Et si l’elopement était la réponse aux mariages Covid-19 ?

Futurs mariés
2910 . 2020

De Perrine
29/10/ 2020

Drôle d’année 2020 que celle que nous vivons actuellement… Mariages annulés, reportés, il y a de quoi ne plus en voir le bout. Et pourtant, une poignée d’irréductibles wedding planners semblent avoir trouvé la solution pour parer à ces déconvenues.  A travers l’elopement, souvent traduit par “fugue amoureuse” ou micro-wedding, les wedding planners permettent au couple de se marier différemment.

Grande gagnante des tendances de mariages 2020, l’elopement a de quoi séduire les couples par son format intimiste et respectueux des gestes barrières. Pour en savoir plus sur cette pratique, nous avons rencontré Anaïde du secret d’Indirhya, spécialiste de l’elopement au détour d’un épisode de Carnet de Noces.

 

L’elopement, en quoi ça consiste ?

L’elopement correspond à un mariage restreint et intimiste, en très petit comité. Au centre de cette pratique, il y a le couple en lui-même qui souhaite avant tout célébrer son amour. Loin des tracas des grands mariages traditionnels, les couples s’offrent à travers cette pratique un instant rien qu’à eux.

Casser les codes

Au delà de l’aspect intimiste, il s’agit également de s’affranchir des codes traditionnels des mariages classiques. Dites adieu aux prises de têtes classiques comme l’élaboration du plan de tables, la gestion d’une centaine d’invités, la cousine germaine au troisième degré qui aimerait s’incruster ! Ici, on se concentre sur le coeur, le noyau central des proches que les couples souhaitent réellement voir en ce jour particulier. Et il se peut que seuls l’officiante de cérémonie et les prestataires qui immortalisent ce moment fort soient présents.

“Le seul code est cette fugue amoureuse, la célébration d’une union, un renouvellement de vœux pour un couple, c’est ça l’elopement.”

Réimaginer l’art du mariage

Comme les mariés font fi des conventions avec ce format, le budget peut complètement être redistribué autrement. De nombreux couples font par exemple le choix de seller leur union dans une destination de rêve. En redistribuant la somme qui iraient par exemple dans la location d’une grande salle ou dans une prestation traiteur, les mariés peuvent se permettre bien plus d’excentricité afin de se créer des souvenirs inoubliables.

Pour écouter cet épisode et en savoir plus sur cette pratique, cliquez ici :

La transcription de l’épisode est disponible ci-dessous

[Perrine] Bonjour Anaïde, merci de nous rejoindre sur ce podcast, ce deuxième épisode de Carnet de Noces pour Planners. Merci d’avoir accepté de faire cette interview ! Peux-tu commencer par te présenter ?

[Anaïde] Absolument! Donc je suis Anaïde, j’ai 33 ans et je suis la fondatrice du Secret d’Indirihya et cofondatrice du Luxury Secret Event. 

[Perrine] Depuis combien de temps as-tu ouvert ces deux entreprises?

[Anaïde] Le Secret d’Indirihya est né en 2017. J’avais comme volonté de m’inscrire et de me spécialiser dans le mariage de destination, que ce soit en France ou à l’étranger, en Europe et aux Antilles plus précisément. Je voulais promouvoir également les mariages intimistes et les elopements. Nous sommes vraiment spécialisés dans les mariages très intimistes, très secrets, mais luxueux.

 [Perrine] Très bien. Depuis que tu es devenue directrice d’agence, qu’est-ce qui a changé pour toi dans ta vie ? 

[Anaïde] La liberté de pouvoir créer, de pouvoir se challenger au quotidien. Je n’ai aucune routine, mes quotidiens changent constamment. Je varie entre les rendez-vous, les devis, la création de mood boards, les rendez-vous téléphoniques, etc. C’est cet aspect-là que j’apprécie. Ayant fait d’autres métiers un peu plus conventionnels, je me suis rendu compte que le fait de me challenger au quotidien me plaisait beaucoup. 

