Connaissez-vous vraiment le métier de wedding designer ?

Podcast
emily alarcon
103 . 2021

De Syra Sylla 10/3/ 2021

Organiser des mariages, Emily n’en est pas fan. Mais participer à la décoration de ces évènements, c’est son dada. Emily Alarcon est wedding designer. Et elle est même spécialisée dans la décoration florale.

Dans le 10ème episode de Carnet de Noces, vous apprendrez la différence entre wedding planner et wedding désigner. Vous en saurez plus sur le métier d’Emily qui nous décrypte son rôle et parlera de sa passion pour la décoration florale. 

“Il faut avoir une grande part de créativité et de curiosité. C’est facile de tomber dans la routine au bout du 3ème mariage blanc et rose poudré, de faire toujours la même chose. Et pour autant, je pense que c’est tout à l’honneur du professionnel de proposer des choses différentes, même avec des thèmes récurrents. On peut savoir faire des choses originales. Il faut une grande part de curiosité. Et je pense qu’il faut être excessivement organisé, autant sur les aspects techniques et décoratifs. Sur un mariage, on a une deadline qui est claire, nette et précise. Les mariés arrivent, tout doit être prêt. On n’a pas de bonus de temps, on ne peut pas tirer sur la corde pour gagner des minutes.”

Formée aux Etats-Unis, elle explique ce qui l’a poussé à ajouter l’axe éco-responsabilité à son art et se souvient d’un mariage à Chypre sur lequel elle a particulièrement apprécié travailler.

Les “tips” d’Emily :

Ses inspirations : la photographe Maddy Christina ; le wedding planner Jean-Luc Blais ; le make-up artist Harold James

Emily Alarcon :

Site Internet :  https://www.emilyalarcon.com/
Instagram : http://www.instagram.com/emilyalarconwedding
Facebook : http://www.facebook.com/emilyalarconwedding
YouTube : https://www.youtube.com/c/emilyalarconwedding

L’épisode 10 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 10 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Salut Emily, bienvenue sur le podcast Carnet de Noces. Aujourd’hui, on va parler notamment du métier de wedding designer avec toi. On a plutôt l’habitude d’inviter des wedding planners sur le podcast. Tu vas tout nous expliquer. Je sais que c’est un peu le cousin, on va dire, du wedding planner. 

On peut dire ça. 

Sans transition, je vais déjà te laisser te présenter auprès de nos auditeurs, nous expliquer un peu ton parcours, puis comment tu en es arrivée aujourd’hui à faire ce que tu fais en ce moment, donc l’organisation de mariage avec plutôt une spécialisation de décoration florale, si j’ai bien compris. 

C’est ça. Tout d’abord, merci pour l’invitation. Je suis contente de pouvoir participer à ce podcast. Pour me présenter, je m’appelle Emily Alarcon. Je suis wedding designer dans le Sud de la France. Au niveau de mon parcours dans le monde du mariage, j’y suis arrivée un petit peu par hasard. J’ai fait plusieurs jobs divers et variés dans ma jeunesse avant de m’orienter vers le métier de fleuriste pour lequel je me suis formée. Donc j’ai été pendant plusieurs années fleuriste en boutique de façon très traditionnelle. Et très rapidement, je me suis passionnée pour le côté mariage, création d’un décor, conception, etc. Et ça commence à dater, mais c’était l’époque également où on avait vraiment l’émergence des wedding planners sur le secteur. Donc j’ai commencé à travailler avec quelques wedding planners dans ma région. Et pour moi, c’était vraiment la partie la plus excitante du métier. On était parti sur un rendez-vous d’une heure, deux heures, j’avais la wedding planner et la cliente, on mettait à plat toutes les idées, on créait un décor et c’était vraiment la partie excitante. Et à partir de là, je me suis rendu compte que le métier de fleuriste en boutique, tel que je le pratiquais, ne me convenait plus vraiment et que c’était vraiment la partie mariage qui me plaisait le plus. Donc j’ai tout d’abord créé ma société en tant que wedding planner parce qu’à l’époque wedding designer n’existait pas et pour moi j’avais l’impression que c’était le métier du wedding planner qui s’occupait de toute cette partie design et décor. Et en fait, au fur et à mesure, j’ai fait beaucoup de formations sur le design, sur la fleur, sur le décor, etc. pour compléter un petit peu mon parcours. Et je me suis rendu compte qu’au fur et à mesure, ce que je faisais, ce n’était pas du wedding planning parce que je n’organisais pas les mariages, et de toute façon je n’aime pas ça. Il y a des gens qui font ça très bien, mais ce n’est pas pour moi. Par contre, ce qui me plaisait vraiment, c’était de créer un concept, créer un décor, créer quelque chose de sur mesure pour les clients.

Quand tu travaillais en boutique, tu étais salariée ou tu avais déjà ta propre boutique et tu vendais tes fleurs à toi ?

Non, j’étais salariée pendant 7 ans. Je savais dès le début que je ne voulais pas une boutique parce que ce n’était pas la vision que j’avais de mon contact avec la fleur. Pour moi, la boutique c’est une espèce de carcan et je ne me sentais pas du tout à l’aise avec cette idée-là donc j’ai été salariée pendant 7 ans. 

OK. C’est vrai que c’est un métier qui est complètement différent. Moi, en tout cas, quand je vais chez les fleuristes, j’ai l’impression que ça n’a pas changé depuis 15-20 ans, on a toujours le même genre de fleuristes super accueillants. D’ailleurs, je m’étais dit une fois « tiens, il y aurait quelque chose, je pense, à faire dans le business des fleurs et surtout dans l’expérience client dans les boutiques. »

Oui. 

Je pense qu’il y a vraiment moyen de faire quelque chose. En plus, c’est vrai que la fleur, c’est quelque chose qui est tellement joli, mais quand on voit l’expérience qu’on a en boutique, comment les fleurs sont présentées, ça donne rarement envie. En tout cas, c’est mon point de vue et je ne suis peut-être pas allé dans les bonnes boutiques. Par rapport au mariage et par rapport à l’expérience que tu as avec les fleurs dans un mariage, c’est quand même autre chose. 

Oui. C’est vrai que le gros problème qu’il y a, je trouve, au niveau des boutiques, et ça j’en parle très souvent avec les fleuristes avec qui je suis en contact, c’est le fait de recevoir un client de mariage sur un bout de comptoir entre deux clients qui viennent pour acheter le bouquet. Et c’est un discours que j’ai très, très souvent avec le fleuriste en disant que le client de mariage vient dépenser quand même plusieurs centaines voire milliers d’euros pour son mariage, il y a quand même besoin d’avoir un petit peu plus d’attention et d’accueil que juste être comme ça sur un bout de comptoir, le téléphone qui sonne et les gens de passage ou tout autour. Donc je comprends tout à fait cette différence qu’on peut avoir entre le fleuriste traditionnel en boutique et les autres aspects du métier de fleuriste. 

