Mariage éthique et impact social

Podcast
1412 . 2021

De Syra Sylla 14/12/ 2021

Multi-tâche et autodidacte, Andréa est sur tous les fronts : dans l’ombre, derrière son clavier, à optimiser son site pour attirer ses client(e)s et sur le terrain, dans l’opérationnel à magnifier les mariages qu’on lui confie. 

Au micro de Carnet de Noces, Andréa s’est livrée sur la peur qui l’a empêché de se lancer plus tôt dans l’aventure de l’entrepreunariat avec son agence La Petite Nature. Les changements qu’elle a opéré dans son quotidien pour un mode de vie plus éthique vont de pair avec la dimension éco-responsable des différents mariages qu’elle organise. Elle nous en parle également dans cet épisode. 

Vous en saurez plus sur le fonctionnement de son agence et la gymnastique mathématique qui se cache derrière ses tarifs, en toute transparence. Et vous apprendrez comment elle profite de son activité pour contribuer aux causes humanitaires et sociales qui lui tiennent à coeur.

« L’idée c’est de donner du sens à ce que je faisais, de partager, de donner. C’est venu tout de suite. Dès le départ j’y ai pensé. »

L’agence La Petite Nature :

Site Internet : https://lapetitenature.fr/
Instagram : https://www.instagram.com/lapetitenature_weddingplanner/

Les tips d’Andréa :

Ses outils « retouche » favoris : Indesign, Photoshop, Lightroom
Ses outils « organisation » favoris : Planoly, Wedding Plan

L’épisode 25 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 25 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Bonjour Andréa et bienvenue sur le podcast Carnet de Noces. Je suis ravi de t’avoir aujourd’hui. On va discuter, bien entendu, mariage, de ton entreprise, de ton agence La Petite Nature que tu as créée en 2017, si mes renseignements sont bons, si mes petites notes sont bonnes. Je vais te demander de te présenter, de nous dire qui tu es, pourquoi tu t’es lancée dans ce métier etc. 

Merci, Benjamin, pour l’introduction. Merci à toi et à Sierra de m’avoir proposé de discuter un peu de tout cela. Je suis Andréa, j’ai 42 ans. Je suis mariée, on n’a pas d’enfant, on a une petite tribu quand même avec deux chats et un chien. C’est déjà beaucoup de travail, beaucoup d’énergie. Je me suis effectivement lancée en 2017. Avant cela, j’étais responsable visuel merchandiser dans le prêt-à-porter, ça m’a permis d’acquérir de la projection, de l’anticipation, de la gestion d’équipe. Mais au bout d’un moment, ça ne correspondait plus à mes valeurs, c’est-à-dire que je poussais clairement à la consommation et ça ne me correspondait plus. Et le métier de wedding planner, j’y ai pensé depuis une dizaine d’années, c’était dans un coin de ma tête, et je me suis dit « banco ! Je me lance », je me suis sentie capable aussi de par mon expérience passée. Et puis, j’ai créé La Petite Nature. Aujourd’hui, je fais une dizaine de mariages par saison. J’ai recruté Clémence, qui fait déjà partie de l’équipe, en alternance pour la saison 2022. L’idée, c’était de mettre en avant les valeurs qui me sont chères. Ces valeurs sont tout simplement de l’éthique, l’éthique environnementale mais aussi l’éthique humaine. J’ai un peu fauté au départ sur ma communication. Dans la mode, parce que j’aimais ça, j’avais envie de mixer ça à ces valeurs-là. C’était un peu trop de messages. Aujourd’hui, je concentre ma communication là-dessus, sur qui je suis, c’est comme si je vendais à travers ma communication. Et depuis, ça fonctionne plutôt bien. 

D’accord. Là, il y a une chose super intéressante, tu dis que tu as fauté carrément, c’est-à-dire que tu mixais différents types de communication, des messages différents.

Il y avait deux messages, effectivement. J’avais le côté éthique, l’écoresponsabilité, et j’avais créé des collections de mariage puisque je voulais toucher trois styles de mariage différents en ayant, évidemment, le même univers éthique, et ça n’a pas pris. Pourtant, mon concept n’était pas bête. J’avais bien ce principe de collections de mariage, de pouvoir faire des mariages authentiques, minimalistes, avec des matières naturelles, des mariages un peu plus haut de gamme, un peu plus élégant, un peu plus raffiné, et puis d’autres un peu plus modernes, contemporains. Donc j’avais fait trois shootings d’inspiration pour illustrer tout ça. D’ailleurs, le shooting contemporain ne fonctionne pas du tout. Moi je l’adore. Comme quoi ce n’est pas du tout pour ce genre d’univers que les gens viennent vers moi. Donc tout le monde m’a dit que c’était un peu trop de messages.

Est-ce que tu parles surtout de styles de mariage plutôt ? Parce que c’est vrai qu’on peut mettre de l’éthique dans tous les styles de mariage. Mais toi, c’est parce que tu avais fait du contemporain et d’autres styles qui fait que les gens n’arrivaient pas à t’associer à l’un des styles quand ils en avaient trouvé un qui leur plaisait.

Voilà, exactement.

C’est super important puisque je pense que c’est le genre d’erreurs qu’on peut facilement reproduire. On veut être celle qui va pouvoir organiser n’importe quel type de mariage, même si fondamentalement tu peux les organiser, mais c’est peut-être juste parce que ce n’est pas ton style à toi. 

Ce n’était pas n’importe quel style de mariage, il y avait quelque chose qui centralisait tout. Mais comme tu dis, on fait plein de sortes de mariage, mais là je voulais communiquer dessus et le message n’était effectivement pas assez clair, n’était pas assez fort.

Donc ça veut dire que tu t’es lancée en 2017 avec ces trois shootings et tu es partie pleine bourre sur « je fais différentes collections, j’ai différents styles » etc. Et au bout de combien de temps est-ce que tu t’es aperçu que tu avais « fauté » et qu’il fallait redresser un peu la barre ?

J’avais beaucoup insisté, j’ai changé de com fin 2019. En même temps, c’était fin 2017 que je me suis lancée, donc mes shootings se sont faits sur les années 2017-2018. Donc c’est fin 2019 que j’ai changé, j’ai changé tout mon compte Insta, j’ai tout retiré. 

Gros chantier.

Oui. Et j’affine toujours ça aujourd’hui, j’ai fait appel à quelqu’un pour le goal, elle est en train de créer de nouveaux dessins, je vais changer mon site, je vais vraiment affirmer cet univers encore plus.

Tu vas changer ton site. Après tous les sites que j’ai vus, je trouve qu’il est déjà très abouti. Ça donne vraiment l’impression que tu as beaucoup travaillé dessus.

Oui, c’est moi qui l’ai fait toute seule comme une grande. 

Il est très bien fait. Je pense que si jamais tu veux te recycler et changer de voie, tu pourras toujours faire des sites.