[Perrine] Oui, c’est vrai que c’est une grande liberté d’avoir cette possibilité-là.

[Anaïde] Oui, complètement. Quand on est indépendant et entrepreneur, nous avons un épanouissement professionnel et personnel qui n’a rien à voir.

[Perrine] Évidemment. Tu nous expliquais également que tu étais spécialisée dans l’elopement, mais qu’est-ce que c’est ? 

[Anaïde] C’est un type de célébration qui ne va pas reprendre spécifiquement les codes du mariage. Elopement vient de “élope” qui signifie « fugue ». Donc, l’elopement est la fugue amoureuse. C’est des couples qui souhaitent célébrer leur union en intimité, sans utiliser les codes du mariage. Par exemple, cela peut être dans un jardin, par exemple le Jardin des Tuileries, jardin du Domaine de Chantilly, etc. Et cela sera célébré par un officiant spirituel ou laïc. 

Donc bien évidemment, il va y avoir un échange de promesses. II n’y a rien de spécifiquement religieux là-dedans. De plus, le couple peut être habillé comme il le souhaite,  il n’y a pas de code. Le seul code est cette fugue amoureuse, la célébration d’une union, un renouvellement de vœux pour un couple, c’est ça l’elopement. 

[Perrine] D’accord. Est-ce que tu dirais que c’est un peu plus libre, du fait qu’il n’y a pas de codes ? 

[Anaïde] Absolument! Ce n’est pas du tout contraignant parce qu’on ne va pas avoir un officiant religieux, nous n’aurons pas besoin de papeterie pour annoncer. Par contre, on peut avoir un photographe, un vidéaste, pour immortaliser tout ça.

Certains couples ne font pas d’échange d’alliances, mais plutôt un échange d’un autre bijou, tel qu’un collier, un bracelet, une symbolique différente, qui sera lié à leur histoire. Ensuite, il peut y avoir une fête, un restaurant, ou ils peuvent partir directement en voyage. 

[Perrine] D’accord. Comment as-tu découvert cette spécialisation? 

[Anaïde] C’est des couples. En 2017-2018, un couple m’a sollicitée pour un renouvellement de vœux, après 10 ans de mariage. Et c’est la “future mariée” qui m’a dit “moi, j’ai envie de faire ça sur une péniche, mais je ne veux pas porter de robe blanche, ça me boudine”. Elle m’a dit “Ce ne sera qu’avec nos deux enfants, mais on cherche quelqu’un pour donner le ton, pour cadrer tout ça, savez-vous faire ça? 

Au départ, j’avais créé le Secret d’Indirihya pour être célébrant. Je lui ai dit que c’est possible. Je lui ai demandé si elle voulait une célébration laïque? Elle m’a dit “Oui, voilà. Une très belle célébration laïque, on va faire un petit tour sur une péniche sur la Seine, un petit apéritif et ça s’arrête là.” 

C’est comme ça que c’est venu. J’ai fait cet elopement et c’était plein d’émotions, c’était vraiment fort !  Ils se sont dit de belles choses et ont parlé de leurs hauts et de leurs bas. J’ai trouvé ce concept novateur, tellement prenant que je me suis dit que c’était le genre de célébration intimiste que j’avais envie de proposer, pour tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le mariage traditionnel à l’église. 

[Perrine] Oui, d’accord. C’est ce côté vraiment très intimiste de ce couple-là qui t’a poussée à te lancer là-dedans?

[Anaïde] Exactement! Et je les remercie.

[Perrine] Oui, parfois des projets viennent à nous et on ne peut que les accueillir à bras ouverts en se disant “Allons-y, on verra bien ce que ça donne”. Et parfois, c’est complètement aligné avec ce qu’on souhaite.

