La création d’une entreprise évènementielle

Podcast
204 . 2022

De Syra Sylla 20/4/ 2022

Camille et Lucie se connaissent depuis leur plus jeune âge. Et très tôt, elles se sont imaginées travaillant ensemble. Aujourd’hui, c’est chose faite. Depuis plusieurs mois, Camille et Lucie sont à la tête de la Omnia Agency.

Une pandémie de COVID ? Même pas peur. Les deux amies ont même tourné la situation à leur avantage en prenant le temps de poser les bases de leur projet d’entreprise sans se précipiter et sans pression.

“Prendre le temps de réfléchir au nom, faire des tests pour le site internet et tout ça. Ce n’est pas lancé comme ça, c’était vraiment un projet réfléchi. Et quand on a ouvert en juillet, les prestataires nous connaissaient déjà, on a trouvé notre première cliente pratiquement en deux semaines à partir du moment où on a ouvert l’entreprise. Et je pense que, certes, ça a été calme, mais on a pu bien réfléchir à notre projet, bien le définir, voir aussi ce qu’on voulait en faire plus tard. Pour nous, ça a été un mal pour un bien.”

Quelle a été la stratégie de communication de lancement ? Pourquoi il est important de réaliser des shootings d’inspiration ? Comment les réseaux sociaux et les publications presse leur ont permis de dénicher leurs premiers clients ? Au micro de Carnet de Noces, Camille et Lucie nous racontent cette aventure.

L’agence Omnia Agency :

Site web : https://omniaagency.fr/
Instagram : https://www.instagram.com/omniaagency/
Facebook : https://www.facebook.com/omnia.agency44

L’épisode 29 de Carnet de Noces est accessible sur notre chaîne YouTube :

La transcription de l’épisode 29 de Carnet de Noces est disponible ci-dessous !

Salut Camille, salut Lucie. Je suis ravi de vous avoir aujourd’hui, un épisode à trois. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas enregistré avec un duo de wedding planners. Je pense que ça va être sympa. En plus, vous êtes bien au soleil. Je vais vous demander de vous présenter pour nos auditeurs et auditrices. 

Bonjour. Moi, c’est Camille, j’ai 26 ans et je suis wedding planner, organisatrice d’évènement et aussi entrepreneure puisque c’est une grande partie de notre métier. Je connais Lucie depuis 20 ans maintenant, ça fait très longtemps, et on a décidé de se lancer toutes les deux dans le métier depuis maintenant un an et demi.

Moi, c’est Lucie qui fait le duo de choc avec Camille, j’ai 26 ans aussi. Là, on s’est lancées il y a bientôt un an, en juillet l’année dernière. On avait commencé un petit peu à bosser sur notre projet depuis très longtemps, mais officiellement depuis juillet 2021. Je suis issue du milieu de la restauration et de l’hôtellerie, j’ai toujours eu un petit pied dans l’évènementiel, ça m’a toujours plu. C’est un vrai cœur pour ce domaine d’activité. 

Contrairement à moi qui ne viens pas du tout de l’évènementiel à la base, j’étais géologue, ça n’avait absolument rien à voir mais j’ai décidé de changer totalement parce que je ne me retrouvais plus forcément dans ce métier-là. Mon contrat en CDD s’est terminé et j’ai pris la décision de lancer l’entreprise avec Lucie.

Donc c’est Lucie qui a décidé de t’embarquer là-dedans.

Je crois qu’on s’est entrainées toutes les deux. 

On s’entraine depuis un petit moment toutes les deux. 

Depuis qu’on se connait, on a eu pas mal d’idées pendant notre enfance. On était petites mais c’était toujours « quand on serait grandes, on voudrait monter une entreprise ensemble », on ne savait pas trop de quoi, on a pensé à plein de trucs. Et puis, vers l’âge de 15-16 ans, on travaillait chez un traiteur en commun, on était serveuses. Là, on a commencé à goûter à ce milieu de l’évènementiel parce qu’on travaillait beaucoup pour des mariages et on a vu qu’on savait aussi travailler ensemble. On était meilleures amies mais on s’entendait aussi, on se complétait bien, surtout dans ce milieu-là. Puis, petit à petit, on réfléchissait à notre projet. On a fait chacune un peu nos études de notre côté, notre expérience professionnelle. Et puis, on s’est dit « allez, on se lance ». On s’est complétées parce que je pense qu’on a eu l’idée toutes les deux qu’il n’y a jamais dans notre tête. Il n’y a pas plus l’une que l’autre qui a dit « on y va », c’est « on y va ensemble » et c’était une évidence.  

C’est ça.

Est-ce l’expérience comme ça chez le traiteur qui vous a ramenées sur le domaine du mariage ? Et pourquoi le mariage ? Qu’est-ce qui vous a poussées à vous lancer dans le mariage en particulier ?

En fait, on a discuté tout à l’heure, à midi, et je pense que ça fait un petit moment quand même, même en regardant les films et tout ça. C’est un milieu qui fait rêver, mais on ne se dit pas tout de suite qu’on va travailler là-dedans. On a travaillé avec mon oncle qui est le traiteur. Je pense que je ne l’ai jamais remercié de nous avoir fait travailler si jeunes. Et je pense que c’est grâce à lui qu’on a vraiment eu cette passion-là. On a aussi découvert un peu l’envers du décor parce que quand on était serveuses, on devait gérer un peu les petits tracas. On était des mini wedding planners à l’époque. On a découvert un peu ce domaine évènementiel et c’est vrai que ça nous a beaucoup plu.   

Et puis, on est toutes les deux des filles très organisées, les agendas, les téléphones. Quand on a des évènements dans notre famille, un anniversaire, on aime bien mettre les petits plats dans les grands, organiser des choses comme ça. Et donc, je pense que c’était un peu relier tout ce qu’on aime et cette passion commune d’évènementiel. 

Et quand vous dites que vous vous complétez bien, qu’est-ce que l’une a et pas l’autre, et inversement ?