Tu as dit que tu avais rencontré, c’est ce que j’ai compris, des wedding planners quand tu étais encore salariée. Comment est-ce que ça s’est fait, est-ce que tu t’es intéressé toi-même au monde du mariage, puis tu es allée rencontrer ces wedding planners ou est-ce que ça s’est fait par hasard, est-ce que tu avais des amis qui t’ont fait découvrir ça ? Comment est-ce que tu en es venue de ton poste de salariée à l’univers du mariage ?

En fait, c’est venu un petit peu par hasard puisque la wedding planner, en l’occurrence Emmanuelle Guillard qui était wedding planner près de chez moi, avait besoin de fleurs pour ses mariages et elle avait expérimenté plusieurs fleuristes dans le secteur où elle n’avait pas forcément trouvé de relation vraiment qui l’intéressait, qui serait parlante sur les mariages. Et un jour, elle est venue un petit peu par hasard dans le magasin où je travaillais et c’est comme ça qu’on a commencé à travailler ensemble. 

OK. Donc toi, tu as déjà fait des créations pour des wedding planners en tant que salariée et c’est là où ça t’a plu, puis tu t’es concentrée là-dessus ?

Oui, c’est ça. 

OK. Et donc tu as dit que tu n’aimais pas organiser les mariages. 

Ah non, du tout. Je ne suis pas assez patiente pour ça. 

Et comment tu fais alors ? Tu travailles toujours en binôme avec une wedding planner ? J’ai vu sur ton site, en tout cas c’est comme ça aussi que tu le présentes et tu me contrediras si je me trompe, que tu indiques bien que tu organises des mariages et que les futurs mariés peuvent te contacter directement pour organiser leur évènement. 

Alors, c’est vrai que mon site s’adresse principalement aux clients parce que je pars du principe que les wedding planners qui vont tomber sur ce genre de discours comprennent que la personne peut aussi travailler avec les wedding planners, peut-être que c’est à peaufiner, à voir, mais je travaille aussi bien avec des wedding planners qu’avec des clients directs. Je préfère travailler avec des wedding planners parce que pour moi, au niveau des process, au niveau du déroulé du jour J, c’est toujours beaucoup plus serein, beaucoup plus complet. Mais je travaille aussi bien avec des clients directs qu’avec des wedding planners. 

Et le couple quelque part qui veut un wedding planner et qui va te voir, à la base, se dit « je vais travailler avec une wedding planner et elle va tout faire ». Donc quand les couples te rencontrent, qu’est-ce que tu leur dis ? Tu leur dis « moi je vais juste m’occuper de la partie décoration fleurs et je travaille avec une autre wedding planner pour toute la partie organisation un peu plus classique » ? Est-ce que c’est comme ça que tu fais ?

Pour l’instant, les gens qui me contactent comprennent que je ne suis pas wedding planner, que je m’occupe de la décoration et non pas de l’organisation. Du coup, je n’ai pas ce problème-là.

D’accord. Donc ils cherchent vraiment une wedding designer ? 

C’est ça. Une wedding designer ou une décoratrice ou même des fois une fleuriste simplement qui fait de la décoration. Il y a plusieurs mots pour cette activité. Mais, généralement, je n’ai pas de client qui vient pour moi en tant que wedding planner. 

OK. Donc là, tu dirais que le terme « wedding designer » est rentré dans les mœurs, il y a des gens qui viennent te voir directement parce qu’ils cherchent ce genre de service en fait ?

Oui ou, en tout cas, ce que je montre, ça leur fait comprendre que je suis vraiment dans la partie déco et fleurs et non pas dans la partie organisation. 

OK. Donc, et d’ailleurs ça faisait partie des premières questions que je voulais te poser, la différence entre un wedding planner et un wedding designer c’est que le wedding designer ne fait que la partie décoration, ça peut être fleurs, mais ça peut être autres choses ?

Tout à fait. 

OK.  

La différence fondamentale pour moi entre les deux, c’est que le wedding planner va vraiment s’occuper de l’organisation de toute la journée, de la sélection de tous les prestataires. Ça peut être la mise en beauté, ça peut être la robe, le make-up, le traiteur, le lieu, etc. Le designer, lui, va s’occuper vraiment de la partie visuelle et artistique de l’évènement. Donc globalement, ça va être concentré sur tous les moments forts. Éventuellement, s’il y a des prestataires à rechercher en particulier, parce que les mariés veulent une sortie spectaculaire, mettons pour l’église, peut-être que dans ce cas le wedding designer va devoir chercher des prestataires spécifiques et par rapport au concept que le wedding designer aura proposé. En fait, souvent le planner et le designer peuvent travailler ensemble. On a des wedding planners qui font aussi le design, mais on peut aussi tout à fait être là vraiment en tant que wedding designer sur un mariage avec une wedding planner, ça m’est arrivé plusieurs fois. En gros, j’ai la wedding qui me dit « voilà, c’est le projet avec les clients, ça c’est l’idée globale. Je te laisse gérer avec eux, je te laisse faire les propositions, trouver les personnes qu’il faut, vraiment gérer toute la partie esthétique du mariage. »

OK. Et comment ça se passe, est-ce que tu as ton réseau de wedding planners avec qui tu bosses avec une sorte de partenariat ou est-ce que tu vas chercher un wedding planner en fonction des besoins des couples qui te sollicitent ?  

Quand les couples me contactent, généralement ils ont déjà leur wedding planner. Ça m’arrive des fois que des clients me demandent des conseils pour le wedding planner donc là, effectivement, je regarde dans mon carnet d’adresses par rapport au lieu où ils se marient, par rapport au type de prestation qu’ils recherchent. Sinon, j’ai certaines wedding planners avec qui je travaille de manière récurrente parce qu’on l’habitude, parce qu’on est à côté, parce qu’on aime bien travailler ensemble. Mais j’ai aussi des fois des wedding planners qui me contactent de façon ponctuelle parce qu’elles ont un mariage qui est dans mon secteur, elles ont entendu parler de moi, mon travail leur plait et elles ont dit qu’on travaillait ensemble. Donc j’ai à la fois les deux, le côté récurrent avec certaines, et le côté très ponctuel. Il y a des fois des wedding planners avec qui j’ai travaillé une seule fois, je les ai vus une fois en 7 ans et je ne sais pas si je les reverrai un jour. 

 Tu fais peut-être encore partie d’une minorité parce que j’ai l’impression qu’il y a quand même plus de gens qui se destinent, qui se dirigent vers le métier de wedding planner et un petit peu moins vers le métier de wedding designer. C’est peut-être encore moins connu ?

C’est beaucoup moins connu. C’est beaucoup moins connu vis-à-vis des clients et même vis-à-vis des professionnels parce que je dis à certains « wedding designer », « ah oui, vous organisez ? », « non, toujours pas ». Mais c’est vrai que c’est beaucoup moins connu et c’est encore plus récent que le métier de wedding planner finalement. Donc ça veut dire que ça va évoluer dans le positif dans les années à venir. 

C’est ce que tu vois au niveau de la tendance ? 

