Mariage au naturel !

Podcast
214 . 2021

De Syra Sylla 21/4/ 2021

Dans sa vie comme dans l’organisation de mariage, Sophie Lardy mise sur l’écoresponsabilité. Simplicité, authenticité et naturel sont les maître-mots de Sophie.

“On a décidé de se marier. Quand on a commencé à regarder sur Internet un lieu, des traiteurs et tous les choix de prestataire, on se retrouvait dans aucune proposition. On voulait un mariage qui soit à notre image, avec certaines valeurs : l’éco-responsabilité, éthique. On voulait manger simple mais des produits de la région. On s’est rendu compte que c’était hyper compliqué. C’était en 2015. A l’époque sur Bordeaux, y’avait un seul traiteur éco-responsable qui était booké depuis je ne sais combien de temps.”

C’est l’organisation de son propre mariage qui l’a inspiré dans son désir de devenir wedding planner et au micro de Carnet de Noces, elle nous raconte tout. Vous en saurez plus sur les coulisses de l’organisation d’un mariage au naturel, comment elle a évolué dans le métier, ses inspirations, ses coups de coeurs littéraire et la création du collectif le Noyau qui milite, via un blog, pour une prise de conscience écologique dans le monde du mariage.

L’agence les Histoires Naturelles de Sophie Lardy

Site Internet : https://leshistoiresnaturelles.com/
Instagram : https://www.instagram.com/leshistoiresnaturelles/
Facebook : https://www.facebook.com/leshistoiresnaturelles/
Pinterest : https://www.pinterest.fr/leshistoiresnaturelles/boards/

Les “tips” de Sophie :

Son blog dédié à l’éco-responsabilité dans l’univers du mariage : le Noyau
Sa formation : l’école Jaelys à Paris
Son inspiration : Corentin de Chatelperron que l’on retrouve dans le reportage “Nomade des mers”
Un livre : “Mariage Green” de Claire Tranier
Son logiciel de gestion favori : Wedding Plan

L’épisode 13 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 13 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Sophie, bonjour. Merci à toi d’être là aujourd’hui avec moi. On va encore une fois parler de mariage, comme d’habitude. Je sais que tu es spécialisée dans les mariages écoresponsables. Je te disais tout à l’heure que ce n’est pas le premier épisode qu’on enregistre dans cette thématique-là puisqu’on avait déjà reçu Coralie de My Green Event dans un épisode qu’on a diffusé au début de l’année. Mais comme on l’a dit avant l’enregistrement, chaque wedding planner à sa façon de faire et sa philosophie même si on est dans la même thématique. Je vais déjà te demander de te présenter et de nous dire comment tu en es venue à faire ce beau métier.  

Très bien. Merci beaucoup pour l’invitation. Je suis ravie d’être là et partager tout ça avec les auditeurs de Carnet de Noces. Pour me présenter brièvement, je m’appelle Sophie, j’ai monté l’agence Les Histoires Naturelles en 2017, donc ça va être la quatrième année. Je suis basée à Bordeaux et j’interviens principalement dans la région bordelaise au sens large, même tout le Sud-Ouest. Voilà pour la présentation générale. Effectivement, ce qui me tient à cœur dans ce métier est l’approche écoresponsable. Et c’est à travers ce prisme-là que je suis entrée et que j’ai décidé de me lancer dans cette aventure de wedding planning. Pour rentrer un peu dans les détails, l’historique de la création de l’agence Les Histoires Naturelles, je viens d’un secteur complètement différent. Avant, je faisais de la recherche scientifique en écologie. Et pour des raisons diverses, mais notamment parce que c’est un domaine dans lequel il n’y a pas énormément de postes, les places sont très chères, au bout d’un moment, on commence à avoir envie de s’installer dans la vie, de se poser un petit peu plus. Parce que dans la recherche, on voyage beaucoup, il y a beaucoup d’instabilité, de contrats précaires, etc. Bref, j’ai eu envie de changer, de me poser à Bordeaux avec mon mari. Et en parallèle de ça, on a décidé de se marier. Et donc, comme tous les couples, on s’est précipité sur internet et on a commencé un peu à regarder un lieu, des traiteurs, tous les choix de prestataires qui s’offraient à nous. En fait, on ne se retrouvait dans aucune proposition, on ne se retrouvait pas du tout dans les codes du mariage traditionnel. En plus, on voulait un mariage qui soit à notre image et qui ait certaines valeurs, donc l’écoresponsabilité, et qu’il soit éthique. On ne voulait pas forcément « faire un mariage », on voulait surtout partager du bon temps sur tout un weekend avec nos amis et notre famille. On voulait manger simple, mais des produits de la région, des produits de saison. On voulait cette démarche-là et on s’est rendu compte que c’était hyper compliqué. On a commencé à préparer notre mariage en fin 2015 – début 2016. C’est vrai que maintenant l’écoresponsabilité est en mieux, on en parle beaucoup plus, beaucoup de personnes, de prestataires commencent un peu à se pencher sur la question. Mais à l’époque, pour te donner une idée, il y avait un traiteur écoresponsable sur Bordeaux qui était bien sûr booké depuis je ne sais pas combien de temps. Et on s’est rendu compte que quand on voulait organiser un mariage qui sort un peu de ce qui se faisait, du côté un peu traditionnel, c’était hyper compliqué avec ces valeurs-là. Les prestataires ne comprenaient pas toujours la demande ni pourquoi on se cassait la tête sur ce genre de question. On s’est rendu compte qu’il fallait faire beaucoup de choses nous-mêmes. Et en discutant avec des amis et des proches, je me suis rendu compte que beaucoup d’amis qui s’étaient déjà mariés étaient dans le même état d’esprit que nous au début du préparatif du mariage. Et au fur et à mesure, beaucoup se sont dit « ce n’est pas exactement ce qu’on voulait, mais tant pis, on va choisir telles options, tel traiteur ou telles choses parce que, de toute façon, on ne trouve rien d’autre et on n’a pas le temps. Là, il faudrait faire ça nous-mêmes ou il faudrait se pencher sur la question. On n’a pas le temps. » Et les gens étaient évidemment ravis de leur mariage, mais ils s’étaient éloignés de leur idée de départ. Donc vu que j’étais en reconversion professionnelle, je me suis dit que ça pouvait être quelque chose d’utile et d’intéressant. Je me suis penchée un peu sur la question, j’ai fait une brève étude de marché. Et je me suis rendu compte qu’à l’époque, quand j’ai regardé courant 2017, il n’y avait personne dans la région. Et en France, il y avait une grosse agence qui tournait depuis un moment et qui commençait vraiment à se spécialiser dans ces mariages-là. C’était Artis à Paris. Mais sinon, il n’y avait personne. Donc j’ai un peu sauté sur l’occasion et je me suis inscrite à une formation wedding planner, et puis zou.  

