Lancer son agence de wedding planner

Podcast
13 . 2022

De Syra Sylla 1/3/ 2022

Tout quitter pour se lancer dans l’organisation de mariage ? Perturbée par la pandémie qui a touché le monde entier, Laura Gluck s’est donnée le temps, la reflexion et les moyens de changer de carrière.

“J’ai listé ce que j’aimais et ce que je n’aimais pas faire dans la vie. Et c’est un peu bizarre mais j’adore organiser. Vraiment tout ce que je peux faire, c’était organisé. Donc je me suis dit pourquoi pas l’organisation de mariage.”

A l’heure où nous enregistrions cet épisode, Laura était encore en poste chez son employeur. Depuis, elle a mis son plan en marche. Résultat des courses : Laura n’est plus salariée puisqu’elle a quitté son job et a lancé son agence de wedding planner. Une décision mûrie qui a vu le jour il y a quelques mois, le COVID l’ayant encouragé à passer le cap. Autodidacte, elle a lu, écouté et s’est formée pour devenir wedding planner.

Au micro de Carnet de Noces, Laura explique comment elle a construit son projet et bouleversé sa vie avec notamment un déménagement. Elle décrit les étapes de sa reconversion et partage ses périodes de doutes.

Dans cet épisode, Laura explique également comment Carnet de Noces l’a aidé dans son cheminement et ça vaut tout l’or du monde pour nous.

L’agence Grow A Planner :

Instagram : https://www.instagram.com/growaplanner/ 

Les tips de Laura :

Ses outils “organisation” favoris : Google Keep, Google Agenda, Planoly

L’épisode 26 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 26 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Salut Laura, je suis ravi de te retrouver sur le podcast, premier épisode qu’on enregistre en 2022, cette nouvelle année.

Bonjour Benjamin, je te souhaite une bonne année de vive voix.

Voilà, meilleurs vœux. C’est vrai qu’on ne s’est même pas souhaité avant l’enregistrement, il était temps de le faire.

Oui.

Je suis ravi de t’avoir aussi puisque tu es une invitée un petit peu spéciale. Contrairement à toutes celles qu’on a reçues jusqu’à présent, tu n’es pas encore wedding planner, en tout cas tu es toujours salariée. C’est aussi l’objet de ce podcast et c’est pour ça que ça va être super intéressant, c’est que tu vas nous dire comment tu t’organises, un peu la checklist de la wedding planner qui se lance. Mais avant tout ça, avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais te demander de te présenter s’il te plait.

Oui. Bonjour à tout le monde, je m’appelle Laura, j’ai 25 ans et je suis donc en reconversion professionnelle, comme tu l’as dit.

Et qu’est-ce que tu fais en ce moment ? Quelle est ton activité de salariée ? Pourquoi as-tu voulu te reconvertir ? Comment as-tu découvert ce métier ? Dis-nous tout.  

Actuellement, je suis dans l’industrie cosmétique au niveau des affaires règlementaires, donc vraiment un métier qui n’a rien à voir avec ma future activité. En gros, pour expliquer très succinctement ce que c’est, c’est vérifier que chaque cosmétique qui est mis sur le marché soit bien conforme à la règlementation du pays. J’ai voulu changer de carrière parce que le covid est arrivé, les confinements sont sans suivi et j’ai eu le temps de réfléchir. Quand j’ai le temps de réfléchir, il se passe des choses en général. Et donc, je me suis posé des questions, je me suis dit « qu’est-ce que je fais ? Est-ce que j’aime ce que je fais ? Est-ce que je vais vouloir continuer sur cette voie ? De quoi est-ce que mon avenir va être composé ? Où est-ce que je veux aller ? » C’était en 2020. Donc j’ai réfléchi et je me suis dit que j’ai envie d’entreprendre, peut-être pas toujours mais depuis un bon moment. Bizarrement, dans le domaine dans lequel je suis, je ne me sens pas légitime de le faire, donc il faut que je trouve quelque chose d’autre. Donc j’ai listé ce que j’aimais et ce que je n’aimais pas faire dans la vie. Et c’est un peu bizarre mais j’adore organiser. Vraiment tout ce que je peux organiser, c’était organisé. Donc je me suis dit pourquoi pas l’organisation de mariage, sachant que c’est quand même assez léger au niveau des formations par rapport à d’autres idées que j’ai eues. Donc je me suis dit pourquoi pas, ce n’est pas une formation qui demande de retourner sur les bancs de l’école, c’est quelque chose qu’on peut faire à distance, c’est un peu plus compatible avec ma vie actuelle. Donc je me suis dit que je vais réfléchir parce que j’ai quand même beaucoup, beaucoup d’idées. C’était à peu près vers mai que j’ai eu cette idée. Donc je me laisse tout 2020 pour réfléchir, puis si l’idée est toujours dans ma tête en 2021, c’est qu’il faut y aller. Et en 2021, j’avais toujours l’idée en tête, donc j’en ai parlé avec mes proches, avec mon conjoint surtout, et il m’a dit « vas-y, tu n’as rien à perdre, vas-y ». Donc j’y suis allée, à moitié pour l’instant mais j’y vais.

