Eglantine, spécialiste du mariage à domicile

Podcast
eglantine
65 . 2021

De Syra Sylla 6/5/ 2021

Aviez-vous déjà envisagé de vous marier, chez vous, dans votre propre Home Sweet Home ?

Le mariage à domicile, Eglantine en a fait sa spécialité, quelle que soit la région en France. Au micro de Carnet de Noces, elle nous explique les coulisses de ce genre d’évènements peu communs et nous liste les avantages et inconvénients.

“J’ai eu une première demande disant ‘J’ai une maison de famille, on va faire un petit mariage’. Petit c’est quand même 70 personnes. ‘On a très envie de le faire là-bas, on voudrait que vous veniez voir et nous dire si c’est possible’. Donc j’y suis allée, j’ai évidemment pris tous les renseignements avant et puis ça a super bien matché avec les futurs mariés. Et comme c’était aussi un petit mariage, ça permettait de ne pas non plus partir dans des choses complètement dingues. Donc le but était d’avoir une jolie tente dans le jardin, de pouvoir faire venir le traiteur, etc. J’ai travaillé avec des prestataires qui avaient aussi déjà fait ça et qui ont pu me donner des conseils. C’était un mariage dans le Sud, à côté de Nice. Et c’était génial parce que ça ne ressemble à aucun autre mariage même si, évidemment, on peut personnaliser complètement son mariage dans les lieux de mariage. Mais c’est encore plus unique dans la maison de grand-mère ou dans la maison de famille ou dans la maison de vacances. Et j’ai vraiment bien aimé parce qu’on est au summum du besoin du wedding planner. Il n’y a pas le référent sur place, le régisseur ou les propriétaires des lieux. Là, ce sont des gens normaux, pas professionnels, qui sont propriétaires des lieux donc il faut vraiment être là pour tout réfléchir. C’est peut-être plus compliqué, mais c’est vraiment du 100 % sur mesure et c’est vraiment ce que j’aime bien faire.”

Mais avant, elle revient sur les raisons qui l’ont poussé à se lancer en 2015 dans le métier de wedding planner. Elle nous raconte également comment elle a hérité de “Les Cocottes Event” et nous confie les secrets de ce nom d’agence. La situation sanitaire actuelle a perturbé le monde du mariage et a contraint Eglantine à s’adapter. Vous saurez comment.

Et cerise sur le gâteau : vous en saurez plus sur son don lié à la visualisation du temps qui lui facilite grandement la vie d’un point de vue professionnel.

L’agence les Cocottes Events d’Eglantine Merse

Site Internet : https://lescocottesevents.com/
Instagram : https://www.instagram.com/les_cocottes_events/
Facebook : https://www.facebook.com/lescocottesevents
Pinterest : http://www.pinterest.com/lescocottes/

Les “tips” d’Eglantine :

Son blog dédié à l’éco-responsabilité dans l’univers du mariage : le Noyau
Sa formation : l’école Jaelys à Paris
Son inspiration : Corentin de Chatelperron que l’on retrouve dans le reportage “Nomade des mers”
Un livre : “Mariage Green” de Claire Tranier
Son logiciel de gestion favori : Wedding Plan

L’épisode 14 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 14 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Je vais te demander, comme à tous mes invités, de te présenter et de nous parler un peu de ton histoire et de ce qui t’a poussée à devenir wedding planner.

D’accord. Je suis Églantine, j’ai 36 ans, je suis à la tête de l’agence Les Cocottes Events depuis 5 ans maintenant. L’agence Les Cocottes a été créée par deux amies de lycée, Julie et Flora, en 2012. Je les ai rejointes en 2016 pour faire une transition et ensuite elles sont parties vers d’autres cieux professionnels. Donc je suis seule à la tête de l’agence maintenant. Avant, j’ai fait des études de commerce et j’ai travaillé pour une chaîne de télé en tant que chargé de projet marketing. Je manquais un peu de liberté dans le salariat et j’ai eu assez vite envie d’être à mon compte. Et je pense comme beaucoup de wedding planners, j’ai commencé par mon mariage et je me suis mise à mon compte à ce moment-là. Et ensuite, j’ai rejoint les Cocottes Events au bout d’un ou deux ans de mon côté.  

Donc tu as d’abord commencé de ton côté toute seule puis tu as rejoint les Cocottes Events à ce moment-là.

Voilà. J’ai commencé par quelques contrats par le bouche-à-oreille. Puis, j’ai eu l’occasion de rejoindre les Cocottes et de reprendre. Ça m’a fait gagner beaucoup de temps. Même si j’avais une formation business communication, les filles, Julie et Flora, m’ont formée à encore plus. Je les ai suivies, on a fait une saison ensemble et ça a permis de booster mon activité puisqu’une fois que j’ai repris les Cocotes, j’étais déjà complète la première année. 

Et est-ce que c’est un souhait de leur part de faire une transition et de partir de l’entreprise quand elles t’ont rencontrée ? Était-ce l’objectif ?

Tout à fait, c’était ça. Elles cherchaient quelqu’un pour reprendre parce que c’était un peu leur bébé. Je les suivais sur les réseaux, on était vraiment sur le même mood. Et ça a très bien collé quand on s’est rencontrées, ça a été assez évident donc la transition s’est faite d’une super manière. Ce sont des filles super, on est restées copines. J’ai vraiment été accompagnée. 

Est-ce que tu les connaissais d’avant ? Tu as dit que c’était des amies de lycée.

Elles sont amies de lycée. Elles sont d’origine marseillaise alors que je suis parisienne. Elles ont créé ça assez vite après leurs études et je les ai rencontrées dans un second temps. 

Et pourquoi les Cocottes ?

Elles ont choisi ce nom parce que « les cocottes » étaient un petit peu leur surnom. Elles ont dû aussi plier mille cocottes en papier sur un mariage donc ça a été un souvenir un peu à la fois drôle et douloureux et le nom est resté. 

