Mariage à la française avec Elodie Villemus

Podcast
812 . 2020

De Syra Sylla 8/12/ 2020

L’émission « 4 mariages pour 1 lune de miel » n’est plus à présenter. Et si de nombreux couples ont vu leur rêve de lune de miel se réaliser, le programme phare du groupe TF1 a également permis à Elodie Villemus de se révéler au public. Mais comment passe-t-on de simple wedding planner à experte en chef de « 4 mariages pour 1 lune de miel » ?

Wedding planner depuis plus de 12 ans maintenant devenue experte dans le programme “4 mariages pour 1 lune de miel”, Elodie Villemus a d’abord tiré son épingle du jeu en devenant une référence de l’organisation de mariage « à la française » pour les étrangers. Ses débuts en tant que wedding planner avec sa première agence « La Belle Emotion », son parcours, ses motivations, la création du label French Wedding Industry, Elodie se raconte au micro de Carnet de Noces.

Elodie Villemus Weddings
Site Internet : https://www.elodievillemus.com/
Instagram : https://www.instagram.com/elodie_villemus_weddings/
Facebook : https://www.facebook.com/elodie.villemus.weddings.Wedding.Planner.Provence/
YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCLl9Vsz2MDOZ82edvV61REQ

La transcription de l’épisode 4 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

[Perrine] Bonjour Élodie, merci d’avoir accepté de faire cet épisode de Carnet de Noces avec nous. Je te souhaite la bienvenue. On va commencer avec une question traditionnelle : est-ce que tu peux te présenter pour nos auditeurs s’il te plaît ?

Avec plaisir ! Je te dis bonjour aussi, Perrine. Merci de me donner l’occasion de prendre parole sur notre beau métier.
Je suis Élodie Villemus, wedding planner depuis 12 ans. Je suis vraiment spécialisée dans l’organisation de mariage, dans le destination weddings. C’est-à-dire que notre clientèle est majoritairement étrangère. Notre signature est vraiment sur l’art de se marier à la française, l’art d’organiser un mariage à la française.
C’est-à-dire qu’il y a tout ce côté chic, ce côté élégance, c’est vraiment quelque chose que l’on met en avant parce que ça fait partie de mon ADN. J’aime ça ! Je suis très pro française malgré le fait que je parle anglais souvent. La France reflète tout un tas de choses, rien qu’au niveau de luxe, que nous mettons en œuvre avec nos évènements haut de gamme par exemple. Il y a aussi ce côté historique, très touristique, et ce côté très central que l’on peut avoir d’un point de vue géographique.
Voici ce que je voulais mettre en avant parce avec ce métier, je voulais rendre ces lettres de noblesse à ce métier que j’aime tant. C’est vrai que la signature du mariage à la française s’est imposée très tôt dans ma stratégie. Aujourd’hui, c’est ce qui me différencie des autres.

[Perrine] Ok, super. Nous allons y revenir par la suite. Tout d’abord, je voulais savoir comment tu étais devenue wedding planner, et ce qui t’avait motivée à faire ce métier-là ?
Il y a bien longtemps de ça, j’étais directrice commerciale dans la musique de relaxation, c’est-à-dire avec les petits oiseaux, l’eau qui coule sous les ponts, etc. Nous vendions ça, et je suis restée 7-8 ans dans cette activité-là. À un moment, je suis arrivée à un moment où on tournait un petit peu en rond, mais c’était compliqué de se dire qu’il fallait peut-être raccrocher. En effet, nous avions un certain confort de vie, cela faisait 7 ans que j’étais là.
J’avais un bon salaire, alors c’est vrai que changer était compliqué. Et puis, à travers ça, j’ai organisé pas mal d’évènements de mon côté, notamment le mariage de ma meilleure amie. Et je me souviens que la photographe est venue me voir ce jour-là en me disant : « Eh ben, dis donc, j’aurais bien aimé avoir une meilleure amie comme toi ! »
Cela a fait résonnance en moi, je lui ai demandé pourquoi elle m’avait dit ça, ce à quoi elle m’a répondu « parce que tu es investie totalement, tu as vécu l’évènement, tu l’as porté et franchement, juste bravo pour ça. »
Cela a fait résonnance en moi ! Donc, réunion de famille au sommet, on discutait avec mon mari, je lui dis que ça fait 7 ans que tout ça est en place, mais que j’aspire à autre chose. J’ai cette âme d’entrepreneur qui est là et que je sens bouillir au fond de moi, que je veux mettre en avant. Et j’ai envie aujourd’hui de travailler, mais avec des gens, des êtres humains, pour le bonheur des gens. Donc le mariage s’est imposé de cette façon-là.