Quelle formation as-tu faite ?

J’ai fait la formation de l’école Jaelys à Paris. 

D’accord.

À l’époque, enfin ce n’est pas comme si c’était il y a des années et des années.

C’est vrai que c’est un mot que tu as employé plusieurs fois, mais c’était en 2017.

Oui, c’est ça. C’était en 2017, ce n’était pas il y a super longtemps. Je trouve que ces dernières années, c’est vrai pour l’écoresponsabilité, mais aussi pour la formation dans le wedding planning, en cherchant des formations en 2017, il y avait l’école Jaelys qui proposait des formations en présentiel sur trois mois. Ils ont aussi une option un mois, mais ça ne me correspondait pas. On avait accès au programme avec du contenu, ça me paraissait conséquent comme approche. Et les autres, il n’y avait que des formations en ligne où on nous envoyait des supports et ça me paraissait un peu léger. Et je n’ai pas trouvé d’autres formations à l’époque. Donc Jaelys me paraissait être la plus adaptée à ce que je cherchais. Et depuis, il y a d’autres formations qui se sont montées et de wedding planners qui ont beaucoup d’expériences et qui ont monté leur propre formation, et c’est génial. Parce que je trouve qu’effectivement, c’est hyper important que la profession se professionnalise et que les filles ; je dis les filles, mais les hommes aussi même si c’est majoritairement des femmes ; qui se lancent là-dedans prennent conscience que ce n’est pas parce qu’on a organisé son mariage ou le mariage de sa cousine que c’est un métier, et qu’il y a quand même des choses spécifiques à apprendre à ce métier-là. 

Oui. Et puis, c’est aussi le signe que c’est un marché qui se développe. Et il y a de plus en plus de couples qui passent par des wedding planners. Je pense que tu dois le voir aussi. Mais c’est vrai que tu es aussi sur une tendance de fond en écologie, on y est de plus en plus. J’ai noté dans ta présentation que tu parlais aussi de codes du mariage quand tu as essayé de te marier. Quand tu parles de codes, est-ce que c’est uniquement le fait qu’il n’y avait rien par rapport à l’écoresponsabilité ou est-ce que ça va plus loin ? Parce que je vois aussi sur ton site et sur ta communication que tu parles beaucoup de mariage simple, tu parlais tout à l’heure de menu assez simple, de faire en sorte que le mariage soit juste un rassemblement avec les amis et la famille sans aller peut-être dans les excentricités du mariage « classique ». C’est comme ça que je l’ai interprété. Est-ce que c’est vraiment ça que tu ressentais, ce que tu voulais comme mariage et que tu proposes à tes clients ou est-ce que c’est complètement autre chose ?

C’est exactement ça, mais avec une petite nuance. Pour ce qui nous concernait à l’époque où on s’est marié, c’est qu’effectivement on ne se retrouvait pas du tout dans les images de mariage qu’on voyait. Puis, on a trouvé des choses qui nous plaisaient en creusant. Mais la première chose qui arrivait quand on cherchait un lieu, surtout dans le bordelais, c’est vraiment le château classique de Bordeaux, la robe blanche un peu bouffante, la voiture de collection, les tables rondes. Ce qu’on ne voulait pas, c’était la salle rectangulaire avec des tables rondes et le DJ au bout. C’était hors de question, c’est quelque chose qui ne nous correspondait pas du tout. Il y avait certains codes, c’est-à-dire certaines organisations ou certaines façons de faire qui sont les plus répandues et qui correspondent au plus grand nombre dans lesquelles on ne s’est retrouvé pas du tout. On ne voulait pas du tout d’un repas assis, on ne se voyait pas du tout là-dedans. On ne se voyait pas non plus à avoir une piste de danse avec un DJ parce qu’il y avait beaucoup de nos amis, notamment les amis de mon mari, qui ne dansent pas du tout, ce n’est pas du tout leur truc. Donc on voulait plutôt quelque chose qui nous ressemble parce qu’on voulait que les gens qui voulaient danser dansent, les gens qui veulent discuter discutent et qu’on ne se retrouve pas forcément coincé à cette table ronde avec des gens qu’on ne connait pas trop. Et puis, quand les gens commencent à danser et qu’on n’a pas envie de danser, on est coincé dans cette salle avec du bruit. Ça ne nous correspondait pas et ça ne correspondait pas à nos invités. Et effectivement, c’est aussi à ce type de clients que je m’adresse, c’est-à-dire ceux qui ne se reconnaissent pas dans les choses très traditionnelles ou cette vision un peu classique du mariage, qui veulent se marier autrement ou dans un endroit différent qu’un château classique. Mais j’ai aussi des clients qui ont finalement des goûts et des envies plus traditionnels, et pourquoi pas ? Parce que je ne suis pas là non plus pour faire le mariage de mes rêves. Mais comme j’ai cette sensibilité-là, je pense que j’attire aussi les gens qui veulent quand même sortir un petit peu de ce côté un peu classique qui me ressemble dans un certain sens.  

Si je devais résumer, ce serait des gens qui cherchent peut-être l’originalité et quelque chose qui sort des sentiers battus. Quelle proportion à peu près de ces mariages un peu différents est-ce que tu en as dans le nombre de mariages que tu organises ?     

Je dirais qu’à part mon premier mariage que j’ai fait par connaissance et par contact, j’ai envie de dire qu’à peu près tous les mariages. Et en tout cas, les derniers clients signés et tous les contacts que j’ai en ce moment sont des clients qui correspondent vraiment aux clients que je cherchais, c’est-à-dire des gens qui, d’emblée, me parlent eux-mêmes d’écoresponsabilité, par exemple. Donc je pense que sur les mariages déjà effectués, on est sur 80 – 90 % de mariages où on était vraiment sur la même longueur d’onde, sur cet esprit-là. Et en tout cas, sur les dernières demandes que j’ai eues, on est vraiment sur 100 % de demandes de gens qui viennent avec cette sensibilité-là. Mais qu’ils signent ou qu’ils ne signent pas, soit par une question de budget ou pourquoi pas aussi une question de feeling, si finalement ils ne se retrouvent pas forcément dans mon discours, ils me contactent en tout cas en disant « on a cette écosensibilité, on veut vraiment un mariage à notre image », tu vas me dire comme tous les mariés, « on ne se retrouve pas dans le classique », « on veut le faire à la maison », « on veut faire quelque chose de très atypique », « on veut quelque chose que nos invités n’ont jamais vu ». Ce sont toutes les demandes que j’ai l’année dernière.  

