de le faire. »

Je pense que c’est aussi à ça que ça sert une formation, à tous les wedding planners qui veulent se lancer, c’est vraiment d’avoir un pied dans le métier et de se dire « est-ce que c’est vraiment ça que j’imaginais ? »

J’ai une très, très bonne anecdote, Benjamin. Il y en a une, c’était il y a deux ans, elle finit la formation et puis on fait les listes pour savoir qui va venir sur quel mariage etc. Et là, elle me dit « mais moi, le weekend, ça ne m’arrange pas ». Je lui dis « le weekend, ça ne t’arrange pas ? Moi, en général, je n’ai pas trop de mariages la semaine. Et puis, toi, tu ne vas peut-être pas avoir beaucoup de mariages la semaine. » Elle m’a dit « si, si parce que moi, je n’ai pas tellement envie de travailler le weekend. Je vais me spécialiser dans les mariages en semaine. » C’est une formidable idée !

Est-ce que tu sais ce qu’elle est devenue, d’ailleurs ?

Non. On sait, en général, parce qu’on met leur lien sur notre site, on fait des vidéos. Celles qui bossent, en général, on en entend parler parce qu’elles nous appellent tout le temps. Mais celle-là, à mon avis, elle ne nous a jamais appelés. Non, mais c’est une bonne idée de se concentrer sur la semaine. C’est vrai que des mariages en semaine, on peut en avoir, mais ce n’est quand même pas la grosse majorité. 

C’est sûr que là, il faut être un bon vendeur pour non seulement vendre ses prestations, mais vendre aussi le fait que c’est mieux de se marier en semaine.

Oui, mais c’est une niche, elle m’a dit. Elle est sur une niche.

Écoute, si on la retrouve en tout cas, on se fera le plaisir de l’inviter sur le podcast. 

Elle n’a pas non plus fait sa régie parce que je n’en avais pas la semaine et que le weekend ne l’arrangeait pas. 

Après toutes ces belles anecdotes, on va passer, si tu veux bien, sur le dernier segment du podcast où généralement je pose les mêmes questions à tous les invités. Et la première serait : si jamais tu devais revenir 15 ans en arrière et que tu pouvais te souffler un conseil à l’oreille, qu’est-ce que tu te dirais ?

Il me manquait beaucoup de connaissances, en fait. Je pensais que ce serait beaucoup plus facile. Je pourrais peut-être me souffler « fais attention, c’est beaucoup plus difficile que tu ne le penses. » 

Je crois qu’on a eu sur le podcast une wedding planner qui s’était formée aux États-Unis. Est-ce que tu y avais pensé aussi ? Parce qu’en plus, tu avais fait un stage là-bas. Est-ce que ça t’est venu en tête ? 

Non. Et en plus, à mon avis, ce n’est pas du tout le même métier que nous, c’est très, très différent. Puisque j’en ai rencontré pas mal depuis, j’ai été invitée à des forums en Italie, des choses comme ça. Tout est différent aux États-Unis, mais là, c’est très, très différent quand même. 

À quel niveau ?

D’abord, c’est pratiquement le passage obligé, la wedding planner, c’est-à-dire que ce n’est pas comme nous, il y a beaucoup moins de commercial. Il y a le commercial pour les convaincre de venir chez toi, mais ce n’est même pas la peine de leur expliquer à quoi ça sert, un wedding planner. En France, dès qu’on est demandée en mariage, on commence à regarder un peu les châteaux, un peu les machins. Qu’est-ce qu’elles font aux États-Unis ? Elles sont demandées, elles cherchent leur wedding planner qu’elles ont déjà souvent choisi depuis très longtemps.

D’accord.

Il y avait une fille qui m’a raconté que les gens venaient la voir avant la demande en mariage. Moi, ça ne m’est jamais arrivé ça quand même. 

Ouais, c’est vraiment les mœurs qui sont complètement différentes.

Ce n’est pas du tout les mêmes systèmes. Et puis, ce n’est pas fait à la française avec des conseils. C’est vachement paramétré, elles ont des feuilles Excel pour tout. Moi, je fais quand même beaucoup de ça pour des Américains aussi, mais je le fais à la française. Mais ils me demandent des choses beaucoup plus calibrées, quand même, que des Français. Avec les Français, on fait un compte-rendu des réunions, on se demande même pourquoi, on aurait pu s’appeler. Eux, ils le veulent, par exemple. C’est très différent.