Pas maintenant, j’ai encore des belles années à venir. Mais vers 50 ans, pourquoi pas, quand j’approcherai de la retraite. Effectivement, j’aime beaucoup mon site, je le voulais un petit peu contemporain quand même par rapport à l’idée qu’on peut se faire des mariages éthiques qui sont très natures. Et donc, je suis plutôt contente. Mais j’ai envie de monter en gamme et je me dis que ça passe par là. Je ne veux pas changer l’univers, c’est juste que je veux un template un peu plus élégant, un peu plus épuré. Le but, c’est de monter en gamme.

Et donc, tu vas te faire accompagner pour ça par un spécialiste, une professionnelle.

Je n’ai pas encore commencé mais je me suis inscrite à une formation de chez LiveMentor sur WordPress pour approfondir mes connaissances. Je pense que je peux y arriver seule mais il y a des tips, des choses qui me manquent encore. 

D’accord. Et donc, tu vas retravailler sur un template que tu vas personnaliser.

Voilà, c’est ça. Je ne vais pas faire des lignes de code, je n’en suis pas encore là. 

Ce sera pour ta prochaine vie. Tu m’as dit que ça faisait 10 ans que ça te trottait dans la tête, d’où est-ce que c’est venu cette envie de travailler dans l’organisation de mariage et pourquoi avoir attendu 10 ans ? Même si tu m’en as parlé un petit peu.

En fait, j’avais vu un reportage à la télé, tout bêtement, sur ce métier-là. Je crois que, les premiers wedding planners étant arrivés en France, j’avais ce sentiment-là. Je me suis dit que c’était énorme ce métier-là, tu organises tout ça, tu fais de la déco. Et puis, tout ça a muri. Je suis quelqu’un d’assez créative, j’ai fait de la couture, je fais un peu de photo, je suis quelqu’un de très manuel. J’aime manger, j’aime la bonne cuisine. Et le mariage regroupe tout ce que j’aime. Donc en soi, c’est complètement une évidence. Et pourquoi avoir tardé ? Tout simplement parce que je manquais de courage, j’étais trop jeune. Je pense que j’avais besoin de me faire mon expérience en tant que salariée, parce que se lancer en tant qu’entrepreneur, ce n’est pas évident au départ. Je fais encore plein d’erreurs, j’en ai déjà faites. Donc l’idée, c’était de gagner en maturité pour avoir des armes pour se lancer. 

J’ai vu, et c’est ce que tu m’as dit, que tu travaillais dans le prêt-à-porter en tant que visuel merchandiser. J’imagine que tu organises les rayons.

Voilà. Ce n’est pas très joliment dit comme ça.

Il y a beaucoup de mots en français qui donnent beaucoup moins bien.

Les visuel merchandisers mettent en scène les collections dans les magasins ou dans les vitrines, d’ailleurs. Donc c’était vraiment une passion, je rêvais de faire ce métier puisque petite je voulais être styliste. Ça faisait un petit mélange des deux, c’est-à-dire elle était très sérieuse à l’école donc j’ai fini à faire de la vente. Et pareil, j’étais bouillie par les nanas qui passaient leur journée à habiller des mannequins. Donc j’ai adoré ce métier et ça m’a beaucoup appris. J’ai grandi, j’ai appris à être multitâche. Et puis, j’étais responsable visuel merchandiser à la fin, donc ça m’a permis aussi d’apprendre à gérer des équipes. Donc c’est plutôt pas mal.

Et donc, c’est vrai que tu donnes envie aux gens d’acheter. C’est un peu ce que tu dis sur ton site, d’ailleurs, j’ai vu que tu parles de toi à un moment donné et de pourquoi tu t’es lancée dans ce métier. Donc tu passes d’un environnement et d’un travail qui est très lié à la consommation, et surtout que la mode et l’industrie du textile sont parmi celles qui sont les plus polluantes, on le sait, à un boulot où tu mets en avant, justement, ce côté éthique. Y a-t-il eu un switch aussi à ce niveau-là, d’un point de vue mentalité ou même dans ta vie de tous les jours, qui a fait que tu as peut-être voulu dire stop à un moment donné ? Qu’est-ce qui s’est passé pour que tu passes comme ça d’un modèle où tu es vraiment dans la surconsommation et tu en as fait un peu ton métier à quelque chose qui est presque l’opposé ?

C’est l’amour des animaudx qui m’a fait un petit peu prendre conscience de plein de choses. Je m’en rappelle à l’époque, j’ai vu mes premières vidéos sur les abattoirs sur Myspace, ça date, ça m’a sensibilisée à la cause animale. En ce qui concerne l’environnement, c’est vrai que ça a suivi un petit peu par la suite. Puis, il y a le côté humain. Je me rappelle, j’étais en magasin, c’était le lendemain de l’attentat de Charlie Hebdo et on sait qu’il faut que la vie continue, on sait encore plus dans ces moments-là, mais le lendemain il y avait le responsable commercial régional qui était venu et qui nous avait fait tout un pataquès parce que telle promo n’était pas mise en avant. Et j’ai trouvé ça tellement superflu, mais ça m’a brisé le cœur. Je me suis dit qu’il y a des choses tellement plus importantes dans la vie que ça, que ce que je fais aujourd’hui. Il faut que je donne du sens à ma vie. Ça a suivi le reste, mais c’est là où j’ai pris la décision. Ça a mis un peu de temps à bouger et à se faire, mais c’est là où je me suis dit que c’était terminé pour moi ce milieu-là et qu’il ne me correspondait plus. 

D’accord, oui. Donc il y a eu un évènement qui t’a quand même fait prendre conscience. Et puis, c’est vrai que ce n’est pas n’importe quel évènement, c’est sûr. OK. Est-ce que tu as aussi fait des gros changements dans la manière dont tu t’organises chez toi, franchement ce sont des trucs tout bêtes, par rapport au tri et à la manière dont tu as consommé toi-même au-delà du fait que tu t’es justement lancée sur un positionnement assez éthique pour tes mariages ? Est-ce que d’un point de vue personnel tu as beaucoup évolué ? 

Je n’ai pas le sentiment. J’ai commencé très jeune en découvrant ce que c’était la vivisection, à faire attention à ce que j’achetais comme maquillage, c’est-à-dire que je me rendais compte qu’avant ça, avant de prendre conscience de ce qui existait, je voyais une pub à la télé pour un nouveau ricil, je l’achetais. Ça date d’il y a plus de 10 ans. Et aujourd’hui, je réfléchis avant de consommer. Mais ça, c’est depuis un moment déjà. Je ne suis pas parfaite. Je ne suis vraiment pas parfaite. Avant, on était en apart, on ne triait pas parce qu’on n’avait pas la place d’avoir plusieurs poubelles, c’était trop compliqué, on utilisait des bouteilles d’eau. Aujourd’hui, on vit en maison, on a de quoi trier, on a nos gourdes. Je fais plein d’efforts mais je ne suis pas parfaite. Je mange de la viande, c’est un paradoxe, j’en mange très rarement. Les vrais végétariens vont me tuer. Je pars du principe que les animaux se mangent entre eux. Ce n’est pas le fait de manger des animaux qui me dérage, c’est le fait de comment on le fait. Le problème, c’est que j’ai été végétarienne pendant 5 ans, aujourd’hui j’aime énormément la viande, c’est très dur et c’est un vrai paradoxe. Je suis un paradoxe, excusez-moi.