Oui, c’est vrai que dans le métier de wedding planner, au-delà des strass et des paillettes, il y a aussi tout ce genre de petites tâches auxquelles on ne pense pas forcément quand on commence, mais qui peuvent arriver. 

Tout à fait parce qu’il y a beaucoup moins de strass et de paillettes que de choses dans l’ombre ou des choses à plier, des choses à fermer, des choses à préparer.

Et quand tu as rejoint l’entreprise, est-ce qu’il y avait déjà une éditoriale, un style que tu as dû continuer ? Est-ce que tu as pu mettre un peu ta marque de fabrique ou est-ce qu’il y avait une phase de transition où tu as dû quand même suivre un peu ce qu’elles avaient commencé ?

Ça s’est fait de façon très souple parce qu’on était vraiment sur la même longueur d’onde, l’idée qu’elles se faisaient de la façon de travailler, donc en sur mesure, en mode très détendu avec les couples et beaucoup de temps à leur accorder. On ne prend pas beaucoup de mariages, que ce soit avant ou maintenant. Et puis, on était vraiment raccord sur la ligne éditoriale. Et j’ai évidemment apporté ma petite touche, mais, de toute manière, l’idée n’était pas de reprendre et de tout changer parce que ça n’avait pas forcément d’intérêt de faire ça, il y avait déjà des codes, etc. Donc l’idée est qu’on est quand même sur des choses simples, nature depuis le départ et en apportant plein de petites touches de détails. Et comme c’est aussi une entreprise qui s’est pas mal développée dans le sud-est sur les mariages en Provence, on est dans des lieux qui sont déjà très jolis et on vient sublimer ça. Elles travaillaient comme ça et j’ai continué. C’était aussi mon souhait et ma façon de voir les choses donc on était complètement raccord là-dessus.   

Comment as-tu géré les différences en termes de lieux ? Si je comprends bien, elles ont démarré essentiellement les mariages dans le Sud-Est et toi, tu as dit que tu étais parisienne, donc comment gères-tu tout ça ? Est-ce que tu as des mariages un peu partout en France ou est-ce que tu fais maintenant plus de mariages en région parisienne ?

J’en fais vraiment dans toute la France, ça dépend énormément des saisons. Il y a des années où je fais la moitié dans le Sud-Est. L’avantage des Cocottes est qu’en réalité, mon client type est vraiment le Parisien qui veut se marier ailleurs, donc c’est beaucoup de couples qui habitent Paris ou en région parisienne. Et pour les voir, c’est sans aucun problème étant à Paris. Et puis, je me déplace pour les prestataires qui vont être ailleurs. Il y a évidemment une bonne base dans le Sud-Est parce que, historiquement, il y avait une des filles qui était à Paris et l’autre à Marseille, même si de base elles sont marseillaises. Et j’ai continué dans cette lignée, c’est-à-dire que je me déplace régulièrement dans le Sud-Est, mais pas que. J’ai des origines plutôt bretonnes donc j’ai aussi développé l’activité sur le Grand Ouest, mais je ne refuse aucun endroit en soi, à part peut-être un petit peu le nord de la France où je n’ai pas été beaucoup. Mais je pense que j’ai fait plusieurs fois le tour de la France à chaque fois que je fais des mariages.   

Tu fais le grand écart.

C’est ça.

C’est assez original puisque, généralement, j’ai l’impression que les weddings planners se spécialisent sur un endroit en particulier ou une région. Toi, c’est plutôt l’inverse au final. Est-ce que tu n’as pas de mal, justement, à trouver des prestataires ? J’imagine que ça fait beaucoup de voyages, beaucoup d’aller-retour donc beaucoup de temps passé peut-être sur les routes ou dans les transports. Est-ce que ce n’est pas quelque chose qui te bloque ?

Non, j’aime bien ça. En ce moment, ça me manque un peu. Je dois avouer que les déplacements sont un peu compliqués. Mais justement, j’aime bien me déplacer. Et puis, tout bêtement, il suffit aussi d’en profiter et d’aller voir les prestataires quand on fait un déplacement pour voir un lieu. Quand on fait un déplacement sur un weekend pour un mariage, il suffit de rester un petit peu plus longtemps ou d’arriver un peu en avance pour voir tout le monde. Puis, je ne fais pas tout non plus sur place, il y a des gens maintenant que je connais très bien et en qui j’ai totalement confiance qui travaillent aussi. Je suis seule à la tête des Cocottes, mais sur chaque mariage, je viens toujours avec des assistantes, au moins une. Et par exemple, dans le Sud, j’ai une collaboratrice avec qui je travaille régulièrement quand j’y vais et s’il y a besoin de faire une visite et que je ne peux pas me déplacer, elle est là. J’ai un peu des gens en qui je peux avoir confiance dans certains endroits, ça me permet de pallier le fait que je ne sois pas tout le temps dans tous ces endroits. 

Et ces assistantes sont-elles des weddings planners aussi ?

Oui. Souvent, ce sont des weddings planners en herbe qui sont devenues des weddings planners à leur compte aussi depuis et avec les années et que j’ai parfois un petit peu formées. On reste évidemment en contact et on travaille ensemble quand on peut. J’aime vraiment bien ça. Les autres weddings planners ne sont pas du tout des concurrentes pour moi, chacune a sa façon de travailler et il y a des gens qui travaillent bien. Il y a assez de couples pour que tout le monde travaille donc je préfère collaborer qu’être concurrentes. 

Oui, c’est un peu la mentalité qu’il faut avoir et peu importe le secteur d’activité. C’est sûr que ça aide d’avoir des bonnes relations. 

Tout à fait. 

Surtout dans un cas où tu peux être amenée à te déplacer un peu partout. Tu as dit que ton client était le Parisien qui veut se marier ailleurs.

Oui, beaucoup, mais pas toujours. Cette année, par exemple, j’ai beaucoup de gens qui sont à l’étranger. Il y a des lignes directrices qui se dessinent chaque saison, ça change un peu à chaque fois. 