Et comment est-ce que tu t’es organisée avec ton boulot ? Es-tu toujours en plein temps ?

Oui, je suis à 100% donc je m’organise comme je peux. Je travaille du lundi au vendredi à temps complet. Ensuite, j’essaye d’avancer comme je peux sur mon projet les soirs et les weekends. Pour l’instant, je n’ai pas encore commencé de formation, je veux attendre d’avoir démissionné pour le faire, c’est juste plus simple pour moi pour m’organiser. Donc je me suis dit qu’il faut que je commence à m’informer, donc j’ai commencé à lire des blogs, écouter des podcasts, puis brainstormer sur tout et n’importe quoi, sur quel nom je voulais avoir, quel chef d’entreprise je voulais être aussi, quelles offres je voulais proposer, plein de choses. Ensuite, au fur et à mesure que les mois sont passés, j’ai fait plusieurs étapes, on va peut-être en parler plus tard donc je ne vais pas trop spoiler non plus.

On peut y aller. Par quoi démarre-t-on quand on veut se lancer en tant que wedding planner ? Si je récapitule, tu attends d’avoir démissionné pour te former, c’est ça ?

C’est ça.

D’avoir plus de temps libre.

Du temps libre plutôt dans ma tête parce que je pourrais déjà le faire en réalité. Mais pour moi, je préfère ne pas brûler les étapes parce que je sais que si je commence à me former maintenant et que je dois encore attendre quelques mois pour démissionner, je ne vais pas aller jusqu’au bout et j’ai peur, en quelque sorte, d’oublier mes connaissances pour monter mon entreprise. Moi je préfère faire les choses les unes à la suite des autres, que ça s’enchaine et que ça soit fluide.

OK. Donc par quoi as-tu démarré ? Là, j’imagine que tu es totalement autodidacte, toutes les infos que tu as sont des infos que tu es allée chercher toute seule.

C’est ça.

Donc il y a plusieurs choses. D’une part, il y a monter son entreprise, il y a l’activité spécifique d’organisation de mariage. Par quoi as-tu démarré ? Est-ce que tu t’es d’abord renseignée sur la création d’entreprise, sur ce que c’est d’être chef d’entreprise ou est-ce que tu t’es lancée directement dans le métier de wedding planner ?

Je suis tombée un petit peu par hasard, par hasard oui et non, parce que vu que je m’intéressais au métier, c’est forcément arrivé à moi, sur le blog de Marie-Michelle Poulin, Les Planneuses, et c’était pile au moment où elle faisait une formation, je ne sais plus quel était l’intitulé mais c’était pour se poser les bonnes questions pour devenir wedding planner. Donc je me suis dit que c’est parfait, ça tombe à pic, donc je vais suivre cette petite semaine de formation. Donc j’ai pris des notes, j’ai réfléchi, j’ai fait les petits exercices etc. Et à la fin de la semaine, je me suis dit « OK, je sais tout ça, maintenant ça ne me suffit pas ». Et en fait, je savais aussi que je n’allais pas me lancer parce que, pour des raisons personnelles, il fallait que mon conjoint ait une situation plus stable que ce qu’il avait en 2021. Donc je me suis dit « OK, je me suis fait ça. Potentiellement, d’ici un an je vais seulement me lancer, il faut que je continue d’être dans l’activité ». Donc j’ai continué à me renseigner en allant sur des articles de blog. J’ai commencé à préparer des petits tableaux Pinterest pour un peu m’inspirer, c’était très superficiel, en quelque sorte, mais c’était pour m’inspirer et un peu voir ce qui se faisait parce que, mine de rien, pour moi les mariages était un peu…

Est-ce que tu n’es pas mariée ?