Ah oui, moi j’y crois fort. Je suis très positive donc j’y crois très, très fort. 

Oui. Il y a peut-être aussi des gens qui n’ont pas forcément ce mot-là en tête, mais qui veulent un décor, je pense, aux fleurs. Il y a peut-être aussi des gens qui te trouvent parce qu’ils cherchent un fleuriste avant de chercher un wedding designer, j’imagine. 

Ça arrive aussi. Ou des gens qui cherchent quelqu’un qui va être vraiment plus pour la partie décoration. C’est vrai que le terme wedding designer en France est très peu connu. Généralement, quand on me dit « je cherche une wedding designer », souvent ce sont des clients internationaux qui, eux, ont vraiment l’habitude de ce genre de rôle et ce genre de poste. Et les clients francophones vont dire généralement « je cherche une décoratrice florale ». Même si c’est un petit peu réducteur par rapport aux missions qui peuvent être vraiment attribuées en tant que designer, ça me convient tout à fait parce qu’au final on arrive à tomber d’accord sur ce qui est à faire.   

Oui. Et au final c’est la même activité, oui. 

Oui, oui.

J’ai vu que sur ton site que tu as mis la moitié de tes contenus en anglais et la moitié des contenus en français. Je crois même que tu as tous les articles de blog qui sont en anglais ?

Oui.

Est-ce que c’est pour ça, est-ce que tu t’adresses principalement à une clientèle internationale ?

Oui, c’est ça. 

 Et quelle proportion de la clientèle est-ce que tu dirais que ça représente en ce moment dans les mariages que tu fais ?

On va dire que ça représentait 75 % de ma clientèle jusqu’à fin 2019.

Et depuis ? 

Il n’y a plus d’étrangers en ce moment, c’est compliqué.

Ouais, c’est sûr. C’est sûr. Et comment tu l’as vécu alors ? On va transitionner là-dessus. C’est vrai que ce n’était pas dans l’idée de transitionner tout de suite là-dessus, mais tu m’as tendu une perche. Je pense à tous les wedding planners qui organisent des mariages avec beaucoup de clientèle internationale, c’est vrai que pendant le Covid vous l’avez peut-être encore senti d’une manière plus forte que les autres wedding planners qui avaient déjà l’habitude de travailler avec la clientèle qui habite en France.  

Oui. Disons que passé le choc, les crises de larmes, les journées à pleurer sur le canapé, il a fallu un moment de se remettre quand même un petit peu d’aplomb, puis dire « alors bon, qu’est-ce qu’on fait ? » Le problème, en fait, c’est quand on a bien travaillé pendant des années à développer une clientèle étrangère et que, du jour au lendemain, on n’a plus de clientèle étrangère et on se retrouve presque au point de départ, à devoir recommuniquer pour une clientèle française. Le point, et je vais quand même un petit peu tempérer parce que ce n’est pas non plus si dramatique que ça, c’est que globalement c’est plutôt des mariages haut de gamme et ma clientèle représente des clients qui sont anglophones donc toute ma communication anglophone parle à cette clientèle-là. Donc ce n’est pas complètement perdu, mais c’est vrai que, du jour au lendemain, on a des clients, puis on ne les a plus. Et forcément, ça oblige à se remettre en question, à réfléchir « est-ce qu’on fait une transition complète dans son entreprise ? », « est-ce que je laisse tomber le côté international et je me concentre uniquement sur la clientèle francophone ou pas ? » J’ai pris le parti de continuer à croire aux clients anglophones et en partant surtout du principe que les clients que je vise globalement sont totalement à l’aise avec l’anglais. 

OK. Est-ce que tu veux dire que tu as pu continuer avec une partie de clientèle qui parle bien anglais et qui habite en France ? C’est vrai qu’il y en a beaucoup.

Oui. 

Et puis, je pense aussi que la clientèle française qui doit s’intéresser à ton activité, c’est peut-être aussi une clientèle qui est un peu plus élitiste, c’est ce qu’on aurait tendance à penser quand on pense à tous ces décors. Je pense aux fleurs parce que c’est ta spécialité, ça doit représenter un gros budget surtout si on en prend beaucoup.  

Ça va très, très vite. Ça peut aller très, très vite et très, très haut. Tout dépend des proportions des uns et des autres. Mais clairement, la fleur est déjà le superflu parce qu’autant on peut difficilement se marier sans avoir de salle de réception quand on va faire une soirée ou quoi que ce soit, la fleur c’est vraiment déjà à la base l’élément en plus qui est juste là pour faire joli, qui dure 24 heures, puis i finit généralement à la poubelle, malheureusement. Donc clairement, on est sur un produit qui est déjà super superficiel. Et forcément, quand on part sur des gros budgets, on arrive vraiment sur le summum de l’accessoire inutile. Mais en même temps, c’est tellement beau donc c’est pour ça qu’on le prend. 

Ouais et peut-être que tous ceux qui veulent aussi donner une dimension un peu écologique à leur mariage, ce n’est pas forcément le genre d’accessoire superflu dont ils abusent. J’ai vu sur ton site aussi que tu avais une approche très écoresponsable par rapport à la fleur.

Oui. J’essaie en tout cas. 

Est-ce que tu pourrais nous expliquer un peu par rapport à ça, ce que tu mets en place pour justement limiter à maximum l’impact que ça peut avoir d’un point de vue écologique ?

C’est vrai que c’est important. On peut savoir que déjà dans mon quotidien, avec mon mari on pratique tout ce qui est très sélectif de façon très consciencieuse à la maison. Donc pour moi c’était logique de continuer également ces efforts-là dans mon activité professionnelle. Comme je l’explique déjà sur mon site dès le départ, on n’imagine pas, tant qu’on n’a pas vu un fleuriste travailler, la quantité de déchets qu’un fleuriste peut représenter. Donc quand on est sur des fleurs de mariage, on a vite énormément de déchets. Donc dès le départ, je pratique un tri sélectif qui est vraiment très rigoureux de tout ce qui est emballage, les plastiques, les cartons, tous les déchets verts également qui partent au compost parce que j’ai la chance d’avoir accès à un compost dans mon entourage relativement proche. Et puis, effectivement, au niveau du travail floral à proprement parler, il existe des méthodes pour réduire les déchets, notamment tout ce qui est composé de mousse, et c’est ce que j’utilise, sans forcément que ça n’ait d’impact sur le design ou la demande du client. Pour moi, je sais que j’ai fait un beau mariage et qu’en plus j’ai limité ma production de déchets à usage unique. Et je trouve ça intéressant. 

Ouais, c’est une double spécificité qui surfe sur la tendance aussi, la tendance à la décoration, la tendance à des mariages qui sont un peu plus écoresponsables. 

Les clients sont plus sensibles à ça aujourd’hui. Tous le ne sont pas forcément, mais il y a quand même une proportion grandissante de clients qui sont sensibles à ce genre de détail. 