Oui. Donc j’imagine que tu tombes parfois sur des couples qui veulent quelque chose de vraiment original. Je pense notamment aux lieux parce que c’est vrai que c’est dans les lieux que tu as peut-être les moyens d’exprimer plus ta différence et de faire ton original. Tu parlais de ceux qui veulent se marier à la maison, c’est déjà original pour le souligner. J’ai vu aussi sur ton site, je ne sais pas si c’est un mariage que tu as fait, des gens qui étaient pieds nus sur une forme d’une montagne apparemment, on aurait dit à la fin d’une randonnée.  

C’était un shooting. 

C’était un shooting. D’accord.

Oui, c’était un shooting. Mais c’est un mariage que j’aimerais beaucoup faire en vrai. Pour l’instant, j’ai deux couples qui avaient envie de concrétiser un peu ce genre de mariage. Mais dans les faits, il y avait trop de contraintes logistiques, c’est plus compliqué avec 200 personnes. Ce shooting-là était plus approprié pour un petit mariage. Mais quand des mariés veulent ce genre de choses, pourquoi pas, c’est possible, ça peut être envisageable. Par contre, en termes de budget, en termes de logistique, on va commencer à monter un petit peu haut. Des fois, les mariés aussi doivent s’adapter aux contraintes qu’ils ont, c’est tout à fait normal.

Qu’est-ce qui ferait que le budget serait élevé dans ce mariage ? Puisque pour le coup, on est en extérieur, on est dans la nature. C’est sûrement une question idiote, mais j’ai du mal à me projeter.

Pas du tout parce que c’était justement aussi une des surprises que j’ai eues quand j’ai organisé mon mariage. Plus on veut à priori simple, plus c’est compliqué finalement. Par exemple ce cas-là, pour monter à cet endroit-là, on peut le faire, mais il faut louer des bus pour acheminer tout le monde depuis Tarbes, par exemple, ou depuis Lourdes. Donc ça fait déjà un petit budget. Ensuite, il faut acheminer sur place tout le matériel pour une cérémonie si on reste dans un cas où des gens veulent 200 personnes, par exemple. Il faut pouvoir acheminer là-haut tout le matériel d’une cérémonie, penser aussi éventuellement à un plan B sur place et à louer quelque chose, soit plus bas dans la vallée qui pourrait nous faire un plan B, soit louer une structure qui pourra abriter tout le monde. Il y a tout ça à penser qui fait que forcément le budget grimpe vite, au lieu d’être dans un lieu plus proche d’une grande ville qui permet d’acheminer les choses et les invités beaucoup plus facilement, par exemple.   

Oui, c’est sûr. Je comprends. C’est sûr qu’un château peut loger toutes les voitures des invités. Ce n’est pas un problème.  

Oui, c’est ça, un château. Et puis, un château ou un domaine qui a l’habitude de recevoir un mariage, et c’est aussi ce qui déplait souvent aux clients finalement, c’est paradoxal, mais c’est ce qui déplait, ils font des mariages tous les weekends donc ils sont rodés. « Vous faits le cocktail ici, là vous avez les plans des cocktails. Là vous avez la salle, donc le DJ se met là, les tables se mettent comme ça. Voilà la liste de là où on loue du matériel donc vous avez le choix entre ces chaises-là et ces chaises-là. » Tout est rodé, ce qui peut être hyper pratique, hyper rassurant, hyper simple pour beaucoup de monde et pour des mariés qui s’engagent seuls dans l’aventure. Mais pour des mariés qui veulent sortir un peu des sentiers battus, ils ont un peu l’impression que leur mariage va être un mariage parmi tant d’autres et ils ne se retrouvent pas là-dedans. 

C’est ça, oui. C’est peut-être confortable ce genre de mariage puisqu’il n’y a pas forcément de mauvaise surprise. On sait que c’est rodé, que ça devrait bien se passer normalement. C’est peut-être aussi l’avantage que tu as en tant que wedding planner, c’est qu’il y a très peu d’historique dans ce genre de mariage ou c’est peut-être tellement unique à chaque fois que c’est là où tu peux peut-être te vendre encore plus facilement puisque tu fais du 100 % sur mesure dans des lieux qui n’ont jamais été imaginés et qu’on ne s’en doute jamais déjà accueillir des mariages. Tu peux peut-être même t’éclater pleinement quelque part.   

Oui, ça a été intéressant pour moi aussi. J’ai aussi des mariages dans des domaines très beaux et très connus, rodés. Et j’aime tout autant accompagner ces couples-là, on a aussi une belle relation humaine avec eux. Mais c’est vrai que je m’éclate plus sur le côté un peu challenge à relever. J’ai eu pas mal de mariages à domicile et c’est à chaque fois un challenge parce qu’il y a tout à amener, il y a des contraintes. Parce que ça a quand même un goût particulier dans le sens où on est vraiment dans l’intimité, on est dans la famille des mariés. Donc c’est là aussi où le mariage prend tout son sens parce qu’on est vraiment au cœur de la famille. On est chez les mariés, chez les grands-parents, chez la tante. J’ai envie de dire qu’on est vraiment au cœur du mariage. 

Et donc, est-ce que tu sens que les mariages à la maison, un peu comme l’écoresponsabilité, sont aussi une tendance ? 

J’ai envie de dire que le Covid est probablement en jeu parce que je sais qu’il y a des gens qui ont aussi changé leur fusil d’épaule et choisi finalement de se marier à domicile, car moins de disponibilité des lieux, des fois des contraintes sur les ERP et pas sur les lieux privés. Donc il y a certaines personnes qui ont finalement opté pour cette option alors que ce n’était pas forcément ce qu’ils avaient en tête. Et je sais que dans notre région, et surtout sur le bassin d’Arcachon, ça se fait beaucoup. Parce qu’il y a très peu de lieux à louer pour faire un mariage sur le bassin. Donc les gens qui veulent se marier sur le bassin et qui ont la chance d’avoir une maison de famille à cet endroit-là, c’est à domicile. Ça se fait beaucoup dans ce coin.  

Sinon, dans les autres lieux, à quoi penserais-tu comme lieu un peu insolite dans lequel tu aurais déjà organisé un mariage ? 