Bonne question ! En fait, on est très similaires mais on se complète vraiment bien. On est toutes les deux très organisées.

Par exemple, dans notre travail, Camille est plus administrative, et moi plus sur la communication etc. Et puis, sur certains sujets, elle est un peu plus réfléchie et moi je suis plus spontanée, et inversement. Ou alors, quand l’une est stressée, l’autre arrive à la calmer un peu. Ça dépend vraiment des situations mais on est plutôt complémentaires quand il s’agit de réagir à des choses etc. C’est ça qui est intéressant. Et comme on se connait bien, c’est aussi facile de savoir quand l’autre est stressée ou quand elle a besoin d’aide.

On sait se dire les choses franchement aussi, pas besoin de prendre des gants. S’il y a quelque chose qui ne va pas, on se le dit. 

Est-ce que ça a tout de suite matché quand vous vous êtes lancées ?

Ouais.

Je vois 2021, c’est un peu la mauvaise période quand on veut se lancer.

Oui et non, je dirais.

Oui et non. Pourquoi oui et pourquoi non ?

En fait, on a vraiment eu l’idée en novembre 2020 et on n’a ouvert l’entreprise qu’en juillet 2021. Certes, c’était le covid. Mais on a eu toute cette période-là pour rencontrer beaucoup de prestataires, démarrer notre com.

Réfléchir vraiment à un projet. 

Prendre le temps de réfléchir au nom, faire des tests pour le site internet et tout ça. Ce n’est pas lancé comme ça, c’était vraiment un projet réfléchi. Et quand on a ouvert en juillet, les prestataires nous connaissaient déjà, on a trouvé notre première cliente pratiquement en deux semaines à partir du moment où on a ouvert l’entreprise. Et je pense que, certes, ça a été calme, mais on a pu bien réfléchir à notre projet, bien le définir, voir aussi ce qu’on voulait en faire plus tard. Pour nous, ça a été un mal pour un bien. 

Et puis, il y a aussi le fait que comme il y a eu le covid, il y a eu beaucoup de reports de mariage ou d’évènement, donc certaines autres collègues wedding planners étaient déjà overbookées. On s’est un peu envoyé la balle quand l’une pouvait et l’autre ne pouvait pas. C’était pas mal. Et puis, malheureusement, il y a aussi des wedding planners qui ont mis la clé sous la porte. Il reste des clients quand même, on fait de la place. C’est aussi le milieu, il y a assez de clients pour tout le monde. Mais je pense qu’on est arrivées dans une période un peu transitoire.

Votre première cliente en deux semaines, comment est-ce que vous faites pour la trouver ? Est-ce qu’elle vient comme ça ? Est-ce qu’elle vient de la com ? 

En vrai, je ne sais pas, ça a été clairement un miracle. En fait, on a ouvert le 1er juillet et c’était en 2-3 semaines. Moi je suis partie en vacances en me disant « tranquille, on n’aura jamais de client aussi vite ». J’arrive en Espagne et là, on reçoit un petit message sur Instagram « ah bonjour, je fête mon anniversaire. Est-ce que vous êtes disponibles ? », « oui, oui ». Elle nous a trouvées sur Instagram parce qu’on a beaucoup communiqué.

Ouais, je pense que ça a beaucoup joué.

On a essayé de beaucoup travailler dessus et elle nous a rencontrées comme ça sur les réseaux.

On a commencé en novembre 2020 à réfléchir au projet, la communication. Donc on avait déjà préparé tous nos posts etc. En décembre, on avait fait un petit calendrier de l’Avent, donc on publiait tous les jours quelque chose. Et puis, on essayait de garder un rythme de publication assez régulier. Donc ça a pris. Ensuite, on a eu le site internet qui a aussi fait les avis Google etc. Petit à petit, on commence tranquillement. Ça s’est fait surtout grâce à la communication. 

C’est pour ça aussi que je disais qu’on s’est lancées au bon moment, c’est qu’entre le moment où on a eu l’idée et déposé le statut de l’entreprise, on a quand même eu le temps de communiquer, chose qu’on n’aurait pas eu le temps de faire si on avait lancé l’entreprise, parce qu’on a cette pression de « ça y est, il faut qu’on sorte de l’argent, donc il faut qu’on trouve des clients tout de suite ». Là, on a vraiment pris le temps de démarrer. Donc c’est un conseil qu’on peut donner aux futures wedding planners de commencer la communication avant de lancer l’entreprise. C’est très important pour tester le marché, pour tout. 

Ouais. C’est comme on dit « fake it until you make it ». Tu fais des shootings d’inspiration, tu as des choses à montrer, tu postes des belles images des mariages que tu peux potentiellement proposer. Comment est-ce que ça se travaille ? Est-ce que vous avez même défini un persona, défini un angle au niveau de vos messages ou est-ce que vous êtes vraiment allées au feeling comme ça ? 

Au tout début, on avait quand même fait une étude de marché, on avait un peu notre clientèle type en tête, on a aussi essayé d’orienter notre communication Instagram, les réseaux sociaux et le site internet autour de notre clientèle type. Et puis, comme on débutait, c’était un peu à tâtons aussi, on voyait les posts qui fonctionnaient bien et ceux qui fonctionnaient moins bien. Ensuite, on avait quand même des objectifs parce qu’on est parties en vacances en juillet, on avait le statut qui était déposé, donc on voulait au moins signer tant de clients. C’était important pour nous.

Et avez-vous rempli ces objectifs ?

Non. 

On a mis la barre un peu trop haute pour nous.

On ne l’a pas rempli. On a ouvert en juillet, on s’était dit qu’on commencera à avoir les premiers clients en septembre, donc on a eu quelques clients en septembre. Ensuite, on s’était dit qu’en fin d’année, vu que les mariages étaient un peu compliqués en 2021, on misera tout sur les entreprises. Sauf que, pas de bol, les évènements d’entreprise étaient interdits à partir de décembre 2021.

Tout a joué contre nous.

Ça a été un échec à ce niveau-là. 

Ça nous a permis de faire d’autres choses.