Ah, mais ça va avec le sens de l’histoire. Je pense que les gens, d’une manière générale, vont être de plus en plus intéressés par ça et de plus en plus préoccupés aussi par leurs propres actions par rapport au climat. Donc le fait de s’en préoccuper tout de suite, c’est quelque part prendre une longueur d’avance par rapport à celles et ceux qui n’y pensent pas forcément et qui s’y mettront trop tard. Donc on a bien compris la différence entre wedding planner et wedding designer. Quelles sont les qualités que doit avoir selon toi une wedding designer ? Ou un wedding designer, ce n’est pas réservé qu’aux femmes.

On peut avoir de très grands hommes dans ce métier. Les qualités requises, je pense qu’il faut déjà avoir une grande part de créativité et de curiosité parce que c’est très facile de tomber dans la routine au bout du 3ème mariage blanc et rose poudré, de faire toujours la même chose. Et pour autant, je pense que c’est tout à l’honneur du professionnel de savoir proposer des choses différentes. Même avec des thèmes récurrents, faciles, sans être un peu trop péjorative, mais disons que ça reste quand même des choses qui sont très courantes, on peut savoir en faire des choses plus originales. Donc je dirais une grande part de curiosité. Je pense qu’il faut être également excessivement organisé autant sur les aspects professionnels, techniques et décoratifs parce que sur un mariage on a une deadline qui est claire, nette et précise. Les mariés arrivent, tout doit être prêt. On n’a pas de bonus de temps, on ne peut pas tirer sur la corde pour pouvoir gagner des minutes. Donc il faut être vraiment organisé et précis dans son travail. 

OK. Et j’ai vu que tu faisais toi-même pas mal de formations, et je ne t’en ai pas parlé d’ailleurs lorsque tu as évoqué tout ce qui est année 2020 avec le Covid, etc., mais j’ai vu que tu avais un shop sur ton site où tu vends d’ailleurs pas mal de choses, du pot de miel à la formation pour être wedding designer. Donc j’en déduis que tu formes les autres et que tu te formes toi-même, puisque j’ai vu que tu avais fait beaucoup de masterclasses aussi, mais ça on en reparlera un peu plus tard. Est-ce que tu peux aussi nous en dire deux mots de toutes les formations que tu proposes ? Est-ce que ça fonctionne ? Tu as dit d’ailleurs qu’on est quand même sur une tendance où il y a de plus en plus de gens qui s’intéressent à la décoration de mariage et la décoration florale. Est-ce que tu sens aussi qu’il y a peut-être de la demande auprès des wedding planners qui aimeraient ajouter une corde à leur arc et proposer quelque chose d’autre et pas uniquement l’organisation et le choix des prestataires pour le mariage de leurs clients ? 

Au niveau de mes clients de formation, à l’heure actuelle j’ai plus de clients fleuristes traditionnels qui veulent s’orienter sur un métier de wedding designer plutôt que de wedding planners qui veulent bifurquer vers le design. Donc c’est vraiment une clientèle qui est assez spécifique, de personnes qui ont envie, un petit peu comme moi, de sortir de la boutique et de faire des choses plus concrètes, plus grandioses aussi au niveau de la clientèle. Et c’est vrai qu’au niveau du contenu, depuis l’année dernière, j’ai vraiment axé mes workshops floraux sur le côté écoresponsabilité, travail sans mousse parce que je me rendais compte que j’avais beaucoup de questions sur ce sujet-là, que ce soient des méthodes qui sont souvent méconnues des fleuristes ou même des décorateurs mariage, et qu’il y avait vraiment une demande d’information à ce niveau-là. 

OK. Et je pense que, pour un fleuriste, ça peut être aussi un moyen de développer ses revenus. On est aussi sur une profession où parfois ce n’est pas le genre de métier où on « gagne des milles et des cent », il ne faut pas se le cacher, c’est parfois un peu compliqué ce genre d’activité, surtout dans les périodes telles que celle qu’on vit actuellement. Donc peut-être que le mariage, ça peut permettre aussi de s’ouvrir à une autre clientèle. Et puis, comme tu l’as dit, c’est souvent des clientèles avec du budget donc on est tout de suite sur des paniers moyens qui sont beaucoup plus élevés que le couple qui vient le dimanche acheter un bouquet de fleurs pour la belle famille.

Tout à fait. 

C’est sûr que je n’avais pas pensé à ça du tout, mais c’est hyper pertinent. Et donc au niveau des formations, quelle proportion à peu près est-ce que ça représente dans ton activité ?

Disons qu’en termes de planning annuel, ça représente à peu près 50 % de mon temps. La saison des mariages est vraiment limitée à avril – octobre. Donc de novembre jusqu’au mois de février – mars, c’est vraiment le temps que je laisse pour faire les formations, les workshops, etc.  Et avec les évènements de l’année dernière, j’ai également mis en place des formations en vidéo parce que ça permet justement de ne pas avoir de contrainte de déplacement, confinement ou pas, et c’est aussi une façon de travailler, d’apprendre différemment depuis chez soi. Et surtout, depuis 2018 j’ai rédigé des carnets à thèmes, ça peut être sur les tendances, sur certaines techniques du fleuriste.

C’est des carnets PDF sur ton site ?

C’est ça. Je les ai mis en place depuis 2018 et j’essaie d’en sortir tous les ans sur des thèmes différents. Et globalement, je sais que des wedding planners achètent certains de ces carnets, notamment ceux pour les tendances, par exemple, pour avoir des idées de ce qui peut se faire, mais également une clientèle fleuriste ou des fois une clientèle de personnes curieuses sur le métier du wedding design et qui veulent avoir des compléments d’information. 

Oui. Et puis, pour toi c’est facile à vendre. C’est un PDF que tu envoies, c’est ça ?

C’est ça, c’est un PDF. En plus, maintenant avec le e-shop que j’ai mis en place, une fois que le paiement est fait, ça part tout seul, il n’y a même plus besoin d’attendre pour recevoir le mail. Avant, je le faisais un petit peu de façon artisanale, mais cette année j’ai mis en place le e-shop qui permet de gagner du temps pour tout le monde. 

Oui. Et puis, c’est les joies de la vente en ligne, tu as la petite notification qui tombe pendant que tu dors. 

C’est ça. 

Oui, c’est génial. Et c’est quelque chose qui plait, c’est pour aussi ça que tu les fais tous les ans, est-ce que tu sens qu’il y a de la demande ?

Il y a de la demande et il y a des attentes. Des fois, j’ai des personnes qui disent « dit, Emily, quand est-ce que tu nous sors un carnet sur tel ou tel sujet ? » Donc je sens bien qu’il y a une demande de nouveauté ou d’information à ce niveau-là. Et c’est vrai que moi je crois fort à la formation parce que, comme on le dira un peu plus tard, effectivement je me suis beaucoup formée dans mon parcours personnel. Donc je crois énormément à la formation et également à la transmission. Beaucoup des formations auxquelles j’ai assisté étaient à l’étranger et étaient en anglais. Et on le sait tous que les Français sont plutôt fâchés avec l’anglais donc ça me permet aussi de permettre à plus de personnes d’accéder aux contenus et aux informations auxquels j’ai pu accéder, mais sans avoir la barrière de la langue. 