Ma première agence s’appelait à l’époque « La Belle Émotion ». Donc on s’est lancé avec mon meilleur ami, on s’est dit « allez, on y va », chose qu’il ne faut absolument plus faire ! Désormais, on se forme, on fait les choses dans l’ordre. À l’époque, il n’y avait pas du tout cette résonnance autour de ce métier qui est aujourd’hui une vraie révélation. C’était inconnu. Donc, nous étions juste partis avec nos deux motivations. Lui était en Angleterre à l’époque, moi en Provence. On a très rapidement compris que les Anglais ne se mariaient pas en Angleterre, à cause de la météo généralement défavorable.

[Perrine] La météo est un gros frein pour les mariages au Royaume-Uni.

Exactement ! Donc c’était un peu les prémices de ce qu’on appelle aujourd’hui « le destination weddings ». Avant, ça ne portait pas ce nom-là. Donc, on aimait ce concept de venir comme ça, de faire sortir les gens de leur pays et de venir découvrir la France afin de s’y marier, en tant que symbole. Cela a démarré comme ça. Très tôt, nous avons été différents des autres agences de par la couleur. En effet, on était noire, rose, très loin du côté blanc, mariage qu’on pouvait voir vraiment partout. On aimait entretenir ça parce que, oui, on signait notre différence comme ça. Et par notre méthodologie de travail, qui a été vraiment notre fer de lance et qui l’est encore plus aujourd’hui, car elle est beaucoup plus peaufinée, plus maîtrisée, plus précise.

[Perrine] D’accord. C’est intéressant ce que tu dis, car on entend souvent cela dans la vocation de wedding planner. C’est le fait d’organiser un mariage qui a été la révélation. Cela commence souvent comme ça.

Paradoxalement, c’est quelque chose que je condamne un peu aujourd’hui. C’est pour ça que j’ai bien précisé que c’était il y a 12 ans. Aujourd’hui, le métier, le marché, les demandes des clients et leur exigence ont évolué. Dorénavant, on ne peut pas dire que l’on veut faire ce métier seulement après avoir organisé un mariage. Aujourd’hui, les compétences d’un wedding planner sont tellement précisées avec finesse que l’on ne peut pas outrepasser ça.
On joue avec les émotions et les budgets, ce sont deux pôles très importants de l’organisation de mariage. On n’a pas le droit à l’erreur. Donc le côté formation est une chance de nos jours, nous n’avions pas ça il y a 12 ans. Il n’y avait pas de formations, pas de congrès, pas de conférences, rien ! Donc, on s’est battu avec les armes que l’on avait au départ. Aujourd’hui, on propose des moyens, alors j’encourage vraiment la nouvelle génération à les prendre, cela leur permet de se perfectionner tout le temps, de s’inspirer. C’est bien d’avoir cette envie de dire « j’ai fait le mariage de tatie, mais aujourd’hui je vais faire d’autres mariages et il faut que je le fasse bien. » Donc, c’est un respect du métier.

[Perrine] Bien sûr. Dans ce métier, on sent bien qu’il y a une réelle passion, de par tes propos. Qu’est-ce que tu préfères dans ce métier et dans ton quotidien ?