Et comment est-ce que tu trouves tous ces couples ou comment est-ce qu’ils te trouvent ?

Il y a beaucoup de référencement naturel. Je travaille avec Google Ads, etc. et je fais attention à mon site un peu en mode artisanal. Je fais parfois au feeling et j’essaie de regarder un petit peu tout ce qui se fait. Et puis, c’est évidemment pour ça aussi que j’ai choisi de rejoindre les Cocottes, c’est qu’on a un bon passif, on est publié régulièrement sur les blogs, on a régulièrement des contacts avec les journalistes sur la communication, et ça a continué. Ça permet de faire régulièrement des articles, que ce soit dans les magazines féminins ou des magazines en ligne. Donc il y a tout ce travail de faire parler de l’entreprise et ça permet aux gens de s’y retrouver. Puis, j’imagine qu’il y a mon Instagram aussi qui aide pas mal, j’essaie de mettre le plus possible de photos de mon travail pour que les futurs clients puissent aussi me trouver comme ça. 

Les référencements, est-ce que ce sont des articles de blog que tu crées ou est-ce que tu vas plus loin et que tu vas vraiment dans les techniques, dans le code du site, etc. ? 

J’essaie. Parfois, je me trompe. J’essaie un petit peu, mais je ne suis pas du tout une experte. J’essaie aussi de faire un petit peu de rédactionnel. Et puis, c’est aussi travailler en lien avec soit des blogs, soit des gens qui ont des intérêts communs avec moi pour qu’on parle de nous chacun de notre côté, qu’on puisse échanger. Et plus on a les fameux backlinks, plus on va être bien référencié dans Google. Et je travaille aussi avec mes anciens clients, je leur demande de mettre des avis, voire je les harcèle un petit peu parfois parce que c’est hyper important à la fois pour être aussi bien référencié mais surtout pour que les futurs clients voient que les gens sont contents de mon travail et m’appellent en toute confiance.    

Tu fais bien d’en parler parce que c’est vrai que c’est quelque chose. Et moi le premier, c’est quelque chose que je fais beaucoup pour mon entreprise. Je vais même jusqu’à demander à mes clients de faire des avis et les publier en vidéo. Et les gens hésitent souvent puisqu’ils vont se dire « ça ne se fait pas » ou les gens n’ont pas le temps où ils ne vont pas vouloir ou ils sont timides, etc. Alors que quand on fait une bonne prestation et que les clients sont contents, quelque part ils vont être ravis de vous mettre un avis et il ne faut pas l’oublier. Je pense que c’est un peu pareil pour toi et pour toutes les entreprises. On commence généralement par les réseaux sociaux ou par un article de blog et quand il faut organiser son mariage, j’imagine que le réflexe premier qu’on a est d’aller sur Google, de taper le nom de l’agence ou le nom et le prénom de la wedding planner et de voir ce qui ressort. Et tu fais bien parce que si les gens voient que tu as beaucoup d’avis et que ce sont des avis positifs, ils vont te contacter en étant déjà rassurés, comme tu dis, et le travail aura été fait.

Tout à fait. D’ailleurs, je ne demande pas qu’à mes anciens clients, mais aussi aux gens avec qui je travaille, les prestataires, parce que ça me parait aussi hyper important. Et j’essaie de faire de même aussi. Quand on a un prestataire et qu’on peut se conseiller entre professionnels, ça me parait être hyper important. C’est d’une part la solidarité, puis ça permet de donner aussi des avis plus pros et de savoir que telle ou telle personne travaille bien. 

Oui. Je vois sur ton My Business que tu as 19 avis, 5 sur 5, avec un fleuriste qui t’a mis un avis. C’est très bien. C’est vraiment bien. Est-ce que tu privilégies une plateforme plutôt qu’une autre quand tu demandes des avis ?

Honnêtement, Google. J’ai fait quelques autres plateformes de mariage, mais Google marche hyper bien. Maintenant, je vois de plus en plus des clients qui tapent juste « wedding planner » et qui tombent forcément sur moi parce que j’ai des bons avis et que je suis en région parisienne. Je suis aux portes de Paris, à Montrouge donc ils tombent assez vite sur moi. Et j’ai parfois des demandes via d’autres plateformes, mais, essentiellement, souvent on me dit « je vous ai trouvée sur internet » ou évidemment par le bouche-à-oreille, mais c’est quelque chose qu’on maitrise beaucoup moins.  

C’est sûr qu’on ne maitrise pas le bouche-à-oreille.

Tout à fait. Tous les ans, j’ai au moins un ou deux mariages qui viennent d’autres clients, soit ce sont des gens qui étaient invités à un mariage et qui se marient, soit c’est la cousine qui cherchait un wedding planner. Parfois, ce sont aussi des gens avec qui j’ai travaillé, qui ont des amis qui se marient et qui me conseillent en tant que wedding planner. Il y a aussi une partie comme ça, d’où l’importance de donner des nouvelles, d’être en contact, d’avoir un superbe relationnel. Je ne travaille jamais en mode désagréable. J’ai plusieurs prestataires qui m’ont toujours dit « c’est trop bien de travailler avec toi parce que tu t’occupes de nous ». Je m’assure que les photographes aient de l’eau quand il fait trop chaud, je sais à quelle heure on va manger et je ne les laisse surtout pas louper le repas. Autant je m’occupe évidemment des mariés et des invités, mais j’ai un côté un peu nounou avec les prestataires et je trouve ça assez cool. Donc ça matche bien et on se le rend bien.  

C’est plein de bons conseils parce que dans le référencement, il n’y a pas que les annonces, il n’y a pas que les petits liens textuels dans les pages de résultats, il y a aussi la Maps. Et ce sont les liens, généralement, qui font monter. C’est pour ça que c’est un très bon réflexe d’aller les chercher et d’aller les chercher en priorité sur Google parce que c’est là que la majeure partie des gens, quand ils ne connaissent personne, font et démarrent leur recherche.