[Anaïde] La plupart du temps, ce sont les couples qui nous donnent des idées, qui nous disent “Moi, j’ai envie de ça, est-ce que vous pouvez le faire?” et tu dis “Oui, carrément, je peux le faire. Je n’y ai jamais pensé, mais oui”. C’est un nouveau challenge, une nouvelle prestation, une nouvelle corde que tu pourras ajouter à ton arc, et tu prends du plaisir à créer ça. Et , après quand tes clients te disent “Merci, c’est encore mieux que ce qu’on imaginait. Tu as exactement compris ce qu’on souhaitait”, c’est le bonheur pour eux et c’est l’épanouissement pour nous.

[Perrine] Oui. Peut-être que tu as encore plus l’impression de pouvoir créer un lien privilégié avec tes mariés. Tu te mets vraiment à leurs services en tant qu’officiante, tu es entièrement dédiée pour eux.

[Anaïde] Je leur suis exclusivement dédiée, je suis là pour eux toute la journée. Peu importe de ce dont ils ont besoin, je suis là. Après, s’ils veulent que je les aide à trouver un appartement particulier, bien évidemment que c’est réalisable. Bien souvent, ils me demandent un chef à domicile. Donc, ma prestation ne s’arrête pas qu’à la cérémonie, on va leur faire vraiment un design dédié. 

Noah va leur créer un loft table luxueuse, des designs aussi bien simples jusqu’aux plus élaborés. Il existe énormément de possibilités. Après, on peut avoir, des chanteurs, des artistes juste pour eux. Tu vois, c’est le fait de se dire qu’ils ont vraiment cette célébration que pour eux, ils peuvent profiter l’un de l’autre et ils vont pouvoir avoir ce moment intimiste. Le véritable luxe est d’être en intimité et de pouvoir célébrer vraiment. 

[Perrine] Et c’est une expérience, on pourrait dire que c’est un “cadeau” que se font les mariés à eux-mêmes. 

[Anaïde] Oui, exactement. Moi, je leur dis souvent qu’ils ont raison de ne penser qu’à eux ! Après, s’il y a des témoins, bien sûr qu’on peut faire un elopement à 50. À proprement dit, ils sont vraiment libres dans leur concept. Dès le début, je leur demande leur envie. Ils se font plaisir, car cette notion de plaisir a tendance à disparaitre dans un mariage traditionnel à cause du stress, de la gestion, des invités, etc. 

[Perrine] Et cela arrive souvent des gens viennent renouveler leurs vœux?

[Anaïde] Oui, bien sûr. Ils le font, car ils ont l’impression d’être passés à côté le jour de leur mariage, c’est une sensation que l’on a tendance à retrouver. Donc, le fait de faire un renouvellement de vœux permet de prendre le pouvoir sur l’événement. 

[Perrine] C’est vraiment le côté intime qui t’a poussée à te spécialiser dans l’elopement?

[Anaïde] Absolument, j’aime tout ce qui est secret, mystérieux. J’ai des confrères et consœurs qui sont parfaits pour des mariages avec 300 invités, qui ont une connaissance de lieux sublimes pour ça, et je les admire. Personnellement, mon style va être un peu plus dans l’instant, dans l’intimité. 

[Perrine] Justement, en parlant de lieux, comment tu les trouves? Est-ce que tu t’adaptes à la demande du client ou as-tu déjà des lieux particuliers en tête ?

[Anaïde] C’est un peu des deux. Avant, je faisais la recherche de lieux dans le cadre de séminaires et d’événements corporates, et j’ai été chasseuse d’appartements. Donc, ces deux expériences m’ont apporté beaucoup en termes de recherche. Quand on choisit un lieu pour son mariage, il y a forcément des contraintes à prendre en compte, telles que le traiteur, les artistes, les invités, etc. 

C’est vrai qu’il y a des lieux qui s’adaptent parfaitement à un style de mariage intimiste, d’autres à des mariages plus imposants, d’autres à tout à la fois. Je pense par exemple à Chantilly qui est une destination très bien pour les amoureux d’arts, d’histoires, des chevaux, mais également pour tout ce qui va être romance. On peut faire des événements de 2 jusqu’à 600, voire plus. 