Je pense qu’on n’attend pas de tout le monde qu’il soit parfait, on peut être parfait puis prendre 5 fois la viande en l’année et on ruine tous les efforts qu’on a faits par ailleurs. C’est vrai qu’il faut aussi voir en fonction de l’importance ce que l’on fait et quel impact ça a. C’est un autre débat, je pense qu’on ne va pas trop s’attarder là-dessus, ce n’est pas non plus le sujet du podcast. Donc ça te vient en tête il y a 10 ans. Une fois que tu as pris la décision, est-ce que tu te formes quelque part, est-ce que tu te formes toi-même ? Comment est-ce que tu es passée du stade à « je vais lancer mon agence » à « l’agence est en place, j’ai mes premiers clients et j’organise mes premiers mariages » ? Quelle a été un peu l’historique de tout ça ?

J’ai suivi une formation création d’entreprise pour m’aider un petit peu à y voir un peu plus clair. J’ai suivi également une formation à L’École du Mariage à l’époque. J’avais besoin de me sentir aidée sur toute la partie administrative, donc devis, contrats etc. Là où, encore une fois, peut-être que j’ai manqué un peu de bon sens, c’est que je n’ai pas suivi d’autres chemins de formation dans la communication, dans le marketing etc. Je suis restée énormément sur mes acquis en me disant que j’étais capable. Mais à la limite, tant mieux, ça m’a aidée à me motiver à me lancer. Donc peut-être un petit regret aussi sur un manque de formation autour de tout ça.

Tu veux dire que tu avais des bases pour organiser un mariage mais il te manquait un peu le reste sur comment te marketer, comment communiquer.

Exactement. Ça m’aurait aidée à me rendre compte plutôt que ma com ne fonctionnait pas. Je reprends l’exemple de Sylvie de Sparkly qui, je crois, a fait pas mal de démarches avant de se lancer, et elle a cartonné très rapidement. Donc il n’y a pas de secret. 

C’est marrant de voir, d’ailleurs, qu’il y a plein de façons de faire, que les agences et que les vocations se sont créées souvent de plein de manières différentes et la manière dont tout le monde s’est lancé. Maintenant, on commence à avoir un peu de recul avec tous les épisodes qu’on a faits. Et c’est pour ça que j’aime bien avoir un petit peu le déroulé puisqu’à chaque fois c’est différent et on en tire des enseignements qui sont différents aussi. Toi tu l’as fait de cette manière, mais c’est peut-être aussi ce qui t’a permis d’aller vite derrière puisque tu as fait des erreurs tôt, il y en a pour qui tout marche très vite et qui, au final, se prennent un mur quelques années après puisqu’ils se sont sentis pousser des ailes. Il y a plein de façons de faire différentes, tu as fait comme ça.

J’ai aussi suivi un workshop avec Nessa de La mariée aux pieds nus, ça a été la dernière petite formation que j’ai faite. Je pense que ça m’a pas mal aidée, plus que la formation à L’École du Mariage qui n’a pas servi à grand-chose, d’ailleurs. 

D’accord. On mettra les liens dans les notes de l’épisode. Donc tu as dit que c’était un workshop.

Oui, avec wedding planners essentiellement à l’époque. Je sais qu’elle en a refait une session avec un mixte de wedding planners, fleuristes etc. C’était une retraite un peu entre wedding planners débutants, tout le monde, d’ailleurs, qui voulait peut-être aussi se repositionner. C’était plutôt pas mal. 

D’accord. Donc tu te formes, tu lances ton agence, tu fais ton premier shooting d’inspiration parce qu’il me semble que tu m’as dit que tu en avais fait trois mais étalés sur deux ans. Comment est-ce que ça se passe dans les débuts ? Comment est-ce que tu trouves tes premiers clients ? Comment est-ce que tu t’y prends, même si tu as dit que tu ne t’y es pas prise de la meilleure des manières ?

Par exemple, reprenons cette histoire de shooting. Pour moi, il n’était pas question que je mette des photos qui ne m’appartenaient pas sur mon site internet. 

C’est une très bonne idée.

Oui mais il y en a plein qui ne font pas comme ça et ça va plus vite pour elles. Donc je ne dis pas que c’est une bonne ou mauvaise façon de faire. Je pense que j’ai un peu tardé à trouver de la clientèle. Mais effectivement, j’ai fait ce premier shooting, j’ai lancé mon site, j’ai fait de l’AdWords bêtement au départ.

D’accord. Intéressant !

J’ai commencé Instagram. Je me suis mise aussi sur Un beau jour à un moment donné, c’est un blog. Et puis, j’ai travaillé mon référencement par la suite pour arrêter AdWords parce que je n’ai pas fait AdWords longtemps.

Est-ce que tu as fait toi-même Google Ads ?

Oui. 

D’accord. Est-ce que tu n’as pas trouvé ça trop compliqué ? Je te demande ça parce que, pour être complètement transparent, à côté de gérer toute la plateforme Planners etc., mon métier premier est justement de gérer des campagnes Google Ads pour des clients, donc je connais bien. Et je sais que c’est un peu une usine à gaz quand on est novice et les gens s’y prennent mal généralement donc dépensent de l’argent un peu dans le vent. 

Non. Je n’ai honnêtement aucune idée, je crois que j’ai trouvé un client avec ça. Je n’ai pas dû en faire beaucoup, longtemps. Je n’ai pas vraiment de souvenir difficile là-dessus, mais peut-être que je ne le faisais pas si bien que ça. En tout cas, je sais qu’en tant que cliente, je ne clique pas sur les annonces. Donc je me suis dit que je le fais au début mais, de toute façon, ce n’est pas qualitatif. Et puis, j’ai vite travaillé mon référencement naturel.

Et encore une fois, est-ce que tu t’y es prise toute seule ? Est-ce que tu t’es formée ?

Je ne me suis pas formée, j’ai deux connaissances qui font de la photo qui m’ont beaucoup conseillée là-dessus et je les en remercie, d’ailleurs. Aujourd’hui, ça fait un petit moment que je n’ai pas retouché à mon référencement, d’ailleurs c’est aussi pour ça que je veux revoir un peu le site, mais ça m’a quand même beaucoup aidée. 