En parlant de fichier Excel, est-ce qu’il y a des outils que tu utilises au quotidien, que ce soit le jour du mariage, avant pour préparer, des logiciels, peu importe ?

Les logiciels, non. J’ai des outils que j’ai faits moi-même, que j’aime bien. Par exemple, j’ai beaucoup de comptes rendus des réunions, j’ai des budgets, j’ai des plannings pour le jour J, d’installation, j’ai des plannings des programmes à préparer pour la journée qui sont plus destinés aux mariés, c’est plus pour l’ambiance et le contenu alors que le planning d’installation, c’est plus une feuille Excel avec l’heure à laquelle chacun s’installe pour que tout le monde ait le numéro de tout le monde. J’ai plein d’outils. 

Et est-ce que ce sont des outils que tu as développés, par exemple, avec des tableurs Excel ou ce genre de chose ?

Tableurs Excel, oui. 

D’accord.

J’ai des comptes rendus des réunions qui sont pratiquement tout faits. J’ai pas mal d’outils quand même. Tout ça, je le donne aux filles de la formation. Je leur donne un book avec tous mes outils. Le book est donné pendant la formation. 

C’est pour aller plus vite, en fait. Tu as les templates que tu modifies selon le client.

Voilà, exactement. Par exemple, quand je reçois un client, j’ai un questionnaire. Maintenant, je commence à savoir par cœur, mais je trouve ça important au début. J’avais une trame. 

Est-ce que c’est un questionnaire que tu envoies avant de signer ?

Je peux l’envoyer aux Américains, aux Anglais ou aux gens qui n’habitent pas là. Je l’envoie en anglais. Moi, c’est pour faire mon budget et pour pouvoir parler avec eux, savoir combien je donne d’honoraires etc. Donc je les reçois et j’ai tout sur ce questionnaire. Je les écoute et je marque tout. Et c’est pour ne rien oublier parce qu’après, quand ils sont partis, ils sont partis.

Oui. Et puis, j’imagine que c’est quelque chose que tu as optimisé au fil du temps, tu as revu tes questions.

Voilà. Et donc ça, je le donne effectivement pendant ma formation. Et elles, ça leur sert beaucoup parce qu’elles ne savent pas trop bien au début. C’est compliqué, le premier entretien avec un client. 

C’est bien d’avoir ce genre de document, ça va un peu faire un fil rouge et ça va te permettre de savoir où tu vas.

Exactement. 

OK. Est-ce qu’il y a une personnalité qui t’inspire ? Est-ce qu’il y a des personnes que tu suis religieusement, qui t’inspirent ? 

Je suis abonnée à deux wedding planners libanaises mais je ne sais pas exactement les noms. C’est Wedding in Lebanese, je crois que c’est ça. Et il y en a une autre. Et il y a une Indienne aussi que je suis. 

Que tu suis sur Instagram ?

Oui, sur Instagram et sur Facebook.

On ira voir peut-être dans tes abonnements et on mettra les liens sur les notes du podcast. 

C’est Lebanese Weddings. Il y a aussi un wedding planner qui est là-bas. Il y a Mindy Weiss aussi qui est américaine, qui fait des choses aussi pas mal. En France, il n’y a pas grand monde. Le truc, c’est qu’on n’a pas les mêmes moyens non plus. Il y a quand même Jeff Leatham aussi qui fait des trucs. Il y en a peut-être qui t’en ont déjà parlé aussi, Jeff Leatham qui est aux Etats-Unis, qui a fait toutes les décos de Kardashian etc., et qui décore le George V. Je suis aussi abonnée à sa page Facebook et à sa page Insta. 

Et est-ce que c’est pour trouver des inspirations ?

Oui, c’est pour trouver des inspirations. Et je trouve extraordinaire, ce qu’ils font. Au niveau organisation, c’est une technique et du savoir-faire, il n’y a personne qui m’impression ni me déçoit. Ce n’est rien, ça. Par contre, la décoration, c’est des choses qui m’impressionnent vraiment. 

Et comment est-ce que tu progresses sinon au quotidien ? 

Pardon ?