Non, pas encore. J’aimerais bien mais j’attends. Je n’ai pas le droit de lui faire la demande. Super !

Si le conjoint écoute, au moins le message est passé.

Oui, je lui ferai écouter. Pour moi, les mariages étaient les mariages de mes oncles, mes tantes, donc c’était quand même il y a 10-20 ans, ce n’était plus ce qu’on fait maintenant. Je me suis informée là-dessus, puis j’ai découvert les podcasts, dont Carnet de Noces que j’ai écouté religieusement. Et grâce à ça, j’ai pu m’ouvrir aussi à d’autres horizons. Par exemple, j’ai appris l’existence des elopments que je ne connaissais pas du tout, et puis plein d’autres offres comme les destination weddings, ce genre de choses. Je sais un peu plus comment ça fonctionne et vers quoi m’orienter pour mon entreprise.

D’accord. Qu’est-ce que tu as décidé de faire ? Comment est-ce que tu as formalisé tes offres suite à tout ça ?

Je n’ai pas encore formalisé, c’est encore en réflexion. Je me suis inspirée un peu de ce que font les autres et je me suis dit qu’est-ce que moi je veux faire, qu’est-ce que je peux apporter de différent ? Et par rapport à ça, je suis en train de réfléchir un peu au genre d’offres que je veux offrir et comment ça va se goupiller tout ça.

As-tu déjà quelques idées, quelques prestations, quelques thématiques qui te plaisent plus que d’autres ou avec lesquelles tu as un peu plus d’affinité par rapport à tout ce que tu as écouté et lu à droite et à gauche ?

Mon goal ultime, c’est d’être destination wedding. C’est vraiment l’objectif que j’ai à très long terme, ou même à long terme, parce que j’adore voyager, j’adore découvrir d’autres structures et je veux pouvoir procurer cette expérience à mes futurs clients qui sont tout aussi passionnés que moi de ce genre de choses. Ensuite, en termes d’accompagnement sur des mariages en France, je sais que je vais faire plusieurs forfaits, c’est-à-dire un forfait que j’appelle pour l’instant 100%, donc accompagnement de A à Z, accompagnement à tous les rendez-vous, coordination jour J. Puis, je vais en faire une où ce ne sera que de la coordination. Et par la suite, je me disais qu’il faut certainement en faire une ou deux où ce serait un accompagnement partiel, c’est-à-dire que je ferais la coordination jour J, puisque je pense que c’est quand même important, puis, au fur et à mesure des rendez-vous, trois ou cinq rendez-vous en fonction de ce que veulent mes mariés et où ils veulent que je les accompagne. Parce que, c’est ce que j’expliquais la dernière fois à mes proches, choisir sa robe de mariée, pour moi c’est peut-être bien d’avoir l’avis de son/sa wedding planner. Mais il y a peut-être des personnes qui veulent faire ça entre eux donc ils ne voient pas la nécessité d’avoir un wedding planner et je ne veux pas m’imposer sur ce genre de décision. Donc je veux pouvoir laisser le choix aussi à mes futurs clients de vouloir mon accompagnement et mon avis ou non.

D’accord. Tu as dit que tu avais regardé ce qui se faisait à droite et à gauche pour pouvoir aussi te différencier. Qu’est-ce que tu as vu ? Quel point de différenciation as-tu déjà isolé et qui te permettrait de faire la différence par rapport à la concurrence ?

C’est encore en réflexion. C’est bien ça le problème. Je pense que, de toute façon, j’apporterai quelque chose de différent puisque je ne suis pas les autres. Pour l’instant, je n’ai pas de point qui sort plus que ça du point de différenciation.

Quand tu auras quitté ton travail, tu m’as dit avant qu’on enregistre que ce serait fin février, est-ce que tu as déjà défini un plan d’action pour avancer vite une fois que tu seras 100% libre ? Est-ce que tu sais ce que tu vas faire ?