Et c’est marrant parce que sur les trois derniers épisodes, on a beaucoup parlé de référencement. On n’a pas fait que ça, mais c’est vrai que c’est très souvent revenu que le référencement naturel, et pour la plupart d’ailleurs, c’était un des canaux principaux d’acquisition. Et toi tu me confirmes que c’est pareil pour toi.

Oui, Instagram et Google. C’est une boucle, c’est-à-dire que là je suis aussi sur La mariée aux pieds nus, je pense que les gens te voient sur internet, te voient sur Insta ou l’inverse, ils te voient sur un blog, plus tu es visible à différents endroits, plus ça rentre dans leur tête, plus ça les confirme dans leur choix de te contacter.

Il faudra que tu viennes t’inscrire sur Planners, d’ailleurs. J’ai vu que tu n’y étais pas encore. Ça fera un point de contact supplémentaire, surtout qu’on bosse beaucoup en référencement aussi en ce moment. C’était un aparté. 

OK.

Donc le référencement, d’accord. C’est top. Peut-être qu’au niveau photo, c’est sûr qu’il y en a qui veulent aller trop vite, prendre des photos de banques d’images. L’inconvénient de ça, c’est qu’on se retrouve avec des photos qui, potentiellement, vont se retrouver sur d’autres sites. Donc pour l’originalité, ce n’est pas super. Avoir un site dès le début, j’imagine que tu recommandes aussi, même si ça peut forcément représenter un budget quand on ne se forme pas parce que tout le monde ne peut pas le faire soi-même, on n’a pas le temps, on n’a pas envie surtout. Mais tu confirmes aussi que si c’était à refaire, certes tu referais peut-être ta communication différemment, mais j’imagine que tu referais un site quand même.

Oui, bien sûr. 

Donc le référencement pour les premiers clients. D’ailleurs, est-ce toujours le cas actuellement ?

La recommandation des prestataires aussi. L’idée d’avoir fait des shootings, c’est aussi de rencontrer des gens. Je sais qu’un des premiers mariages que j’ai faits était sous recommandation aussi. Donc effectivement, ça fonctionne bien. Et les deux aujourd’hui encore, recommandation et référencement. 

Et donc, au-delà de cette période où tu avais justement plusieurs messages, j’ai vu aussi qu’il y a plusieurs fois le mot « champêtre » qui revient sur ton site. 

C’est un référencement pourri.

Voilà. C’était justement la question que j’avais à te poser, si ça venait du référencement ou si c’est vraiment un positionnement spécifique sur ce type de mariage.

Non. En fait, l’erreur que j’ai faite, c’est que je voulais référencer toutes mes pages de tout mon site. Et pour ça, j’ai travaillé des mots clés sur chaque page alors qu’il fallait juste que je travaille ma page d’accueil et le reste sous pages fantômes pour toucher des mots clés précis, et laisser le reste du site travailler naturellement etc. En tout cas, c’est un peu sur ça que je vais repartir quand je vais le changer. 

Parce que je suis sur ton site en même temps, je l’avais ouvert à côté de moi. Et c’est vrai que je me suis fait la réflexion tout à l’heure, j’étais sur ta page Contact et je me suis dit « waouh, il y a beaucoup de contenus, c’est bien », et puis le formulaire est tout en bas, il faut scroller un petit peu pour y aller. De toute façon, il y a plein de façons de faire.

Je voulais que tout soit fait sur Yoast, donc il fallait mettre plus de 300 mots. Donc j’ai tout travaillé, toutes les pages, comme ça et c’est vrai qu’on m’a souvent dit qu’il y avait beaucoup de textes sur mon site etc. Tout ça, ça va être modifié et amélioré.

Tu as fait ça de manière très scolaire.

Voilà, c’est ça. 

OK. Donc là, on va revenir un petit peu sur comment tu organises tes mariages. Tu as dit que tu avais une alternante qui allait t’accompagner pour la prochaine saison. Donc jusqu’à présent, est-ce que tu faisais tout toute seule ou y avait-il quand même des indépendantes qui t’aidaient ? Parce que 10 mariages par an, par rapport à la moyenne ou par rapport à certains, ça peut paraitre « peu ». Donc comment est-ce que tu t’organises à ce niveau-là ?

C’est vrai que je fais tout toute seule, c’était comme ça avant que Clémence arrive. Je sais que pour aller plus loin, il faut investir et déléguer pour se garder les tâches les plus valorisantes, mais il faut avoir l’argent. L’argent, je le mets dans d’autres choses pour l’instant. Pour l’aide des jours J, soit je travaille avec des freelances, soit je travaille avec des personnes qui veulent découvrir le métier et avec qui je suis en contact. Voilà comment ça fonctionne pour l’instant.

Sinon, tu fais tous les rendez-vous, tu fais tout avec tes clients et tu arrives à t’organiser comme ça.

Qu’est-ce que tu entends par « rendez-vous » ?

Parce qu’il y en a certaines qui accompagnent leurs clients dans les rendez-vous.

Je les mets en relation. Mon travail, c’est de la mise en relation. S’ils veulent être accompagnés à une dégustation, ça je peux le comprendre, si, par exemple, ils n’ont personne pour les accompagner ou même pour un essayage de robe. J’ai des nanas qui sont expats et qui n’ont pas forcément des personnes avec qui y aller. Mais généralement, c’est de la mise en relation avec les prestataires. L’idée, c’est de leur trouver leur coup de cœur, en tout cas sur le papier, et qu’ils puissent les rencontrer ensuite, échanger avec eux, et que ça soit le prestataire qui fasse son boulot aussi, donc qu’il y ait un vrai échange entre eux, que je ne parasite pas leur rendez-vous.

Et pour l’année prochaine, sur quelles tâches ton alternante va-t-elle t’aider ? Est-ce que tu as déjà identifié sur quoi elle allait t’aider ?

Elle m’aide déjà beaucoup.

Elle est déjà là, OK.

Oui, elle est déjà là, elle est arrivée en septembre. Là, j’ai fait mon planning 2022 qui est fait jusqu’en septembre. J’ai signé des nouveaux devis entre temps et j’ai des priorités pour eux aussi des recherches des lieux puisque tout va très vite en ce moment, même pour 2023. J’aurais dû décaler mon planning. Et là, pour le coup, elle m’aide énormément, je la missionne sur des tâches précises comme de la recherche de lieux, de la recherche de prestataires, pendant que moi je finalise mes mood boards. Donc c’est génial. Je ne sais pas comment je faisais sans et comment je vais faire si elle n’est plus là un jour. 