J’ai un lieu insolite qui n’est pas insolite en soi du tout. J’ai fait deux mariages dans le centre-ville de Bordeaux. Ce n’est pas insolite parce que l’un était dans un restaurant et l’autre dans un bateau qui était à quai dans le centre de Bordeaux. Mais c’est plutôt la demande qui est insolite en soi à cause du stéréotype : on veut aller à la campagne, être cœur de la nature, avoir un beau domaine, prendre l’apéro dehors, sur la terrasse d’un domaine, etc. Et là, la demande était, au contraire, « on veut être en ville, on veut qu’aucun de nos invités ait à prendre la voiture, on veut que tout le monde se déplace en tram », justement dans cette démarche d’écoresponsabilité aussi et d’éviter de faire déplacer tout le monde à plusieurs kilomètres, « on veut pouvoir aller à pied entre la mairie et notre lieu de réception ». Donc comme je disais, le lieu du mariage n’est pas vraiment insolite en soi, mais la demande est plutôt rare et finalement pas si simple à mettre en place. Parce que quand ce couple m’a dit « on veut se marier dans le centre-ville pour que ce soit accessible en transport en commun sans limite horaire, parce que ce n’est pas évident dans le centre-ville et on est 200″, ça ne laisse plus beaucoup de choix et il faut se creuser un peu la tête.  

Oui, c’est là où il faut mettre sa casquette de super-héros et d’aller chercher un lieu qui coche toutes les cases.

Oui, voilà. On a imaginé plein de choses, on avait trouvé des super lieux, mais qui fermaient à 2 h du matin donc on avait envisagé aussi de privatiser. Il y avait une boite de nuit sur un bateau juste en face, pourquoi ne pas privatiser une partie de la boite de nuit pour les fêtards. On avait imaginé tout un tas de scénarios, et avec le brunch du lendemain qui s’est fait dans leur pub préféré qu’ils fréquentent d’habitude. Et j’ai trouvé ça très chouette. C’était vraiment très sympa à faire et en plein centre-ville. 

Oui, c’est original. Et puis, j’imagine les 200 personnes qui prennent le tram en même temps, ça doit être assez original pour les gens qui sont là. 

Beaucoup ont été habillés parce qu’on n’était pas très loin. Mais ça a un côté aussi un peu « colo ». 

Je voulais revenir sur ce que tu faisais avant d’être wedding planner, tu m’as parlé que tu étais chercheuse en écologie. Donc au final, même si c’était dans un domaine qui était complètement différent, tu étais quand même déjà dans l’écologie. Ça doit être quelque chose qui te tient à cœur depuis pas mal de temps. Au niveau de ton mode de vie aussi, comment est-ce que tout ça se matérialise d’un point de vue un peu plus personnel ? J’imagine que ton quotidien reflète aussi ta mentalité par rapport à tout ça.    

Oui, on essaie au maximum d’être en accord avec nos principes dans notre vie. Pour la petite histoire, effectivement, quand j’étais au lycée en terminale, c’est la première fois que j’ai entendu parler de réchauffement climatique. Puis, j’étais intéressée par la biologie donc je suis partie en fac de bio. Et puis, là on commence à parler des impacts de l’activité humaine sur les écosystèmes, surtout sur les différentes espèces. Donc j’ai « baigné » là-dedans par mes études depuis mes 18 ans. Et au fur et à mesure, j’étais intéressée et même passionnée par ça. Et j’ai continué le cursus jusqu’à la fin, jusqu’au doctorat pour ensuite faire de la recherche là-dessus, même si on est tellement pointu en recherche. Je travaillais sur l’évolution de la coopération et de la socialité chez les espèces animales donc on est vraiment loin de l’écologie, recycler ses déchets et ce genre de choses. Mais c’est quelque chose qui me passionne par ailleurs. Et donc, forcément, en faisant ces études-là, on adapte ses habitudes de consommation au fur et à mesure même si ça s’est fait hyper progressivement. Et en revenant à ce qu’on disait au tout début, je pense que la société est aussi en train de changer par rapport à ça. Je me souviens tout au début, quand j’étais étudiante et que j’allais au supermarché faire mes courses, je prenais mon sac à dos de rando pour y mettre mes courses et ne pas prendre les sacs en plastique. À la caisse, on me regardait comme si j’étais une tarée de venir avec mon sac à dos de rando. Et puis, petit à petit dans ma vie, j’ai adapté mes habitudes de consommation naturellement. J’ai découvert des façons de faire qui me correspondaient plus et qui correspondaient plus à mes valeurs. Et au fur et à mesure, seule au début et puis avec mon mari, on se posait de plus en plus de questions, on a changé toutes nos habitudes. Par exemple, on ne va plus du tout dans les supermarchés, on ne fait nos courses qu’en local, on mange uniquement de saison. On a changé aussi tous nos loisirs. J’ai beaucoup, beaucoup voyagé de par mon ancienne activité. J’ai vécu pendant plus de deux ans et demi en Afrique du Sud et mon mari était en France donc notre bilan carbone à cette période-là explosait parce qu’on prenait l’avion pour se déplacer. Là maintenant, on a aussi complètement changé notre façon de vivre. Depuis qu’on a eu un enfant, par exemple, on achète tout d’occasion, on n’achète plus rien de neuf ou quasiment plus. On essaie de changer notre mode de consommation pour qu’il corresponde au maximum à nos valeurs et à soutenir aussi les initiatives locales qu’on apprécie ou qui vont dans ce sens-là.   

Et au niveau local, justement, puisque tu me disais que quand tu t’es mariée, il n’y avait qu’un seul traiteur sur Bordeaux qui était dans cette « mouvance » là, est-ce que ça a changé depuis ou est-ce que c’est toujours compliqué d’avoir des prestataires qui sont engagés comme ça ? 

Ça a changé parce qu’il y a beaucoup de gens qui se posent de plus en plus de questions. Il y a aussi de nouveaux « arrivants », des nouveaux prestataires qui sont arrivés à peu près en même temps que moi et qui sont aussi dans cette démarche. Et puis, on s’est rencontré de fait. Sur le côté traiteur, chaque traiteur écrit maintenant « c’est des produits locaux et de saison » sur n’importe quelle plaquette qu’on va voir. Cela ne mange pas de pain d’écrire sur la plaquette. Mais comme je dis toujours, cela n’empêche que tu retrouves les mêmes produits dans l’assiette quand tu vas faire ta dégustation au mois de décembre pour ce que tu vas manger au mois de juillet. Et ça me chagrine un petit peu. Je dis ça en caricaturant un peu. Mais il y a des traiteurs qui ont une démarche très, très engagée et qui ne font des dégustations qu’avec des produits de saison. Donc sa dégustation se fait soit carrément un an avant, soit quelques semaines à peine avant le mariage. Ou alors, on déguste quelque chose qui va être de saison en hiver comme ça vous pouvez voir la patte du chef, voir le type de cuisine qu’il propose. Par contre, vous n’allez pas déguster exactement ce que vous allez manger au mariage. Donc ça existe.   