Beaucoup de choses ! La première, c’est de parler aux gens, de connaître des personnes différentes. Je te l’ai dit, 95 % de nos clients sont étrangers. Même si la majorité des clients sont américains, on a des Anglais, des Suisses, des Chinois, des Brésiliens, des Panaméens, donc ce sont des cultures complètement différentes. Il faut toujours ce challenge de départ, se dire : « qu’est-ce qu’ils vont vouloir, comment est-ce qu’ils vont le vouloir par rapport à leur culture ? », et d’arriver à s’adapter à eux, à créer ce lien afin de devenir ce point de repère pour des gens que tu ne connais pas.

[Perrine] As-tu tendance à anticiper leurs besoins ou attends-tu de les connaître pour leur proposer ?

Je crois qu’avec l’expérience, c’est quelque chose que tu sens arriver. C’est-à-dire par rapport à leur culture, à leur façon d’être, aux mots qu’ils vont utiliser, à leur communication non verbale. Donc, ce sont des choses comme ça que tu analyses et dont tu vas te servir pour faire des propositions. Alors, on peut prendre ça pour de l’anticipation, mais, au final, c’est juste être capable de faire des propositions. Ils viennent vers nous pour ça. Donc oui, j’essaie un maximum, mais avec l’expérience, cela devient des automatismes.

[Perrine] Et justement, toi tu es vraiment dans cette espèce d’élégance à la française avec ton groupe. Tu as développé la French Wedding Industry, un label, si je ne me trompe pas. Peux-tu nous expliquer ce que tu mets derrière ce label et ce que tu as voulu développer avec ça ?

À la base, c’est vraiment une prise de conscience. Je fais du destination weddings, ma clientèle est étrangère. Ils viennent chercher la France, ils viennent chercher une expérience et je leur donnais cette expérience-là parce qu’on a un service d’excellence. Mais je leur donnais ce service d’excellence grâce à la méthodologie de travail que j’avais mise au point.
Mais en même temps, je m’inspirais beaucoup, très honnêtement, de tout ce qui se faisait aux US, parce qu’on disait que c’était utile et tendance. Jusqu’à un moment donné où je me suis dit « attends, stop là ! Quel est le problème » ? C’est-à-dire que ce qu’ils font est très bien, mais nous, je ne vais pas dire que c’est mieux, mais en tous les cas, ça fait 39 ans que je suis élevée avec ça, que je mange ça, que je bois ça, que je vis ça. C’est ça que je veux donner à mes clients. On part des étiquettes et des protocoles de l’art de recevoir à la française, que ce soit sur le dressage de table, sur le choix de la vaisselle, sur la façon d’accueillir les gens ou la façon de construire cet évènement. Tout est vraiment imprégné de cette touche française parce qu’ils viennent chercher cette french touch.
Donc, c’est vrai que cette méthodologie de travail là, je l’ai nommée French Wedding Industry, qui aujourd’hui est bien plus qu’un simple savoir-faire. Je propose une formation au travers de cette méthodologie-là. Les jeunes filles qui participent à cette formation sont membres de la French Wedding Industry et l’idée est de former les gens selon les vraies vertus, selon les vraies valeurs de ce métier, les vraies compétences à avoir, et d’avoir un regroupement de « l’élite ». Par ce terme, je n’entends pas que le luxe, mais des gens qui maîtrisent leur métier à 100 %, c’est ça qui m’intéresse.
Il faut arrêter de le laisser si ouvert, de se dire « tiens, j’ai envie d’être wedding planner. Demain, je suis wedding planner si j’ai envie parce que c’est cool de faire du mariage ».

[Perrine] Ok. Pour toi quelles seraient les compétences les plus importantes à acquérir pour faire ce métier ?

Il y en a plusieurs. La première est de polyvalence. Nous sommes des petites entreprises, il faut qu’on ait une casquette de chef d’entreprise, de commercial, de comptable, de community manager ! C’est cette polyvalence-là, nous devons maîtriser chaque facette de ce métier. Et puis aussi, nous devons avoir une casquette avec le client qui va être différente de celle qu’on va avoir avec les prestataires, et différente de celle qu’on va avoir avec les invités. Donc c’est toujours une polyvalence, on doit jongler avec les mots, avec des positionnements, etc. Et ça, ce n’est pas inné. Donc oui, je dirais la polyvalence.