Absolument. 

OK. Je vais parler avec toi maintenant l’une de tes spécialités, on l’a évoquée assez rapidement dans l’épisode, ce sont les mariages à domicile. Je ne sais pas si les mariages à domicile sont une tendance de fond ou pas, je pense que le Covid y a peut-être joué pour beaucoup. Je ne sais même pas si c’est nouveau, je pense que les gens se sont mariés depuis pas mal de temps chez eux, mais peut-être que c’est une tendance qui commence à prendre forme. Dis-nous ce que tu sais là-dessus et comment tu en es arrivée à organiser des mariages chez les gens.  

Ça s’est fait un peu au hasard. En effet, j’ai commencé comme tout le monde par faire des mariages dans des lieux qui sont destinés aux réceptions. Et puis, j’ai eu une première demande disant « j’ai une maison de famille, on va faire un petit mariage », petit c’est quand même 70 personnes, « on a très envie de le faire là-bas, on voudrait que vous veniez voir et nous dire si c’est possible ». Donc j’y suis allée, j’ai évidemment pris tous les renseignements avant et puis ça a super bien matché avec les futurs mariés. Et comme c’était aussi un petit mariage, ça permettait de ne pas non plus partir dans des choses complètement dingues. Donc le but était d’avoir une jolie tente dans le jardin, de pouvoir faire venir le traiteur, etc. J’ai travaillé avec des prestataires qui avaient aussi déjà fait ça et qui ont pu me donner des conseils. C’était un mariage dans le Sud, à côté de Nice. Et c’était génial parce que ça ne ressemble à aucun autre mariage même si, évidemment, on peut personnaliser complètement son mariage dans les lieux de mariage. Mais c’est encore plus unique dans la maison de grand-mère ou dans la maison de famille ou dans la maison de vacances. Et j’ai vraiment bien aimé parce qu’on est au summum du besoin du wedding planner. Il n’y a pas le référent sur place, le régisseur ou les propriétaires des lieux. Là, ce sont des gens normaux, pas professionnels, qui sont propriétaires des lieux donc il faut vraiment être là pour tout réfléchir. C’est peut-être plus compliqué, mais c’est vraiment du 100 % sur mesure et c’est vraiment ce que j’aime bien faire. Et au début, on pensait qu’il allait y avoir une tendance de fond là-dessus avec le Covid. Or, quand on fait venir des prestataires extérieurs, on n’a pas plus le droit de faire une réception de mariage si c’est interdit autrement. À partir du moment où on a des prestataires extérieurs, ce n’est pas plus possible dans une maison privée.

Ah ça, je ne savais pas. Je pensais qu’il y avait vraiment un intérêt avec les restrictions de le faire chez soi.

Il y a un petit flou, mais à partir du moment où on fait venir un traiteur, un DJ, un photographe, on est sous le coup des mêmes interdictions. Donc cet été, évidemment, il y a eu un flou, c’est normal et on est passé au travers. Mais c’est important de savoir que ce n’est pas parce qu’on a un grand terrain qu’on peut pallier les restrictions si c’est interdit. 

D’où est-ce que ça vient ? Est-ce l’évènement qui est recatégorisé ? 

C’est ça. En réalité, un mariage reste un évènement privé. Les ERP, les établissements recevant du public, sont fermés, mais les grands rassemblements étaient interdits et maintenant encore plus. C’est recatégorisé à partir du moment où tu fais venir des gens qui viennent travaillent, qui sont payés pour faire l’évènement. On ne peut pas, par exemple, faire un petit festival chez soi, ça ne marche pas non plus.

Oui, on a l’exemple de grosses soirées chez les gens alors qu’au final, c’est la même chose pour un mariage. 

Pour le Nouvel An, par exemple, si vous avez commandé chez le traiteur, mais qu’il n’y a aucun prestataire qui est venu chez vous, vous pouviez être 50, ce n’était pas interdit, c’était juste déconseillé. Par contre, si on avait fait venir des prestataires extérieurs, le traiteur qui servait, le DJ qui jouait en live, etc., là ce n’est plus la même chose. 

D’accord. J’imagine qu’il y a très peu de mariages où tu peux faire ça.

En tout cas, pas avec un wedding planner. 

Oui, de toute façon tu bosses.

Et puis, au-delà de 30 ou 40 personnes, je ne vois pas bien comment on peut gérer, ça commence à être compliqué pour la nourriture, etc., on n’est plus sur des tout petits mariages un peu à l’ancienne, on n’est plus sur le même type d’évènement. 

Qu’est-ce qui différencie selon toi ? Quelles sont les grandes différences entre un mariage organisé chez soi et un mariage dans un lieu de réception ? Même si tu as commencé à en parler, quels sont vraiment les points sur lesquels il faut faire attention et auxquels il faut penser quand on organise un mariage à la maison ou dans une maison de famille ?

Avant tout, il faut se dire qu’à la base le lieu n’est pas fait pour recevoir autant de monde. Donc il y a tout ce qui est électricité, il faut bien faire attention, est-ce qu’il faut faire venir un groupe électrogène ou pas. Si c’est un petit mariage autour d’une cinquantaine de personnes, ça suffit en général. Mais si on commence à 100, 150 personnes, là on va avoir besoin de puissance. Et puis, il faut voir aussi à quelle distance va être le « lieu » de la réception de la maison et des prises électriques. Tout ça, ça ne s’invente pas. Il y a un truc pas très glamour, mais qui peut vite dégénérer, ce sont les toilettes. En effet, si vous êtes 30, les toilettes de la maison passent. Encore que si c’est une tente dans le jardin, on n’ait peut-être pas envie que tous les invités viennent circuler et aillent dans les toilettes et les salles de bain personnelles. Donc c’est vraiment quelque chose de très important. Et ce qui est cool aussi, c’est que maintenant ce n’est plus les anciennes toilettes de chantier pas très glamour.