C’est un bon tips que tu donnes là pour voir si un traiteur est vraiment écoresponsable ou non, c’est d’aller faire une dégustation six mois avant et voir s’il vous sert ce que tu as demandé le jour du mariage. C’est un bon exercice puisque je pense que peu pensent vraiment à ça quand ils mettent sur leur plaquette que c’est de saison. C’est vrai qu’il faut aller jusqu’au bout après.  

Oui, c’est ça. Mais je ne jette la pierre à personne et je ne suis pas là pour dire aux gens ce qu’ils ont à faire. C’est juste que pour des entrepreneurs ou des entreprises, surtout dans la restauration, mais dans d’autres domaines, avoir un engagement écologique, écoresponsable demande de repenser toute son activité si à la base ce n’était pas l’habitude qu’on avait, ou si on ne fonctionnait pas de cette façon-là. Et donc, ce n’est pas forcément facile, ce n’est pas forcément faisable, ce n’est pas forcément viable économiquement dans un premier temps. Ce n’est pas non plus évident et simple de dire « il faut être comme ci », « il faut être écoresponsable ». Ce n’est pas aussi simple que ça. Et des fois, on est obligé de faire autrement, et ce n’est pas grave. Mais sur la partie traiteur, et même sur beaucoup de prestataires, je trouve intéressant de creuser un petit peu. Et maintenant, au fur et à mesure de mes rencontres et de l’expérience, je me rends compte assez vite des gens qui ont vraiment cette sensibilité-là et ceux qui disent « ah oui, je suis écoresponsable » et quand tu parles cinq minutes avec eux, tu te rends compte qu’ils ne sont pas forcément plus engagés que ça. Et c’est un argument de vente maintenant donc on peut l’employer un peu à toutes les sauces. Mais quand tu commences à demander au traiteur « pour le tri des déchets, est-ce que tu compostes, par exemple, ou est-ce que tu fais appel à une asso qui permet de valoriser les biodéchets ? », « oh là là, non, tu te rends compte que c’est compliqué en cuisine, on ne peut pas ». En creusant, tu te rends vite compte des personnes qui ont un réel engagement et de celles qui sont plus en train de surfer sur la vague pour l’instant. Et d’ailleurs, à ce sujet, c’est aussi pour ça qu’on a monté une asso avec d’autres prestataires de mariage sur Bordeaux, une asso et un blog de mariage qui s’appelle Le Noyau où on recense pour l’instant des prestataires qui ont ce réel engagement. On a créé une charte et on regroupe un certain nombre de prestataires qui se reconnaissent vraiment dans cette charte et qui portent ces valeurs-là haut et fort, et aussi comme un gage pour les futurs mariés qui cherchent des prestataires réellement engagés et de qualité.     

Oui, c’est ce que je voulais dire, ça donne de la visibilité à ceux qui voudraient faire eux-mêmes leur mariage et qui chercheraient des prestataires, parce que c’est vrai que ça doit être compliqué à trouver. C’est déjà compliqué de trouver les bons prestataires quand on a un champ de recherche assez large. Donc quand on doit vraiment se focaliser sur ceux qui sont vraiment engagés, j’imagine qu’il ne reste plus grand monde et il faut bien les choisir. 

Oui. Et puis, c’est comme dans tout secteur de la consommation, c’est-à-dire que, encore une fois, c’est un argument de vente maintenant. Donc comment distinguer ceux qui sont vraiment engagés de ceux qui écrivent « c’est du coton bio, regardez, c’est super, achetez et vous sauvez la planète, vous faites une bonne action » alors que c’est un peu plus compliqué que ça. Donc l’idée est aussi, par exemple, de questionner et d’amener les gens à se poser des questions à travers ce blog.  

Oui, à se poser les bonnes questions. Même sur un traiteur, j’imagine qu’il n’y a pas que la nourriture en elle-même. Comme tu l’as dit, il y a la manière dont les déchets sont traités, il y a peut-être la manière dont le traiteur doit se déplacer pour aller sur le lieu de réception, s’il prend trois ou quatre camions alors qu’il pouvait n’en prendre qu’un, etc. Je pense tout haut là, mais je pense qu’il y a tous les à-côtés de la prestation en elle-même. Un peu comme tous ceux qui se disent super écolos, mais qui passent leur temps à voyager ou à se trimbaler avec un 4*4 qui dépense 50 litres au 100. Je pense que pour évaluer un prestataire, il n’y a pas que la prestation en elle-même, il faut aller voir tous les à-côtés. 

Oui. Et puis, je pense que c’est aussi important d’en discuter avec les prestataires parce que, encore une fois, personne n’est irréprochable. Et quand on cherche un prestataire, on ne fait pas remplir un cahier des charges hyper drastique sur ces émissions de CO2. Mais je trouve que, en tout cas pour les mariés qui ont cet engagement-là, c’est aussi pouvoir être accompagné par des gens qui ont les mêmes engagements, même s’ils ne peuvent pas encore « tout faire » ou faire le maximum parce qu’ils ont des contraintes économiques logistiques. Mais je trouve qu’en discutant avec les gens, on se rend compte très vite de ceux qui se posent des questions, en tout cas ce qui sont sensibles à ça et qui sont en train de chercher des solutions et qui sont aussi conscients de leurs limites et du chemin qui nous reste à parcourir pour améliorer encore les choses. Et je trouve que c’est aussi important pour les mariés d’avoir des prestataires qui partagent ces valeurs-là et qui s’interrogent vraiment sur le fond des choses plutôt que mettre sur une plaquette « regardez, je suis écoresponsable parce que j’utilise du papier recyclé dans mon imprimante. » 

Et je n’imprime pas les mails.

Je n’imprime pas les mails. Je caricature évidemment. Mais j’aime cette idée de discuter, de questionner et de réfléchir ensemble à des solutions. Est-ce que faire des faire parts numériques est vraiment plus écoresponsable que de faire des faire parts sur papier ? La question n’est pas simple et la réponse n’est pas évidente. Et tout est comme ça, rien n’est tout blanc ou tout noir. Et je trouve ça intéressant aussi de se questionner par rapport à ça.