[Perrine] Et pour toi, la polyvalence s’apprend avec l’expérience ?

Oui, on essuie les plâtres au début. Comme on dit, on tire des leçons des échecs, on tire des leçons de tout ce qu’on peut faire. On s’en sert pour se créer ce back-up en se disant « je ne le referai pas la prochaine fois, j’aurai ce positionnement-là. » Et puis, la fois d’après, ça devient un automatisme. Donc oui, on peut avoir certaines capacités d’adaptation très poussées de façon innée, mais je pense que le fait d’être sur le terrain permet de venir renforcer cela, de se perfectionner. Je vois des weddings planners qui n’ont que peu d’expérience sur le terrain et qui avant s’amusaient à aller former d’autres weddings planners, ça me hérisse les poils ! Tu l’auras compris, la protection de ce métier est importante pour moi. Donc oui, les terrains forgent les weddings planners.

[Perrine] Pour toi, y a-t-il nombre de mariages ou un nombre d’années d’expérience qui permet de savoir à quel point on a pu se faire la main ou non ?

Je ne pense pas, il y a des degrés différents. Alors, se faire la main, oui, on a besoin d’avoir quelques saisons dans les pattes, 4-5, voire 6, et complètes parce que les premières ne sont pas complètes. Tant pour aller former d’autres personnes, pour avoir la prétention de se dire « oui, je peux passer un message, je peux véhiculer un message, je peux véhiculer un savoir-faire », on parle de 8-10 ans quand même. On ne s’amuse pas avec ça, vraiment. Je suis désolée d’être rabat-joie à ce point.

[Perrine] Non, ce n’est pas du tout rabat-joie. Ce n’est pas un métier qui s’improvise, il faut se former. Moi, ce que je comprends de ce que tu dis là, c’est que toi, tu n’as pas eu cette chance d’avoir ce type d’outils et ce type de formation puisque tu as tout appris sur le tas. Et que maintenant les nouvelles générations de wedding planner ont la chance d’avoir accès à des personnes-ressources comme toi et à des formations sur lesquelles il faut s’appuyer.

Exactement !

[Perrine] Donc pour moi, ce n’est pas être rabat-joie.

Et tu retraduis très bien. Bravo !

[Perrine] Merci, c’est très gentil. Je passe à une autre question parce que je pense qu’il y a certains de nos auditeurs qui te connaissent grâce à une émission de télévision que tu as faite, qui est 4 mariages pour une lune de miel. Comment s’est passée ta collaboration avec TF1 ?