C’est ce que je voulais te demander, oui, si vous avez des toilettes quand même un peu plus glamour que ce qu’on voit sur les chantiers.

Ça arrive, mais on essaie de les cacher un petit peu et de faire tout pour que ça soit mignon. Par contre, il y a beaucoup de toilettes sèches, un peu style des mini chalets, qui se développent. Et c’est super parce que c’est à la fois écolo, les toilettes chimiques ne sont quand même pas terribles pour l’environnement, et puis c’est beaucoup plus joli. Pour rentrer dans les détails, c’est beaucoup moins désagréable d’aller dans une toilette sèche quand il faut chaud que dans des toilettes chimiques parce qu’on n’a pas l’impression d’être dans un aquarium pas très glamour. Donc ce sont aussi des choses très importantes. Les futurs mariés ne pensent pas forcément à ça et c’est là où on va avoir une expertise en tant que professionnel parce qu’on peut avoir de très mauvaises surprises, notamment si on a une fosse septique et qu’on a invité 150 personnes, ça peut être la catastrophe. 

Oui. Et connais-tu des marques ou des prestataires ou des entreprises qui font des toilettes qui sont adaptées comme ça ?

Si je ne me trompe pas, c’est We Love Toilet qui fait des petites toilettes vraiment sympa et qui ressemblent à des petites cabanes où on peut aller se soulager.

Le nom est assez explicite en tout cas.  

Tout à fait. Puis, il y a tout ce qui est accès parce que, pareil, on oublie que parfois si on peut arriver dans sa maison avec sa petite voiture citadine, le traiteur vient avec un camion, le tentiste va venir parfois avec un poids lourd. Donc ce sont toutes ces choses-là qu’il faut regarder avant. Et puis, pareil, quand on invite 10, 15 personnes à la maison, ils se garent dans la rue, ils débordent un peu, mais ça va. Mais 100 personnes, il faut aussi qu’ils puissent se garer. Donc il faut réfléchir à tout ça. Quand c’est une grande maison à la campagne et qu’il y a un champ juste en face, c’est très bien, mais ce n’est pas toujours le cas. Donc il faut réfléchir toutes ces choses-là, peut-être trouver des systèmes de navette si besoin. Ce sont plein de détails qui n’en sont pas du tout et c’est vraiment là où le wedding planner va apporter toute son expertise. 

Oui, c’est plein de petits détails, surtout logistique. 

Oui, c’est énormément de logistique. En tant qu’ancienne chargée de projet, la logistique est vraiment un truc que j’adore faire, me dire « on part du point A, on va au point B, mais comment on y va et à quelle heure il faut qu’on y soit, dans quelles conditions ». Je me suis déjà retrouvée à pallier des fois les erreurs de prestataires, ça arrive. Pourtant, ce sont des loueurs de matériels, sans rentrer dans la marque, qui sont quand même très, très connus, qui amènent un matériel et qui oublient de juste amener le fil qui finit le groupe électrogène et qui fait qu’il peut être utilisable ou pas. Je me suis déjà retrouvée de faire un aller-retour de 70 km pour aller récupérer ce câble parce que si je ne le fais pas, le loueur n’avait pas de bonne composition et il faut que ça tourne à un moment. 

Ces petites anecdotes, j’en ai lu une aussi sur un mariage où tu étais allée chercher des alliances sur l’Île de Ré, je crois. 

Non, c’était sur l’Île d’Yeu. C’était le summum du mariage à domicile parce qu’il fallait faire venir carrément par bateau une tente et le traiteur sachant qu’en plus on ne peut faire traverser qu’un seul poids lourd à la fois sur l’Île d’Yeu hors-saison, parce que c’était en juin donc ce n’était pas les horaires de vacances d’été. On découvre au fur et à mesure, c’est très rigolo. Donc ça veut dire que le traiteur doit arriver la veille ou la tente doit arriver encore une journée avant. Quand le poids lourd n’a pas forcément accès, on est bien content de travailler avec un tentiste qui a des super employés qui sont capables de finir tout à pied. Donc c’était un super souvenir. Ça a été beaucoup de boulot, mais le résultat était tellement chouette et les mariés, la famille et les invités étaient tellement contents que ce n’est vraiment que de très, très bons souvenirs, même si ça a été des heures et des heures au téléphone avec les différents prestataires.

Est-ce que tu en as organisé aussi dans des appartements plutôt que des maisons ou est-ce que ça se fait moins puisque moins adapté ?

Non, je n’ai pas fait. À chaque fois, on est venu me chercher pour faire plutôt des mariages en extérieur dans des propriétés qui ont assez de place dans le jardin. Donc à chaque fois, la maison était là, mais le repas se faisait sous une tente donc on amenait vraiment tout le matériel de réception. La maison en question était là pour l’hébergement des personnes qui dormaient sur place. Donc pas dans des appartements. Je fais quand même plutôt des mariages à partir de 60, 70 personnes. Dans des appartements, ça sera plutôt des toutes petites réceptions donc ça n’a pas été le cas. Peut-être que ça le sera s’il y a encore des restrictions sur le nombre de personnes par rapport au Covid, mais ce n’est pas encore arrivé. 

Et tu as dit que tu avais démarré un peu par hasard. Et maintenant le fait de faire beaucoup de mariages à la maison, est-ce que c’est quelque chose que tu as intégré dans ta communication, dans ton référencement, etc. ?

Oui, j’ai une amie qui est attachée de presse et qui m’aide régulièrement à communiquer sur les expertises que j’ai. Les bonnes copines. Notamment, il y a un an et demi ou deux ans, on avait fait un communiqué de presse surtout sur les mariages en extérieur et ça a eu un très bon retour. J’ai eu plusieurs retours journalistes donc j’ai eu plusieurs articles là-dessus. Ça intéressait vraiment beaucoup parce que c’est le côté hyper personnalisé de la réception qui marche bien.