Le blog est bien lenoyau-leblog.fr, pour tous les bordelais qui nous écouteraient.

C’est ça.

Je vois que tu as des prestataires dans les secteurs d’activités liés au mariage : fleuristes, coiffeurs, etc. 

Oui.

C’est bien. Et si je me mariais demain, par exemple, et je voulais un mariage « dans les codes », qu’est-ce que tu recommanderais comme gestes ou comme choses qui ne sont pas très compliquées à mettre en place, mais iraient déjà dans la dynamique de quelque chose de plus écoresponsable, des choses qui sont simples à mettre en place, mais auxquelles on ne pense pas forcément ?    

La première chose qui me vient en tête, c’est déjà pour un couple de se poser vraiment la question de ce qu’ils veulent et de vraiment faire la liste de ce qu’il y a du sens pour eux et pour leur mariage. Parce que ça va déjà être un moyen d’avoir un mariage qui nous ressemble vraiment et dans lequel on se retrouve vraiment et que les invités retrouvent aussi le couple. Mais ça va aussi être un moyen et un guide tout au long des préparatifs pour se centrer sur nos valeurs, nos envies et nos besoins plutôt qu’au fur et à mesure qu’on passe du temps sur Pinterest et Instagram, on dit « ah oui, je veux ça », et puis « j’ai vu ça, c’est génial », et puis un photobooth et puis un truc. Et au final, on veut dépenser plein d’argent et acheter plein de trucs parce que c’est trop cool sur Pinterest. Et c’est souvent ce que je dis à mes couples. En plus, de toute façon, il faut souvent faire des arbitrages pour des raisons de budget. Donc bien se centrer sur ce qu’on veut permet déjà de cibler aussi nos dépenses, donc nos achats, et donc notre consommation, et de réduire « au nécessaire » ou, en tout cas, ce qui est vraiment important pour nous. C’est déjà la première chose. Et ensuite, très concrètement, il y a un livre qui va sortir bientôt qui s’appelle Mariage Green, je crois, qui a été écrit par Claire Tranier et qui va sortir le 23 mars où elle a fait tous les calculs de bilans carbone des différents postes du mariage. Donc j’ai très hâte de le lire en détail. Je ne veux pas spoiler, mais je crois qu’une des choses les plus importantes est évidemment le bilan carbone des transports. Maintenant, beaucoup de gens vivent à l’autre bout de la France voire à l’autre bout du monde et on a envie de rassembler ces gens-là pour son mariage. Si on ne le fait pas pour son mariage, on ne le fait jamais donc c’est important de rassembler ses proches. Donc si on peut choisir un lieu qui peut minimiser un peu les transports, c’est important vu que c’est là que va se jouer une grosse partie du carbone émis. Comme je disais, le traiteur aussi, bien sûr, sur l’impact du choix des produits, végétariens ou non, etc. Les fleurs, il y a beaucoup, beaucoup de choses à faire sur les fleurs, travailler des fleurs de saison et produites localement. Il y a le Collectif de la fleur française qui est un collectif de fleuristes qui s’engagent à avoir au moins 50 % de leurs fleurs utilisées dans leur composition qui proviennent de France. 

Et est-ce que c’est un collectif qui est partout en France ?

Qui s’est monté à Paris et qui est partout en France, si je ne dis pas de bêtise. Et puis, ils ont des antennes dans chaque région maintenant.

D’accord. D’ailleurs, on mettra les liens dans les notes.

Oui. Et sur le blog du noyau, on a interviewé la co-fondatrice du collectif et écrit un article, si les auditeurs sont intéressés pour en savoir plus. Donc sur les fleurs, bien sûr, il y a un gros boulot à faire, et aussi sur ce qu’on fait des fleurs après. Sur des mariages cette année, on est en train de réfléchir, de voir pour aller récupérer les fleurs et les compositions qui sont encore belles et qui tiennent bien, de pouvoir aller les donner à des assos, des Ehpad, des structures de ce type-là qui, je pense, apprécieraient un peu de gaieté et un peu de fleurs dans leurs locaux. Les alliances, beaucoup de choses à faire aussi avec les alliances.

Qu’est-ce qu’il y a à faire, d’ailleurs, avec les alliances ? Parce que c’est peut-être un objet qui peut faire de l’impact dont on a moins conscience. 

Oui. Toute l’industrie de la joaillerie et l’extraction minière ont un énorme impact, que ce soit pour l’or ou les diamants ou les autres matériaux précieux. C’est une catastrophe écologique et humaine. On a tous vu des images d’enfants travaillant dans des mines en Afrique ou dans des mines de diamant dans des pays en guerre. Donc le secteur de la joaillerie et l’extraction minière ont un fort impact humain et écologique. Si on tient à avoir cet objet d’alliance, si ça a du sens pour nous et qu’on y tient, on peut soit choisir un joaillier qui fait partie d’un label qui s’appelle Fairmined. C’est un label qui regroupe des mines. Ils sont réunis sous forme de coopératives qui sont à taille humaine et qui s’engagent à respecter le droit humain. Donc ils rémunèrent les ouvriers sur place et les mineurs à des salaires décents dans le pays en question. Pour un Européen, ça reste un salaire qui est loin d’être décent, mais, en tout cas, c’est déjà un engagement important par rapport aux autres types d’extraction. On a aussi des contraintes environnementales dans ce label. Pareil, on a écrit un article sur le blog sur ce qu’il y a derrière tel et tel label. Le label Fairmined est celui qui est clairement le plus restrictif et le plus sérieux en termes d’engagement humain et aussi un petit peu écologique. Mais il y a encore beaucoup, beaucoup de boulots à faire. Sinon, travailler avec des joailliers qui ne travaillent que l’or recyclé. Là, on n’a pas de l’or qui est directement extrême et qui est issu de la refonte de bijoux, d’or dentaire, d’or qui est issu, par exemple, de tous les déchets électroniques qui contiennent de l’or, etc. Et pareil pour les diamants, on a des joailliers qui travaillent uniquement des diamants anciens ou des diamants de synthèse, des diamants de laboratoire. Même si ce n’est pas forcément clair pour ça parce qu’il faudrait vraiment estimer combien émet la synthèse d’un diamant en laboratoire. Et ce n’est pas neutre en carbone de produire ça de façon synthétique. Mais au moins, il y a toute la partie droit humain qui est déjà plus clean de ce côté-là. Donc les alliances, beaucoup de choses à faire aussi.  