Comment est-ce que tu progresses sinon au quotidien, comment est-ce que tu te formes ? Parce que tu parlais, c’est vrai, à un moment donné qu’il fallait lire toutes les revues, il fallait se tenir informée. Comment est-ce que tu fais ? Est-ce que tu appliques tes propres conseils et tu t’es abonnée à toutes les revues de mariage ? 

Les revues de mariage, non. De toute façon, en France, il n’y a pas grand-chose non plus. Par contre, il y a des blogs et il y a des revues prestigieuses de mariage. Comment elle s’appelle, l’Américaine là ? Je suis abonnée là-dessus. Les Indiens, les Lebanese Weddings, c’est extraordinaire. Et là, je récolte plein de photos, plein d’inspirations. Et je fais des planches de choses qui me plaisent et puis je les propose, ça peut m’arriver. Ça m’aide à faire des propositions aux clients, en wedding design. 

D’accord. Et la revue, est-ce que tu ne te rappelles pas du nom ? 

Non. C’est dans mes préférés Facebook, je ne me rappelle plus. 

Si tu les retrouves d’ici la diffusion de l’épisode, on le mettra en lien aussi.

C’est Lebanese Weddings, le wedding planner libanais. Ça, c’est sûr. Ils postent pratiquement tous les jours ou tous les deux jours. À mon avis, à vue de nez, tout ce qu’ils postent, on dépasse le million de dollars quand même.

Oui, c’est sûr. Généralement, on n’est pas sur le même budget. 

Ils font des mariages au Qatar. Mais il y a des idées à prendre. Je ne dis pas qu’on va refaire la même chose, on n’a pas du tout les mêmes moyens, mais il y a des idées à prendre quand même, des très belles choses. 

En tout cas, c’était super intéressant, toutes ces infos-là que tu nous as délivrées aujourd’hui. Avant de te laisser, où est-ce que les auditeurs pourront te retrouver si jamais ils veulent en savoir plus sur toi ?

Sur mon site internet.

Et donc, ton site, c’est Laura Z ?

C’est www.laura-z.fr

D’ailleurs, c’est sûrement une question qui peut te paraitre assez bête, pourquoi est-ce que tu l’as appelé Laura, pour Laurence ou ça n’a strictement rien à voir ? 

Laura, c’est mon deuxième prénom. 

D’accord.

Et Z, c’est mon nom de famille, Zablocki. 

D’accord. OK.

Après avoir trainé trois jours à l’INPI et rien trouvé de libre, j’ai mis ça. C’est fou. 

Les noms de domaine, c’est un peu un problème. C’est de pire en pire.

Voilà. Donc il fallait que je dépose un nom pour mon entreprise et j’étais là déjà depuis trois jours. C’était dans une cave, il y a 15 ans. Et puis, la fille me dit « comment vous vous appelez ? » Donc elle me dit « Laurence, c’est nul. Laura, très bien. C’est parti, vous allez l’appeler Laura Z. » C’est elle qui l’a trouvé, c’est comme ça.

Il y en a qui mettent plus de temps.

Ça a fait déjà trois jours que j’étais là-dedans à chercher « feu d’artifice », « le plus beau jour de ma vie », tout était pris. C’est ça, le problème. Donc j’ai pris mon deuxième prénom et mon nom de famille. Mais finalement, j’en suis très contente parce que je pense que phonétiquement, on s’en rappelle que de tous ces trucs-là, de gâteau machin, prestigieux machin.  

Et puis, là au moins, c’est vraiment axé autour de ta personne donc c’est encore plus vrai. C’est vrai, les gens qui tombent sur ton site avec ton prénom, ils ont envie de parler avec toi plutôt qu’à quelqu’un d’autre. Ça parait logique.

Oui. Ça n’a pas été une recherche énorme, ce n’est pas un brainstorming de 6 heures. 

Il n’y a pas besoin, des fois, de chercher 10 ans pour avoir un bon nom. Ça, c’est sûr. 

Voilà.

Dans tous les cas, ça m’a fait très plaisir de t’avoir aujourd’hui sur le podcast. Et je te souhaite tout le meilleur pour la suite. 

Voilà. Et tu as le nom de Laura Z Organisation, c’est bon, tout va bien. 

Bien sûr. Dans tous les cas, on mettra tout ça dans les notes et on mettra les liens.

Merci, Benjamin. Et puis, à très vite. Et merci encore. Puis, bonne chance. 

Merci, Laurence. À très bientôt. 

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