On a eu plusieurs invités dans le domaine du mariage écoresponsable. On a eu Coralie de My Green Event, on a eu Sophie des Histoires Naturelles, et donc toi aujourd’hui. J’ai l’impression que c’est un positionnement qui est de plus en plus pris, il y a de plus en plus de wedding planners qui se lancent avec ce positionnement. Est-ce que c’est lié aussi à une hausse de la demande de ce genre de mariages ? J’imagine que c’est lié. Est-ce que tu confirmes ?

Je ne sais pas si ces personnes se lancent parce qu’elles ont le souhait de…

Elles se lancent, oui, ou changent peut-être un positionnement.

En tout cas, je ne sais pas si ces personnes-là choisissent ce positionnement par coup de marketing.

Non, non, non. Ce n’est pas ce que je disais, je me suis mal exprimé.

Je te parle en général que si les gens choisissent cette niche, évidemment il y a un côté com puisqu’on en parle de plus en plus. Mais je pense que c’est comme tous les positionnements, si on ment sur ce qu’on est, ça ne pourra pas le faire à un moment donné. Et là, j’ai perdu le fil de ta question.

Le pendant de ma question, c’était est-ce que tu vois aussi une hausse des demandes spécifiques des gens qui veulent justement des mariages plus éthiques et plus écoresponsables ? Est-ce que c’est une tendance aussi que tu vois grandir par rapport à toutes les sollicitations que tu reçois ?

Oui, on va dire qu’il y en a 60% des personnes qui me contactent rien que pour ça, ce qui ne veut pas dire que ça le sera à 100%. Encore une fois, rien n’est éthique à 100%. C’est un univers, les gens qui viennent vers moi ne voient pas que le côté éthique, il y a le côté naturel, authentique qui se joint à ça. J’ai souvent les clients qui correspondent quand même à mon univers. Donc quasiment tous les clients que j’ai eus venaient pour ces raisons-là, en tout cas pour cet univers naturel, authentique et de l’éthique. Il y a des gens, par contre, qui me disent « c’est chouette, vous avez un positionnement éthique » et ce n’est pas pour ça du tout qu’ils venaient me voir. Je ne sais pas si j’ai répondu à ta question.

Très, très bien. Et donc, comment est-ce que tu qualifies un mariage éthique ? Qu’est-ce qu’on met dans un mariage éthique ? Quel est le mode d’emploi, en gros ?

Il y a plusieurs solutions. Déjà la première, c’est de trouver qui est le plus proche de tes invités. Je vais te dire que ça, c’est dans l’idéal puisqu’un couple qui vient me voir, je ne vais pas le frustrer, je ne vais rien lui imposer, c’est son budget et son mariage. S’il veut se marier à l’autre bout de la France alors qu’ils habitent tous dans le Nord et qu’ils veulent aller en Provence, je ne peux pas leur dire non. L’idée première, c’est quand même de trouver un lieu le plus proche du plus grand nombre des invités. Ensuite, la priorité, c’est de travailler en local. Donc si ce couple-là qui habite à Lille veut se marier en Provence, le principal, c’est d’essayer de leur trouver des prestataires en local. C’est quand même important. Et ensuite, il y a toute la partie produits, donc la saisonnalité des produits, que ce soit les fleurs, la partie alimentaire. Pour les cadeaux d’invités, travailler sur des cadeaux de région, pourquoi pas, ou des choses qui ne soient pas périssables, qui puissent se garder. Et dans la déco, je fonctionne beaucoup à la customisation de choses que j’ai déjà pour essayer de moins consommer de nouveaux matériaux. Ça n’empêche pas que ça peut être hyper sur mesure, changeant un motif ou une couleur. Donc beaucoup de customisations, de locations, d’objets chinés. J’aime aussi quand il y a des shopping lists, des choses à acheter, essayer de trouver des choses qui puissent rester, qui ne soient pas uniquement utilisées le jour du mariage. Là, je suis en train de travailler sur un univers un peu tropical, on va dire, je vais leur proposer des plantes en centre de table ou essayer de trouver du feuillage tropical. L’idée, c’est de trouver des solutions comme ça.

Et donc, les objets déco etc., est-ce des choses que tu achètes pour toi, que tu stockes et que tu réutilises par la suite ou est-ce des choses que tu laisses aux mariés ? Comment est-ce que tu t’y prends là-dessus ?

Ça dépend. Si ce sont des choses que j’ai déjà, je parle d’un welcome board, par exemple, que j’aurais fabriqué pour un mariage et qu’aujourd’hui je reloue en le customisant, ça je le garde. À partir du moment où ce sont les gens qui achètent la matière première, ils partent avec. Le souvenir d’un welcome board en plexi, les gens voulaient garder le panneau pour mettre en déco chez eux, donc ils l’ont acheté et ils l’ont gardé. 

D’accord, OK. J’ai vu sur ton site que tu parles de scénographie et mois de décoration. Est-ce la même chose pour toi ?

Pardon, scénographie et ?

Décoration.

Oui, oui.

D’accord.

Moi j’appelle ça de la création d’univers. Scénographie, décoration, c’est mettre en scène leur couple à travers leur décoration, on va dire. 

J’ai vu sur ton site aussi qu’il y avait quelque chose que je n’ai jamais vu ailleurs, c’est le fait que tu reverses 3% du montant du devis à des associations. Je trouve, à titre personnel, que c’est top. D’ailleurs, je trouve que ce n’est pas assez mis en avant, j’ai lu beaucoup pour le trouver parce qu’il y a beaucoup de textes. Comment est-ce que c’est accueilli ? D’où est-ce que ça vient ? Est-ce quelque chose qui t’est venu en tête comme ça ? Et puis, surtout comment est-ce que c’est accueilli par les mariés ? Est-ce aussi quelque chose pour lequel les mariés viennent te voir, toi, et pas quelqu’un d’autre ?

Ils ne le savent pas. Comme tu dis, ce n’est pas assez mis en avant. Cependant, quand je leur en parle, ils trouvent ça hyper chouette. L’idée, c’était, encore une fois, de donner du sens à ce que je faisais, de partager, de donner. C’est venu tout de suite avec le coup des collections. Dès le départ, j’y ai pensé quand je pensais à ce que j’allais marquer sur le site à mon discours. Avant, je donnais 5%. Aujourd’hui, je donne un petit peu moins, mais le chiffre est un peu plus élevé. 

Et donc, est-ce aux clients de choisir sur quelle association il allait être versé ?

Exactement.

Et vers quel type d’associations est-ce que ça va ? Ou est-ce que tu as une liste, peut-être, à proposer aussi ? Moi, demain si tu venais me voir et tu proposais ça, clairement je n’aurais pas d’idée en tête tout de suite, il faudrait que je réfléchisse.