Oui. J’ai déjà un petit peu commencé. Au mois de septembre, je me suis dit qu’il fallait quand même que je mette un petit orteil à l’étrier, donc j’ai ouvert mon compte Instagram qui me permet un peu de commencer à me faire un réseau, de commencer à prendre contact avec des prestataires, à potentiellement attirer des clients, et donc à travailler en identité visuelle et ce genre de choses. J’ai un peu pris de l’avance par rapport à ça. Et en ce moment, je suis en train de faire mon étude de marché. Au mois de février, je vais faire mon business plan. Et au mois de mars, je vais déjà m’inscrire à une formation pour commencer et prendre rendez-vous à tout ce qui est Chambre de commerce, Pôle Emploi etc. pour voir un peu les aides que je pourrais aussi avoir une fois que je serai autoentrepreneuse.  

Quelle est la formation que tu as choisie ?

Je n’ai pas encore choisi.

Ah tu n’as pas encore choisi.

Si, j’ai déjà une idée mais il faut encore que j’évalue plus précisément quelle formation. Parce que je vais déménager, je vais habiter dans une autre région, je vais être plus près de la région parisienne. Est-ce que je vais plutôt faire une formation à distance ou en présentiel ? Je ne sais pas, c’est sur ça qu’il faut que je statue.

Dans quelle région es-tu actuellement ?

Actuellement, j’habite en Bretagne.

Bretagne, et tu te rapproches de Paris.

Oui, on déménage en Picardie, on va déménager dans l’Oise pour le job de mon conjoint.

D’accord. Souvent, les gens font l’inverse, même si l’Oise n’est pas vraiment la région parisienne, mais les gens s’en éloignent plutôt que s’en rapprochent au fil du temps.

Oui, voilà. C’était le compromis, habiter près de Paris mais pas à Paris. On a réussi.

OK. Est-ce que tu as déjà des premiers apprentissages par rapport à Instagram ? Parce que je suis sur ton compte et je vois que c’est assez travaillé.

Merci.

Est-ce que tu te cherches encore ? Est-ce que tu testes des choses ? Est-ce que tu as déjà eu des prises de contact grâce à Insta ? Comment est-ce que ça suit son cours ?

Oui, je teste beaucoup de choses parce que c’est un petit peu mon laboratoire pour le moment, donc je teste un peu quel genre de contenus plait, comment attirer du monde sur mon profil aussi. Puis, en termes de contact, oui, j’ai déjà eu pas mal de contacts avec pas mal de prestataires. Pour l’instant, je n’ai pas encore le temps d’aller voir mais je les mets juste sur ma liste et je sais déjà au moins vers qui m’orienter une fois que j’aurai déménagé.

D’accord. Donc ce sont des prestataires qui te contactent. Est-ce que tu sais comment ils te trouvent ? Est-ce via des hashtags ?

Je ne me suis jamais trop posée la question mais je pense que, oui, c’est via les hashtags.

Oui parce que je vois que tu en mets pas mal sur chaque publication. Et comment est-ce que tu comptes faire ? Est-ce que tu comptes ne garder qu’un site Instagram, lancer un site web ?

Je vais lancer un site web.

En termes de stratégie de communication, est-ce que tu as aussi défini comment tu allais procéder ?

Non, je ne veux pas garder juste un site Instagram, je pense que ce n’est pas suffisant parce que mes clients ne pourront pas trouver mes offres assez facilement. Donc oui, il y aura un site internet. C’est sûr. J’ai un petit compte Pinterest aussi mais il n’est pas du tout abouti pour l’instant. C’est compliqué, Pinterest. C’est très compliqué. Donc je vais y aller petit à petit, je vais déjà caler mon Instagram et on verra par la suite. Puis, c’est assez logique d’avoir un compte Facebook si on a un Instagram, même si c’est un peu obsolète. Tout le monde n’a pas Instagram, donc je me dis qu’un compte Facebook ne serait pas trop mal non plus.

Je sais qu’on a beaucoup cité les shootings d’inspiration dans le podcast pour ceux qui se lancent, est-ce aussi quelque chose auquel tu as pensé ?

Oui. En plus, quand j’étais plus jeune, j’ai un super photographe dans mes connaissances, donc il faut absolument que je réussisse à faire un shooting avec lui. Je sais déjà vers quoi m’orienter et j’ai hâte. Pareil, j’ai plein, plein d’idées de shooting d’inspiration et je partage l’avis de ceux qui l’ont fait, je pense que c’est assez indispensable pour pouvoir montrer ce dont on est capable et ce qu’on veut faire, et attirer les bons clients aussi.