Ouais, on a pu tester d’autres choses et se concentrer plus sur les évènements pour les particuliers pour 2022.

Et puis, ce qui est bien aussi, c’est qu’on retient la leçon à chaque fois. Malheureusement, ce n’était pas de notre faute puisqu’il y a eu le covid. Mais c’était quand même intéressant de voir si on peut le faire différemment, que ce serait peut-être pas mal de communiquer aux entreprises de telle manière, on voit bien que tel discours marchait bien avec les particuliers. Donc à chaque fois, on essayait d’en tirer une leçon, sinon on n’avance pas.

Ouais, j’ai vu que vous faisiez aussi du B2B. Est-ce que ce n’est pas compliqué quand on a cette double casquette particulier/professionnel de bien communiquer, différencier les deux sur Instagram, par exemple, dans du mariage où ça peut être très visuel par rapport à des posts qui pourraient être plus corporate face à une cible professionnelle ? Comment est-ce que vous arrivez à gérer à passer l’un à l’autre ? 

On adapte notre discours en fonction du client. Au début, on a fait quelques posts sur Instagram pour les professionnels, mais on a bien vu que ça ne marchait pas.

Ce n’est pas ceux qui vont sur Instagram, ce n’est pas du tout le moyen de communication.

Donc pour les professionnels, on a choisi depuis l’année dernière, septembre ou octobre, de les démarcher directement, on leur a envoyé un mail avec notre brochure de présentation de nos prestations. Et c’est comme ça qu’on a communiqué avec eux. Par contre, les particuliers, on continue à garder les réseaux sociaux, on croit que ça marche très bien, donc on ne va pas changer cette partie-là.

Donc les pros, c’est la prospection en direct.

C’est ça, ou des connaissances.

Ou le bouche à oreille.

Oui, le bouche à oreille aussi. 

Mais ce n’est pas ceux qui vont sur Instagram et qui vont regarder notre page. Certainement le site internet. Et c’est pour ça qu’on a aussi joué la carte de mettre cette partie-là sur le site. Mais sur Instagram, c’est Omnia Agency dans sa globalité, même si on voit bien qu’en termes d’identité visuelle, c’est plus tourné sur les particuliers. On s’était posé la question au tout début si on ne ferait pas deux comptes Instagram pour bien différencier le côté particulier et le côté professionnel. Mais pour le moment, en termes de gestion du temps, c’est un peu compliqué. En tout cas, démarcher directement par mail, ça nous allait bien au début. Et puis, on a eu quelques retours et on va reprendre ça tranquillement. Ce n’était pas la priorité non plus, pour l’instant en tout cas.

On s’était aussi posé la question de se développer un peu plus sur LinkedIn qui est quand même le réseau professionnel. Mais pareil, ce sont des codes assez particuliers, ça ne fonctionne pas du tout comme Instagram ni comme Facebook. Donc il faut maitriser ces codes-là avant de se lancer là-dedans. Parce que ça ne sert à rien de se lancer pour se lancer, il vaut mieux maitriser son sujet avant.

C’est un peu plus simple. 

Et comment est-ce que vous vous organisez ? Est-ce que vous faites deux fois plus d’évènements puisque vous êtes deux et que chacune gère un évènement ? Ce sont des questions qui sont super intéressantes puisque vous n’êtes pas les seules à être deux et je pense qu’on peut s’inspirer des façons de s’organiser de chacun et de chacune. Comment est-ce de votre côté ? 

Non, on ne fait pas deux fois plus d’évènements.

Pour l’instant, pour être honnête, on n’a pas assez de clients pour faire chacune notre évènement. Dans l’idéal, quand ce sera le cas et que la question se posera, ce sera plutôt chacune organise ou a sa spécialité. Par exemple, peut-être plus une le professionnel, et une le particulier ou les mariages, les anniversaires, ce genre de choses. Et puis, on organisera les évènements en back office chacune de notre côté. Par contre, le jour J, on sait que c’est impossible pour un mariage, c’est quand même vachement plus sympa d’être à deux parce qu’en termes d’organisation, quand on a 150 invités, la gestion est vachement plus fluide avec deux personnes parce qu’il y en a une qui peut aller à l’église pour accueillir les invités, et l’autre qui va à la salle préparer les derniers petits détails.  

Ce n’est pas possible d’être wedding planner toute seule à un jour J, sauf si on est vraiment Wonder Woman et que tout se passe vraiment au même endroit. Sinon, il faut se dédoubler. Donc c’est nécessaire d’être deux. Les évènements, on peut faire les rendez-vous clients toute seule, par exemple, puis on fait un compte rendu à l’autre. C’est comme ça qu’on peut gagner du temps. Mais le jour J, jamais on ne pourra être séparées.  

Dans l’objectif, c’était plutôt qu’on fera chacune nos préparations d’évènement quand on a beaucoup de demandes. Par contre, le jour J, si on peut être à deux, c’est l’avantage d’être à deux. 

D’accord. Donc chacune sa spécialité mais on est ensemble sur les évènements.

C’est ça.

Ouais.

Et avez- vous des petites astuces, justement ? Vous parlez de productivité, vous en parlez même sur votre blog, j’ai vu que vous avez écrit un article là-dessus. On sait que l’organisation d’évènement peut être très chronophage, ça prend beaucoup de temps et on peut vite passer énormément de temps sur des prestations à faible valeur ajoutée ou qu’on facture peu. Est-ce que vous avez des astuces là-dessus ?  

Vu qu’on a eu cette période de préparation avant de lancer l’entreprise, on a beaucoup créé nos outils sur les plateformes partagées, Excel surtout. Par exemple, on a fait nos dossiers de déroulé le jour J, on a écrit nos contrats, on a essayé de préparer le maximum de choses en amont. Et comme ça, on a déjà nos outils de l’entreprise pour planifier les évènements. 

Notre fiche clients types avec les infos qu’il nous faut absolument, un tableau du déroulé, on fait beaucoup de tableaux Excel, on a pas mal de dossiers partagés, notre agenda est partagé. On a évidemment notre ordinateur qui nous suit partout, le téléphone quand on ne peut pas avoir l’ordinateur. Sinon, un bon vieux crayon et un bon vieux papier.