On ne m’y attendait pas du tout, et moi non plus. Pour être honnête, la télévision n’était absolument pas une affaire en soi. J’avais d’autres perspectives d’évolution. On avait créé un réseau de franchises, le but était d’ouvrir des franchises à l’international. Je pensais et vivais organisation de mariage. Et puis honnêtement, cette émission était un programme que les prestataires refoulaient parce que sa réputation faisait qu’on n’avait pas envie de se mélanger à ça.
L’émission m’appelait chaque saison pour avoir des candidats. À chaque fois, je leur disais que nos clients n’étaient pas enclins à participer. Et puis, l’année dernière, février-mars dernier, je reçois de nouveau un appel du casting de l’émission. J’ai une jeune fille très agréable au téléphone, mais je l’ai coupée tout de suite en disant qu’il m’appelait chaque année et qu’il fallait arrêter ! Ce à quoi elle me dit — « Non, mais ce n’était pas du tout pour ça. » Mais j’ai tout de même coupé la conversation, car je n’avais pas le temps. J’ai raccroché, et j’ai reçu un message le soir sur mon répondeur de la productrice de l’émission, Aurélie Kasmadjian, créatrice de la version française, qui m’a indiqué qu’elle voulait me parler pour me présenter le projet de la nouvelle version, en me disant qu’elle savait que j’étais très occupée, mais qu’elle voulait m’expliquer tout ça. J’ai accepté.
Donc, nous nous sommes donné rendez-vous le lendemain, elle m’appelle et me dit « je vais être honnête avec vous, je vais mettre en place une nouvelle formule sur l’émission. On veut inclure à tout prix une experte qui puisse donner son avis et surtout donner des notes pour calmer un petit peu les ardeurs de certaines et redonner ce côté équité et fair-play au programme qui plaît toujours, parce qu’on est à la 11e saison, mais à la 8e année de diffusion non-stop sans interruption. »
Avec Koh-Lanta, ce sont les deux seuls programmes qui ont réussi à être chaque année en diffusion sans coupure. Donc, ce n’est pas rien. – « On a besoin de quelqu’un et j’ai vu tout ce que vous faites. » Donc elle est allée voir toutes mes vidéos, elle m’a sorti la French Wedding Industry. Dieu sait que j’ai eu beaucoup de journalistes en ligne pour avoir justement des castings sur des documentaires, mais aucun n’avait préparé ce rendez-vous comme elle l’a préparé. J’ai apprécié sa façon de voir les choses. Puis, elle est marseillaise comme moi.

[Perrine] Cela vous a touché.

Oui, complètement. Elle m’a demandé de se rencontrer, il y avait 7 autres personnes qui étaient en casting. Nous nous sommes rencontrées sur Paris, le feeling est très bien passé. Je leur ai demandé à qui ils avaient demandé de participer, ils m’ont sorti des gros noms, de grosses pointures de l’industrie. Donc je me suis dit « ah oui, ils veulent vraiment faire quelque chose de bien. » Les choses sont allées très vite, je les ai rencontrés un jeudi, le mardi, on m’annonçait que TF1 m’avait choisie parmi les 7 personnes, hommes et femmes confondus. Tout est parti de là. Donc ça, c’était au mois de mars avril, on a commencé à tourner au mois de mai. Donc, c’est arrivé très vite et depuis, ça continue.

[Perrine] C’est une expérience qui te plaît vraiment ?

C’est une expérience qui me plaît, car cela me permet de venir éduquer les Français à l’organisation d’un mariage, sur la réussite d’une organisation, la cohérence, etc., choses auxquelles je suis très sensible. De plus, c’est une aventure humaine juste exceptionnelle, autant avec les candidats qu’avec les équipes techniques, que ce soit E.tv, la production, que ce soit TF1. J’ai rencontré des personnes exceptionnelles qui te touchent au point de t’émouvoir sans que tu puisses en avoir le contrôle, de par leurs histoires, leur façon d’être, de parler. Ça, je ne m’y attendais pas, par contre.

[Perrine] C’est intéressant de faire ce parallèle entre les organisateurs de mariage et l’équipe de production d’une émission de télé. Dans les deux cas, il y a des personnes qui travaillent dans l’ombre. Et des fois, ce sont ces personnes de l’ombre qui sont les plus touchantes.

C’est exactement ça ! Par conséquent, cela me rend moins intransigeante parce que je suis quand même quelqu’un de très exigeant. Cela me permet de me réajuster, parce que je sais ce qu’ils peuvent vivre, surtout en production, en post-prod, la pression, le temps de création, les moyens nécessaires, etc. Je découvre au fur et à mesure tout ce qu’il y a. À partir du moment où je fais mes interventions, on va faire le montage, des images, on va venir lisser le son, on va venir à l’étalonnage. C’est une usine ! Et ça, devant ton écran, tu ne penses pas à tout ça ! Tu vas juste dire « elle m’énerve parce qu’elle parle trop anglais ». Donc oui, je les comprends et bien sûr que ça me touche.

[Perrine] Tu coachais déjà des weddings planners avant l’émission ou c’est cette expérience qui t’a motivée à le faire ?