Dans Paris, on a plutôt des offres pour des palaces, pour de petits lieux un petit peu secrets, pour des jardins. Tout est réalisable ! En tant que wedding planner, on a déjà un portfolio de lieux qui nous sollicitent, que l’on connaît. 

[Perrine] D’accord. Il y a des perles rares ou on retrouve plus ou moins les mêmes critères?

[Anaïde] Cela dépend, une nouvelle fois. Parfois, des couples veulent absolument avoir une piscine, ou d’autres veulent une orangerie, qui est une sorte de structure attenante à un château. Beaucoup de couples apprécient les orangeries parce que ça leur permet de célébrer un mariage hors saison. Par exemple, je pense au Château de la Trie ou au Château de Barthélemy, qui ont une orangerie pouvant accueillir jusqu’à 300 personnes. 

[Perrine] OK, je vois. Est-ce que tu dirais que l’elopement est la grande tendance de 2020? 

[Anaïde] Ça va devenir une tendance, oui, avec notamment les annonces du gouvernement affirmant que les célébrations de plus de 30 personnes seront absolument interdites jusqu’à nouvel ordre. Après, ce n’est pas choix de tous les couples, certains ne peuvent pas concevoir de se marier sans leur famille par exemple, où on peut très vite attendre 200 personnes. Donc, l’elopement et le mariage intimiste sont pour une certaine partie de personnes. 

En revanche, j’ai demandé à mes clients qui devaient se marier normalement sur 2020 s’ils voulaient garder le mariage civil en petit comité et le mariage religieux, ou la réelle célébration pour l’année d’après. 

C’est quelque chose qu’on peut faire. Pendant le confinement, on a eu l’occasion de s’inspirer, de collaborer et d’échanger entre artistes et artisans du monde de mariage et de la romance pour pouvoir proposer des choses nouvelles, de nouvelles expériences à des couples qui ont besoin de rêver. 

Quand on est wedding planner, on doit être flexible. Encore l’année dernière, à un mois du mariage, le domaine a fermé ses portes et on s’est retrouvé à ne plus avoir de lieu ! J’ai réussi à réorganiser, mais c’était compliqué. Et moi, j’aimerais faire passer ce message aux couples et à mes confrères et consœurs, je sais qu’on est tous capables de le faire !

[Perrine] C’est un beau message d’encouragement pour toute la profession.

[Anaïde] C’est vrai que j’ai envie de distribuer de la positivité. J’ai beaucoup de confrères et consœurs qui n’arrivent plus à trouver de solution pour leurs couples. Ces derniers sont dans des états de stress, de frustration. Il faut essayer de relativiser, tout d’abord. Nous sommes des professionnels du mariage, de l’industrie de l’événementiel. Nous sommes là pour vous apporter des solutions, quoi qu’il en soit. 

Notre rôle est de pouvoir bousculer aussi les codes et de dire “On ne peut pas le faire maintenant, ce n’est pas grave, mais on va trouver une solution.” Voilà, il faut vraiment insuffler du positif. En ce moment, on est dans une sorte de bulle un peu négative, parce qu’on a l’impression d’être puni, de ne pas trouver d’issue, mais je sais que l’issue est là. 

[Perrine] C’est un super message à faire passer à tout le monde. Et justement, de quelles personnes t’entoures-tu ? As-tu des réseaux à conseiller ?

[Anaïde] Oui, bien sûr. Il y a des plateformes telles que des blogs comme Planners, Zankyou aussi. D’autres plateformes essaient de trouver des solutions, d’apporter des alternatives pour des couples. Moi-même, je suis toujours disponible ! 

On échange beaucoup sur nos métiers. Mon mentor, c’est Jean-Charles Vaneck, j’ai travaillé avec lui pendant pas mal de temps et j’échange avec lui sur notre industrie, sur la façon de voir les choses.