On a plein de post-it partout.

On communique beaucoup parce que le fait d’être deux, c’est aussi la possibilité de vite se perdre parce que l’une peut avoir les infos et a oublié de le dire à l’autre. C’est pour ça qu’on fait tout en partagé parce qu’on est sûres que si l’autre a oublié de le dire, au moins on peut le voir sur notre dossier partagé. Et c’est l’avantage. 

On se parle tous les jours, on fait des millions de vocaux, donc on a toutes les infos tout le temps. Le plus important, c’est de communiquer. C’est comme dans un couple. 

Oui. Donc partager sur Google Drive ? 

Oui, c’est ça. Exactement.

Ouais, c’est ça. On était en train de voir pour utiliser aussi Wedding Plan qui est un logiciel pour les wedding planners. On l’a testé en gratuit et c’est vrai que c’est vraiment trop bien comme logiciel.

Vous n’êtes pas les seules à le mentionner.

Oui, on sait.

C’est Webert qui va être content, on lui fait de la pub à chaque fois.

En même temps, son logiciel est vraiment trop bien, donc c’est normal.

En plus, comme on est au début, ça nous permet de créer une base de données solide. Parce qu’au début, on avait commencé à faire une base de données sur Google Sheet ou Excel, sauf qu’un logiciel comme Wedding Plan, c’est magique. Comme on a un peu plus de temps puisqu’on n’est pas chargées pour le moment, ou alors en basse saison ou ce genre de choses, ça permet de bien remplir sa base de données correctement pour qu’on ait toutes les infos directement quand on a des rendez-vous. On peut même programmer nos tâches, ça tombe sur notre Google Agenda. C’est vraiment génial.

Tout est synchronisé. 

Et je crois que ça nous sauve la vie. 

Ouais. Donc si je devais retenir une grosse idée de notre conversation, c’est qu’il faut prendre le temps avant de se lancer, de poser les bases, de communiquer, d’ouvrir tous ses comptes sur les réseaux sociaux et de commencer à poster, d’ouvrir son site et de commencer aussi à poster, je vois que vous postez des articles, et réfléchir à son positionnement et à son nom. D’ailleurs, pourquoi « Omnia Agency » ?

Ça a été aussi un long travail. Au début, on pensait vraiment partir sur le mariage, mais on ne voulait pas non plus se fermer des portes. Donc on voulait quelque chose qui sonne bien à l’oreille et qui fasse féminin aussi, qui parle à tout le monde et que ce soit pour toutes les prestations. Et à force de dire « tout », Omnia veut dire tout en latin.

Ouais, c’est vraiment tout bête mais on a passé beaucoup de temps à chercher et on voulait quelque chose qui nous ressemble et qui puisse aussi ne pas nous fermer des portes. Je pense que même si le mariage reste une grande partie de notre clientèle et de notre chiffre d’affaires, on est quand même intéressées par les autres prestations, donc on ne voulait pas se fermer des portes. Et Omnia sonnait bien, tout simplement.

Quelle est la répartition de votre chiffre d’affaires pour l’instant entre le mariage et les autres prestations, entre le B2C et le B2B ?

Là, c’est mariage B2C à 100% parce qu’on n’a pas fait de B2B pour le moment.

Ouais. En répartition, je ne sais pas trop, mais on a eu des anniversaires de mariage, donc je ne sais pas si on compte en mariage ou autre prestation. 

Les demandes qu’on a majoritairement, c’est du mariage.

Ouais. Sur ce qu’on a fait maintenant, peut-être 50% de mariages.

Mais que du B2C, par contre.

Comment est-ce que vous voyez le marché du mariage au moment où le covid est en train de se terminer ? On est au bout du tunnel. Comment sont les prospects, les clients à l’heure actuelle ? Est-ce qu’ils ont plus de visibilité ? Est-ce qu’ils se relancent ?

Ils sont perdus.

Il y a eu un gros moment de blanc parce qu’on était tous dans le flou, autant les prestataires que les clients. Il n’y avait pas de demande. Les gens ne savaient pas « est-ce qu’on y va ? », « est-ce qu’on prend le risque d’annuler ? » Et depuis les dernières annonces du gouvernement, on a eu plein de demandes de dernière minute.

Ouais. En fait, on en discutait aussi avec d’autres prestataires dans d’autres domaines et on a tous beaucoup de demandes aux dernières minutes où les gens veulent soit se marier, soit fêter des anniversaires de mariage, mais pour cet été. Sauf que cet été, il n’y a plus de domaines et les traiteurs sont tous bookés. C’est très, très compliqué cette année. Ensuite, ça va être aussi pour l’année prochaine où on a eu des demandes mais avec les reports et tout ça, il y en a qui ont vraiment anticipé les reports jusqu’à l’année prochaine. Donc il va falloir trouver des nouveaux domaines. Que les nouveaux domaines ouvrent, ce serait très bien, on ne demande que ça. 

En fait, ce sont des gens qui voulaient potentiellement se marier sur ces dernières années et qui ont repoussé jusqu’en 2023.

C’est ça. Ou alors, qui avaient fait le civil en plus petit comité très intimiste l’année dernière, par exemple, ou cette année. Là, le gouvernement annonce que ça va mieux, donc tout le monde se dit « OK, on va pouvoir organiser sans prendre le risque d’annuler, donc on y va ». Sauf qu’il y a déjà eu tous les rapports, donc je pense que ça reste un peu bloqué encore quelques temps.

Et par rapport à la maturité du marché, on dit que les prospects sont de plus en plus matures, ils savent ce qu’ils veulent. D’ailleurs, c’est ce que disait Fabiola dans notre dernier épisode. Est-ce que ce sont des choses que vous voyez aussi de votre côté ? 