Oui. Et j’imagine que c’est un peu nouveau aussi. 

Avant, on imaginait beaucoup les mariages soit en salle communale, soit dans un château. Mais il y a plein d’entre-deux, il y a plein d’autres manières de personnaliser son mariage. Il y a des lieux qui sont évidemment magnifiques. On a des souvenirs à certains endroits et il y a des choses qui seront vraiment uniques si c’est dans la maison dans laquelle on a grandi qu’on fait son mariage. Symboliquement, c’est vraiment génial.  

Donc tu es passée par une attachée de presse qui est une amie, si j’ai bien compris. Est-ce que c’est quelque chose que tu recommanderais de faire même si on n’a pas d’ami forcément qui serait attaché de presse ? Les retombées presse qu’avaient la plupart des wedding planners que j’ai eues pour l’instant sur le podcast étaient principalement des journalistes qui venaient vers elles naturellement. Mais toi, c’est toi qui as fait l’effort pour ça. 

J’avoue que c’est plutôt mon amie qui m’a un peu secoué les puces en me disant « il faut que tu communiques, c’est hyper important ». En plus, elle aime bien ce que je fais donc c’est super bienveillant et elle n’arrêtait pas de me dire « il va falloir qu’on fasse ce communiqué de presse ». Au début, je ne savais pas forcément sur quoi communiquer parce que juste communiquer sur le fait que je suis wedding planner, oui, mais le but était de trouver, en effet, quelque chose qui me caractérise. Et quand ce côté spécialiste du mariage à domicile est vraiment arrivé, c’était vraiment intéressant. Et donc, j’ai commencé avec le communiqué de presse, elle m’a aidée, on a travaillé ensemble dessus. Organiser un mariage est un métier, les relations presse est un métier, donc c’est chouette. Puis, quand on a une amie qui est dans le game, c’est un peu plus simple. Mais je pense qu’il ne faut pas hésiter non plus à essayer de repérer. Au tout début, quand j’ai commencé et que je n’avais pas de connaissance là-dedans, tout bêtement c’est d’aller relever les noms des journalistes dans la presse. Dans l’ours des magazines, on a toutes les personnes qui sont à la communication donc on peut envoyer des communiqués de presse. Aussi, mon premier article était tout simplement dans le magazine de ma commune à Montrouge. Et c’est normal aussi, la mairie met en avant les entrepreneurs de la commune et ils étaient très contents d’avoir une personne à mettre en avant. C’était gratuit, ils faisaient l’effort, on a échangé, ils ont parlé de moi et c’était super. Et j’ai eu des clients qui étaient vraiment du coin grâce à ça. Le hasard fait très bien les choses parfois, ils ouvrent le magazine à la bonne page et puis ils tombent sur moi. J’ai envie de dire qu’il n’y a pas de petit média parce que le bon média est celui qui correspond à notre cible. Et ce n’est pas parce qu’on n’a pas une pleine page dans Elle ou des choses comme ça qu’on ne va pas trouver de clientèle.  

Tu as tout fait raison. Il y a ça, et puis il y a aussi la notion de référencement. Tu le disais, il y a les liens ensuite et ils sont super importants. Et quand tu as un lien, même d’un magazine local ou d’un journal local, c’est super important et ça participe aussi à la popularité de ton site sur Google. Par contre, j’ai vu que pour le mariage à domicile tu avais fait un petit peu mieux que ça et tu as même réussi à avoir un article dans Vogue.

Oui, c’est grâce au communiqué de presse qu’on a fait avec mon amie.

Oui. Donc comme quoi on peut même aller chercher des grosses références et des gros médias avec des techniques assez classiques comme ça.

Oui, absolument. 

On a trop tendance à penser que les journalistes sont surbookés, qu’ils sont sur-sollicités. 

Ils sont très sollicités, mais dès qu’on a quelque chose qui sort un peu de l’ordinaire, ils sont super contents. Parce qu’envoyer juste un communiqué de presse en disant « je suis un nouveau wedding planner à Paris », qu’est-ce qu’ils peuvent dire là-dessus ? Pas grand-chose. Par contre, dire « je suis spécialisée dans les mariages à domicile », ou autre chose parce qu’il y a évidemment plein, plein de niches sur lesquelles on peut se spécialiser, quand on a des choses à dire et des choses intéressantes, les journalistes sont super contents d’avoir des contenus comme ça donc ça permet de faire des articles comme ça.

Oui. Et tu me disais d’aller voir aussi les gens qui parlent de mariage au sein de grandes rédactions, d’aller prendre leurs noms, d’aller les suivre. Je pense que ces gens-là sont beaucoup sur les réseaux sociaux aussi donc il y a peut-être moyen de les interpeller un peu plus facilement sur les réseaux sociaux plutôt que dans leur boite email qui doit être assez spammée. Donc oui, il y a plein de petites techniques comme ça, mais c’est comme tout, il faut y prendre le temps et faire les choses bien. Généralement, si on fait les choses bien, il y a moyen d’avoir des belles relations.

Absolument. Et puis, il y a la rencontre des gens. Il n’y a pas très longtemps, j’ai eu un article dans Cosmo. C’est quand même un magazine que je lis depuis longtemps et j’étais trop contente. Et c’est via une amie qui m’a dit « cette journaliste cherche un parcours un peu différent, est-ce que ça t’intéresse ? ». Il faut toujours parler de son activité, que ce soit à ses amis, à ses collègues et anciens collaborateurs, etc. parce qu’ils ne nous oublient pas et au moment où un autre copain de copain a besoin de faire un sujet sur telle ou telle chose, on pense à ça d’un coup. Et moi, pareil, quand on me dit « tu ne connaitrais pas quelqu’un qui fait ça ou ça », bien sûr j’ai toujours deux ou trois noms à donner et on se renvoie l’ascenseur. Le mariage est un vrai réseau et c’est ça que j’aime bien aussi. J’aime bien aller discuter un peu avec tout le monde et puis on se connait, on se reconnait et c’est chouette. 