Ouais. C’est sûr, les Français, je pense qu’ils ne sont pas à l’aise avec l’anglais. Il y a aussi peut-être cette mentalité où les Américains se font beaucoup plus coachés que les Français même en tant que chef d’entreprise, par exemple. Pour une wedding planner, peut-être qu’avec la mentalité américaine, on a beaucoup plus l’objectif de se former constamment, de se faire coacher, il y a beaucoup plus de coaches là-bas que chez nous. Et pour nous, ça peut être vu comme un sentiment de faiblesse de devoir faire appel à quelqu’un dans son entreprise ou dans sa vie perso pour aller mieux ou pour améliorer certaines choses. Donc il y a aussi ça, c’est vrai. Même si, avec le confinement, la formation en ligne en France est bien exposée.

Ouais.

Et c’est pour ça que je voulais te poser la question par rapport aux carnets PDF. On en parlait avec Marie-Michelle, dans l’épisode qui, au moment où on enregistre, n’est pas encore sorti, mais sortira la semaine prochaine, qui est coach de wedding planners. Le but c’est de digitaliser un peu son business, d’aller chercher d’autres sources de revenus au-delà de la seule prestation de service puisqu’on le voit bien, quand on est dans des années telles que celle qu’on a vécu, que le fait d’avoir d’autres produits ou même de la formation, des petits produits, des ebooks peut apporter de la valeur quelque part à ses clients. Et pour celle qui l’a produit, ça fait une source de revenus supplémentaire. Et puis, toi tu le dis toi-même, pendant les périodes creuses, parce que c’est vrai qu’au final quand on est wedding planner ou wedding designer, c’est surtout l’été qu’on bosse le plus, au moins ça permet d’avoir toujours un petit matelas de sécurité avec des produits qui se vendent et des formations à faire pendant les mois un petit peu plus creux de l’année. 

C’est ça. Ça permet de s’occuper puisque même des fois, au-delà de l’aspect financier, le simple fait de pouvoir programmer une formation, de prendre l’avion, de prendre le train pour être dans une autre région, ça fait du bien aussi. 

Oui, ça permet de voir du pays. 

Oui.

OK. J’ai vu que, et tu en as déjà parlé un petit peu, tu avais fait beaucoup de masterclasses, de workshops. Est-ce que tu peux nous détailler un petit peu ce que ça veut dire ? C’est vrai qu’on parle beaucoup de Masterclass, mais on ne sait pas forcément trop ce qu’il y a derrière. Je vois que tu en as fait quelques-unes et notamment en Angleterre et aux États-Unis, parle-nous-en un petit peu de tout ça. 

Pour moi, c’était essentiel, quand je suis sortie au propre et au figuré de la boutique, d’apprendre à faire des choses autres. Des choses autres, c’est-à-dire des gros décors tels qu’on les voit sur Pinterest, mais on ne sait pas forcément comment les faire, et même en tant que fleuriste parce que même si on a une formation technique de départ, on n’a pas accès non plus à toutes les informations concernant ce genre de grosses constructions. Donc pour moi, ça a été déjà une façon d’obtenir des connaissances beaucoup plus techniques sur certains aspects de mon métier. Et puis, au-delà, je me suis rendu compte très rapidement, parce que les formations ont souvent été données par des Américains ou des Anglais, que la partie business était primordiale. Et au final, dans ces formations, dans ces workshops, on appelle ça Masterclass ou workshop, mais c’est vraiment la personne qui le fait qui donne un nom différent, globalement c’est toujours la même chose, le but c’est d’avoir le côté création, le côté floral où on va faire quelque chose de gros, quelque chose qui sort de l’ordinaire, qu’on n’avait pas l’habitude de faire où on va apprendre une nouvelle technique. Mais c’est aussi d’apprendre à le vendre et à se vendre. Et pour moi, ça a été vraiment à chaque fois des grosses rencontres et ça m’a énormément appris sur la façon dont je devais faire pour moi et pour mon entreprise si je voulais me vendre, si je voulais évoluer.

Ouais. C’est super intéressant que tu parles de ça, on en parlait d’ailleurs avant l’enregistrement, on se disait que les wedding planners, mais il n’y a pas que les wedding planners, dans plein d’activités c’est pareil, quand on se lance, on voit les bons côtés de son activité. Et puis, quand on est wedding planner, c’est un métier qui fait rêver, il ne faut pas se le cacher. On n’a pas toujours, c’est vrai, cette vision de chef d’entreprise et la vision de toutes les activités qu’on va avoir à faire pour justement aller trouver des clients, aller se vendre, définir ses prix, etc. Toi tu t’es formée apparemment beaucoup à l’étranger et je sais que les Américains sont très business, il ne faut pas se le cacher. 

Ils sont forts là-dedans. 

Et justement, s’il y avait deux trois choses qui t’ont marquée, qui t’ont fait même changer d’état d’esprit par rapport au business, par rapport à la manière dont tu as de te vendre, si tu avais deux trois astuces là à nous donner et que toi tu as appris pendant ces masterclasses et qui ont quelque part changé un peu la façon dont tu gères ton activité.

La première chose comme ça qui m’a vraiment marquée et que j’ai mis en œuvre très, très rapidement, ça a été en octobre 2015, donc quand j’ai suivi ma première Masterclass avec Karen Tran. On avait eu une intervention sur Instagram. Et ce jour-là, j’ai pris conscience que mon Instagram n’était pas du tout professionnel, c’était plus mon petit journal de bord personnel. C’était des fois mon chat, des fois mes chaussures, des fois ce que je mangeais, etc. Alors oui, c’était chouette pour moi, mais ce n’était pas du tout professionnel. Donc de ce jour-là, j’ai complètement refondu mon compte Instagram, j’ai commencé à bien choisir les photos, à les publier trois par trois bien par ligne pour avoir à chaque fois des visuels qui me permettaient de passer d’une prestation à une autre sans avoir un rendu trop brouillon et d’avoir vraiment quelque chose de carré, de propre et de net. Ça, ça a été, on va dire, la première claque business que je me suis prise au tout début de mes formations. Et un autre conseil aussi qui est tellement vrai et tellement évident que des fois on oublie, c’est qu’on ne vend que ce qu’on montre. Autrement dit, s’il nous arrive de partager des fois des images de choses qu’on n’aime pas uniquement pour se dire « tiens, je vais partager une image », il y a 100 % de chances que malheureusement quelqu’un nous demande de refaire ce qu’on a déjà fait et qu’on n’aime pas faire. Or, si on ne partage que ce qu’on aime et que ce qu’on peut faire, forcément là on aura beaucoup plus de chances pour le faire. Et ce discours-là, je l’ai très souvent avec des personnes qui me disent « oh là là, j’aimerais bien me faire des arches, on ne me demande jamais d’arche de mariage, je ne comprends pas, je ne comprends pas. » Et la première question que je leur pose, c’est « est-ce que tu montres des arches dans tes réseaux sociaux, dans tes communications ? » Et généralement, la réponse est non. Donc c’est tellement évident qu’on a tendance à oublier, mais c’est vrai, on ne vend que ce qu’on montre. Donc si on veut vendre du rêve, il faut montrer du rêve tout simplement à ses clients.  