Oui, ils savent ce qu’ils veulent. Je pense aussi que Pinterest et tout ça y est pour beaucoup parce qu’ils ont eu le temps de beaucoup réfléchir, faire beaucoup de tableaux Pinterest, donc ils ont des idées assez précises.

J’ai l’impression qu’ils n’ont plus les mêmes envies dans le sens où on a tellement été confinés, les distanciations sociales etc. qu’on voit bien qu’ils ont envie de faire quelque chose pour faire plaisir à leur famille, d’être ensemble, de passer un moment convivial. Oui, c’est leur mariage. Par contre, ils veulent vraiment profiter à fond, ils font appel à des wedding planners pour vraiment profiter du jour J. Ils ont leurs idées, « on vous donne les idées, par contre vous gérez tout, on veut profiter de notre famille ». Ils font des cadeaux plus importants qu’avant. C’est plus intimiste et on casse un peu les codes. 

Beaucoup plus convivial.

L’avantage, c’est que les gens ont peut-être accumulé de l’épargne pendant le confinement et on est peut-être sur des budgets un peu plus importants.

C’est ça.

Aussi, ouais.

C’est pour ça qu’on voit beaucoup de reports de mariage où ils se disent « ce serait bien de faire appel à une wedding planner parce qu’on n’avait pas le budget au début, mais on a reporté pendant un an, donc on a eu le budget, puis on veut profiter. »

« On est prêt à mettre plus d’argent dans le mariage pour pouvoir encore plus en profiter. »

Ça, c’est une des tendances qui se voient depuis un an.

Oui. Pour le coup, il y aura eu peut-être une voire deux années difficiles, mais c’est pour mieux rebondir par la suite.

C’est ça.

Oui, c’est ça.

Est-ce que vous voyez des contraintes à être deux dans votre activité ? Est-ce que ça va ? Est-ce que vous ne vous marchez pas trop dessus ? Est-ce que vous arrivez bien à vous organiser par rapport aux tâches et au rôle de chacune ?

Oui. L’organisation, ce n’est pas du tout le problème. Mais le seul souci qu’on peut avoir, c’est chacune se dégager un salaire. On va dire que c’est la seule contrainte à être à deux. 

Et puis, on n’a pas encore de bureau actuellement, donc on travaille de chez nous. Évidemment, avec les moyens d’aujourd’hui, on peut communiquer tout le temps. Mais quand il faut aller à des rendez-vous, on n’arrive pas en même temps, c’est un peu de la route pour rien. Pour le moment, l’organisation à ce niveau des transports n’est pas optimale. Sinon, en termes d’organisation, on a du travail pour deux voire plus, donc ça va.

C’est ça. 

Et avez- vous le projet de prendre quelqu’un cette année ? 

Là, on a une stagiaire qui est avec nous juste à côté, c’est son dernier jour aujourd’hui. Oui, on a pris une stagiaire en début d’année pour deux mois. Et c’est vrai que ce n’était pas quelque chose auquel on avait pensé au début, on s’était dit « on vient juste de démarrer, qu’est-ce qu’on va lui apprendre ? » Et ça nous a fait beaucoup de bien, ça a rendu le projet encore plus concret et à avoir envie aussi de se dépasser un peu plus.

Et puis, on est obligées d’être pédagogues, donc ça permet aussi de voir les choses différemment. Elle apporte un regard extérieur qui est hyper intéressant, elle nous a aidées sur des choses sur lesquelles on avait du mal à se dégager du temps. On n’avait plus le temps de faire certaines choses, donc on se répartissait mieux les tâches et c’était très intéressant. Elle a aussi mené à bien des projets qu’on avait en tête et qu’elle a menés très, très bien. Donc c’est l’avantage.

C’est vrai qu’on aimerait avoir une personne en plus pour la communication qui est l’une des choses qui nous prennent énormément de temps. Mais pour l’instant, on va attendre, on fait les choses petit à petit, on ne va pas se lancer à embaucher 15 personnes tout de suite. Mais c’est vrai que dans l’avenir, on aimerait avoir du personnel.

Mais il y a des choses que vous avez déjà déléguées. Je vois que vous n’avez pas fait votre site vous-mêmes.

Lucie a essayé au début, c’est extrêmement chronophage. 

En fait, c’est très plaisant mais on passe beaucoup de temps. Et puis, il y a des codes que seules les personnes concernées qui travaillent dedans peuvent connaitre. Même si moi je me prends pour une apprentie web designer, ce n’est pas du tout le résultat qu’il y a aujourd’hui. Et puis, comme on disait tout à l’heure, je préfère payer quelqu’un qui s’y connait et dépenser de l’argent dans quelque chose de qualité plutôt que passer beaucoup de temps sur quelque chose qui ne sera pas forcément à la hauteur de nos attentes au final. Ça vaut le coup de dépenser de l’argent dans ce genre de choses. En plus, il y a des personnes qui nous conseillent, résolvent les problèmes dès qu’il y a besoin.

Au début, on voulait vraiment tout faire nous-mêmes, mais on s’est rendu compte qu’il vaut mieux déléguer. Ce n’est pas évident au début parce que c’est vraiment notre projet, notre bébé. Mais il faut savoir aussi déléguer les choses.

Chacun son expertise et chacun son boulot. 

On ne peut pas être partout. Par exemple, on a délégué le site, on a un comptable qui gère notre comptabilité. Certes, c’est un budget en plus. Mais si on veut bien faire notre travail, il faut vraiment se concentrer sur les choses.  

Ouais. On ne peut pas faire un petit peu de tout ce qu’il faut faire, il vaut mieux se concentrer sur notre corps de métier et laisser le reste à des gens compétents. 

C’est ça.

Oui. C’est vrai qu’il y a des notions de coût. On en parlait justement avec Fabiola lors du dernier épisode, elle disait, et je ne sais pas si vous êtes d’accord, que se lancer et vouloir tout faire soi-même maintenant pour ne rien investir est voué à l’échec.

Nous on a décidé d’investir beaucoup dans la communication avec le site internet. On a aussi décidé de faire paraitre un encart pub dans un magazine, Se Marier en Vendée, qui est quand même un gros magazine de la région.