Et est-ce que tu crois qu’il y a moyen d’aller sur d’autres alliages ? 

Tu as le même problème à partir du moment où tu as de l’extraction minière. Mais pour moi, je trouve que l’or recyclé est quand même une bonne solution. Il y a des bijoutiers qui ne font plus que ça maintenant, qui ne travaillent plus que ça et qui refusent de travailler avec d’autres types d’or. Donc ça me parait être une bonne option. Ou on peut imaginer ne pas avoir d’alliance et avoir un autre objet ou un autre symbole et imaginer autre chose qui correspond au couple.

Et est-ce que tu as déjà des couples qui n’avaient pas d’alliance ?

Oui, j’ai des couples qui n’avaient pas d’alliance.

Et qu’est-ce qu’ils avaient choisi à la place ?

Ils n’avaient rien choisi.

Rien choisi ?

Non, ils n’ont pas d’alliance.

OK. Donc si on doit se focaliser vraiment sur les 80 % qui vont avoir le plus d’impact, c’est les transports, le traiteur et les fleurs, si j’ai bien compris.

Oui. Je ne pourrais pas te dire vraiment en termes de chiffres.

Il faudra attendre le livre.

Voilà, attendons le livre, j’espère qu’on y trouvera les chiffres. J’ai envie de dire que, quand on a un couple et qu’on se marie, c’est aussi important, encore une fois, de se poser des questions et de faire aussi avec nos envies et avec ce qui nous parle. Il y a des gens pour qui telle chose va être très parlante, très importante et très symbolique, et pour d’autres moins. Donc l’idée n’est pas de rajouter de la contrainte et de la culpabilité à cet évènement. L’idée est plus d’y remettre son sens et remettre à tous les éléments du mariage le sens qu’on a envie d’y mettre en se recentrant sur ce qui est important pour le couple. 

Oui, voilà. Il faut quand même se faire plaisir en gardant en tête que c’est son mariage. 

Oui, bien sûr.

Il y a des choses sur lesquelles on peut « céder ». 

Oui, voilà. Il y a des choses qui ont plus ou moins d’importance pour les uns ou pour les autres. Je prends l’exemple de la robe pour les mariées. Il y en a qui veulent une jolie robe, mais elles n’ont pas forcément envie de mettre 3 000 euros dans une robe de créateur et de ne la mettre qu’une seule fois. Et quand je leur parle de robe d’occasion, elles me disent « mais c’est génial, je veux une robe d’occasion ». Et puis, d’autres me disent « non, non, non. La robe, je veux la choisir avec ma maman. C’est ma maman qui me l’offre et je ne veux pas une robe d’occasion, c’est ma robe. » Il y a toute une symbolique derrière et je comprends. Donc elles ont raison de choisir que ce soit leur robe et de garder ces moments-là avec leur maman, par exemple, autour du choix de la robe.

Et il y en a même peut-être qui veulent la même robe que leur mère. Donc on a les deux. 

Voilà, exactement.

C’est vrai que c’est assez original pour le coup. 

Oui. 

Si tu veux bien, on va passer sur le dernier segment du podcast où je pose les mêmes questions à chaque fois à tous nos invités. La première que j’aimerais te poser, c’est : si tu revenais à ton toi du premier jour, pour toi ce sera peut-être en 2017, est-ce qu’il y aurait quelque chose que tu aimerais te souffler à l’oreille par rapport à des choix que tu as peut-être faits en tant que wedding planner ou même avant et sur lesquels tu aimerais revenir, peu importe, s’il y a un conseil que tu aimerais te donner à ton toi du premier jour ?   

Oui, je dirais de ne pas hésiter à sortir de chez soi et à aller parler de son projet, de son business, de ne pas hésiter à en parler à plein de gens. Parce que quand on se lance, on se dit qu’on va créer un site internet, on est derrière notre ordi à penser à plein de trucs. Et au final, rien ne se passe si on attend derrière l’écran. Des fois, ça peut être se mettre un petit coup de pied au derrière parce que ce n’est pas forcément évident d’aller discuter avec des gens qu’on ne connait pas ou pas encore. Mais je pense que c’est sortir de chez soi et aller discuter de son projet et de son business. 

Est-ce que tu veux dire aller discuter pour chercher de l’aide ?

Pas forcément de l’aide, juste pour parler de son projet, que ce soit se faire connaitre auprès d’autres prestataires ou que ce soit dans nos activités de loisir, peu importe. Ne pas hésiter à en parler vraiment à tout le monde et à laisser des cartes de visite à gauche et à droite. Vraiment à en parler. Je pense que c’est quelque chose qui nous fait connaitre et qui fait jouer aussi le réseau au fur et à mesure, mais pas forcément que le réseau entre professionnels dans le secteur. 

Oui, c’est le fait de compter des graines. D’ailleurs, c’est ce que disait Sylvie dans un épisode qui disait qu’elle avait fait le tour des prestataires de mariage avant. Parce que si ce sont des gens qui sont dans le même état d’esprit que toi, ils peuvent te recommander par la suite. Et puis, c’est vrai que c’est toujours bien d’avoir de bonnes relations avec les gens, même avec qui tu vas pouvoir peut-être travailler dans le futur. C’est un très bon conseil. Quel serait pour toi l’outil indispensable pour gérer ton activité de wedding planner au quotidien ?

J’ai beaucoup cherché d’outils, j’ai essayé beaucoup de choses, que ce soit les Trello, les tableaux Excel, les Drive. J’ai essayé beaucoup de choses et finalement c’est en discutant avec une collègue, Myriam de Happiness Factory, qui m’a dit « tu n’utilises pas Wedding Plan ? », « non, qu’est-ce ? ». Je ne sais pas si tu en as déjà entendu parler ou si d’autres wedding planners t’en ont déjà parlé. 

Tu n’es pas la seule à en avoir parlé. D’ailleurs, je crois que c’était Virginie de l’agence Mariella qui en a fait une bonne promotion. Et puis, chez Planners, on connait bien aussi Webert. On le connait bien personnellement et on aime bien mettre en avant son outil. 

Et c’est un outil qui est pas mal, mais qui n’est pas encore optimal, en tout cas par rapport à mon utilisation.

Ça veut dire que tu auras des retours à faire à Webert sur quelques nouvelles fonctionnalités à implanter.