Il fut un temps, j’ai été formatrice pour les futurs weddings planners dans une école. Cela a duré quatre années. Ça s’est arrêté parce qu’au bout d’un, on était tous à la même longueur d’onde par rapport à la protection de mon métier. La télé est arrivée 3-4 ans après. Et à partir du moment où nous avons été diffusés, du 2 septembre dernier, jusqu’à mi-novembre, on a reçu 225 demandes de formation ! On n’avait pas communiqué sur le fait que l’on faisait de la formation ou des Masterclass. Les gens nous envoyaient des demandes par eux-mêmes en disant : « je veux être formé par Élodie », « on veut être formé par la wedding planner de TF1 », « on veut être formé par Élodie Villemus ». Ça a été crescendo. Au début, je pensais que c’était « l’effet télé », on avait d’autres projets aussi et puis les tournages prennent beaucoup de temps. Et puis, les demandes continuaient à affluer, donc avec Julie, qui travaille avec moi depuis 6 ans maintenant, on s’est dit qu’on allait mettre en place un premier module.
Donc, on a organisé le premier module de La Masterclass by Élodie Villemus en février dernier. On a fait ça en deux mois, et cela a été une sacrée réussite, une claque émotionnelle. Quand j’entreprends un projet, je suis très focus sur le fait que les filles viennent avec l’attente d’un contenu de qualité. Je sais qu’il y a ce rapport humain qui est très important pour moi, mais j’oublie un peu la force que ça va avoir et la vague que ça va me donner en pleine figure.
On est sorti épuisées de cette première formation, mais positivement ! Ces filles sont là pendant quatre jours à écouter ces professionnelles, à respecter le métier. Pour moi, ça me vaut tous les mercis et les sourires du monde. Et puis, il y a le côté affinité qui se crée. Là on a fait la deuxième début septembre en se disant qu’il y aurait moins d’intensité, mais non. Ça a été autre chose, mais aussi fort. Et c’est ce qui sort de la bouche de ces filles qui disent « Élodie, en fait, ce n’est pas une formation que tu nous donnes, c’est une expérience. » Le format est différent de toutes les formations qu’on peut trouver dans l’industrie du mariage.

[Perrine] Qu’est-ce qui fait que c’est différent des autres formations ? Que proposes-tu de différent ?

Il faut venir, Perrine !

[Perrine] Voilà, il faut que je vienne.

Viens te faire ton propre avis. Je dis ça, car beaucoup de filles qui participent à la Masterclass nous disent qu’elles ont déjà participé à telle ou telle formation, et qu’il leur manque quelque chose. Donc, je crois qu’on a simplement pris les choses dans l’ordre, mais c’est mon petit secret ça. Et puis, il y a cette proximité-là avec les participantes, qui sont toujours un peu impressionnées par TF1, la télé, est-ce qu’elle va être pareille qu’à la télé ?

[Perrine] Oui, ça peut changer le rapport humain.

Mais oui, c’est comme si un super fan de foot rencontre Zidane, la fille qui se compare à Zidane, c’est génial ! Blague à part, il y a toujours un peu cette appréhension-là, mais qui se démolit parce que je suis quelqu’un de simple. Certes, j’aime bien les belles choses, mais je suis surtout quelqu’un de simple, je transmets ça parce que ça me tient à cœur.

[Perrine] C’est chouette de savoir que l’on peut très facilement dialoguer avec toi sans barrières.

Exactement !

[Perrine] On va passer aux bonnes pratiques. C’est toujours un peu la case de fin de ce podcast. En fait, on pose quelques questions pratico-pratiques à nos invitées. Et moi, je voudrais savoir quels conseils tu donnerais à ton toi du premier jour, d’il y a 10-12 ans.

Ah, j’aime cette question. On ne me l’a jamais posée, celle-là.

[Perrine] Ah, je suis très heureuse d’innover.

C’est dur de répondre à ça. Je me dirais de faire attention et de ne pas donner sa confiance aussi facilement.

[Perrine] D’accord. À des partenaires ou à des prestataires ?