Ouais, il ne faut pas sous-estimer l’impact des visuels et de la manière dont on communique. On en parlait d’ailleurs avec Sylvie, qui sera à l’épisode précédent, qui s’est beaucoup renseigné sur son client idéal, ce qu’il voulait voir sur Instagram ou sur les autres réseaux pour justement coller à ses désirs et à ses souhaits pour attirer ce genre de clients et pas d’autres. Et c’est vrai que quand on a envie de faire des prestations, c’est sûr qu’il faut les montrer. Et puis surtout, il ne faut pas mettre des photos parce qu’elles sont jolies si jamais c’est quelque chose qui ne correspond pas à son univers parce qu’on va se retrouver par la suite avec des demandes de prospects qui ont vu passer ça sur Instagram ou ailleurs et qui auront envie de le reproduire pour eux.

C’est ça.

Ça, c’est hyper pertinent, ouais. C’est sûr. Est-ce que tu avais d’autres conseils mis à part les réseaux sociaux ?

Pour moi, les réseaux sociaux c’est vraiment la grosse partie de mon travail de communication parce que je ne suis pas forcément sur les annuaires, je suis encore moins sur les salons du mariage. Donc le gros de mes communications se fait vraiment sur les réseaux sociaux, puis avec mon site internet. Et je pense d’ailleurs que c’est important d’avoir un site internet. Souvent, on a tendance aujourd’hui à dire « ce n’est pas grave, j’ai Instagram, j’ai Facebook. » Oui, c’est bien, mais si demain il n’y a plus Instagram, il n’y a plus Facebook, qu’est-ce qu’il se passe ? Donc je pense que c’est très important aujourd’hui d’avoir un site internet et si possible d’avoir la main sur son site internet, de pouvoir tout modifier soi-même, de ne pas devoir attendre qu’une tierce personne fasse une modification quand elle en a le temps ou quand elle en a envie. Et je pense que c’est vraiment quelque chose d’important aussi d’être maître de sa communication de bout en bout. Je ne sais pas coder. Mon site, je l’ai fait sur Wix, pour moi c’est largement suffisant et ça me permet quand même d’être présente en ligne et d’être visible. Mais c’est important de prendre le temps de faire ce genre de chose. 

C’est ce que j’allais te demander, d’ailleurs, parce que c’est vrai que ce n’est pas donné à tout le monde de gérer son site ou alors quand les personnes gèrent leur site, généralement, ça se voit et ça ne fait pas du tout professionnel donc il faut aussi savoir ce qu’on veut.

Ouais.

Je suis dessus d’ailleurs. 

C’est Wix. 

Ouais. Je trouve que pour un Wix, c’est vraiment super bien fait. Après, toi, tu as aussi, je pense, cet œil créatif et qui fait que même sur un site tu arriveras vraiment à savoir mettre des bons visuels au bon endroit, en plus c’est ton métier. 

Ça se peaufine. Finalement, ça se peaufine avec le temps. Le site tel qu’il est aujourd’hui, honnêtement, ça fait un an que j’essayais de l’améliorer, de lui faire avoir ce rendu-là et je n’arrivais pas. Et un jour, j’ai eu un déclic. Souvent mes déclics comme ça se font vers 1 h du matin donc je commence à travailler à 1 h, je finis à 4 h. Et c’est souvent à ce moment-là que j’ai mes petits pics de créativité. Des fois, ça vient d’un coup d’un seul. Pareil pour mon logo, je me souviens qu’à un moment donné je changeais de logo tous les ans parce qu’il me plaisait sur le moment, puis je m’en lassais très, très vite parce que je trouvais qu’il vieillissait ou qu’il me représentait mal. Et pareil, un jour, j’ai eu un déclic vers 2 h du matin et c’était évident à ce moment-là. Des fois, il faut savoir aussi mettre de côté les projets sur lesquels on a du mal, savoir laisser et murir les choses dans son coin. Et après, ça vient quand on a finalement suffisamment de vécu et d’images en tête, tout s’assemble et on arrive à trouver finalement ce qu’on attend. 

Ça, c’est une chose. C’est vrai. Après, moi je veux rebondir sur ce que tu as dit sur « être maître de sa communication ». Alors certes, c’est vrai que c’est bien de maitriser son site si on peut. Après, je pense qu’à choisir, il vaut mieux être bien entouré, déléguer si jamais on ne sait pas faire ou si jamais on se rend compte qu’on n’a pas un site qui correspond à ce qu’on veut parce que, quand on est wedding planner ou encore plus wedding designer, on a un métier qui doit faire rêver. Donc si déjà on arrive sur un site internet et tout est bancal avec des visuels qui sont…

Ce n’est pas rassurant pour le client. 

Ce n’est pas rassurant du tout. Donc il faut bien se faire entourer. C’est vrai qu’il ne faut pas être avec une agence ou avec un prestataire qui va te répondre deux semaines après parce qu’il est débordé. Puis, c’est aussi compliqué parfois de trouver des bons prestataires, ça se fait avec le temps. Malheureusement, des fois on ne tombe pas sur le bon tout de suite, surtout quand on démarre. Mais oui, c’est sûr, je suis entièrement d’accord.

 Moi je ne suis pas bonne pour déléguer donc forcément j’ai préféré tout faire moi-même. 

Et comment est-ce que tu fais pour trouver le temps alors ? Parce que tu fais tout, tu décores les mariages, tu vends en ligne, j’ai vu d’ailleurs que tu étais aussi au Wedd’Challenge qui vient de se terminer. 

Oui.

Comment est-ce que tu fais ?

Alors, comme je dis souvent sur le ton de la rigolade, mais c’est vrai, je n’ai pas d’enfant donc j’ai beaucoup plus de temps libre, j’ai beaucoup moins de contraintes horaires. C’est facile finalement. Tout mon temps est pour moi en fait. 

Ouais. Après, il faut aussi faire attention puisque si tu as l’attache quelque part, il faut aussi que tu tiennes sur le long terme. 