Dans l’Ouest.

C’est ça. Qui va même jusqu’à Paris pour les clients qui se marient dans la région. Et certes, c’est un coût. Mais si on n’investit pas dès le début, ça ne sert à rien, les clients ne vont pas nous connaitre par magie.

Parce que le bouche à oreille, ça marche à partir du moment où il y a déjà eu des évènements. Pour avoir les premiers évènements, il va falloir sortir un peu d’argent. Et au final, le retour sur investissement se fera naturellement. 

C’est ça.

C’est assez l’original l’encart dans un magazine. Est-ce qu’il y a déjà eu des retombées ?

On a eu un client qui nous a contactées la semaine dernière ou il y a deux semaines par le biais, il nous a dit qu’il avait vu la fleuriste avec qui on avait travaillé sur le shooting du magazine et elle a dit « oui, j’ai travaillé avec elles, n’hésitez pas à les appeler ». Donc on a déjà eu au moins un contact grâce à ce magazine. 

Il est sorti au mois de janvier.

Fin janvier.

Fin janvier 2022. On a cet encart publicitaire. Et en plus, on a fait le shooting.

Le shooting central du magazine. 

Ouais, voilà.

On a fait la décoration dessus. C’était une grosse mise en œuvre pour nous. Certes, c’est un budget, une opportunité et aussi beaucoup de temps à investir, ce n’est pas négligeable. Mais c’est important, il faut le faire au début. Ça, c’est un des conseils qu’il faut donner aux futures wedding planners, il faut investir.

Il faut un shooting d’inspiration et investir. C’est un shooting d’inspiration que vous avez fait pour le magazine.

Ouais, un shooting d’inspiration.

Est-ce que vous en avez fait plusieurs, d’autres à part celui-là ?

On a fait le premier shooting au mois de mai l’année dernière, on a fait le shooting du magazine en septembre, et on en a fait un mercredi, j’ai encore des courbatures.

Qui va sortir prochainement.

Ouais. Donc c’est notre troisième.

Justement, si vous aviez moins de moyens, si vous étiez chacune seule de votre côté et que vous deviez privilégier une seule action, un seul outil de communication, sur quoi mettriez- vous le focus ?

Moi je dirais les réseaux sociaux. Mais je pense que ça dépend vraiment de son clientèle. 

Ouais, de qui est la cible. Mais si on reste sur ce qu’on fait aujourd’hui, je pense que les réseaux sociaux aussi. Je pense que si on était toute seule et qu’on avait moins de moyens, on essayerait de faire tout par nous-mêmes mais peut-être qu’on ferait moins. Parce que le shooting d’inspiration dans un magazine tout seul, quand tu n’as pas beaucoup de moyens, ce n’est pas trop possible. Mais peut-être qu’on essayerait de faire plus parler de nous par les posts Instagram ou en rencontrant les prestataires tout simplement, faire fonctionner son réseau.

Et est-ce que vous avez rencontré d’autres wedding planners aussi dans votre secteur ?

Oui, oui. On fait partie de l’Assocem, donc on a des réunions mensuelles avec les autres filles soient du métier ou de la région. Dans la région Pays de la Loire, on se voit aussi. Donc on a pu rencontrer quelques-unes. Et puis, c’est un peu une bouffée d’air frais et une grande famille. C’est trop bien à l’Assocem. On prêche pour votre paroisse. C’est vraiment des consœurs, on ne se tire pas dans les pas. 

Il n’y a pas de compétition, on travaille vraiment ensemble.

C’est ça. Si on a besoin de conseil ou si on recherche un prestataire, on peut demander aux filles.

Oui. On avait enregistré avec Virginie de l’Assocem. Pour celles et ceux qui nous écoutent et qui ne connaitraient pas l’Assocem, je vous renvoie vers l’épisode 23 avec Virginie Mention. Je crois que c’est l’une des présidentes à l’Assocem, si elle est toujours au bureau. C’est top. De toute façon, je vois que vous êtes encore en plein lancement, en plein décollage, je dirais. 

Oui, c’est ça.

Là, vous n’êtes encore qu’au début. Si jamais on revient un peu en arrière, que vous vous lanciez à nouveau et que vous pouviez faire des choses différemment, est-ce qu’il y aurait quelque chose que vous changeriez, que vous feriez d’une autre manière ?

En vrai, je ne sais pas.

Moi je pense qu’en termes de fond, je mettrais plus d’argent de côté pour ça. En fait, on m’a tellement mis dans la tête que c’était possible de se lancer sans argent que je m’étais dit « OK, je peux le faire alors ». Évidemment qu’on avait de l’argent de côté, mais je m’étais vraiment dit « oui, c’est possible ». Sauf que juste le fait de déposer des statuts… Quand tu veux communiquer, tu peux faire la page Instagram, tu feras tes photos. Mais si tu veux vraiment quelque chose de pro, tu peux faire un shooting d’inspiration, il va falloir sortir un peu de sous, ou alors faire un site internet qu’il faut payer. Si on avait fait les choses différemment, je pense que j’essayerais d’anticiper qu’il va falloir investir pour avoir quelque chose de qualité directement.

Et moins galérer ensuite.

Ouais, c’est un peu l’idée reçue qu’on a dans tous les métiers où il n’y a pas de pas-de-porte à acheter, il n’y a pas de produit à vendre et donc à acheter d’abord. C’est vrai que quand on vend ses compétences, généralement on a trop tendance à penser qu’on peut y aller comme ça « un peu à l’arrache », on se lance, puis on voit. Non. Le mariage, c’est comme dans toutes les industries, il y a des clients qui sont de plus en plus matures et savent ce qu’ils veulent. C’est un domaine qui se professionnalise. Au final, c’est bien, c’est une bonne nouvelle. 

Tant mieux.

On va passer au dernier segment du podcast où je pose les mêmes questions à tous les invités. Vous devez savoir de quoi il s’agit, d’ailleurs. On va commencer par les mauvais conseils que vous entendez souvent dans l’univers du mariage. Est-ce que vous pouvez m’en donner quelques-uns ? Des idées reçues dans le domaine de l’organisation de mariage, bien sûr ?