Même à des clients. Il faut trouver une certaine limite, car on se donne sans compter et on peut finir par avoir le revers de la médaille. C’est un métier très prenant émotionnellement et physiquement, il faut arriver à trouver ces limites-là pour arriver à bien le travailler et à bien le vivre. Moi, je fais les choses à 1000 % donc j’ai pris des claques. Et puis, il y a des gens où tu ne sais si ce sont tes amis ou non ! Alors, méfiance.

[Perrine] D’accord. C’est essayer d’avoir plus d’équilibre et peut-être de s’impliquer, mais sans tout donner non plus, afin de ne pas tomber dans un piège.

C’est exactement ça, et je l’ai appris à mes dépens. Tu sais, je suis quelqu’un d’entier. Quand je donne, je donne. Parfois, ça fait mal et parfois, ça fait du bien.

[Perrine] Oui, sinon tu ne continuerais pas à faire ce métier.

Oui, mais quand ça fait mal, tu t’en souviens plus longtemps que quand ça fait du bien.

[Perrine] Je vois. J’ai une nouvelle règle, on répond souvent « mon téléphone », à cette question, alors tu n’as pas le droit de le dire ! Quel est l’outil indispensable pour gérer ton activité ?

Mon sourire.

[Perrine] Ah, c’est beau ! J’adore ça.

Mais c’est vrai surtout. Tu vis beaucoup mieux toutes les situations quand tu souris, on peut tout avoir avec un sourire.

[Perrine] Ce n’est pas faux. Et as-tu une anecdote particulière à nous partager à ce sujet ?

Au-delà de ça, à partir du moment où tu souris, il découle de toi une grosse énergie positive ! Si tu as une cliente stressée pour x raisons, cela aide. Tu peux la détendre, la rassurer, etc.  Il faut sourire, et c’est ce que je fais constamment. Donc, cela défait beaucoup de situations.

[Perrine] Oui, on trouve plus facilement des solutions quand on est positif.

Oui, c’est ça. Des fois, je m’énerve, mais j’essaie de garder le sourire au maximum.

[Perrine] Je vois. Y a-t-il une personnalité qui t’inspire, soit dans le cadre de ton travail, soit même dans le cadre de l’entrepreneuriat ? Une lecture à partager ? Une youtubeuse ?

On me pose souvent la question, et je réponds un peu toujours la même chose. Je n’ai pas de mentor qui m’inspire plus que ça. Je pense que c’est un ensemble de personnes, comme des sportifs par exemple. Dernièrement, j’ai regardé un documentaire sur Michael Jordan, je ne suis pas forcément super fan de basket, mais il a relevé des challenges. Bien sûr que c’est inspirant. Aussi, j’adore Victoria Beckham, même si elle a une porte de prison au lieu du visage parce qu’elle incarne un personnage, elle a réussi à se réinventer et passer de Spice Girls à une icône de la mode et designer. Je trouve ça fort !

[Perrine] Elle a très bon goût.

Vraiment, je suis très fan. Je prendrais tout son dressing, sans exception. Donc, ça peut être n’importe qui et ça peut être mes filles quand elles me posent une question avec leur insouciance d’enfant. Ça va me parler, ça va me pousser, ça va me toucher. Ça peut être partout. Ça peut être aussi Julie qui travaille souvent avec moi, qui est quelqu’un de très pudique et qui va lâcher ses émotions d’un coup. En plus, elle sourit.

[Perrine] C’est qu’elle a déjà retenu ta leçon concernant l’outil indispensable.

Exactement, Perrine. Non, je n’ai pas de personne à proprement parler.

[Perrine] Ok. C’est déjà bien d’avoir des personnalités en dehors du secteur. Je trouve ça sympa de pouvoir se raccrocher à des gens comme Michael Jordan ou Victoria Beckham, qui sont des personnalités connues, mais qui ont réussi à se dépasser dans leur domaine.