J’essaie de profiter du bon temps, ça il n’y a aucun problème. En fait, je pense qu’avec le temps c’est toujours pareil. Au début, quand on débute, on y met beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, peut-être un petit peu trop. Et avec le temps, on apprend des fois à lever le pied et se dire « aujourd’hui c’est vendredi, je n’ai pas envie de répondre au téléphone. Ce n’est pas grave, ça attendra. » On a encore ce choix en tant qu’entrepreneur de dire des fois « là aujourd’hui, j’ai décidé que c’était les vacances. Même si je suis chez moi, je vais simplement aller me promener, je vais aller faire les magasins et je ne vais pas être concentré sur mon entreprise aujourd’hui. » On oublie qu’on a le droit de faire ça, on pense des fois qu’on doit tout donner pour son entreprise. Alors, j’adore mon travail, j’adore tout ce que je fais, mais c’est vrai que des fois j’apprécie de dire « aujourd’hui je n’ai pas envie donc ce n’est pas grave, ça attendra un jour ou deux. Ce n’est pas grave. » 

Ouais. Quand on est seul, la grosse difficulté c’est d’organiser son temps et de ne pas se sentir coupable si on se prend une demi-journée ou une journée, si on ne répond pas à ses mails quand on est en vacances. C’est facile à dire, c’est plus compliqué à faire malheureusement et il faut parfois se forcer. Mais c’est vrai que c’est bien de couper parfois puisqu’en plus, quand on est à son compte, quand on bosse seul et surtout quand on bosse pour des clients, on a trop tendance à tout faire pour ses clients qui deviennent même pires qu’un patron puisque tu bosses pour 4, 5 clients en même temps, au final c’est comme si tu avais 4, 5 patrons qui sont parfois même pires que ça puisqu’ils t’appellent à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, ils t’envoient des mails un peu tout le temps. Donc c’est hyper compliqué, c’est vrai, de se détacher de ça, mais parfois il faut le faire sinon on risque de péter un joint derrière, ou de faire un gros burn-out et de ne plus pouvoir rien faire du tout. 

C’est ça. Il faut savoir s’écouter aussi. Par exemple, je sais que maintenant j’aime bien prendre mon temps le matin, prendre du temps pour moi, pour me détendre et être plus productive plutôt, on va dire, de 17 h à 22 h. Ce n’est pas grave du moins que je fais ce que j’ai à faire. Ce n’est pas parce que normalement on travaille un peu le matin et un peu l’après-midi, on termine à 18 h, que je dois forcément me coller à ce schéma-là. Si je préfère travailler de telle heure à telle heure, chacun doit s’adapter aussi en fonction de ce qu’il a envie de faire ou pas. 

Chacun à son propre rythme.

Exact. C’est ça la liberté d’entreprendre, faire ce qu’on veut quand on veut. 

Après, c’est vrai qu’on a souvent des influences. Tu as l’influence américaine, c’est vrai, qui est très portée sur la productivité maximum, sur le miracle morning où à 8 h du matin il faut avoir fait son sport, il faut avoir médité, il faut avoir déjà fait deux heures de travail pour avoir le temps d’emmener ses enfants à l’école. Et puis, quand on écoute ce genre de chose, qu’on se lève à 9 h tranquille et qu’on descend prendre son café, on a l’impression de ne rien faire alors que chacun à son rythme.

Exactement. Et surtout ne pas culpabiliser. Je n’ai plus de honte à être une grosse dormeuse, à adorer faire des siestes les après-midis dès que je peux et ça ne m’empêche pas d’être productive. Au contraire, une fois que j’ai fait ma sieste, je suis super productive. Donc chacun à son rythme et il faut s’écouter des fois. 

Il parait d’ailleurs que c’est ceux qui ont le plus la flemme qui sont les plus productifs puisque justement ils ont moins de temps dans leur journée donc ils mettent en place des process, ils vont plus vite que les autres. Il faut aussi savoir ce qu’on fait pendant les heures où on bosse. 

C’est ça.

Et toi, justement, tu as peut-être développé ce genre de process. Est-ce qu’il y a des choses que tu as mises en place au fur et à mesure et qui t’aident à aller plus vite ? Je pense notamment à des outils. Normalement, c’est des questions que je pose à la fin de l’épisode sur les outils ou sur les choses qui te font plus productive, mais on peut déjà en parler maintenant. Est-ce qu’il y a des choses que tu fais ou que tu t’es mise à faire peut-être même suite à certains workshops auxquels tu as assisté ? 

Je n’ai pas forcément d’outil spécifique pour la productivité. Je préfère avoir le moins d’outils possible, au contraire, pour ne pas me disperser au niveau des informations. Par exemple, il y a un truc que je fais au niveau de mes mails. Tout au long de la journée, je vais trier les mails, je supprime directement les mails inutiles et je laisse en non lus les mails importants. Et il y a un moment donné dans la journée où je vais m’occuper de mes mails. Je ne vais donc pas répondre constamment à mes mails toute la journée, j’ai un créneau horaire dans lequel je vais répondre mes mails et le reste du temps je vais simplement supprimer les mails inutiles. Ce qui fait que quand j’arrive à regarder mes mails, je vais peut-être avoir 5 ou 6 mails non lus et non pas 50 mails en attente parce que je n’y ai pas regardé toute la journée. Un truc aussi que je fais, par contre, c’est quand je suis chez moi, je suis en télétravail chez moi la plupart du temps, mon téléphone est dans le silencieux donc je ne suis pas dérangée par les notifications. Je regarde mon téléphone quand j’ai envie de le regarder et non pas quand lui m’appelle. Ça parait tout bête, mais j’ai trouvé que c’était plutôt efficace pour me permettre de rester concentrée sur ce que je fais. 

Ça, je pense que c’est la meilleure astuce possible en termes de productivité et surtout à l’heure actuelle où tout le monde a des tonnes de notifications, les réseaux sociaux, les statuts. C’est sûr, c’est insupportable. Et puis, oui, le fait de batcher, essayer de tout faire en une seule fois, comme ceux qui parfois vont faire tout leur plat de la semaine le dimanche histoire que ça soit fait une bonne fois pour toutes. 

J’admire ceux qui font ça. Moi je ne suis pas capable de faire tous les repas de la semaine en une fois, mais ce serait bien. 

Il faut être un pro aussi au niveau des courses. 

Oui, aussi. 

Super. On va aborder le dernier segment du podcast si ça te va. Donc je vais te poser quelques questions que je pose généralement à tous les invités. Et la première ce serait : si jamais tu devais revenir à ton toi du premier jour, c’est-à-dire la Emily qui est encore dans sa boutique de fleurs, et que tu avais un conseil à lui donner, qu’est-ce que tu lui dirais ? 

C’est une très bonne question puisqu’il y a plein, plein de conseils qui me viennent à l’esprit par rapport à différentes étapes que j’ai pu avoir dans mon parcours. Mais je dirais peut-être tout simplement, c’est très bateau ce que je vais dire, de croire en mes capacités à réaliser ce que j’ai envie de réaliser. 

D’accord. Tu pourrais… ?

Développer ?

Oui, un petit peu. 