Tu m’as dit que tu allais dans l’Oise, que tu avais ta liste de prestataires, est-ce des prestataires que tu veux trouver sur toute la France ? Veux-tu te spécialiser dans l’Oise ?

Non, toute la France. À titre personnel, j’ai beaucoup déménagé. Beaucoup, beaucoup. Et donc, je connais plein d’endroits de France et je veux pouvoir faire découvrir ça aux invités de mes mariés qui seront intéressés à se marier ailleurs.

D’accord. Tu as une stratégie qui est assez étendue par rapport à ceux qui cherchent à travailler vraiment au niveau local. Et en termes de prospection, c’est vrai que quand on veut organiser des mariages sur toute la France, ça a aussi cet inconvénient qui fait qu’on ne sait peut-être pas trop par où commencer pour aller chercher des clients. Est-ce que tu as réfléchi à ça aussi ?

Pas encore. Pas tout à fait. Honnêtement, ça viendra dans un deuxième temps. Je pense que ça se goupillera au moment où je ferai ma formation, je vais pouvoir réfléchir un peu plus posément à ça parce que mon cerveau est assez saturé en ce moment. Donc j’essaye déjà de faire ce que je peux et je prends les choses comme elles viennent.

Si jamais tu devais revenir en arrière, tu m’as dit que tu réfléchissais depuis 2020 et ce n’est que depuis 2021 que tu t’es vraiment lancée dans ta future nouvelle activité, est-ce qu’il y a des choses que tu conseilles de faire ou de ne pas faire pour les gens qui seraient dans la même situation que toi, c’est-à-dire en activité tout en lançant ce projet un peu comme un side project dans les débuts, puisque c’est ça ? Est-ce qu’il y a des choses que tu ne referais pas si jamais tu pouvais revenir un an en arrière ? Est-ce que tu as des conseils là-dessus pour celles qui seraient éventuellement dans la même situation que toi ?

Des choses que je ne referais pas, c’est me poser des questions une fois que je l’ai annoncé à mes proches et qu’ils n’y croient pas. Donc je ne me remettrais pas en question parce que ça a un peu ralenti aussi mon processus de décision. Je le comprends, j’ai très peu d’entrepreneurs dans mon entourage donc ils ne comprennent pas, « pourquoi tu quittes un CDI alors que tu as une situation stable et que tout va bien ? » Oui mais, en fait, ça va plus loin que ça, ce n’est pas juste avoir un CDI qui est intéressant. Donc c’est surtout ça, s’écouter, se faire confiance. De toute façon, ça le fera, il n’y a pas de raison que ça ne le fasse pas si on se donne les moyens de bien le faire.

D’accord. Donc c’est plus garder ce projet pour toi plutôt que d’en parler autour, à tes proches.

Non, c’est plus en parler aux personnes dont on saura qu’elles auront un œil bienveillant sur le projet.

D’accord. C’est vrai que quand tu n’as pas cette mentalité d’entrepreneur, c’est être bienveillant aussi pour eux de te dire que tu quittes un CDI, ils ont peut-être peur pour toi aussi, et ça fait que tu vas peut-être le voir comme un coup de frein à ton projet au final. Mais c’est vrai que souvent, quand on n’est pas issu de famille d’entrepreneurs ou quand on n’a pas beaucoup d’entrepreneurs autour de soi, il faut être blindé puisqu’on n’a pas trop d’encouragement à ce niveau-là généralement.

Oui, c’est ça.

Et on a plus de gens qui ont peur et dont la réaction naturelle est de te freiner un petit peu.

C’est ça. C’est ce que je dis, je ne leur en veux pas, mais avec du recul je me dis que j’aurais peut-être dû attendre d’être un peu plus blindée, justement. Parce que mine de rien, grâce à ça, je me suis plus formée sur mon mindset d’entrepreneur. Et donc, j’aurais peut-être dû faire ça avant de l’annoncer. C’est plus dans ce sens-là. Mais on ne peut pas leur en vouloir de vouloir notre bien, au contraire.