C’est le fait de partir de rien et de te donner les moyens de réussir. C’est ce que j’ai fait, rien ne m’a été servi sur un plateau d’argent. Je me suis battue pour en être là. Quand je lis « dis donc, celle-là, elle fait des mariages et elle n’est même pas active. » Je peux te dire que mes camions, je les charge et je les décharge, je monte mes arches, je pique mes fleurs. Donc, je sais de quoi je parle. Oui, je trouve ça inspirant, c’est vrai.

[Perrine] Justement, comme tu es une personnalité plus connue du grand public, tu dois potentiellement faire face à plus de critiques que les weddings planners classiques. Comment tu gères ça ?

On ne peut pas plaire à tout le monde. Même avant TF1, je pense qu’il y avait des gens qui ne me portaient pas dans leur cœur. Tant pis. Les critiques sont là, j’ai pris le parti de ne pas forcément les lire, mais cela arrive évidemment à mes oreilles. À 99,9 %, mes messages sont positifs. Il reste un tout petit léger pourcentage pour les haters. Mais il faut aussi avancer. La personne qu’on voit sur les réseaux sociaux et sur TF1, c’est tout simplement moi. Ça plaît, c’est bien, sinon tant pis. En tout cas, c’est moi et je ne changerai pas.

[Perrine] Oui, tu t’assumes et c’est ton univers.

Oui. Vraiment, toutes ces critiques glissent. Définitivement.

[Perrine] Tant mieux. Donc là, j’ai une dernière question, et puis ensuite je pourrais te laisser vaquer à tes occupations, car tu es quelqu’un de très occupé. Donc, quels sont tes prochains objectifs ? Quel avenir entrevois-tu pour ta société ? As-tu des projets pour 2021 ? Des projets fous ?

Des projets fous ? Avoir des mariages. Blague à part, on espère avoir un peu plus de mariages qu’en 2020, qui a été une année compliquée. Oui, bien sûr, pas mal de projets. On est en train de développer quelques petites choses au-delà des formations et de la Masterclass.
On vient de créer un rendez-vous avec Élodie Villemus, le Élodie Villemus Tour, pour ceux qui ne peuvent pas venir sur Paris pour les formations. On va aller rencontrer des gens. Et on va aller former des weddings planners en formation accélérée. Et puis, on va faire aussi une journée conseils pour les futurs mariés qui en ont besoin, parce que je reçois beaucoup de demandes. J’aimerais bien aussi essayer d’exploiter pas mal de métiers qui touchent à l’industrie du mariage, que ce soit la mode, le buffet et tout ça. Et puis, être beaucoup plus pointue aussi sur la formation. Tout ça, c’est en travail actif.

[Perrine] Super. J’espère que toutes les personnes qui nous écoutent se joindront à toi pour tes Élodie Villemus Tours, ça a l’air vraiment très sympa.

J’espère bien. On va faire un petit tour de France, on va voir du pays. Ça va être super.

[Perrine] Super. Est-ce que tu as un bus ?

Peut-être pas pour la première tournée, mais je garde cet espoir avec le logo, ça pourrait être sympa. Blague à part, on va venir en train ou en avion, je pense. Et après, on verra.

[Perrine] Oui, ce serait marrant. En fait, j’imagine trop une petite tournée avec un bus.

On voulait le penser comme cela au départ. C’est le lancement de nouveau projet, donc on va voir. Mais c’est vrai que faire la formation dans le bus pourrait être très bien, avec un bus aménagé, tu vois. Comme je l’ai dit, j’aime bien faire les choses différemment. Mais si je mets en place le petit bus, tu aurais ta petite dédicace !

[Perrine] Trop bien. Merci beaucoup pour ton temps, pour cette chouette interview. On va conclure là. Encore une fois, merci pour tes conseils et ta bonne humeur, ton sourire, c’est vraiment ce que je retiens de ce moment de partage. Et puis, je te souhaite bon courage pour la fin de cette année 2020 et pour la suite.

Je te remercie et je souhaite longue vie aussi à ce podcast qui est vraiment une très belle initiative.

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