Bizarrement, ils ont tous des idées. Vraiment. En plus, ce qui est chouette, c’est que tu sens qu’ils sont hyper contents de se sentir impliqués dans ce choix-là. Je leur dis au départ, quand on se rencontre, et ensuite je leur redemande à la fin de ma prestation, je leur dis « donc qu’est-ce que vous choisissez ? » Et souvent, ils me disent « c’est génial, on va choisir ça ». Ça leur donne de l’implication dans tout ça et c’est plutôt chouette. Donc je n’ai pas forcément de liste. Si je devais proposer quelque chose, ça tournerait plus autour des animaux. Mais là, dernièrement, j’ai eu contre Alzheimer, j’ai une association qui s’appelle Le Refuge aussi qui aide les homosexuels, toute la population LGBT, contre le cancer, l’ASPA. C’est assez varié. Aussi, à l’époque des incendies en Australie, on avait envoyé de l’argent, et pour les koalas, et pour les hommes tout simplement.

Et est-ce toi qui gères ces dons ?

Oui.

Ou est-ce main dans la main avec les clients ? Non, c’est toi qui t’en occupes.

Oui. Je calcule 3% du devis hors charges et j’envoie ça directement aux associations. 

OK. Ce n’est pas trop compliqué. Parfois, j’imagine que quand il faut aller donner en Australie, trouver les associations, aller les contacter etc…

J’ai une copine en Australie, donc ça m’a servi. 

Parce que si c’est une petite association, très peu de contact etc., je me trompe peut-être mais ça peut être un petit peu de boulot, après un mariage, d’aller comme ça trouver des associations, aller donner.

Ça ne m’est jamais arrivé que ça soit une toute petite association. Et si c’est le cas, ce n’est pas la mer à boire, je pense que je pourrai me débrouiller. En tout cas, s’il faut le faire avec les mariés, s’ils ont des coordonnées ou des choses comme ça, je peux les laisser s’en occuper aussi. 

Et donc, d’un point de vue pratique, c’est comme si c’était les mariés qui faisaient les dons ou est-ce que c’est toi ? Je pense à tous les dispositifs aussi du gouvernement pour favoriser les dons et je sais qu’il y a des exonérations d’impôts etc. C’est une question pratico-pratique qui me vient en tête tout de suite.

Dis-toi que c’est mon mari qui m’a dit il n’y a pas longtemps « en fait, tu ne donnes pas des sous à des associations ? », j’ai dit « si ». Mon point noir, c’est vraiment tout ce qui est administratif, mais je pense que je ne suis pas la seule. Les impôts, je n’y comprends rien, je ne m’en occupe jamais, en plus on est mariés, je ne sais même pas où est la caisse. Un jour, il va falloir que je m’y mette mais, effectivement, ça part de chez moi.

Ça part de toi, d’accord. Donc tu le déclares venant de toi. C’est bête puisque j’imagine que si tu payes des impôts, tu dois passer auprès de quelques économies sympathiques. 

3%.

Oui, mais 3% fois 10 mariages par an fois ton chiffre d’affaires, ça peut quand même représenter une somme. 

Je ne sais pas du tout combien ça fait de réduction d’impôts, je n’ai aucune idée là-dessus.

Je crois que c’est 50% du montant que tu donnes. En tout cas, tu me feras un feedback courant 2022 quand tu auras tout déclaré et tu me diras combien tu auras été exonérée. Tiens, ça me fait une transition toute trouvée sur tes chiffres. J’ai vu sur toutes tes différentes prestations que tes deux prestations les plus importantes, qui sont l’organisation complète et l’organisation complète sans la scénographie, je crois, tu factures un pourcentage du budget du mariage. C’est aussi quelque chose que je vois rarement sur des tarifs fixes, sur un forfait fixe. D’ailleurs, ça se chiffre souvent en plusieurs milliers d’euro pour une organisation complète. J’avais quelques questions par rapport à ça. La première, c’est comment est-ce que c’est accueilli ? Puisqu’on pourrait penser que tu as des initiatives à vouloir gonfler le budget, ça peut être une objection. Deuxième chose, tu peux avoir beaucoup de travail sur un mariage à petit budget, comment fais-tu dans ce cas-là ? Là, j’ai en tête un budget, par exemple, à 20 000 euros, j’ai vu que ta deuxième formule est à 10% donc ça ferait 2 000 euros.

En fait, je prends 12% d’un budget minimum de 30 000 euros.

D’accord, OK.

Mais encore une fois, tout ça va changer aussi avec le nouveau site. Moi je m’y retrouvais plutôt bien là-dedans. Pour t’en dire plus, effectivement, sur un budget à 20 000 euros, tu auras peu de prestataires à chercher, tu auras quand même moins de travail que sur un budget à 70 ou 80 000 euros. Ça, c’est une évidence. En termes de jour J, ça ne veut rien dire, peut-être qu’il y a tout à installer le samedi matin pour l’arrivée à 14h, donc il y aura beaucoup de main d’œuvre à avoir. Mais le fait de s’adapter au budget, je trouvais ça intéressant puisque tu t’adaptes à la charge de travail. Le temps que tu donnes à tes mariés, ça ne change pas. Que tu aies un mariage à 20 000 euros à 50 personnes ou un mariage à 200 personnes à 100 000 euros, tu as beaucoup de temps à donner. Donc ça me permettait effectivement de toucher une clientèle qui avait des budgets aux alentours de 25-35 000 euros, ce qui était le plus gros de ma clientèle. Et pourquoi ai-je envie de changer de site ? C’est parce que je veux monter un petit peu en gamme et avoir des budgets un peu plus importants. Même dans mon discours, ça va commencer à changer parce que je me rends compte que les budgets augmentent, c’est-à-dire que pour un budget confortable pour 100 personnes, je dirais qu’il faudrait presque 40 000 euros minimum. Donc les gens, quand ils n’acceptent pas, je n’ai pas de nouvelle généralement quand ils voient le devis arriver. D’autant qu’en plus, si le budget augmente, je redemande un pourcentage de la somme supplémentaire engagée. Parce que c’est difficile pour eux aussi de se projeter sur le budget global, donc si on fixe un budget de 30 000 euros et que finalement le budget est à 60 000 euros, je reprends un pourcentage pour que ça soit équitable. Pourquoi ai-je fait ça ? C’est parce qu’une fois, un jour, un client a un peu négocié et m’a dit « je ne voudrais pas que ça dépasse 10% de notre budget », sauf qu’ils avaient beaucoup plus que leur budget initial. Je ne suis pas très forte en négociation, je me suis fait avoir et je me suis dit que m’adapter à leur budget était une solution. Mais c’est plus compliqué à expliquer, ça me fait perdre un peu de temps. Ce qui est délicat aussi, c’est de se dire qu’est-ce qu’on compte dans ce budget-là, ça peut ne pas être clair. Vraiment. Donc je vais changer, je vais repasser au forfait. 

Tu vas repasser au forfait, OK. 

Tout ça pour ça. En tout cas, ça m’a aidée à avancer aussi sur ces premières années.