Première idée reçue, on en a un peu parlé, c’est qu’on ne peut pas démarrer sans créer sa société légalement, sans déposer les statuts. Ça, c’est faux. Au début, on nous avait beaucoup dit « ah là là, non, surtout pas, il faut attendre ». En fait, non. On n’a pas le droit de faire signer de contrat aux clients tant qu’on n’a pas ouvert légalement. Sinon, on peut démarrer sa com, on peut tout faire. Et tout à l’heure, quand tu nous posais la question « qu’est-ce que vous auriez changé ? », à part l’aspect financier, on n’aurait rien changé parce qu’on s’est vraiment préparées, on a pris le temps.

Il ne faut pas être pressé.

Ouais, il ne faut pas être pressé, il ne faut pas ouvrir tout de suite à tout prix.

Tout ce qui peut être fait avant…

Ouais. On a vraiment pris le temps d’ouvrir le site, on a écrit des articles de blog puisque ça prend vraiment beaucoup de temps, on avait le temps d’écrire pas mal d’articles, rédiger les contrats, rencontrer une cinquantaine de prestataires. Rien que ça, on commence à créer son réseau. Il faut démarrer avant de déposer légalement ses statuts. C’est important.

Et on n’en a pas trop parlé aussi des contrats, mais c’est super important. Je ne sais pas si vous vous faites fait accompagner aussi par une juriste ou par un avocat pour les contrats et conditions générales de vente. Mais c’est un sujet assez important.

On ne s’est pas forcément fait accompagner, mais moi j’ai fait la formation avec l’EFMM, l’École de Formation aux Métiers du Mariage, et on avait un aspect juridique où on avait un exemple de contrat, un exemple de CGV. On les adapte forcément à nos prestations, à notre façon de travailler, mais c’est déjà une très bonne base. Pour l’instant, on n’a pas eu de souci, tant mieux. De toute façon, on sait très bien que peu importe comment on rédige les contrats, si un client veut nous embêter, il le fera, il trouvera forcément un moyen.

Et puis, dans nos connaissances, on a des personnes qui sont capables, si jamais on a besoin, de pouvoir nous dire si, oui ou non, ça peut se faire ou ça ne peut pas se faire. Comme on a dit tout à l’heure, c’est un métier et on ne peut pas inventer, on ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi parce que ça peut avoir des grosses conséquences sur l’entreprise. Donc on est quand même bien entourées à ce niveau-là si jamais on a besoin.

De toute façon, les contrats sont comme l’assurance, on est content d’en avoir quand ça va mal. 

C’est ça.

Ce n’est pas ce qu’on souhaite et généralement on n’en a pas besoin, mais ça peut arriver qu’à un moment donné on en a besoin, et c’est quand même bien d’être protégé. C’est comme l’assurance homme clé, tout ce qui est prévoyance etc. 

C’est clair.

Quel est l’outil dont vous ne pourriez vous passer en tant que wedding planners ? On a commencé à évoquer le sujet, donc je ne veux pas vous faire répéter ce que vous m’avez dit tout à l’heure. Mais s’il y avait un outil que vous pouviez garder et jeter tout le reste…

Le téléphone.

Le téléphone.

On peut appeler nos prestataires, on peut appeler nos clients, on peut communiquer sur les réseaux avec le téléphone. Il faut 2-3 applications. L’agenda partagé, communiquer entre nous, les vocaux, tout passe par le téléphone. Donc je jette tout, je garde juste mon téléphone.

Et quelques post-it.

Et des post-it et un crayon.

Et un crayon.

Au cas où il y a une panne de réseau.

C’est ça, on ne sait jamais.

Et quelles sont, selon vous, les grandes tendances du mariage dans les années à venir ?

C’est une tendance un peu générale, je dirais que c’est un peu l’émancipation vis-à-vis des traditions, que ce soit par rapport au nombre de personnes qu’on doit inviter, le repas qu’on doit faire, les horaires qu’on doit respecter, ça a beaucoup changé. Je ne sais pas si c’est l’effet covid ou juste que l’âge des mariés a aussi évolué. 

Mode de vie peut-être.

C’est ça. En fait, les gens prennent beaucoup plus le temps. Ils ne vont pas faire des repas à rallonge, ils vont préférer un grand cocktail, avoir juste un plat, puis peut-être un fromage/dessert. Mais vraiment passer du temps avec leurs invités. Je trouve que c’est ce qu’on voit de plus en plus. 

Un petit coin détente pour se retrouver avec ses proches, des jeux, beaucoup d’échanges. Les invités ne vont pas participer à l’organisation du mariage. Par contre, pendant le mariage, beaucoup d’activités ou de jeux où ils vont participer. Il y aura des échanges. 

Par exemple, une animation qu’on voit de plus en plus, c’est le bar à vinyles. Ce n’est pas impliquer directement les invités, mais ils vont choisir leur petite musique, ça va leur faire plaisir. En fait, c’est faire plaisir à ses invités.

Le bar à vinyles, je découvre. Qu’est-ce que c’est ? Est-ce les invités qui vont choisir le vinyle qui va passer ?

Il y a un stock de vinyles comme si on était dans un magasin de vinyles, on prend celui qui nous plait, on met une petite chanson, et puis ça passe aux suivantes. 

C’est très convivial.

Ouais. Un petit peu participatif.

Et puis, c’est pour pousser les gens à danser.

C’est ça.

Quand tu choisis ton propre vinyle, tu es obligé de venir sur la piste.

Ça met la pression sur « danse sur ma musique ».

Ouais, c’est top. Et comment est le nombre d’invités ? Est-ce de plus en plus de mariages avec moins d’invités ? Est-ce une tendance qu’on voit ?