Oui, le réseau est important. C’est sûr. C’est super important. Si tu veux bien, on va attaquer le dernier segment du podcast où je vais te poser quelques questions que je pose à tous les invités. Et la première serait que si jamais tu devais revenir en 2015, quand tu t’es lancée, et que tu pouvais te souffler un conseil à l’oreille, qu’est-ce que tu te dirais ?

C’est ne pas hésiter à dire non pour plein de raisons, mais parfois quand on ne sent pas quelque chose, que ce soit des clients, que ce soit des demandes qui ne font pas partie de nos attributions. Mais je pense que même si je me l’étais dit, ce n’est qu’avec l’expérience qu’on arrive aussi à se forger une carapace. Parce que quand on est à son compte, parfois il y a des moments un peu difficiles et c’est bien aussi de se protéger soi-même. Il ne faut pas oublier que c’est notre travail et qu’on n’est pas non plus à la merci de tout. Et je me suis rendu compte aussi que parfois dire non à quelque chose, ça permet ensuite d’avoir des relations beaucoup plus saines avec des clients plutôt que de dire « oui, oui, ne vous inquiétez pas ». Et au final, recadrer les choses est hyper important, de façon gentille évidemment. 

Le fait de poser un cadre à ta prestation est super important puisque vous, les weddings planners, êtes de tel couteau suisse qu’on a facilement tendance à penser que vous pouvez tout faire.

Oui, c’est ça. Il y a des choses toutes bêtes, par exemple gérer la réservation des hôtels de tous les invités, 150 personnes, un moment ce n’est pas possible ou alors on se transforme en tour operator et j’embauche quelqu’un qui ne fait que ça. Il faut dire « je peux vous aider jusque-là. Par contre, ça, je peux vous donner des conseils, mais ce ne sera pas moi qui le ferai. » Mais comme tout le monde, quand on commence un nouveau job, salarié ou pas, au début on dit « oui, oui, oui ». Et puis, on apprend de ses erreurs. De toute façon, je crois qu’on n’a pas trop le choix, c’est comme ça. 

Je pense que le plus dur, ce sont les clients quand même. Dire non à quelqu’un qui veut nous embaucher, je pense que c’est ce qu’il y a de plus difficile. 

Mais quand on ne le sent pas, au final on est soulagé par la suite. Ça arrive très rarement. La plupart des gens qui viennent me voir sont des gens charmants avec qui je m’entends super bien. Et en général, de toute façon, mes entretiens se passent d’une manière que si ça ne matche pas, je sais très bien qu’il n’y aura pas de retour. Soit ça se passe super bien, ça matche et puis c’est très bien, soit dès le départ on n’était pas forcément sur la même longueur d’onde et les gens me disent « non, on a signé avec quelqu’un d’autre ». Et souvent, je le sens quand c’est comme ça. Et puis, c’est juste une histoire de personnalité.

Oui, on le sent avec le temps. Et c’est vrai qu’on a moins tendance à le dire au début puisque quand on cherche des clients, on est prêt à prendre n’importe qui.

C’est normal, à un moment il faut manger.

Voilà, c’est ça. Mais il ne faut pas que ça nous bouffe.  

Très honnêtement, sur le nombre, je pense que j’ai eu un mariage où ça a vraiment été compliqué du début à la fin. Et avec le recul, je me dis que je n’aurais peut-être pas dû le prendre. Et en même temps, ça m’a appris tellement de choses. C’était dur, parfois j’en ai chialé, mais j’ai appris plein, plein de trucs et finalement, c’était un mal pour un bien. De toute façon, c’est comme ça quand on est à son compte. Je pense que de toutes les professions, quand on est à notre compte où on a des clients, personne ne pourra dire « non, c’est toujours une partie de plaisir, tous les gens sont super sympa et sont tous des bisounours ». Je pense que ça n’existe pas.   

Puisque tu es toute seule et qu’on sait le travail que ça représente d’organiser un mariage, est-ce qu’il y a des outils dont tu te sers qui t’aident au quotidien pour gérer ton activité, gérer tes mariages, tes invités, etc. ?

J’ai l’impression d’avoir 150 ans quand je dis ça, mais je suis un peu à l’ancienne, c’est-à-dire que j’ai mes fichiers Excel, j’ai mon petit carnet de notes avec mes to-do lists et je travaille vraiment comme ça. J’ai essayé un logiciel très, très bien avec des gens super qui ont créé des logiciels pour les weddings planners, mais je dois être réticente, je ne sais pas. Pourtant, je suis sur mon ordi, je suis sur les réseaux et tout, mais je pense que j’ai une manière de travailler qui ne peut pas adapter à ces logiciels-là. Donc je préfère avoir mes outils à moi. Je prends beaucoup, beaucoup de notes, j’écris plein de notes, j’use mes carnets. Et puis, j’ai mes petits fichiers Excel qui me permettent de faire des suivis. J’ai un truc un peu bizarre, tu le mettras si tu veux dans le podcast, j’ai un calendrier dans la tête. Il y a un nom scientifique, mais je ne sais plus comment ça s’appelle.

Ah bon ? Ça a carrément un nom scientifique ?

Oui, oui. Il y a des gens qui sentent les notes de musique, par exemple. Il y a des gens, ils jouent un do et ils ont une odeur qui est associée. Ce sont des espèces de connexions qui se font comme ça. Et moi, j’ai un calendrier dans la tête, je visualise le temps qui passe. Et quand on est planner, c’est quand même assez cool. 

Donc tu as une prédisposition à être wedding planner. Mais comment est-ce que ça se matérialise ? Est-ce que tu veux dire que tu arrives à retenir les dates ?

Oui, j’ai une très bonne mémoire et d’autant plus de tout ce qui est dates. Je ne pourrais pas expliquer très précisément parce que c’est dans ma tête, les gens vont croire que je suis folle.