Et le mindset d’entrepreneur, comme tu dis, est-ce également quelque chose sur lequel tu es allée chercher de l’information, tu as lu des choses, écouté des podcasts ?

Oui, c’est ça. J’ai discuté aussi avec des personnes inspirantes que j’ai dans mon entourage, j’ai écouté beaucoup de podcasts, j’ai lu. Oui, je me suis renseignée un peu. Mon mode de fonctionnement, c’est un peu prendre des infos partout, les diriger et voir ce que je peux en ressortir. Et donc, c’est comme ça que j’ai réussi un peu à travailler ça.

As-tu aussi déjà commencé à te faire un réseau avec les prestataires, de « consœurs et de confrères » de wedding planner ou est-ce quelque chose que tu comptes faire aussi par la suite ?

Je ne me suis pas attelée à ce projet parce que je pense que ça se fera au fur et à mesure. Je prévois aussi de faire des stages parce que je pense que la formation en théorie est bien, mais il n’y a rien de mieux que les stages. Donc je pense que ça viendra plus naturellement et je ne cherche pas à me faire un réseau tout de suite.

Oui, ce sont les deux choses qu’on entend principalement quand on se lance : les shootings d’inspiration, d’un côté, pour au moins se créer un premier portfolio, et se faire des stages sur le terrain au-delà de la formation, et si possible avec des wedding planners qui sont expérimentés, pour apprendre le métier beaucoup plus vite.

Oui, c’est sûr.

J’imagine que tu vois beaucoup de choses chez toi, tu lis beaucoup de choses, mais il n’y a rien de plus concret que d’être sur le terrain, dans le vif du sujet.

Oui, de vivre le truc à 100%. Dans n’importe quel corps de métier, même dans le métier actuel que je fais, je n’aurais jamais deviné que ça se passait comme ça avant de faire des stages. Donc dans n’importe quel corps de métier, les stages sont indispensables pour moi. On n’en fait pas assez, malheureusement.

Et hormis les moments de doute que tu as eus à cause des différents avis que tu as pu recevoir sur ton projet, est-ce que tu en as eu d’autres ?

Oui, j’en ai souvent. Mais je pense que ça fait partie du jeu aussi. Je me demande forcément « oh là là, est-ce que ça va marcher ? » Et le lendemain, je me dis « mais c’est sûr que ça va marcher, bien sûr que ça va marcher ». Et puis, est-ce que je vais bien communiquer ? Est-ce que je vais réussir à me faire des clients ? Je pense que ça fait partie du jeu aussi et c’est grâce à ça que j’arrive actuellement à me remettre en question et que j’arriverai plus tard à me remettre en question aussi. Pour moi, on ne peut pas avancer si on ne se remet jamais en question, donc c’est bien aussi d’avoir des moments de doute.

Et est-ce que tu n’as pas des petites techniques ? Est-ce du jour au lendemain que tu te dis que ça va le faire ? Est-ce que tu te poses, tu médites ou tu réfléchis à quelque chose en particulier qui fait que ça te motive ?

Oui, je réfléchis beaucoup, j’écris. En fait, je me suis rendu compte que garder ses peurs pour soi n’était pas bon, donc je les écris, et puis je reviens dessus quelques semaines plus tard, je me dis « mais c’est stupide de penser ça, franchement, quelle idée ! » Je fais du yoga aussi. Le yoga, c’est se recentrer sur soi-même et se comprendre, donc ça m’aide forcément. Et à côté de ça, j’ai d’autres activités un peu plus méditatives. J’adore jardiner, par exemple, et quand j’arrive à faire pousser une plante, je me dis que si j’arrive à faire pousser une plante, pourquoi je n’arriverais pas à faire une entreprise. Donc ce sont des états méditatifs sans vraiment faire de la méditation à proprement parler.

Et puis, j’ai l’impression que tu prends les choses au fil de l’eau. Tu as l’air assez structurée, tu sais que tu vas faire les choses étape par étape et tu t’es déjà bien préparée.

Oui, c’est ça. J’ai mis du temps, par exemple, à lancer mon compte Instagram, j’ai eu beaucoup d’amis qui me disent « mais pourquoi tu ne fais pas ? », j’ai dit « parce que je ne veux pas ». En fait, je veux faire les choses comme elles viennent, je ne veux pas me mettre de pression parce que je pense que j’en aurai déjà assez plus tard donc je n’ai pas envie de m’en mettre maintenant alors que je suis dans une situation confortable. Je veux prendre les choses comme elles viennent et ça va le faire. Je pense qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le faire, c’est celle qui fonctionne le mieux pour le moment pour moi. Et ça va le faire, on a le temps.