Mais ce que j’adore, c’est qu’à chaque fois que tu lui poses une question sur le chat, c’est fait dans la minute. Quand c’est un petit problème technique, quand c’est d’autres fonctionnalités, il étudie vraiment la question et se creuse la tête pour apporter réponse à ton souci. C’est vrai que ça s’améliore de jour en jour. Il y a la nouvelle fonctionnalité que j’ai vue qui permet aussi de relier sa boite mail. Ça ne marche pas avec Gmail donc ça fait partie des choses que je voulais continuer de creuser. Pareil sur l’agenda, je travaille beaucoup avec mon Google Agenda et ce serait top si on pouvait fusionner les deux. Mais en tout cas, c’est l’outil qui permet de centraliser aussi la partie compta, la partie devis et la partie échange pour les clients pour l’instant. C’est chouette aussi d’avoir cette interface ergonomique de liste d’invités, de plan de tables, etc. Dans ma façon de travailler, ce n’est pas encore optimal, mais je pense qu’il faudrait que je passe encore plus de temps à approprier cet outil et à optimiser mon seuil d’utilisation.    

Pareil, on mettra tous les liens dans les notes de l’épisode de toute façon. Au niveau de toi, de ton travail, comment est-ce que tu progresses au quotidien, est-ce que tu continues de te former, comment est-ce que tu te tiens à jour à des nouveautés, des tendances de l’univers du mariage, est-ce que tu le fais proactivement ou est-ce que c’est des choses qui viennent à toi comme ça ? 

J’ai envie de dire que c’est un peu par phases, c’est un peu par périodes de motivation plus ou moins. Je fonctionne assez comme ça. Je travaille beaucoup au coup de cœur et au coup de motivation. Là, je suis en train de me remotiver pour retravailler toute ma partie visuelle, je vais me remettre un peu sur mon compte Insta parce que je l’ai complètement délaissé. Donc sur cette période-là, c’est ce qui me motive en ce moment et c’est ce que j’ai envie de faire. Il y a d’autres périodes où je vais plus travailler sur : regarder les blogs, remettre à jour mes inspis, mon compte Pinterest, etc. Donc c’est par vague.  

Et est-ce qu’il y a des personnalités qui t’inspirent, que tu suis ?

Plein. Au sens large ?

Au sens large, oui.

Je ne sais pas, c’est toujours difficile de répondre à cette question parce qu’il n’y en a tellement et dans des domaines tellement variés que je serais incapable de te donner une ou deux ou trois personnalités. Parce que je trouve qu’on peut s’inspirer de tellement de personnes connues ou pas connues, des gens qu’on rencontre dans pleins de domaines différents. Ce qui m’inspire, ça va être tous les gens qui sont engagés et qui font des choses extraordinaires. C’est très vague. 

Est-ce que tu aurais une ou deux personnes qui te viennent en tête ?

Le truc qui me vient parce que je l’ai vu à la télé hier soir ou dans la semaine, c’est le navigateur qui navigue sur son voilier pour faire le tour du monde et rassembler toutes les inventions low-tech qu’il trouve dans tous les pays du monde. Je trouve que c’est le genre de personnalité absolument incroyable qui fait des choses incroyables.

On essaiera de retrouver son nom. 

Son nom m’échappe, mais je pourrais te l’envoyer par mail quand je l’aurai retrouvé. Mais ça peut être quelqu’un dont on entend parler comme ça à la radio, qu’on voit à la télé. Et je trouve qu’on peut vraiment trouver source d’inspiration dans toutes ces choses-là, dans toutes ces personnalités. Et c’est ça qui est chouette, d’avoir énormément de sources d’inspiration différentes.

Et pour avoir encore plus d’inspiration, est-ce que tu pourrais nous partager ton plus beau souvenir de mariage depuis que tu t’es lancée ? Est-ce qu’il y en a un en particulier sur les nombreux que tu as eus ?

J’ai plein de beaux souvenirs, mais les souvenirs qui me touchent le plus à chaque fois, c’est les échanges de vœux ou les discours des proches qui me mettent la larme à l’œil souvent. Même si je suis dans mon petit coin derrière en train de suivre de loin les discours ou la cérémonie, je suis très touchée. Et à chaque fois, c’est beaucoup d’émotion. Et de voir les mariés, parce que finalement on tisse beaucoup de liens avec les mariés qu’on accompagne, qu’on suit pendant un an voire plus. Et de les voir bouleversés, de les voir touchés comme ça, par ce moment-là, et savoir qu’on y a contribué un tout petit peu ou qu’on les a déchargés de l’aspect logistique et technique pour qu’ils vivent ce moment à 100 %. Je trouve que c’est les bons moments des mariages et du métier. 

Et puis, c’est bien pour toi. C’est les petits moments de pause où tu peux te reposer, où tu sais que tu as fait ton travail. 

Oui, voilà. C’est vrai.

Tu regardes dans ton petit coin. Tu ne fais pas de cérémonie laïque, si ?

Non, non, non. Je ne fais que de l’organisation et je ne fais pas de déco. Chacun son métier et ses compétences. Donc je ne fais que la partie orga, ce qui est déjà beaucoup.

Sophie, c’était super intéressant. C’est vrai qu’on aura appris beaucoup sur la tendance écoresponsable des mariages.

Ça m’a fait très plaisir d’échanger avec toi. J’espère que ça parlera à beaucoup de monde.

Le plaisir est partagé. Où est-ce que les gens pourront te suivre si jamais ils veulent en apprendre plus sur toi et pour avoir encore plus d’infos sur cette thématique ?

Mon site et mon Insta. Surtout que là, comme je te disais, je suis en train de remettre tout ça à jour et de reprendre la main dessus vu que j’avais un peu délaissé ça pour le moment. Là, je vais être plus présente sur Instagram. On va aussi dire que l’année 2020 a fait qu’on avait plus de travail de fond et moins de contenus de mariage à partager. Sur cette année, je pense que sur Instagram…  

Ça va reprendre. D’accord.  

Oui, voilà, ça va reprendre. 

Donc en gros, il faut taper Les Histoires Naturelles sur Google et on devrait te trouver, que ce soit ton site internet ou ton Insta.

Oui.

On mettra les liens, encore une fois, dans les notes de l’épisode.

Super !

Sophie, je te souhaite tout le meilleur pour tes prochains mariages et pour la nouvelle saison qui arrive. Et puis, on se dit à une prochaine.

Merci beaucoup. Je te souhaite une très belle fin de journée. Et puis, bonne continuation avec le podcast, c’est vraiment une super initiative. 

Merci à toi. À bientôt.

À bientôt.

Salut.

Salut. 

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