Non, ne t’inquiète pas.

Si tu as un calendrier en face des yeux, tu vas dire « là j’ai une petite croix, il faut que je fasse telle chose ou telle chose ». Moi je vois mes deadlines, je sais exactement quand il faut que je fasse les choses dans ce calendrier un peu virtuel. C’est une carte que j’ai et ça me permet de toujours savoir où j’en suis. Par exemple, je sais exactement tous les tenants et les aboutissants de tous les mariages sans forcément aller voir dans mes notes. Je ne connais pas les numéros des prestataires par cœur, il ne faut pas exagérer, mais il y a beaucoup de choses où je n’ai pas forcément besoin de me référer à quelque chose d’écrit, c’est déjà dans ma tête. 

C’est plutôt cool pour ton métier.

Oui, c’est plutôt pratique. 

Mais tu notes quand même tes rendez-vous ou est-ce qu’il y a même des rendez-vous que tu ne notes pas ?

Je les note de manière générale, mais la plupart du temps, je ne regarde pas forcément mon agenda, je sais très bien semaine par semaine ce que je dois faire. Évidemment, je les note parce que je suis humaine et je peux faire des bêtises ou me tromper d’heure. Mais en général, ce n’est pas le cas et je n’ai pas forcément besoin de ce support-là, sauf si, évidemment, le rendez-vous a été pris des années et des années à l’avance. Mais c’est assez pratique. La mémoire et cette visualisation du temps sont hyper pratiques dans mon métier. 

Et ce n’est que pour les dates et le temps ?

Oui.

Tu n’as pas ces prédispositions-là pour d’autres ?

Non, je n’ai pas tout. Je ne suis pas une surdouée avec plein, plein de trucs. C’est de la synesthésie, j’ai retrouvé le mot. Ce sont plusieurs sens qui s’associent dans le cerveau. J’ai un ami qui voit des couleurs quand il joue du piano. Donc il connait toutes les notes, toutes les notes ont des couleurs et c’est dans sa tête que ça se passe. Personne n’a cette même façon de faire que lui. 

D’accord. C’est marrant.

Mais je crois que c’est 10 ou 20 % de la population qui a cette synesthésie. Ça peut être quand tu vois une image que tu entends un son qui va avec alors qu’il n’y a pas de son qui vient de cette image. Ce sont des connexions qui se font.

Est-ce que ça ne vient pas de l’enfance, quand tu as été soumis à ces sons, ces choses-là ?

On m’a mise dans une boite, on m’a bombardée de calendriers. Non, je ne crois pas. J’avais lu des articles là-dessus, je crois que c’est inné. 

C’est bien, tu as un avantage concurrentiel par rapport à tout le monde. 

Oui.

Et puis, ça pourra peut-être faire l’objet d’un futur communiqué de presse, c’est une très bonne idée, pourquoi pas.

La wedding planner qui voit le temps. 

C’est ça. Sinon, est-ce qu’il y a des gens qui t’inspirent dans ton métier, des personnalités, est-ce que tu suis certaines personnes sur les réseaux pour t’inspirer dans le cadre de ton activité ?

Plein, plein de gens. Déjà tous les fleuristes, j’adore les fleurs donc je suis énormément le travail des fleuristes. Et puis, je trouve qu’ils sont hyper créatifs, ils ont plein, plein d’idées tout le temps. Et en plus, un mariage sans fleurs est juste improbable pour moi. Donc je pense que le nombre de personnes que je suis sur les réseaux est vraiment les fleuristes en majorité. Et puis, toutes les différentes wedding planners que j’aime bien et que souvent je connais et dont j’aime bien le travail, je m’en inspire, je regarde ce qu’elles font. Je pense qu’on fait tous un petit peu la même chose.  

Et dans les fleuristes, est-ce qu’il y en a quelques-uns qui sortent vraiment du lot ?

Oui, je travaille énormément avec le fleuriste du coin qui est un super fleuriste et qui est en plus tout près de chez moi et qui a fait mon mariage. Donc on a un lien très, très fort tous les deux. Et aussi, une fleuriste bretonne. J’ai découvert son travail et puis je l’ai rencontrée. Elle est hyper douée et hyper modeste. Je lui dis à chaque fois « c’est juste canon ce que tu fais, il faut vraiment que tu te mettes plus en avant ». Et aussi Le Bazar à Pétales qui est rennaise. Mais c’est aussi les personnalités parce que j’ai l’impression que la personnalité des gens se traduit dans le travail qu’ils font. Clairement, les deux fleuristes dont je parle sont des gens tellement adorables, à qui on peut demander plein de choses, ils ne me disent jamais non. Si j’ai des idées, ils me suivent, ils me donnent des idées aussi. Et c’est vraiment super de travailler avec des gens comme ça. 

C’est top. On mettra des liens dans les ressources du podcast sur le blog Planners. Avant de te laisser, où est-ce que les gens peuvent te retrouver s’ils veulent apprendre plus sur toi ou sur les Cocottes ?

Il y a le site lescocottesevents.com. Et puis, je communique plus sur Instagram, essentiellement des petites stories. J’avoue que j’ai été un peu en manque d’inspiration, comme tout le monde dans le confinement, mais j’essaie de remettre des choses régulièrement. Ça peut parler de mon travail, mais aussi, quand j’ai des coups de cœur, j’aime bien les partager en story. Donc ça permet un peu de voir ce que je fais, mais aussi ce que j’aime. 

OK. Dans tous les cas, on mettra tous les liens, encore une fois, sur le blog. D’ici là, on te souhaite le meilleur de tes futurs mariages à domicile et ailleurs.

Merci beaucoup. Vivement que ça reprenne à partir de juin, juillet. Je suis plutôt optimiste donc on croise les doigts.

On croise les doigts et on se dit à une prochaine.

Ça marche. Merci beaucoup.

Merci à toi, Églantine. À une prochaine ! Salut.

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