Surtout quand on a des prix comme ça qu’il faut expliquer, il vaut mieux démarrer du plus complexe et revenir sur le plus simple plutôt que de faire l’inverse. Donc si tu as réussi à bien vendre des prestations comme ça avec des pourcentages qui sont parfois un peu durs à expliquer et à faire passer auprès des clients…

Il y en a qui trouvent ça cohérent, en fait. Il y en a qui m’ont dit « moi je trouve ça complètement normal ». Pour en avoir discuté avec d’autres wedding planners, c’est vrai que je suis la seule à faire ça dans mon entourage et tout le monde trouvait ça pas clair aussi.   

Je me rappelle de Laura Z qu’on a eue sur le podcast et c’est la seule que j’ai en tête qui, je crois, facture un pourcentage aussi du budget, mais je crois qu’elle est aussi positionnée sur du haut de gamme. 

Oui, ça existe sur le haut de gamme.

Oui, voilà. C’est peut-être un peu plus accepté quand tu es comme ça sur des mariages un peu plus haut de gamme. OK. Donc le fait de passer justement sur des mariages un peu plus haut de gamme, est-ce que tu vas changer d’autres choses à part ton site ? Et tes tarifs ? Peut-être que ton discours aussi va évoluer ? 

Quand je dis haut de gamme, que ça soit bien précis, je ne cherche pas à changer de style de mariage. Parce que le haut de gamme, ça peut être tout de suite vu comme des mariages un peu de type fine art, en Provence etc. L’idée, ce n’est pas vraiment ça, c’est toucher vraiment mon persona et avec un budget plus confortable. Donc toujours rester dans cet univers authentique, naturel, éthique. J’en ai de plus en plus, mais c’est vrai que des budgets à 20-30 000, c’est un peu dur, c’est beaucoup plus de travail à organiser. Parce que dans mon carnet d’adresse, je n’ai pas de prestataire avec des prix bas. Et forcément, quand le couple veut telle et telle chose, on est obligé de faire des concessions. C’est dur pour eux et c’est dur pour moi. Donc l’idée, c’est d’avoir un budget qui soit plus confortable pour tout le monde.

Oui, c’était ma question. J’imagine que quand on veut travailler local avec des bons produits, ça coûte logiquement un petit peu plus cher, non ?

Oui, voilà. Souvent, les clients me disent « on veut quelque chose de simple avec des bons produits », ils pensent que le simple est moins cher. Non, en fait.

C’est souvent l’inverse, oui. Il y a simple et il y a sophistiqué. Bref, je vois très bien ce que tu veux dire. OK. On va passer sur le dernier segment du podcast, si tu veux bien, où j’ai quelques questions que je pose à tous nos invités, la première étant de savoir s’il y a des mauvais conseils que tu entends assez souvent donner dans le domaine de l’organisation du mariage, ou des idées reçues, ce genre de choses, ou peut-être des choses que tu faisais avant et que tu ne fais plus maintenant, peut-être que tu as changé ton fusil d’épaule sur certains points. On peut la tourner comme ça aussi. 

Lors de ma formation à L’École du Mariage, je le raconte parce que je ne suis pas la seule puisqu’on en avait parlé avec une autre wedding planner au workshop de Nessa et toutes les deux on avait eu la même info, l’école nous apprenait à vendre du rêve avant de signer un contrat pour séduire les clients. Pour ça, il fallait déjà faire une proposition de prestataires, faire un mood board et tout ça. Moi j’ai quand même signé mon premier mariage comme ça, mais j’ai aussi envoyé des documents, des mood boards, à des couples qui n’ont pas signé avec moi et qui m’ont dit au revoir. Donc j’ai passé des jours entiers à faire ça. Si je n’avais pas fait le workshop de Nessa qui nous a dit « non, non mais attendez, vous travaillez gratos, en fait. Vous leur donnez toutes les idées, puis au revoir. » Et j’aurais vu que ce n’était pas ce qu’il fallait faire toute seule, au bout d’un moment. De toute façon, tu ne peux pas mettre quatre jours à faire un truc pour rien. Mais avec le recul, je me dis comment on peut apprendre ça à des jeunes wedding planners, c’est travailler gratuitement, perdre des heures et des heures. Je sais qu’on ne se sent pas légitime, on n’a pas les outils pour, on n’a pas la confiance pour avoir son premier contrat. Peut-être le faire pour la première fois. Peut-être. Et encore ! Au début, je baissais un peu mes prix quand on me le demandait gentiment, puis on me disait « il ne faut pas baisser tes prix, ce n’est pas bien pour les autres wedding planners qui ne le font pas. » OK, je veux bien, mais moi ça m’a aidée à en être là aujourd’hui. Il faut bien manger, si je n’avais pas fait tel ou tel mariage, peut-être que je n’en serais pas là aujourd’hui. Mais il faut s’adapter aussi à la situation, au contexte, au projet, puis s’écouter soi-même.

Oui, c’est une très bonne remarque sur les mood boards et sur le fait de bosser avant même d’avoir signé un contrat. Je pense qu’il y a peut-être un juste milieu. D’ailleurs, comment fais-tu maintenant ? Est-ce que tu ne montres rien ? Ou peut-être que tu montres certain mariage que tu as fait et qui est dans le thème ou dans la même veine que ce que cherche le prospect en face de toi. Comment est-ce que tu t’y prends maintenant quand tu es en entretient ?

Les entretiens depuis le covid, c’est en visio. C’est plutôt pas mal parce qu’on peut vraiment partager son travail. Maintenant, en termes de rendez-vous, je pense que je suis plutôt pas mal, plutôt à l’aise. Et donc, je partage les documents que j’utilise pour l’organisation d’un mariage, que ça soit les documents de présentation des prestataires, des lieux, le planning le jour J. Ils aiment plutôt bien ça parce que ça permet vraiment de leur montrer comment je fonctionne. Je leur montre aussi un petit WeddingPlan. Et ça, c’est plutôt cool parce qu’ils se disent « chouette, on a un outil rien que pour nous qui regroupe tout plein d’infos ». Et c’est vrai que depuis que je fonctionne en visio comme ça, ça fonctionne plutôt bien. J’ai aussi changé de façon de faire mes devis. Avant, je faisais des devis avec des lignes tout simplement. Aujourd’hui, je fais un devis vraiment esthétique avec des photos qui donnent vraiment envie. 

C’est super intéressant, ça. D’accord. Quand on travaille avec des outils, parfois quand on est un peu plus structuré, je sais que souvent on passe sur des outils qui font les devis, qui font les factures. Et les devis, généralement, tu es très limité, tu as les templates avec des lignes. Presque tout le monde fait des lignes, donc il faut savoir sortir un petit peu des [48:59].

En plus, je peux personnaliser ce devis-là, c’est-à-dire que si quelqu’un me parle d’un mariage un peu minimaliste au lieu de quelque chose à la base de pampa, je peux changer les photos. C’est ça qui est bien, je peux personnaliser, mais toujours avec mes photos. 