Simplement, on a tous des raisons de douter quand on se lance dans une activité nouvelle. Quand on se lance dans de nouveaux défis, on a des raisons de douter ne serait-ce que simplement la peur de l’inconnu, de ne pas savoir comment faire, comment arriver, comment gérer. Clairement, quand je me suis lancée en tant que wedding planner puis designer en 2015, je suis allée voir mon comptable, parce que par rapport à la structure de ma société j’avais le droit d’avoir un comptable, il m’a dit « c’est bien, j’en connais plein comme vous qui se lancent. » Et quand trois ans après, quatre ans après, je venais tous les ans pour faire mon rendez-vous annuel pour le bilan, franchement il me dit « vous m’impressionnez parce que des comme vous j’en ai vu plein, mais des comme vous qui progressent tous les ans et qui sont encore là, honnêtement il n’y a pas beaucoup. » Donc c’est vrai qu’on a toujours la peur de ne pas savoir ce qu’on va faire, de ne pas savoir si on va réussir. Mais pour autant, peut-être aussi parce que je suis très têtue comme fille et que j’aime bien aller au bout de mes idées en me donnant les moyens de bien faire ce que je veux faire, ça m’a permis d’être encore là aujourd’hui malgré la crise. J’ai douté comme tout le monde, j’ai eu des passages à vide, des moments où je me dis « si je vais avoir des clients ou pas ». Mais cette peur ne m’arrête pas, je continue à croire au travail que j’ai fait pendant ces années, je continue à croire en mes capacités à rebondir, à me remoufler et à m’adapter au marché pour être encore là et continuer à faire ce que j’aime. 

Ouais. C’est sûr, c’est top. Et surtout aussi le fait peut-être de penser quelques fois out of the box. Là on a vu tout ce que tu proposes, par ailleurs, dans ton activité. Il y a aussi cette peur qu’il faut évacuer, le fait de s’adapter et de ne pas trop non plus se dire « c’est la faute de la crise », « c’est la faute de telle ou telle chose ». À un moment donné, quand on veut on peut. 

C’est ça.

Et il y a toujours un moyen de trouver des moyens de s’en sortir et de s’adapter à la situation actuelle. Mais, encore une fois, c’est facile à dire, mais de toute façon, généralement, c’est ce qui différencie ceux qui s’en sortent de ceux qui s’en sortent un petit peu moins bien.

C’est ça. 

On l’a dit que tu t’es beaucoup formée, mais est-ce qu’il y a des personnalités qui t’inspirent, que tu suis au quotidien, qui te permettent de progresser ?

Oui, il y a plein de personnes que je suis au quotidien pour différents aspects de leur travail. Je vais commencer par Maddy Christina, qui est une photographe, qui est la moitié du temps à Monaco et la moitié du temps à Dubaï. Cette femme m’impressionne par son énergie justement à se renouveler, à se lancer des défis. Son défi c’est de vivre la moitié du temps à Dubaï et le reste du temps à Monaco, de faire des mariages, de faire du corporate, de faire différents types de prestation. Et je la trouve impressionnante dans sa détermination à réussir et à bien faire ce qu’elle entreprend. Donc j’apprécie énormément Maddy d’un point de vue personnel, mais en plus, comme je vois ce qu’elle fait au quotidien, elle m’impressionne toujours à chaque fois un peu plus. Puis, plus pour la partie métier design, Jean-Luc Blais que j’ai eu la chance de rencontrer et normalement Laura aussi, si elle était là au deuxième Wedd. Jean-Luc Blais donc que j’ai eu la chance de rencontrer et d’avoir un projet sur le Wedd’Challenge avec lui, ça a été une très belle rencontre, une personne d’une humilité incroyable et qui est très généreux de conseils sur son parcours, sur son expérience. J’aime beaucoup toujours discuter avec lui parce que c’est quelqu’un qui est très cultivé, qui a une énorme connaissance sur le métier, sur la culture, je trouve ça absolument génial. Et une troisième personne que j’ai rencontrée plus récemment et qui m’a impressionnée également par son parcours, c’est Harold James qui est vraiment une personnalité fascinante et qui est aussi un petit peu le modèle de « chacun peut réussir finalement, il suffit de se donner les moyens, de prendre des risques et on peut y arriver si on a vraiment envie de faire les choses bien. »

Génial ! Ça fait déjà trois personnes dont on mettra les liens dans les notes de l’épisode. Pour Jean-Luc Blais, d’ailleurs, on l’avait interviewé sur le blog Planners, on mettra également le lien pour les notes de l’épisode, c’est vrai que c’est un super…

J’adore le voir et discuter avec lui, à chaque fois c’est très inspirant. 

Au niveau de tes souvenirs de mariage, ça c’est une question que je ne pose pas tout le temps, mais j’imagine qu’avec le métier que tu fais, tu as dû voir de très, très belles choses, est-ce que tu as un souvenir qui te vient en tête ? Je ne sais pas, ça peut être un mariage, ça peut être peut-être un élément de décoration ou quelque chose que tu as fait et qui était assez hors norme et dont tu pourrais nous parler.

Hors norme ? Ouais, hors norme, j’ai quelques souvenirs. En plus de travailler pour mes propres clients, des fois je travaille en freelance pour d’autres fleuristes ou même pour des wedding planners et notamment avec une wedding planner à Chypre pour qui je vais travailler à peu près une fois tous les deux ans quand elle a de très gros contrats. Et d’ailleurs, ma première expérience à Chypre, c’était donc pour un mariage de 1 000 invités, un mariage sur quatre jours où on avait eu une semaine de préparation au niveau des fleurs. C’était dans un domaine familial perdu en plein milieu de Chypre, au milieu de la montagne. C’était exceptionnel, déjà le travail en lui-même, mais aussi la transformation du lieu qu’elle avait opérée en tant que designer était tout simplement impressionnante. 

Et est-ce que tu as des photos de cet évènement-là que peut-être tu pourrais partager ?

J’ai quelques photos. 

Sur ton site ou est-ce que tu pourrais nous les partager ?

Je peux les envoyer. 

OK, ça marche. Quels sont tes prochains défis, comment est-ce que tu te vois dans les deux trois prochaines années ? 

Dans les deux trois prochaines années, c’est continuer à voyager pour des mariages. Début 2020, j’avais eu la chance de partir décorer un mariage au Texas, ce qui était une première et une façon plutôt sympathique de commencer 2020. Et mon objectif c’est de continuer à voyager justement pour des mariages, que ce soit pour mes clients ou en freelance, parce que c’est quelque chose que j’aime énormément faire aussi, et continuer à avoir de jolis mariages étrangers dans notre belle Provence.

Oui. Donc tu ne fais pas tant de mariages que ça dans ton secteur, tu es un peu par monts et par vaux.

Je bouge beaucoup. 

Ouais. Bon, on se laissera sur ces belles paroles. En tout cas, c’était un plaisir de te recevoir, Emily, aujourd’hui.

Merci.

On mettra les liens vers tous tes profils sociaux et ton site. De toute façon, je crois que les gens peuvent te retrouver assez facilement sur ton site emilyalarcon, si je me souviens bien ?

C’est ça, emilyalarcon.com. 

OK. Voilà, comme ça les gens pourront te suivre et aller sur tes différents profils. Merci à toi, encore. Bonne continuation et puis sûrement à une prochaine !

Avec grand plaisir ! 

À bientôt, ciao.

Merci et à bientôt.

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