[Perrine] C’est sûr. Tu disais que l’elopement n’était pas forcément fait pour tout le monde et justement pas toujours bien perçu par les familles. Comment tu gères ça? 

[Anaïde] Déjà, il ne faut peut-être pas le faire en secret. Elopement veut dire célébrer en secret. Alors, il faut que le couple pense à lui avant de penser à sa famille. C’est peut-être égoïste,  mais c’est l’idée. Le mariage est le sacrement de deux personnes ! Personnellement, c’est ce que je choisirais pour moi. Maintenant, c’est vrai qu’on ne veut pas froisser la famille, alors faites en sorte qu’il y ait vos parents, au moins. En Elopement, il peut y avoir vos parents, mais il n’y aura pas l’oncle de la tante par exemple. Il faut choisir le noyau central, ce noyau de cœur qui vous aime plus que tout, c’est-à-dire les parents, les frères et sœurs. Et souvent, les mariés nous remercient parce qu’ils vont pouvoir être dans un lieu magnifique, car le budget pour peu est personnes est moindre. Ils peuvent faire la fête, la célébration ne s’arrête pas à la cérémonie, et c’est juste magnifique. Et ils vont avoir de superbes photos, un film qui va retracer leur histoire, ils vont pouvoir se faire plaisir sans modération.

[Perrine] Oui, c’est chouette de le voir comme ça. Aussi, j’ai vu sur tes réseaux que tu parlais souvent en anglais. Est-ce dû au fait que tu as davantage de clients internationaux ?

[Anaïde] Exactement, j’ai plus de clients internationaux que de clients français. Cependant, j’ai quand même une petite partie française, antillaise, et ça me fait toujours plaisir d’être là pour eux, parce qu’il ne faut pas oublier nos petits mariés français. Je suis là, mon associée Noah sur les designs est là aussi. Je communique moins en français parce que je suis plus visible aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Australie. Quand je vais en Espagne par exemple, je parle couramment l’espagnol ou couramment l’italien. Mais peut-être que oui, je devrais communiquer davantage en français.

[Perrine] Ce n’est pas une critique, c’est juste une remarque que je me suis faite, où je me demandais si c’était une volonté de ta part.

[Anaïde] Au départ, c’était vraiment une volonté. Je voulais à tout prix un nom français parce que je sais que la France est très appréciée, très idolâtré, ça fait toujours rêver. Aussi, je voulais un nom français parce que je suis fière d’être française, fière de mes racines. C’est toujours plaisant de promouvoir un petit peu son pays de cette manière-là.

[Perrine] D’accord, je vois ! Pourquoi tes clients internationaux te choisissent? Qu’est-ce qui les fait venir vers toi ?

[Anaïde] Je dirais aussi ma signature, le style de mariage que je présente. Finalement, je suis très attirée par le monde de la mode, par tout ce qui va être éditorial, glamour. Mes couples, je leur dis toujours que j’ai envie qu’ils soient des stars. Ce n’est pas présomptueux, c’est la réalité. Je veux que mes couples se sentent comme des stars, qu’ils se sentent beaux ! C’est peut-être une journée dans ta vie où tu vas te permettre de porter tels bijoux que tu vas porter un voile, etc. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut se faire chouchouter de la sorte, avec toute une équipe autour d’eux. Les stars hollywoodiennes nous font toutes et tous rêver lorsqu’elles vont au festival de Cannes, alors à nous de créer un mariage digne de ces festivals. Le style de mariage que je crée sera toujours élégant, raffiné, glamour et éditorial.

[Perrine] Un côté tapis rouge on peut dire. 

[Anaïde] Exactement. C’est tout ce que j’aime.

[Perrine] Super. C’est vraiment intéressant d’avoir cette vision-là, avec des mariages “plus restreints” qui permettent de se concentrer davantage sur le couple. Tu peux aussi te permettre des extravagances de ce côté-là, afin de leur faire vivre une journée de stars. 