Donc tu montres plus comment tu fais plutôt que des propositions propres à leur propre demande. Et ça, c’est intéressant, tu montres que tu es structurée, que tu as des outils, que tu as des documents que tu vas leur envoyer. Je pense que ça rassure peut-être tes prospects de voir qu’ils vont être bien accompagnés, qu’ils vont être guidés. L’outil WeddingPlan, ça correspond à la deuxième question que je voulais te poser. Tu ne vas peut-être pas me citer cet outil-là mais ça fera plaisir à [49:48], en tout cas. Donc la deuxième question que je voulais te poser, c’était s’il y avait un outil, un logiciel que tu utilisais au quotidien et dont tu ne pourrais te passer en tant que wedding planner ? Tu m’as déjà parlé de WeddingPlan, est-ce qu’il y a quelque chose d’autre ?

Pour tout ce qui est partie déco, j’utilise la Suite Adobe, donc InDesign, Photoshop et Lightroom. Pas Illustrator, je n’ai jamais vraiment mis le nez dedans. 

C’est assez technique déjà ce que tu utilises, c’est bien.

J’aime bien mes mood boards, j’y mets beaucoup d’amour, je détoure 15 millions d’objets, donc voir les mettre en scène sur la page. Ce ne sont pas des photos les unes à côté des autres, je mets vraiment en situation les éléments, en tout ça j’essaye un maximum pour que les gens se projettent. Parce que je n’envoie pas 2-3-4 propositions, je n’en envoie qu’une, donc il faut qu’elle soit la plus séduisante possible. Évidemment, elle s’ajuste ensuite. Mais l’idée, c’est vraiment de tomber pile poil sur quelque chose qui les séduise. Et donc, ce mood board, il faut qu’il soit plus inspirationnel possible. Donc j’utilise Photoshop tout simplement, parce que si je trouve une photo d’une table mais qu’elle n’est pas de la même couleur, j’essaye de la modifier. Ça prend pas mal de temps mais ça plait pas mal aussi.

Il faut que tu tapes dans le mille tout de suite avec ta seule et unique proposition. 

Voilà. Il peut y avoir des modifications, il y en a très souvent, c’est rare qu’au premier envoi on me dise « banco, c’est exactement ça ! » Ça peut être une couleur qui doit être modifiée, ça peut être des verres qui peuvent être modifiés. En tout cas, souvent, l’univers général y est. Donc ça, c’est tout pour la partie créative. Pour la partie organisationnelle, mon WeddingPlan, mon Mac (les notes, Google Agenda, Numbers pour mon suivi mariage, mes prévisionnels). Et ensuite, pour Instagram et la com, ça sera Planoly que j’utilise pour planifier mes posts.

C’est super complet, on mettra tous les liens dans notre article sur le blog Planners. Quelle est, selon toi, la grande tendance mariage pour les prochaines années ? Est-ce que c’est du champêtre comme tu l’as mis sur ton site ?

Je ne sais pas si tu es encore devant le site, le shooting que j’avais fait et qui s’appelle Memphis, je rêverais d’avoir des choses comme ça, donc des choses un peu plus colorées. Minimaliste, ça existe déjà. Je ne sais pas quelles seront les grandes tendances, même s’il y en a une qui se décroche un petit peu quand même. Je dirais un peu plus de couleurs, il y a des blogs étrangers qui en jouent pas mal, du color block, même dans les fleurs, par exemple, de faire des dégradés de couleurs, commencer du jaune en passant par le orangé et finir par les tons froids. D’ailleurs, j’ai envie de le proposer sur une déco l’année prochaine, de sortir des fleurs séchées de la pampa. S’il vous plait. J’aime beaucoup, c’est très joli, mais je n’en ai pas fait énormément. D’ailleurs, je suis contente, j’en ai fait un en octobre qui était magnifique. Mais c’est vrai que c’est à nous aussi d’éduquer les futurs mariés, de leur dire « attention, ça c’est vu et revu ». En même temps, c’est vrai, ils ne se marient pas tous les jours, ils ne vont pas à 15 mariages par saison. Donc ils voient des choses jolies, ils les veulent. Mais il faut qu’on arrive à sortir de ça un petit peu. Est-ce que vous me diriez color block.

Là, je suis sur ton shooting Memphis. On dirait que c’est assez urbain aussi, non ?

Oui, voilà, c’est ça. C’était à Paris. C’était un chouette souvenir mais, effectivement, par rapport à tous les autres déjà, il dénote un peu et les gens, quand je partageais des choses sur Insta et tout, parce que je ne partage quasiment plus rien de ce shooting, ça ne fonctionnait pas. En tout cas, j’adore cet univers mais il faut capitaliser sur ce qui fonctionne aussi. 

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite, Andréa ?

 D’avoir du temps pour réaliser certains projets, c’est-à-dire de pouvoir respecter mes deadlines et m’accorder ce temps pour accomplir certains projets que j’ai en tête dont l’anniversaire de l’agence l’année prochaine, je pense en novembre. C’est un gros projet.

Donc tu fêteras tes cinq ans si j’ai bien calculé.

Voilà, c’est ça. Ce n’est que cinq ans.

C’est déjà bien. Dans le domaine du wedding planning, je ne vais pas dire que tu es une dinosaure, mais…

Non, non, non.

Pas encore.

Un bébé wedding planner.

Voilà, c’est bientôt dans la fleur de l’âge, comme on dit.

Donc ce projet se voudra caritatif. Encore une fois, pour revenir sur les 3%, l’idée c’est qu’on récolte de l’argent pour l’ASPA. Tout ça, je n’en dis pas plus, c’est déjà en cours dans ma tête, en cours dans mes notes de mon ordi, et on va y travailler avec Clémence pour mettre tout ça en place d’ici l’année prochaine.

Cool ! Si on veut justement suivre l’avancement de ce projet, où est-ce qu’on peut te trouver sur Internet ou sur Insta ?

Sur Instagram La Petite Nature. 

Et sur ton site, je mettrai les liens, donc lapetitenature.fr.

Oui, c’est ça.

Et puis, merci à toi. On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Ça m’a fait super plaisir, il y a beaucoup de choses dans ce podcast, encore. Ce qui est bien, c’est que même si on parle avec des wedding planners qui sont dans des univers assez similaires, il y a toujours des nouvelles choses. C’est ce qu’on disait tout à l’heure. On te souhaite le meilleur pour la suite. Et puis, on fera peut-être un follow-up, comme on dit, après ton anniversaire l’année prochaine.

Tu seras, bien entendu, invité. 

J’y compte bien.

Tu vas venir, en tout cas. Merci à toi, Benjamin.

Merci à toi, à bientôt ! Salut !

Au revoir.

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