Je vois que tu t’es quand même fait une petite identité graphique sur ton site, tu as déjà un logo.

Oui, j’essaye.

Est-ce toi qui les as faits ?

Oui.

Tu ne t’es pas encore entourée pour ça. D’accord.

Non.

OK. Est-ce que tu as d’autres choses à ajouter sur cette phase de préparation à la création d’entreprise ? Puisqu’on l’aura compris, tu n’en es encore qu’au début.

Oui, je suis un bébé planner.

D’ailleurs, c’est peut-être pour ça que tu t’es appelée Grow Planner.

Exactement, oui.

Et que ça fait peut-être référence au jardinage aussi, non ?

Exactement. On n’en a pas parlé de ce nom, mais ce ne sera pas mon nom d’agence. Comme je te disais, je voulais quand même mettre un petit orteil à l’étrier et je me suis dit « mais comment je peux faire ? » Donc je me suis dit qu’il faut que je crée un compte Instagram comme ça je vais pouvoir gagner du temps pour prendre contact avec des prestataires, possiblement trouver des clients etc., voir un peu ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Donc j’ai réfléchi et je me suis dit que je veux d’abord un nom qui soit anglicisé parce que je me dis que c’est tant mieux si j’arrive à toucher des personnes outre-Atlantique. C’est mon but donc tant mieux. Et donc, Grow Planner parce que planner c’est donc une personne qui organise, et grow comme une plante parce que j’aime le jardinage, pour commencer, et ensuite je me suis dit que c’est l’image de faire grandir un projet petit à petit, comme une plante, on plante la graine, puis on l’arrose de temps en temps, on la met au soleil, on fait attention que tout aille bien, et puis tout va bien.

Est-ce que ça veut dire que tu vas prendre un autre nom quand tu vas te lancer ?

Exactement.

D’accord. Mais que vas-tu faire de ce compte-là ?

Je vais le transformer.

Tu vas le transformer.

Ouais.

OK. Et as-tu déjà un nom en tête ou pas encore ?

Ça, je ne le dis pas.

D’accord. Il faudra te suivre donc sur Instagram pour avoir la primeur de l’info.

Exactement.

On va attaquer le dernier segment du podcast si ça te va. J’ai des questions généralement qui sont vraiment très orientées pour les wedding planners mais on va peut-être les reformuler pour toi. Donc j’en ai une qui concerne les mauvais conseils que tu peux entendre dans le domaine de l’organisation de mariage. Mais avec toi, on pourrait se demander si tu avais des idées reçues sur l’organisation de mariage avant que tu ne commences tes recherches et ton aventure. Sachant qu’en plus tu ne t’es pas mariée, les mariages auxquels tu as assisté ça fait déjà assez longtemps apparemment, est-ce que tu avais des idées reçues qui ont volé en éclat à partir du moment où tu as commencé à te renseigner sur le métier ?

Oui. La première idée reçue que j’ai eue, c’est pourquoi prendre un wedding planner. C’est très paradoxal mais je me suis dit à quoi je vais servir. OK, je vais faire ça, mais pourquoi ? Donc en me renseignant, je me suis rendu compte que c’était quand même vachement chouette d’avoir un wedding planner, ça permettait d’être beaucoup plus zen. Donc ça, c’est une des premières idées reçues que j’ai eues et qui m’a collé un petit moment quand même.

Oui. Et j’imagine que ça t’a amené un peu des doutes aussi sur si ton métier est légitime. D’un autre côté, maintenant que tu es courant, tu as peut-être dressé une liste de tous les avantages à avoir une wedding planner, hormis le fait d’être zen. Et puis, j’imagine que ce sont des arguments qui te serviront quand il faudra vendre tes prestations.

Oui, forcément.

Et donc, hormis ça, qu’est-ce que tu as pu noter ? Quels sont les trois grands arguments qui te serviront à vendre tes services ?

Pardon, je n’ai pas tout écouté.

Je te disais les trois arguments qui font qu’il faut faire appel à un wedding planner, trois ou quatre, ça peut être plus.