[Anaïde] Oui, le but est qu’ils vivent une journée de rêve, qu’ils s’évadent dans leur fantaisie, dans leur fantasme, j’adore ça. Je m’occupe aussi de l’homme, j’ai envie qu’il ait son moment à lui. Je leur fais faire parfois des photos chic pour l’homme, ils adorent et ils adhèrent tout de suite. 

En fait, je propose souvent un grooming aux hommes, une sorte de mise en beauté. Pendant ce moment-là, le photographe va les prendre en photo lorsqu’ils se préparent. Par exemple, on fait une petite mise en scène avec des digestifs ou des détails du marié, la boutonnière, les boutons de manchette, la montre, etc. C’est simple, mais on le met aussi à l’honneur. Bien souvent, des mariés me disent “J’ai décidé de me marier pour faire plaisir à ma copine.” Je lui dis “Mais non, je veux que tu te fasses plaisir aussi à toi. Je veux que ce soit ton moment également, pour toi. Et on va vous créer de très bons souvenirs.”

[Perrine] Tu trouves une équité entre le plaisir de chacun.

[Anaïde] Ils adhèrent tous les deux. Je leur demande quel couple de stars ils idéalisent, certains me disent que c’est Beyoncé et Jay-z, ce à quoi je dis que l’on peut faire un mariage comme eux, et qu’ils disent qu’ils n’oseront pas ! Il faut oser, c’est l’un des seuls jours dans sa vie où on peut oser quelque. Voilà, ça débute comme ça. Oui, le coup de foudre professionnel se fait tout de suite entre eux et nous. 

[Perrine] Trop bien. J’ai envie de te retourner la question, quelle star tu serais ?

[Anaïde] J’adore tout ce qui est un peu Dolce Vita. Il y a tellement de choses inspirantes, mais c’est vrai que Liz Taylor m’inspire. Elle n’a jamais cessé de croire en l’amour et la romance,  même si de loin on se dit “Oui, mais elle s’est mariée plusieurs fois, ça n’a pas fonctionné.” Oui, mais elle n’a jamais cessé d’y croire et c’est ça qui est beau. 

[Perrine] Je trouve ça très inspirant, ce que tu es en train de dire. C’est très beau de se dire que l’amour ne s’arrête pas à une seule expérience, à un seul couple. Merci pour ce partage d’icône, je mettrai de petites ressources autour de Liz Taylor dans la description du podcast. 

Et là, on va passer sur une partie plus classique de l’interview que l’on donne toujours à la fin, une partie sur tes bonnes pratiques. Tu dois avoir plein de conseils à donner, de par ton expérience. Est-ce qu’il y a un conseil que tu donnerais à ton toi du premier jour?

[Anaïde] À mon moi du premier jour?

[Perrine] Oui

[Anaïde] Je dirais de continuer de tout faire avec amour. Moi, c’est vrai que je fais tout avec amour, je suis passionnée par mon métier et par les gens, leurs histoires. Donc, je suis déjà vraiment inspirée, mais je suis encore plus inspirée de l’histoire de ces couples. Je me serais conseillée de toujours me fier à mon instinct ! Parce qu’au final, on se dit souvent “Finalement, je le ressentais comme ça, je l’ai fait comme ça et ça a fonctionné.” On a cette part de magie en nous, il ne faut pas la délaisser, bien au contraire.

[Perrine] Donc, tu te serais plus autorisée de choses si tu avais plus écouté ton intuition? 

[Anaïde] Complètement! Tu sais, ma rencontre avec Jean-Charles ou Noah, mon associé, ce sont des coups de foudre vraiment professionnels. Avec Noah, on devait faire un rendez-vous d’une demi-heure et on est resté des heures à échanger, c’est devenu une évidence.