C’est ça. C’est justement arrêter de respecter les traditions. C’est ne plus inviter la grand-tante parce que papa et maman décident, c’est inviter les gens avec qui on est proches. On n’est pas obligé d’inviter son patron comme ça se faisait il y a quelques années. Maintenant, les gens veulent vraiment des gens avec qui ils sont proches. S’ils veulent vraiment beaucoup d’invités, ça va être un mariage sur 3-4 jours pour avoir tout le monde.

Puis, je pense qu’ils sont plus âgés pour se marier, donc ils ont un peu plus de budget. Il y a aussi, de ce qu’on parlait tout à l’heure, le fait qu’ils aient mis un peu plus de côté, donc il y a une plus grosse enveloppe de mariage et ils se permettent aussi de faire des choix plus assumés dans le sens où « on a tel budget, on veut faire plaisir à tout le monde ». 

En ayant moins de personnes, ils privilégient la qualité à la quantité.

Et les parents, est-ce qu’ils investissent toujours autant dans le budget du mariage ? C’est quelque chose pour lequel je suis assez partagé parce que j’ai vu des mariés où il y avait les parents qui étaient encore beaucoup impliqués.

Ça dépend des familles, mais je pense que ça a évolué. Les parents sont impliqués mais plus pareil, ils ne vont pas imposer leur choix. Maintenant, c’est plus « OK, on va vous aider, on vous donne une somme d’argent. Par contre, vous faites vos choix. » Ils ne vont plus être là. 

Avant, c’était « on donne, donc on choisit la couleur de la nappe, qui va venir, qui s’assoit ici ». Maintenant, c’est « on vous donne parce que ça nous fait plaisir de vous offrir ça, mais faites vos choix ». Je pense que c’est un peu plus libre parce que les mariés sont plus âgés et ils se permettent d’assumer plus leur choix. 

Oui, c’est ça. Avant, ce sont les parents qui mariaient leurs enfants et ils choisissaient aussi le mari ou la femme.

Oh là là, ça a bien changé tout ça.

La dote et tout.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite, pour ces prochaines années ?

Que ça continue comme ça. Pour le moment, ça fait un an qu’on s’est lancées et on a de la demande, donc il faut que ça continue à avoir de la demande parce que c’est ce qu’on aime, sans parler de tous les à-côtés, mais juste pouvoir participer à la plus belle journée d’un couple ou à l’anniversaire d’une dame ou un arbre de Noël pour une entreprise. C’est tout ce qu’on aime faire. Je veux continuer à faire ça, sans parler de signer plein de contrats. C’est vraiment le côté rendre les gens heureux que je veux qu’on continue. Donc avoir des demandes, c’est ce qu’on peut nous souhaiter pour ma part.

Avoir des demandes, puis trouver notre équilibre aussi. C’est le côté un peu compliqué quand on se lance, trouver l’équilibre entre vie pro et vie perso. Ce n’est pas toujours évident quand on a une famille. Ce n’est pas toujours facile. Mais je pense qu’on commence à trouver notre équilibre doucement.

Et puis, le fait d’être à deux, on se soutient. 

Ouais, ce n’est pas sympa quand on démarre. Est-ce que vous vous imposez des rituels ou des choses pour bien profiter de votre famille ou pour mieux couper ? Surtout si vous bossez de chez vous, c’est aussi compliqué de ce point de vue-là, c’est qu’on est toujours dans l’endroit où on bosse. Donc ça peut être compliqué aussi de vraiment couper après une journée de travail. 

Je sais que j’ai un bureau chez moi, j’ai vraiment une pièce qui est mon bureau. Quand je sors, ça y est, c’est fini. Même si j’y pense parce que j’ai mon téléphone, c’est toujours un peu difficile, mais j’essaye de couper à 19h grand max. On a des rendez-vous et des choses comme ça. Mais ce n’est pas toujours évident. Et ce n’est pas toujours évident pour les conjoints aussi. On l’oublie mais quand on se lance, on ne se lance pas toujours tout seul, il y a une famille à côté.

Et puis, comme tu as dit, c’est un bébé.

Ouais, il faut que ça marche.

On est vraiment dévoué corps et âme dedans. Avec les téléphones, le problème, c’est que j’ai juste à ouvrir mon téléphone, je peux aller voir mes mails, donc on a du mal. Même si tu quittes l’ordinateur, tu peux toujours « ah j’ai reçu une notification Instagram », ou « ah j’ai reçu un mail d’un client » etc. Donc c’est difficile de faire vraiment la coupure.

C’est vrai que j’essaye d’éviter de répondre aux messages sur Instagram. Mais des fois, on ouvre et on se dit « ça y est, il faut répondre, c’est la mauvaise habitude ».

Surtout, des fois, quand on ouvre un message, on sait que soit on y répond là, soit on va oublier d’y répondre. Donc quelques fois, on a trop tendance à répondre tout de suite.

C’est ça.

Où est-ce qu’on pourra vous retrouver si jamais on a envie de voir un peu ce que vous faites ? 

La page Instagram Omnia Agency, Facebook aussi sous le même nom, le site internet.

Et puis, il y a Pinterest.   

Donc le site, c’est omniaagency.fr.

C’est ça.

Exactement.

Je suis dessus. Dans tous les cas, on mettra les notes dans l’article qui accompagnera cet épisode sur Planners.

Récemment, sur le magazine Se Marier en Vendée, si jamais.

Se Marier en Vendée, disponible dans tous les kiosques.

C’est ça, dans tous les kiosques de Vendée ou dans l’Ouest. Très beau magazine, allez-y. 

Il y a des très bons reportages à l’intérieur.

C’est ça.

Dans tous les cas, c’était un plaisir d’enregistrer avec vous aujourd’hui. On vous souhaite le meilleur, plein de bonnes choses pour cette année et les prochaines. Et je vous dis sûrement à une prochaine pour peut-être un futur épisode.

Merci beaucoup pour cette invitation.

Merci.

Et on mettra aussi l’URL de votre fiche sur Planners parce que j’ai vu que vous avez une très belle fiche sur la plateforme.

C’est gentil.

À bientôt !

Merci, à bientôt !

Merci.

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