Que le couple va être beaucoup plus zen le jour J parce que ça veut dire que ce ne sont pas eux qui vont s’occuper de mettre en place les tables, la salle, gérer le traiteur etc. Et ce ne sont pas les membres de la famille non plus. Justement, en parlant de membres de la famille, le wedding planner va servir aussi à faire tampon entre les attentes des mariés et les attentes des parents. Je pense que c’est important aussi. Ensuite, pour le troisième, on va dire qu’un wedding planner arrive à gérer le budget, il est là pour ça.

Est-ce qu’il y a des outils et logiciels que tu utilises déjà maintenant ou que tu comptes utiliser quand tu seras en activité ?

Que j’utilise maintenant, mais même dans ma vie perso, c’est Google Keep. Tout mon cerveau est dans Google Keep et dans Google Agenda aussi. J’avoue, je partage les deux. Ce sont des outils qui sont très, très importants pour moi. Ensuite, ce n’est pas très original mais j’utilise Planoly pour planifier mes publications.

Planoly pour les publications Insta. Google Keep, dans mes souvenirs, parce que je l’ai utilisé un temps, c’est un outil de prise de notes, c’est ça ?

Oui, c’est ça.

Oui, c’est de checklist en prise de notes. Et Google Agenda, je pense que tout le monde connaitra. Est-ce que tu as isolé des tendances dans le mariage ou peut-être des styles de mariage qui te plaisent, des tendances que tu vas suivre une fois que tu seras en activité ?

J’adore les mariages un peu alternatifs avec des robes colorées, des décorations farfelues, des couleurs, qu’on ne reste pas que dans le traditionnel, le blanc, le rouge, le rose. Non. Vraiment qu’on mette des couleurs, c’est génial d’avoir des couleurs, qu’on mette plein de fleurs, des décorations qui nous ressemblent, qui ressemblent au couple. C’est vraiment quelque chose qui m’attire énormément. Ensuite, s’il y a des couples mixtes ; je sais que j’ai une amie qui va se marier bientôt, j’espère, non, elle va se marier et je sais déjà qu’elle compte sur moi, elle est sri-lankaise et lui est français, ça va être génial, je sais que le mixte des cultures va être incroyable ; donc c’est sortir des sentiers battus.

D’accord. C’est casser les codes un petit peu.

Exactement.

C’est le mariage en basket et en pantalon.

Exactement. J’essaye de convaincre mon conjoint que je pourrais me marier en basket mais c’est compliqué. C’est peut-être pour ça que je ne suis pas encore mariée.

Mais le conjoint écoute donc il pourra te répondre directement.

Oui.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ? Où est-ce qu’on peut te retrouver ? Même si tu as cité ton compte Insta, tu pourrais peut-être redonner le lien.

On peut me retrouver sur mon compte Insta, ce sera déjà pas mal. Ensuite, au fur et à mesure que le site sortira etc., on sera informé. Et puis, qu’est-ce qu’on peut me souhaiter ? Des bonnes nuits de sommeil, un bon déménagement et beaucoup de succès.

C’est tout ce qu’on te souhaite. Je mettrai le lien de ton compte Insta dans les notes de l’épisode sur le site Planners. On pourra mettre aussi ton site, tu pourras nous l’envoyer quand il sera en ligne comme ça on l’ajoutera aussi. En tout cas, c’était plein de bons conseils, surtout que j’imagine que tu n’es pas la seule dans ce cas-là, on est sur un métier qui se développe beaucoup et il y en a beaucoup qui doivent se poser la question aussi, à être dans la même phase que toi. Donc rien que le fait de savoir qu’on n’est pas tout seul, je pense que ça va aider plus d’un et plus d’une.

Oui, j’espère.

Dans tous les cas, je te souhaite un très bon déménagement et un très bon début d’activité. On va suivre ce que tu fais de près, et puis ce sera l’occasion de revenir sur le podcast d’ici un an ou deux pour voir où tu en es.

J’espère. Avec plaisir, on est si bien reçu.

Merci à toi. Et puis, d’ici à ce qu’on se reparle je te souhaite une très belle continuation.

Merci, bonne continuation au podcast et à toi aussi.

À bientôt, Laura. Ça marche, merci à toi. Ciao !

Salut !

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