[Perrine] C’est super d’être témoin de beaucoup d’amour et de ressentir cet amour-là pour tes collaborateurs et pour les gens avec qui tu travailles. 

[Anaïde] Oui. Tu sais, on a tous cette bienveillance les uns envers les autres, on adore travailler ensemble et on a nos coups de blues et nos joies ensemble. Donc, c’est de créer cette alchimie entre prestataires, entre artistes. 

[Perrine] Et justement, dans ton quotidien d’artiste, j’imagine que tu as des outils pour t’aider à gérer ton activité ? Quel est pour toi l’outil indispensable ?

[Anaïde] Il est vrai que j’ai toujours ma tablette ou mon téléphone avec moi, c’est indispensable. Sur ma tablette, je peux montrer notre portfolio floral ou éditorial, et nos couples. Sinon, j’ai toujours un petit carnet de notes, mon little black book, car je m’inspire littéralement de tout. Une chanson peut m’inspirer, comme un poème. J’aime beaucoup la poésie, j’aime Ludovico Einaudi. Je vais également m’inspirer de la nature, des saisons. Même un maquillage va m’inspirer, un prénom, etc. Je puise mon inspiration partout comme un artiste ! Je pense que pour un peintre ou un musicien, c’est pareil. Il écoute plusieurs types de musique différents, plusieurs types de voix et puis il va créer. Et c’est pour ça que dans certaines musiques, on va retrouver un peu d’un autre style, d’une autre époque. C’est ça qui est génial, c’est un perpétuel renouveau. Je m’inspire vraiment de tout. 

[Perrine] C’est très intéressant d’avoir cette approche-là, le fait de s’inspirer de tout.

[Anaïde] Oui, c’est exactement ça. 

[Perrine] Dernière petite question, je voulais savoir quels étaient tes prochains objectifs? 

[Anaïde] Avec Noah, on a envie de se développer, et on va se développer, c’est sûr et certain. On est deux personnes ultras positives, on va toujours de l’avant. Quoi qu’il arrive, cela arrivera. Il y aura des jours meilleurs par la suite, ça va nous permettre de rebondir,  de nous réinventer et d’être plus consistant, plus dans l’instinct, d’aller plus doucement et d’être plus à l’écoute.

[Perrine] Oui. Tu penses que c’est en fait un moment qui nous force encore plus à ralentir pour prendre du recul, et à trouver de nouvelles idées pour mieux repartir?

[Anaïde] Oui, je pense que c’est ça. Depuis la fin du confinement, j’ai pu être témoin de beaucoup de shootings éditoriaux. Là, on est tous en train d’amplifier nos portfolios respectifs et de créer des alliances. L’unité dans la diversité, il n’y a pas plus beau. C’est pour ça que je pense que c’est vraiment un mal pour un bien. Pour le moment, c’est difficile, on a du mal encore à se projeter, mais je suis persuadée qu’on n’en tirera que du positif.

[Perrine] Trop bien. J’ai envie de conclure sur ces belles paroles, parce que ça donne de l’espoir au milieu de cet automne un peu différent. 

[Anaïde] Je te dis, il faut toujours y croire, toujours continuer de faire les choses avec amour et avec l’envie de croquer à pleines dents, toujours rester positif. C’est vrai que c’est compliqué, mais si on se morfond sur nous-mêmes, on n’avance pas. J’ai envie de toujours y croire et avec Noah, on a encore un milliard de projets et qui vont se réaliser.

[Perrine] C’est merveilleux! Merci en tout cas beaucoup pour tous ces mots, pour cette grande énergie positive que tu nous envoies. Je te souhaite tout le meilleur pour la suite. Je vais conclure l’épisode et arrêter l’enregistrement là, mais merci encore pour ton témoignage.

[Anaïde] Oh oui, avec plaisir! On va se rencontrer Perrine !

[Perrine] Ah super! À plus tard, merci.

[Anaïde] À bientôt, merci. 

 

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